Un univers qui change, le monde des entreprises de presse et du journalisme dans la cité. Des puis des siècles, toute l’actualité du monde à travers découvertes et voyages a été centrée autour d’un mot, le reportage. Au fil des années, à travers les différentes écoles de la pensée, le métier d’explorateur a cédé le pas à celui de grands reporters et de documentaristes. C’est dans ce contexte où l’écriture, le discours, à travers le langage, le son et l’écriture a permis d’affiner la parole humaine en l’affinant et en l’adaptant au monde auquel l’homme aspire.

 
Des noms, des visages, des voix, des écrits, une plume et des idées, voilà les clés autour desquelles a été structuré ce métier fascinant et plus que beau, parce que mélangeant un art de l’écriture et de peinture abstraite des fois qui renvoie aux images de rêves que transmettent un peu partout dans le monde, les photographes de talent et de métier. L’écriture, un art aussi dans la forme, mais aussi dans la pensée. Même si la médiocrité du nouveau langage des jeunes sur Internet, le Smartphone, à travers Skype, Viber, Twitter, facebook, You Tube et encore, est devenue un mode de transmission des messages, l’écriture, la vraie demande une maîtrise des normes du langage pour faire un journalisme sérieux.
 
UN moment dans la vie, qui n’a pas rêvé de devenir écrivain, romancier ou journaliste tant les vers, la prose, la poésie qu’on tirait d’un texte faisait plaisir dans l’oreille. A la radio comme à la télévision comme dans les journaux, certains commentaires et chroniques sont restés dans les mémoires, à chaque grand évènement selon qu’on sort de tragédies comme les tsunamis, d’un accident de bateau comme pour le Joola, ou encore d’une victoire lors d’un match de football d’une équipe nationale et encore. Ecrire simplement ne suffit plus ; il faut lire et penser avec l’image. La plume a disparu, mais il reste encore quelque chose de plus magique, le clavier d’ordinateurs ; et l’on écrit toujours comme si le stylo était collé aux doigts. En dépit du poids de l’âge, certains ont encore un regard plus affiné sur les évènements.
 
Dans ce métier, disait un médecin psychologue, plus on prend de l’âge, plus on est encore mieux dans l’analyse et le regard du monde autour de soi. On ne vieillit jamais. Un journaliste à la retraite, cela ne semble pas être la norme en Occident. Suivez Jean Daniel, éditorialiste à plus de 80 ans, au Nouvel Obs qui continue à étaler les largesses de sa pensée et de son regard sur le monde d’hier et d’aujourd’hui.
 
Pas loin de lui, Alain Duhamel, auteur et chroniqueur dans les journaux, radios et télévisions, répondant au journaliste Nicolas Poincaré du Magazine « Complément d’Enquêtes, » imaginé et longtemps animé par la talentueux Benoit Duquesne, (trouvé mort chez lui  dans son sommeil et d’une crise cardiaque), qui paraît sur la Chaine France 2, qui lui demandait qu’est-ce qui faisait, que lui, à plus de  75 ans, continue encore à travailler comme à ses débuts?
 
M. Duhamel, qu’est ce qui explique que vous êtes toujours là, vous qui avez vu passer tant de Présidents au moment où la France n’a jamais connu un homme aussi jeune à sa tête ? Le brillant chroniqueur de Rtl, de lui répondre « Je sais bien à quoi vous pensez. Mais, si je suis encore là, c’est parce que j’ai déjà réfléchi aux questions d’avant…Je n’attends pas qu’elles arrivent ou qu’elles viennent au devant de l’actualité pour y réfléchir…Le rôle du journaliste est d’être de son temps. »
 
Alain Duhamel, Michel Drucker, comme Jacques Chancel en son temps et aujourd’hui Mathieu Croissandeau pour le Nouvel Obs et Christophe Barbier pour L’Express, beaucoup plus jeunes, n’ont pas arrêté d’entretenir la flamme de leur intelligence et de leur expérience pour faire plaisir aux auditeurs, lecteurs, et téléspectateurs qui les écoutent, les lisent ou les regardent. Çà aussi, ici comme ailleurs en Afrique, est une des sources de difficultés des magazines et chaines sénégalaises. Enfants, les sons de la voie d’une femme comme Nicole Sarr, réveillait tous les jeunes écoliers le matin. Il en était de même sur la même Office de Radiotélévision sénégalaise (Orts), des voies comme celles de Diadji Touré, Pathé Fall Dièye, Magib Sène, jusqu’à Abdoulaye Diaw pour le sport.
 
