Les équidés de trait (chevaux ânes et mulets)  font souvent l’objet de maltraitance  et de brimade de toute sorte de la part de leurs propriétaires.  La plupart de ces gens  qui  tirent une grande partie de leur gain de ces  animaux,  s’adonne à ces pratiques, soit  par ignorance ou   négligence, soit par méchanceté. Pourtant ces animaux jouent un rôle essentiel   dans leur  quotidien. En  milieu rural tout comme en zone urbaine,  ils sont nombreux les propriétaires  qui  vivent et gagnent leurs revenus grâce à ces équidés.


Attaché derrière une charrette remplie  de sable, le cheval a du mal à se déplacer. Le cou bas, les yeux mi-clos, l’animal résiste aux coups de bâton venant de son propriétaire qui ne se soucie guerre de l’état de santé de son cheval. Ce qui est important pour lui, c’est livrer la charge de sable dont il a déjà encaissé les frais à tout prix. Le  corps  et les lèvres de la bête sont   parsemés de lésions dues  à la surcharge, le cheval qui quitte le rond point Nord Foire pour rallier les parcelles assainies souffre silencieusement.

Mbaye Fall, la trentaine, vêtu d’un haillon, bâton à la main, assis sur une charrette qui se déplace en zigzaguant, «gronde» l’animal qui émet sans cesse des hennissements.  Pour ce jeune conducteur de charrette qui sillonne chaque jour les rues de la capitale sénégalaise pour transporter des fardeaux, le bien-être de son cheval importe peu. C’est le cadet de ses soucis. Tout ce qui l’intéresse, c’est le nombre de charges de sable que l’animal va décharger ses clients. Car sa survie en dépend. Interpellé sur la prise en compte du bien-être de l’équidé, il martèle : «C’est juste un animal. Il doit être utilisé pour le transport. C’est pour cette raison que je l’ai fait venir à Dakar pour gagner ma vie, car il y a rien au village». Visiblement, le cheval est effrayé et épuisé  par le mauvais traitement dont il est victime et  qui fait partie de son vécu quotidien.
A l’image de Mbaye Fall,  ils sont nombreux à Dakar, les propriétaires d’équidés qui font subir des maltraitances à ces animaux (cheval, âne ou mulet). La plupart des propriétaires qui  tirent une grande partie de leur gain de ces  équidés,  s’adonne à ces pratiques par ignorance, négligence ou par cruauté.  Rencontrés au terminus de l’unité 17 des parcelles assainies, Bassirou Gueye, un charretier qui transporte souvent  du ciment est soucieux du bien-être de son cheval. «Je l’entretiens bien. Il mange à sa faim et à sa soif. Chaque matin avant d’harnacher l’animal, je vérifie d’abord s’il est en bonne forme ou pas. Je ne surcharge jamais la charrette. Je refuse même de charger une tonne de ciment. Grace  au cheval, je peux gagner entre 4000 et 6000 francs par jour», confie-t-il.
Abondant dans le même sens, Abdou Ayatt, âgé de 28 ans indique : «les chevaux sont des êtres comme nous les hommes. Donc notre devoir est de bien s’occuper d’eux. A chaque fois que le fer qui se trouve sous ses pattes s’enlève, nous allons voir le ferreur. On paye 1500 francs pour les quatre pattes». S’agissant de la nourriture de l’animal, ce  propriétaire de charrette qui a fait 5 ans dans le métier dépense chaque jour 2000 francs en foin,  mil et sorgho.
 
EMMANUEL SARR REPRESENTANT REGIONAL DE  L’ONG BROOKE : «Ces animaux ne sont  pas pris en compte dans les politiques de développement»
 
