Cela faisait plus d'un an qu'ils se préparaient en secret. Le 31 août, Microsoft et Amazon ont annoncé une vaste alliance dans un domaine inattendu : les assistants vocaux. Beaucoup plus qu'un gadget technologique, ces petits objets, qui font progressivement leur entrée dans les foyers, s'imposent comme les nouvelles interfaces entre l'homme et les machines. Demain, la voix remplacera les interrupteurs ou le clavier pour commander la multitude d'appareils à la maison. L'homme dictera oralement ses instructions aux ordinateurs, aujourd'hui essentiellement équipés de Windows, le système d'exploitation de Microsoft. La reconnaissance vocale est l'une des pièces essentielles de cette vague technologique qui se développe autour de l'intelligence artificielle. Une vague que Microsoft ne peut pas rater et qui justifie son alliance, dans ce domaine, avec son voisin de Seattle.



Car la concurrence est sauvage. Depuis le lancement de Siri par Apple, en 2011, les géants du Web se sont mis à la mode des assistants vocaux : Amazon avec son boîtier Alexa, Google et bientôt Samsung et Facebook… Ces concentrés d'intelligence artificielle excellent dans de nombreuses tâches, de la commande d'un taxi à la gestion d'un agenda. Dans cette nouvelle compétition de titans, Microsoft a pris du retard qu'il espère rattraper avec Amazon. La firme de Redmond commercialisera cet automne son enceinte connectée, Invoke, réalisée avec le constructeur Harman Kardon, acquis par Samsung. Mais bien après celle d'Amazon, Echo.
Un langage universel

Depuis son arrivée à la tête de Microsoft, en 2014, Satya Nadella a placé la commande vocale au centre de sa stratégie. Son ambition : apprendre le langage humain à tous les ordinateurs. Et permettre à tous, un Chinois de 85 ans ou un Américain de 5 ans, d'utiliser l'interface sans mode d'emploi. Son obsession : éviter à tout prix de rater un nouveau virage technologique. Car le géant mondial du logiciel a déjà beaucoup perdu de sa superbe. Il demeure une formidable machine à cash avec ses produits Windows et Office, qui constituent encore l'essentiel de ses bénéfices. Mais son modèle basé sur la licence d'utilisation est sérieusement challengé par Google et son programme Android. La firme a aussi raté le virage du mobile, malgré le rachat à prix d'or de Nokia, en 2013, pour 7,3 milliards de dollars. Un échec, qui s'est soldé par l'abandon de son logiciel mobile, Windows Phone, et la suppression de plusieurs dizaines de milliers d'emplois.

Le patron de Microsoft s'est donc juré de devenir un acteur incontournable dans ce domaine très prometteur de l'intelligence artificielle. Début juillet, pour la première fois, le groupe réunissait à Londres le gratin de ses chercheurs pour deviser sur ces thèmes futuristes. Il inaugurait son premier laboratoire de recherche hors des Etats-Unis dédié à l'intelligence artificielle. Ses invités ont eu droit à un festival de démonstrations : application mobile destinée aux aveugles, outils conçus pour aider à combattre le changement climatique.
Un incubateur à Paris

Quelques jours plus tôt, Microsoft inaugurait son premier incubateur en intelligence artificielle à Paris. Une première promotion de cinq start-up sera hébergée au sein de Station F, dont Recast, spécialisée dans la création de bots, des robots conversationnels. " Nous espérons faire émerger des champions français de l'intelligence artificielle, lance Laurence Lafont, directrice marketing et opérations de Microsoft France. Nous accompagnerons 20 à 30 projets sur dix-huit mois. "
Une base de clients solide

Dans cette bataille naissante, Microsoft dispose de solides atouts. D'abord, il peut compter sur les 113 millions d'utilisateurs de Windows 10 ayant Cortana, son logiciel de reconnaissance vocale. " Ils ont une base de clients qui pourront enrichir leurs algorithmes au gré des mises à jour automatiques ", estime Matthieu Sarlé, directeur du conseil L'Atelier de la BNP Paribas à San Francisco.

De par son intégration historique dans les entreprises, le groupe a également un coup d'avance grâce à son logiciel Skype Translator. Disponible dans neuf langues pour les appels vocaux et dans plus de 50 langues pour les conversations par chat sur le logiciel, celui-ci repose sur un système d'apprentissage automatique. Et Microsoft a dévoilé, en juillet, un module de traduction pour PowerPoint. " Cet outil fournit une version en temps réel, en différentes langues, lorsque vous donnez une présentation ", explique Marcel Tilly, program manager du département AI & Research de Microsoft.
Un partenariat avec Renault

Fini, le modèle de ventes de logiciels sous licence développé par Microsoft depuis sa création. A présent, la firme de Redmond veut offrir ses solutions d'intelligence artificielle. Son premier gros partenaire est le constructeur Renault Nissan, qui va intégrer ses outils dans une dizaine de modèles autonomes d'ici à 2020. Ensemble, les deux groupes vont développer des services connectés, tels le suivi en ligne et le diagnostic à distance : le conducteur pourra, sans lâcher le volant, dicter un mail, rentrer une nouvelle destination dans le GPS, et se connecter à la suite bureautique Office 365 ou à sa messagerie Outlook. Une manière de ceindre l'utilisateur dans un nouvel écosystème Microsoft.

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