POUR PLUS DE RIGUEUR ET DE NORMES : La vieille garde a encore un rôle central à jouer
 
L’autre mal est aussi, dans le passage rapide des générations. A la radio, comme à la télévision, ou encore les journaux, le regard des plus anciens, (les exemples du Nouvel Obs, du Point, de L’Express, en France) où des journalistes d’un certain âge ajoutent encore leur plume à la main bien fragile parfois, des plus jeunes, est l’exemple à suivre. Aujourd’hui, la plupart de ces personnes, si elles sont encore vivantes et actives se sont tues, ne laissant aucun legs aux plus jeunes. L’un des drames du journalisme africain est bien à ce niveau. Dans le secteur de la presse, où sont d’autres vieilles plumes du Quotidien national Le Soleil libres de leur mouvement, il est rare de voir des gens brillants s’adonner encore à une quelconque écriture dans un journal? En dehors ou excepté, Momar Seyni Ndiaye, qui passent sur le Sen Tv dans le magazine « L’essentiel », ils sont bien rares à occuper l’espace que ne peuvent occuper faute de niveau des fois, certains jeunes. La prétention est aussi un des maux du journalisme. Les jeunes veulent et semblent tout pouvoir tout de suite.
 
Ancien journaliste et responsable à la télévision nationale, Alassane Diédhiou, disait une fois, ne plus pouvoir rester à la Rts, faute de place. Face à de jeunes loups pressés, disait-il, j’ai préféré aller dans un ministère pour être plus tranquille ». Avec une certaine amertume, l’homme de raison, qu’il est avait bien envie de poursuivre, mais il ne s’y voyait plus. Tout le mal est là. Avec comme résultat, un certain ennui quand on regarde certaines chaînes, avec un parti au pouvoir et ses alliés, qui exigent, à tort à raison et au nom du service public, que  toutes les activités du chef de l’Etat soient couvertes depuis la Palais, jusque dans les espaces les plus réduits du territoire. Même quand le Président invite des amis et boit du thé avec eux, vous retrouvez les séquences sur le portail facebook. Exit les audiences du Chef de l’Etat qui avait pourtant leur charme dans le cadre de la transparence ; et comme au temps du Président Wade, l’on est dans les excès et toutes les formes de copinages qui n’ont pour seule ambition que de maintenir dans l’attelage et les atours du Palais et du Prince, certains journalistes qui courent derrière l’argent (disons le tout net) au lieu d’aider à construire des ensembles plus cohérents et au service exclusif de la nation.
 
Batir des ensembles de médias dans ces conditions et mettre des journalistes de qualité dans les rédactions, voilà qui paraît bien difficile, quand chacun joue sa partition et qu’il manque véritables chefs d’orchestre au sein de ces entités. L’autre véritable bataille à mener dans cette société diffuse de l’information et de la communication est dans la crédibilité ou nom des groupes qui se formes ; certaines comme disait le professeur Ousmane Sène de Warc sont dans de taille naine ; d’autres un petit bout mieux structurées. Allez compter une rédaction d’un journal ou d’une télévision qui compte plus de 100 journalistes et administratifs au Sénégal en dehors du quotidien Le Soleil et la Rts.  La tendance qui semble être la bonne est dans des formes de fusion intelligente, avec un capital et des moyens suffisants pour que personne, les administrateurs, les rédactions, et tout le monde qui tourne autour ne soit frustrée. Là est le véritable défi. Autour vous aurez de véritables sociétés de rédacteurs, des actionnaires encore plus engagés et un secteur privé qui aura compris où est son rôle.
 
LIGNES DE FORCES : Vous avez dit nouveau journalisme ?
 
Le Journalisme, un métier fait d’émotions et de chocs comme pour les médecins, les secouristes, les policiers et autres forces de sécurité. Mais, la bonne question, pour bien la poser, est de savoir, pour quels types de journalisme devrait-on se battre aujourd’hui ? Feu Ibrahima Fall, alors Rédacteur en chef de Sud Quotidien racontait un soir, qu’un jour lors d’un stage effectué en Algérie au cours de leur formation, un des professeurs, lui aurait dit, que s’ils avaient été invités lui et son groupe dans la capitale algérienne, c’était dans le but de former, pour le Sénégal, des journalistes de développement.
 
