Alors que l’élection présidentielle interroge aujourd’hui en termes d’éthique et de morale, un autre sujet captivant pourrait nous intéresser : le travail et l'emploi des jeunes

Il semble être mis au centre des programmes des cinq candidats, qui l’ont tous sublimé. Mais est-il vraiment au cœur de la société sénégalaise ? Et surtout occupe-t-il bien là sa place ? Rien n’est moins sûr. Les cinq candidats ont bien entendu eu à dérouler tous des propositions relatives à l’emploi et à la lutte contre le chômage, qu’il s’agisse de revenir sur l’existant ou bien de proposer de nouvelles pistes. Chacun finalement est profondément attaché au travail, mais les discours sont subtils : certains en font une valeur, d’autres s’interrogent sur sa fin… Mais finalement, les débats restent en surface : sous quelle forme, quelle rémunération… Et si l’on se demandait plutôt quelle place a aujourd’hui le travail dans nos sphères, et dans notre cas, au Sénégal ?

La situation de l’emploi des jeunes qui n’est guère reluisante n’est pas du reste une particularité du Sénégal, car étant commune pour la plupart de nos pays en développement. D’ailleurs le taux de chômage inquiétant de la jeunesse africaine est souvent mis en parallèle avec la croissance économique rapide du continent.

Au Sénégal certains jeunes trouvent du travail, mais pas à des rémunérations correctes et n’ont pas la possibilité de perfectionner leurs compétences ou d’avoir une certaine sécurité de l’emploi. Ainsi, le principal problème, ce n’est pas seulement le chômage, mais aussi le sous-emploi. Pour la plupart, les jeunes ne peuvent pas se permettre de rester à la maison, et beaucoup d’entre eux vendent des marchandises dans la rue (ambulants), sont des cireurs ou lavent des voitures dans les grandes villes pour gagner leur vie. Mais il faut aujourd’hui s’interroger sur la façon dont les politiques peuvent cibler ce groupe de travailleurs !

Aussi, une réelle analyse de la situation s’impose. Les jeunes eux-mêmes, premiers concernés, ont une fâcheuse tendance à jeter immédiatement le discrédit sur l’Etat et à incriminer les politiques d’être la cause de leur malheur. Mais combien sont-ils à être mis sur le marché de l’emploi (toutes spécialités confondues) à la fin de chaque année académique ? L’Etat dispose-ils des moyens nécessaires pour assurer l’insertion professionnelle de tous les diplômés sortant annuellement de nos universités ? La formation reçue a-t-elle fait d’eux des cadres concepteurs, pourvoyeurs d’emploi ou plutôt des chercheurs d’emploi totalement obnubilés par l’idée d’intégrer la fonction publique ? Pourquoi donc tant de chômeurs dans notre pays ? Comment situer les responsabilités ?

Voilà un chapelet de questions auquel il faut chercher des réponses adéquates et trouver des palliatifs. Afin que le problème d’inemployabilité des jeunes à l’origine d’une élévation du taux de chômage, puisse de manière concrète être pris en compte par la lettre de politique de développement du secteur jeunesse, qui peine à atteindre une certaine vitesse depuis sa mise en œuvre en 2004. S’il est admis que le chômage des jeunes vient par essence de l’inadéquation entre les formations essentiellement théoriques dispensées dans nos écoles et les exigences des employeurs qui doivent embaucher ces différents produits sortis de nos universités, il n’en est pas moins vrai que cela remonte à l’orientation que les parents ou tuteurs donnent très tôt au cursus scolaire de leurs enfants.

Lorsqu’un parent dès le bas âge remarque par exemple que son jeune garçon a un talent footballistique formidable ou que sa jeune fille un talent musical merveilleux, plutôt que d’encourager les enfants à mieux exercer leurs potentialités, les parents préfèrent leur arracher très tôt ce talent pour presque les forcer à emprunter le chemin des classes ; les enfants sortent en masse des écoles de formation avec des diplômes qui malheureusement ne leur ouvrent pas immédiatement les portes pour un entretien d’embauche encore moins pour une insertion professionnelle. Cette triste réalité sociale au Sénégal, ne milite guère en faveur d’une réelle promotion de la jeunesse. Ainsi, pour apporter des solutions aux problèmes qui minent notre jeunesse, il nous faudra d’ores et déjà réfléchir à proposer des actions concrètes et constructives pour promouvoir la jeunesse. D’autant plus que cette jeunesse que d’aucuns qualifient de relève de demain et d’autres, de vecteur de paix et acteur de tout développement durable est dotée d’incroyables talents et de formidables potentialités. Cependant, désœuvrés pour la plupart, les jeunes ne sont souvent pas associés à l’élaboration des programmes ayant trait à la gestion de leur vie quotidienne, ni sollicités aux instances décisionnelles du pouvoir  et  végètent majoritairement dans le chômage après plusieurs années de dur labeur.

Dans ce contexte d’aggravation continue du chômage des jeunes depuis les années quatre-vingt, un ensemble de programmes et d’incitations se sont succédé dans l’espoir que l’expérience entrepreneuriale soit préparée voire intégrée dans la formation des jeunes, pour favoriser leur insertion professionnelle. L’entrepreneuriat a fait l’objet d’un nombre étonnant d’initiatives, d’événements et de discours, dont une grande partie s’adresse aux jeunes. Aujourd’hui les initiatives pédagogiques, les événements, les associations, les incubateurs, les espaces d’innovation foisonnent, tant et si bien que le paysage entrepreneurial dans le secteur de la jeunesse prend les multiples couleurs de l’espoir ;  relayé parfois avec entrain par le monde médiatique, le paysage est magnifique de diversité dans sa globalité, mais bien difficile à décrypter si l’on commence à y regarder de plus près.

Ce monde entrepreneurial, parfois présenté comme le monde enchanteur de la réalisation de soi, de la création de sa propre activité professionnelle, libre des contraintes salariales et d’un employeur favorisant l’exacerbation de réussite individuelle et d’entreprise privée, interroge, le monde actuel. Il interroge vu la difficulté à définir clairement les objectifs et compétences visés, les publics et les âges auxquels il convient d’introduire l’entrepreneuriat, les pédagogies adéquates, les rôles des différents intervenants, les débouchés réels, la réussite effective et plus généralement les philosophies. Comment se définit cette relation entre l’entrepreneuriat et les jeunes ? Quels enjeux sont soulevés ?

Devant cette effervescence soutenue par des initiatives lumineuses, voire aveuglantes, autour de l’entrepreneuriat et de la jeunesse n’est-il pas temps de marquer une pause et laisser la parole aux chercheurs, praticiens, enseignants qui gravitent autour de l’entrepreneuriat et la jeunesse aujourd’hui ?

Quid de la capture du dividende démographique à l’orée 2035 -

Quelles sont les mesures prises jusque là ? Le Programme Sénégal Emergent (PSE) a t-il  pris en compte cette dimension ? Quels modèles pour mieux le cerner et permettre aux décideurs politiques de prendre les bonnes décisions pour anticiper les crises sociales ? Comment en tirer parti ? Autant de questions auxquelles obligation est faite de donner des réponses, au moment où notre jeunesse en quête perpétuelle d’occasions pour participer activement au développement de son pays tente de tirer son épingle de ce grand combat de la vie pour la vie...

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zao

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