«Il s’agit d’une catégorie d’animaux qui ne sont pas pris en compte dans les politiques  et dans les programmes de développement. Et qui sont mal traités par les propriétés et les utilisateurs alors que ces derniers au  quotidien,  contribuent à la dépense des familles. Il y a un arrêté interministériel sur le transport hippomobile qui a été signé par le ministère de l’élevage, le ministère des transports et le ministère de l’intérieur qui réglemente le transport hippomobile, c’est-à-dire tous les véhicules à tractation mobile. Ces véhicules sont utilisés en milieu urbain, mais également en milieu rural. Il se trouve qu’il y a très souvent des problèmes liés aux accidents ou des surcharges sur des animaux qui ne sont pas bien lotis pour faire le travail qui leur est assigné. Avec le ministère de l’intérieur nous avons essayé de mettre en place certaines dispositions. L’une des dispositions qui nous intéresse le plus c’est  l’accès aux livrets signalétiques et sanitaires pour les animaux. C’est comme un carnet de santé pour les humains qui est assigné aux équidés. Il s’agit pour le propriétaire  de l’animal de pouvoir identifier son animal.  Ce qui fait, en cas de vol, il peut le reconnaitre ou en cas de litige. Mais également,  il est  astreint tous les 6 mois de voir le vétérinaire pour faire inspecter son animal. Un autre élément de cet arrêté, c’est la carte de cochet qui permet aux personnes qui font le transport hippomobile d’être reconnues  légalement. Un autre élément qui est dans cette disposition est l’assurance. Parce que vous savez qu’en cas d’accident entre un cheval et un véhicule automobile, la plupart du temps, il n’y a aucun moyen de se faire  rembourser. Aujourd’hui avec la disposition de l’assurance, en cas de litige le propriétaire du véhicule automobile peut être indemnisé, mais celui de la charrette également peut être indemnisé s’il perdait son animal. Nous sommes en collaboration avec ces trois ministères pour que l’application de cet arrêté soit effective. Le texte existe. Nous avons commencé à former les acteurs, mais l’application reste encore un problème et nous espérons pouvoir y contribuer».
 
BIEN-ETRE DES EQUIDES DE TRAIT :Le village de Darou Gaye cité en exemple
 
Pour impulser et promouvoir les normes sociales favorables au bien-être des équidés et fournir aux communautés les compétences  et le soutien dont elles ont besoin  pour faire preuve de compassion envers les animaux tout en  comprenant   les bénéfices qu’elles en tirent pour leurs moyens d’existence, L’Ong Brooke Afrique de l’Ouest intervient sur le terrain  par le biais des partenaires locaux. A cet effet, une visite de terrain avec la presse a été organisée, les mercredi 15 et jeudi 16 novembre, dans certains villages du département de Tivaoune, notamment à Darou Gaye, Kpuré Mbattar, Ndiayenne Battal et  Paye Battal. En collaboration avec les prestataires de services vétérinaires, maréchaux-ferrants et autres,  des examens cliniques ont été faits aux équidés de chaque localité. Les propriétaires ont été également formés sur les techniques de bien-être des animaux.
 
A Darou Gaye, dans la  commune de  Koul,   arrondissement de Mérina Dakhar  (département de Tivaouane), les populations sont aujourd’hui bien sensibilisées sur le bien-être des équidés de trait. Dans cette contrée d’une  population estimée à  600 habitants divisée en 37 ménages, les pères de familles sont conscients des effets de la maltraitance des animaux sur leur rendement quotidien.

«On utilise le cheval comme moyen de transport. C’est lui qui transporte aussi nos marchandises. On  prend soin de lui. Le vétérinaire  Dr  Sèye lui fait des traitements chaque année. Pour son alimentation,  il peut consommer au minimum 2000 francs par jour. Je ne peux pas estimer ce que l’animal m’apporte par jour sur le plan économique. Tout dépend de l’hivernage. Parfois on gagne et parfois on perd. Brooke nous a d’ailleurs formés et sensibilisés sur les techniques de  bien-être des équidés de trait. On apprend comment on doit ferrer ou parer les pattes de nos  chevaux. Le cheval coûte cher entre 300 et 400 mille francs. Donc notre devoir est de bien s’occuper de lui», soutient  Fallou Gaye, chef de village  de Darou Gaye
 
Un avis que partage Mbacké Kandji, un autre habitant de la localité  qui attend son tour pour  que le vétérinaire examine son cheval qui est attaché sous l’ombre, à quelques encablures des lieux d’intervention. « J’ai trois   chevaux dans ma maison. Ma vie dépend de ces animaux. En somme, ils sont toute  ma richesse. Ils sont tout pour ma famille et moi. Donc je suis obligé de les entretenir  quotidiennement pour qu’ils soient en bon état. Car leurs rendements dépendent  de leur état de santé. On les utilise pour le transport de la famille, le commerce ainsi que pour les travaux champêtres»,a-t-il fait part

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