Et répondant à son interlocuteur, il aurait demandé, «Mais qu’est-ce que vous entendez par journaliste de développement ; parce que selon moi, on est journaliste, mais simplement pour le développement, mais pour tout ce qui touche aux médias et aux informations». Alors pour moi qui lui posais la question sur l’importance de la formation et désormais de la spécialisation nécessaire pour les futures générations, (alors que lui, était alors conseiller du ministre de l’Environnement et de la Protection de Nature), je n’avais pas véritablement compris sa réponse.
 
Le monde de la conception a évolué au cours de ces dernières années, à une vitesse soutenue. Et de plus, on demande au monde du journalisme grâce à une spécialisation ou des adaptations nécessaires, de suivre et de comprendre. Mais c’est là où la question trouve toute sa place. Rapporteur des Nations Unies pour les questions alimentaires, le Suisse Jean Ziegler, a été l’un des plus grands chroniqueurs du Mensuel Afrique Asie sur la crise angolaise dans les années 1970 et sur les questions d’alimentation et de développement. Il était bien agréable de parcourir des textes et de se former à la vie de demain avec la qualité du contenu qu’il y mettait. Lignes de forces, cela s’appelait.

Partant de là, contraints aux exigences d’une profession ouverte sur tous les portails, les nouveaux journalistes comme les anciens qui ont pour partie démissionné, se doivent de hisser leur niveau et de répondre aux questions essentielles de leur époque au lieu, de chercher, pour survivre, d’être à la solde des «nouveaux rois». L’on  parle d’émergence, mais jamais le Sénégal n’a vu défiler autant de pauvres dans ses rues faute de solutions de survie. Ils sont aussi dans notre profession ; ils sont nombreux et cherchent tous les jours à en sortir. Le parti politique où la billetterie fonctionne encore est prompt une fois au pouvoir de les intégrer et de leur donner des choses dont ils rêvaient et qui deviennent  tout de suite à leur portée.
 
Sur ces mêmes tendances, le mal du journalisme et des médias est encore ailleurs. Ici, encore, l’autre souci est dans la concurrence parfois consciente ou plus affinée que leur opposent des « fenêtres » comme facebook ;  devenue la plus grosse agence d’information au monde. Pour preuve, en consacrant homme de l’année, l’ancien conseiller du Président Wade, Chérif Salif Sy, pour la qualité de ses idées, le portail est la symbole même du désir de certains, à faire passer, d’abord l’information sur ce réseau des réseaux au lieu de la mettre à publier dans un journal qui peut le faire ou pas.
 
Economiste de talent, Chérif semble avoir trouvé sa voie et il en profite bien. Qui pourrait d’ailleurs le lui reprocher ? Autres personnages, parmi ces personnalités de l’année, M. Lat Soucabé Mbow, ancien élève du Lycée Blaise Diagne, agrégé des universités, Professeur titulaire de Chaire, au Département de géographie, et auteur d’un ouvrage de 805 pages, publié aux Presses universitaires de Dakar, tout neuf paru il y a quelques semaines qui est titré, «Quand le Sénégal fabrique sa géographie ». Fidèle de facebook, avec le niveau qu’il a et qu’il partage, l’homme donne des leçons de vie et sur ces expériences alliant habilement les questions de cultures, d’économies, d’infrastructures, de développement, à l’aise comme dans un cours d’amphithéâtres. Sa dernière sortie sur les récentes bavures en Casamance demandant la prudence avant de qualifier les actes, était un reflet de l’image de la personne avertie qu’elle est et est restée.
 
A ses côtés, un autre garçon brillant, Abdou Ndukur Ndao, Ethnologue, ancien de l’Université Gaston Berger de Saint-Louis, qui aurait pu animer les plus chroniques dans les journaux de la place.
Mais, c’est sur facebook qu’il a préféré, avec ses raisons à lui, de partager ses connaissances avec des images, des mots sur le Sénégal, le monde, mais surtout la région de Casamance où il séjourne souvent. Il ne donne pas des leçons mais fixe des caps…

Autre exemple qui peut servir de référence, celui de Sada Kane, sorti de la Rts et qui a poursuivi son émission sur les auteurs et le livre sur la chaine 2Stv sous la forme d’un Magazine intitulé «Impressions». Tous les jours sur facebook, il étale le contenu de ses dernières sorties avec ses invités.
 
