Dans son mythique Wassilatoul Mounà, l’homme de Gaya chantonne :

« Abdoune Zaliiloune Faqiiroune Khà Chi Oune

   Wadjiloune Zoudjàza Ine Aàssifoune Yallahou Yallahou ! »

Si l’auteur de Xilàssou Zeuheub est passé maitre dans « l’art de la déformation en matière de rhétorique », seul un Responsable Moral digne de ce nom est apte à interpréter une telle invocation. Ecoutons Serigne Moustapha Sy : « Il ne s’agit nullement d’une logique frôlant une vénération synonyme de rabaissement pour l’homme de Gaya, mais plutôt de l’illustration d’un esprit revendicatif. »

 C’est que les mystiques ont toujours su négocier avec le ciel, et ceci avec pour soubassement une légitimité digne de ce nom. Ils ont su sortir indemnes de ce labyrinthe dans lequel l’humanité se sent comme perdu. Et l’auteur d’un célèbre best seller de cette époque d’interpeller la race humaine avec une audace si sensée : « Si Dieu se donnait l’opportunité, par ces temps qui courent, de prononcer ne serait ce qu’une seule formule à adresser à la race humaine, ce serait ceci : vous ne m’avez pas compris. » Et un autre grand de la Haqiqa de s’immiscer : «  L’humanité cherche des réponses qu’elles ne méritent pas encore parce qu’elle ne pose pas les bonnes questions. »

Face aux questions de l’heure, le coran demeure un rempart. Sauf qu’ici, le processus est inversé, puisque c’est le livre saint, cet instrument si compatible en termes d’humeurs avec l’étoile de Médine (psl), qui interpelle l’humain. Et qui dit heure cite la notion de temps chez les mystiques, loin de l’interprétation scientifique ayant pour point de départ le fameux Big bang.

Serigne Moustapha Sy, si habile quand il s’agit de surfer sur les vagues les plus hautes et les plus imposantes de cet océan qu’est le Coran avec ses 6666 versets, épouse une méthode qui surpasse le cadre du temps. Dés lors, il faut se poser une question : le temps et l’espace suffisent-ils à interpréter la volonté divine tout en cernant les questions de l’heure ? Ce qui est sûr, c’est que les adeptes du cercle « Adouratoul Baydà » sont « aussi vieux que le temps et l’espace ». « Wamine Qabli Khalqil Khalq Wal Arch Qad Kounna » (nous étions là avant la création du tour de contrôle qu’est Arach et du piédestal dénommés Koursiyou) revendiquent-ils.

Chez les mystiques, qui dit heure évoque tout un cycle à l’image d’une caravane, comme pour illustrer les actions des « intégristes en matière de foi religieuse dont les premiers ont été bel et bien mis au monde par le désert, et qu’on a si magnifiquement appelé des prophètes », pour reprendre les propos d’Al Maktoum. Il s’agit aussi de faire référence au concept d’emploi du temps, sauf qu’ici l’employeur est le ciel et ce qui donne un sens au temps n’est rien d‘autre qu’un ensemble d’attributs dont le signe premier est la prophétie. Et l’homme dans tout ca ? Les lois sociales voudraient qu’il rebrousse chemin afin de retourner d’où il vient, parce que ne sachant plus où il va, perdu qu’il est dans une époque où l’impénitence règne en maitre. Ce qui, justement, rebute le pensionnaire de la cité Alia Diène : « Il appartient à celui qui ne méconnait guère  l’existence du tombeau de ne point soutenir ne pas savoir là où il va. », précise t-il. Les concepts coraniques de « ilmoul yaqiine » et de « aynoul yàqine », ayant une place de choix dans la philosophie et l’enseignement de Serigne Cheikh Ahmad Tidiane Sy, ne le prouvent-ils pas ? Il suffit que l’on ait une certaine conscience, à un certain âge, pour qu’on se rende compte du fait que « cette aventure ayant pour commencement le ventre maternel ne pourra prendre fin qu’avec les flancs inconsolables de la tombe. »

Par ailleurs, dans sa démarche visant non pas à permettre à l’être d’évoquer les questions de l’heure, mais plutôt de le questionner lui-même, le coran revient sur un ensemble de signes tout aussi symboliques. Dans la sourate Ar Rum (les romains), le ciel rappelle à son prophète (psl) « ses bienfaits pour la race humaine ». De la création de l’homme à la tombée des eaux de pluies, en passant par le privilège d’avoir des épouses, d’évoluer entre ciel et terre, jour et nuit, le tout en variétés d’idiomes et de couleurs, que demander de plus ? Et il y’a qu’en matière de vie conjugale, insiste le fondateur de l’Université du Ramadan, une affection peinte d’estime envers l’autre est préférable à une passion aveugle. D’ailleurs, les adeptes de ses enseignements aiment à reprendre cette formule : il faut rester à la périphérie de celui qu’on aime ?  

Interroger les questions de l’heure, c’est aussi et surtout le fait de n’avoir pour instrument de mesure que l’instant, le temps présent étant plus juste qu’un avenir incertain où un passé éphémère. Même les académiciens de la langue française les plus tonitruants qui soient ont fini par considérer le terme « avenir » comme n’ayant nullement de sens, préférant que la jeunesse se tourne vers son vrai désir tout en sachant que cette époque est la sienne. L’essentiel, c’est qu’elle fasse de la droiture (Al Irchad) un crédo, de l’entraide une préoccupation et des prédilections du divin des remèdes face aux maux. C’est donc une occasion de se détourner du chemin parsemé d’embuches prit par des esprits butés à l’instar d’Abou Leuheub, du culte détourné de toute forme de solidarité envers son prochain-dénoncé par le fameux « Aràà Aytallazi You Kazzibou Bi Diine » et traduit ainsi par Al Maktoum : «Que dire du croyant qui méconnait l’importance d’aider son prochain ? »-  et de ceux qui souffrent sans pour autant avoir la volonté de se retourner vers « les remèdes du Seigneur ».

 Dans tous les cas, la sainteté (wilàya) ne cessera d’être cette bâtisse à trois piliers et avec pour fondement le message divin : La lettre arabe « wàaw»  symbolisant le cercle des « Ouloul Azm Mina Roussoul », le « Làm » comme pour en venir aux Khalifs ainsi que le « Yà » pour ce qui est des saints dignes de ce nom. Le même processus peut aussi illustrer la royauté, les affaires publiques et le peuple. « C’est Dieu lui-meme qui tend à faire régner l’amalgame, puisque la race humaine s’est comme détournée de l’essentiel », confie Serigne Moustapha Sy. Et c’est là la vraie question de l’heure !

 

Maam Cheikh

Chroniqueur

 

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