Dans un discours tenu il y’a de cela 60 ans, l’éminent penseur du monde musulman Serigne Cheikh Ahmed Tidiane Sy précise : «  Si la prière cesse d’être la sacralisation de nos actes quotidiens, malheur à ceux qui par ignorance en deviennent les victimes. Car la prière est à l’âme ce que l’engrais est à la surface du sol. Ou il l’améliore, ou il l’écrase. C’est une question de dosage, de discernement, c’est surtout une question d’éducation mystique. »

Tout musulman obnubilé par sa responsabilité en tant qu’acteur de la conscience universelle devrait s’inspirer profondément de cette assertion. Elle peut être considérée comme un ressourcement purificateur pour les impénitents. Chez nous, on prie plus qu’on ne s’adonne à la sanctification de nos actes quotidiens. En effet, il convient de distinguer l’islam et ses cinq piliers. Celui-ci consiste en un enracinement dans lequel toutes les facultés de l’être s’engagent alors que ceux-là restent les symboles de la chose islamique même.  

Etre musulman, c’est commencer par s’initier à une éducation mystique qui exige que l’on dédie tout acte commis au ciel. Et l’homme à la djellaba de résumer cela en une prophétie qui transcende le temps et l’espace : « Tout ce que le croyant fait d’utile, de raisonnable et de juste peut être considéré comme surérogatoire et être dédié au ciel. » Si, entre deux prières, l’on verse dans un verbiage tendant à dire du mal d’autrui, le temps passé sur la natte à invoquer Allah peut, à défaut d’améliorer la nature profonde de l’être, l’anéantir purement et simplement! Et ce peut être là l’accès à la citadelle des victimes de la prière, ceux-là qui  restent d’éternels pratiquants mais aussi les auteurs des bavures les plus graves qu’un être humain puisse commettre.

Il y’a aussi ce rôle crucial joué par ce pilier fort de la culture : l’Education… « C’est surtout une question d’éducation mystique», précise le fils du Khalife AbabaKar Sy. Et c’est là tout le sens donné aux gestes de piété. Il s’agit surtout d’aider le musulman à se conformer à des « exigences disciplinaires » telles la constance et l’évolution. Le vocable « prière » coïncide en arabe avec le terme « salàtou ». Et les gnostiques ont trouvé là une logique qui surpasse un simple hasard : le mot arabe qu’ils associent au terme « salàtou », et qui lui est proche n’est autre que le terme « silatou », qui signifie « branchement»…Voila pourquoi ils considèrent l’âme comme une batterie qui devrait s’alimenter en énergie de façon constante …par cet acte qu’est la prière. C’est là tout le sens donné à ce geste de piété qui doit servir de moyen d’acquisition de  grâce. Si on y associe donc pas une purification du cœur et une volonté d’incarner les vertus héritées des héros du ciel, elle devient cet engrais à la surface du sol qui, à défaut de l’améliorer, l’écrase complétement ! Que le ciel nous en préserve.

                                                                                                                                                                                                                                                              A Suivre

Maam Cheikh

 

 

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