Le livre, c’est son monde. La dernière publication en date de ce même Sada Kane, c’est une publication pour remercier le Professeur Djibril Samb, ancien Directeur de l’Institut fondamental d’Afrique noire (Ifan), qui vient de sortir un dernier livre qu’il lui a dédié. Le titre de l’ouvrage, « L’heure de philosopher la nuit et le jour, la mesure des choses ». Allez en chercher des chroniqueurs qui s’occupent encore parution de livres dans les médias que vous regretterez une personne de talent et de générosité comme Amady Aly Dieng dont la bibliothèque a été offerte à l’Université de Dakar.
 
 Dernier exemple intéressant de cette liste de ces nouvelles « têtes » sur facebook, celui de Moustapha Touré, ancien journaliste au quotidien national le Soleil, ancien conseiller du ministère de l’Agriculture, Robert Sagna pour l’époque, l’homme est une sorte d’éclaireur. Il impulse tout le temps.

Grand féru de politique, de culture et de musique, lui a aussi fait de facebook, un espace de partage et d’échanges. Ce sont des exemples à méditer au lieu de se focaliser sur un lectorat de plus en réduit et de vente de journal et de magazine, plus enclins à parler de faits banals qualifiés de divers au lieu d’une véritable quête de l’info…
 
Internet, la plus grande bibliothèque au monde : Oui à la toile, mais avec des  normes s’il vous plaît
 
Dans cette même pioche, un retour sur l’usage des nouveaux portails et un renversement des tendances actuelles qui vont dans le mauvais sens pour les médias est plus que nécessaire. La toile est devenue un portail de prédilection pour la publicité d’une émission et pour les annonceurs. La leçon à retenir de tout cela, est dans la capacité des espaces médiatiques, s’ils veulent être de bons vecteurs de l’information, à se mouvoir dans la cité pour comprendre, les enjeux, les mutations, la vie quotidienne des gens, le travail qui se fait dans chaque secteur de développement du pays. Pour cela, Internet et les réseaux sociaux sont sans doute l’une des plus grandes bibliothèques au monde et il faut savoir en user convenablement. Aux usagers et aux techniciens comme au  législateur de l’adapter aux besoins des pays émergents ou pauvres.
 
Au lieu de suivre à la lettre tout ce qui se fait dans le monde en matière de partage d’informations, il faut fixer pour chaque espace, fixer des normes. Tout ce travail demande aussi, un renforcement des capacités au niveau des rédactions, une correction sur la forme et le fond avec des lignes et des contenus plus adaptés, et moins centrés exclusivement sur l’aspect commercial ou simplement sur la volonté d’un homme fut-il le seul propriétaire. Des règles de gestion pour dire. La formation continue des équipes dans les journaux et magazines est également une autre exigence. Il faut donner un véritable avenir à tous ces jeunes qui veulent percer dans le journalisme. S’y  ajoute un savant brassage des générations autour de la multidisciplinarité sur des questions aussi vitales que la santé, la recherche, le bien être, les modes de productions d’agriculture, d’élevage, de cueillette, et dans les  domaines maritimes, de l’urbanisme, de l’architecture, du génie civil, sur les questions énergétiques et minières, comme sur la gastronomie, les finances et le capital, ce sont autant d’espaces que le journaliste pour sa propre crédibilité devrait explorer pour ne pas paraître ridicule devant l’expert. On est journaliste, mais pas tout de suite spécialiste ou expert en tout. On apprend avec le temps et les rencontres.
 
Au final, cela demande qu’on motive ce travailleur et qu’on lui en donne les moyens de vivre et non de survivre. Qu’on puisse lui permettre d’être à la fois, libre, autonome et équipé de tous les supports et outils qui fondent le monde de la communication et de l’information à travers les nouvelles technologies d’aujourd’hui. Autrement, le défi terrible face aux réseaux sociaux, auquel il fait face, ne sera jamais relevé. Avec une conséquence majeure, de voir disparaître un à un, les journaux, télé et radios faute de relève réelle et d’idées. Cela ne se fera pas néanmoins sans un pouvoir de contrôle et de réglementation des autorités en place quelle que soit l’envergure de l’agence de régulation qui sera mise en place.

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