Si la faune et la flore comprises entre les deux foyers d’incandescence religieuse que sont Tivavouane et NgumbeuNguewul pouvaient témoigner avec le langage commun de l’humain, ce dernier entendrait sans doute leurs chuchotements, toutes d’admirations, à l’égard de ce nonagénaire qui a, toute sa vie durant, incarné au firmament, le modèle de disciple malikite achevé. Oui, il faut bien avoir un sens élevé desresponsabilités mystico-spirituelles qui pèsent sur soi pour continuer à honorer de sa présence le Maouloud annuel de Tivavouane la Sainte à 93 ans révolus.

 

Ainsi, pour la énième fois, les tentatives du conseil de famille d’épargner ce trésor de cette peine s’écraseront sur un mur de refus catégorique de l’homme de Dieu, chevalier Tidjany, connaisseur d’Allah et digne dépositaire du capital spirituel du grand savant Seydi Alioune BA.Source intarissable d’inspiration pour la jeune génération, son exemple renseigne sur l’importance de la mahaba(amour) qui reste la particularité de ce courant de l’Islam qu’est le soufisme. En effet, c’est cet amour pour le Prophète qui est la clé de toutes les grâces divines, la miséricorde de Dieu y comprise. C’est cet amour, présent dans tous ses écrits, qui lui fera implorer de son Créateur, le voilement de ses yeux afin qu’ils ne puissent plus convoyer quelque impureté que ce soit vers ce siège de l’amour qu’est le cœur !  Un braquage de notre projecteur sur cette icône de la Hadara Malikite s’impose.

 Saint-louisien de naissance et Foutangké d’origine, Seydi Alioune BA est un illustre muqqadam d’ElhadjMalick SY. Grand érudit dans ce Cayor du début du 20ème siècle, partagé entre reliques d’une sociétécéddodémantelée par le fait colonial et prosélytes d’une forme de vie sociale encore nouvelle, il fallait bien un soufi de sa dimension, capable d’aboutir le travail titanesque abattu par plusieurs générations de religieux, depuis l’avènement de l’Islam dans cet extrême ouest du continent, - des enseignants comme Khaly Amar FALL et MatarNdoumbé DIOP, aux théocrates comme Thierno Souleymane BAAL et l’Almamy Abdel Kader KANE-, sans oublier les inventeurs du Seurignat qu’ont été Cheikh Ahmadou Bamba et ElhadjMalick SY entre autres. D’ailleurs, l’histoire raconte que l’actuelle mosquée de la localité dont la famille BA assure l’intendance fut le lieu de rencontre de Cheikhna Cheikh SadbouhAbihi, Serigne Touba, ElhadjMalick SY et Seydi Alioune BA lui-même. C’est sans doute l’inénarrablegrâcenée de cette prière commune de Takusaan qui constitue l’énergie permettant à l’actuel calife de faire montre d’une abnégation sans cesse renouvelée. Les témoignages sont unanimes ! l’homme de Dieu, malgré une acuité visuelle et auditive affaiblies, continue d’aller prier à la mosquée 5 fois par jour, et d’êtreprésent aux séances de wazifa de l’aurore et du crépuscule. Au vu de ses illustres homonymes et prédécesseurs qui ont été qualifiés de rigoureux – en l’occurrence Seydina Omar BounKhattab et Cheikh Oumar Al Foutiyyou, l’on est tenté de verser cette singularité dans un lieu commun n’eut été son âge avancé. Forméà l’école de son père, l’homme de Dieu est un passionné de science, menant une vie frugale. Fin lettré et doté d’une docte culture, ses causeries renseignent sur un sens de l’humanisme vaquant des trompettes de Jérichoà la spiritualité chinoise et le visiteur du moment y gagne des pans entiers de connaissances.

 Il faut bien observer la panoplie de profils mixtes que regorge la famille pour appréhender ce goût de la connaissance. En effet, cadres de banques, financiers, logisticiens, physiciens… se retrouvent chaque année au gamou familial pour « rivaliser » de connaissances dans bien des domaines : droit islamique, Sira(vie du Prophète), science occulte, gnose, exégèse, fiqh de la Tidjaniya… sans oublier le concert de symphonies avec des musicalités allant du soprano au rossignol, éberluant visiteurs et habitants de Guéoul durant la nuit du gamou. En l’honneur du Prophète, ces qasidas d’ElhadjMalick SY, de SerigneBabacar ou encore de Seydi Alioune constituent une expérience tactile, gustative, conférant au consommateur un plaisir insatiable, même sans en comprendre le sens. Ainsi, cette double casquette alliant humanités religieuses et écolefrançaise est le défi poséà tout musulman sénégalais en général et malikite en particulier, afin de pouvoir s’adapter tant aux mutations qu’aux exigences de notre époque. En résumé : effacer la distance avec l’école occidentale pour lui « voler » ce qui fait son développementmatériel et rétablir cette distance pour discuter et agir en charriant les valeurs que nous ont procurées nos humanités religieuses. Cette aventure ambiguë, Cheikh Hamidou KANE la décrità travers le personnage de Samba DIALLO qui part au pays des blancs pour y apprendre l’art de convaincre sans avoir raison avec le risque bien entendu de perdre ce pour quoi il fait la fierté de sa famille. Et c’est le grand théosopheSerigne Cheikh Tidiane SY qui a su théoriser le juste milieu en invitant à une imbrication entre ceux qui sont issus de l’école occidentale et qui,à tort, ont qualifié les religieux de fous et ces derniers qui, égalementà tort, ont qualifié les premiers de voyous. Ainsi dit, la théorie sans une forme de pratique serait vaine et cette famille BA a su constituer à travers ses membres, de modèle le plus achevé de cette pratique !

 

Nous souhaitons la longévité de Noé au sage de Ngumbeu, cette bougie qui ne cesse d’éclairer plus d’un, tout en se consumant !

 

 

Alhassane DIOP

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