«  Le réalisme occidental a pour pilier fort le matérialisme dégradant. Chez nous, l’archaïsme débordant hérité des traditions ancestrales sévit intensément. Voila deux éléments qui justifient largement le fait que nos natures profondes soient à jamais bafouées. »  Prophétie ne pouvait être plus significative pour dénoncer la pire des crises. L’auteur, lui, est l’un des hommes les plus influents de son époque, et un sage dont la pertinence a toujours eu pour préoccupation première un comportement perfectionné et mesuré de l’être.

 

 L’on a toujours conçu que les paroles et paraboles de Serigne Cheikh Ahmed Tidiane Sy pèsent lourdement sur la conscience collective. Là, au-delà de la conscience, elle invite la nature profonde de l’individu à trouver un tremplin pour s’extirper de la pollution morale qui sévit dans le monde. Elle a pour centre de rayonnement une quête de matérialisme inouïe de la part de l’occident, mais aussi un obéissement à des traditions et superstitions tendancieuses. « Nous ne sommes nullement sur la bonne voie, et l’occident non plus. Heureusement que la main du seigneur nous est toujours tendue pour un retour aux réalités essentielles », stipule t-il dans le même discours, tenu à Tivaouane en 2009 dans le cadre du Gamou.

En 1994, dans Islam & Monde Occidental, Al Maktoum invitait l’occident et le monde musulman à se pencher sur une interpellation du prince Charles d’Angleterre. Elle visait une « jonction de haut niveau entre l’occident et le monde musulman. » Jonction qui, selon l’homme à la djellaba, avait quelque chose de particulier : « l’occident est une technique sans conscience, et l’islam une conscience sans technique ». Mais la variété de cultures qui détermine le monde islamique fait que les pratiques changent selon les milieux.

Au Sénégal, l’islam lutte tant bien que mal contre des traditions ancestrales (« aada » en wolof) qui prennent toujours le dessus sur les valeurs islamiques. L’illustration est de l’inconnu de la nation sénégalaise et auteur du légendaire « Khilàssou Zeuheub », Seydil Hadj Malick Sy (rta) : « Les traditions ancestrales prendront toujours le dessus sur l’islam au Sénégal. » Et pour servir une réponse à ses apôtres exigeant une prière qui puisse changer la donne, Mawdo rétorqua ce que nul ne l’avait jusque là entendu dire : « Mak dou gnàne loudoule naguou ! » (un patriarche n’invoque le ciel que pour voir sa requête acceptée et non l’inverse). Même la façon de manifester son engagement envers un guide religieux, ou encore d‘évoluer dans un cercle dédié à la sainteté, peut souvent être entachée de mesures et pratiques tournant le dos au ciel. Et le tonitruant Serigne Cheikh Mbacké Gaindé Fatma (rta) de s’insurger, en interpellant son compagnon de guerre Serigne Cheikh Tidiane Sy  :  « Faisons de sorte que celui qui est prit pour valet (beuk neeg en wolof) chez son maitre soit désormais considéré comme un digne serviteur et rien d’autre. » Serigne Moustapha Sy, lui, dénonce une forme de croyance semblable au fait de ne regarder que par un seul œil, c’est-à-dire de n’avoir d’yeux que pour quelqu’un-ce qui semble normal d’ailleurs-au point de croire qu’aucun autre n’existe ou n’a rien de bien dans ce qu’il fait-là se trouve le mal. Le leader des Moustarchidines va même plus loin en précisant : «  Ce n’est point notre présence dans l’édifice servant de mosquée qui intéresse le ciel, mais plutôt là ou nous nous trouvions avant d’y venir, et surtout notre destination après le geste de piété. » Voila pourquoi au-delà du fait d’accabler les gens de sermon, Serigne Cheikh Tidiane Sy avait opté pour l’action tendant à « former des cœurs nouveaux que rien ne saurait détruire ». Ce fut là ce qui justifie l’œuvre des hommes d’action de la trempe de Seydil Hadj Malick Sy (rta) et de Cheikh Ahmadou Bamba (rta). En effet, ils avaient pour seule préoccupation de s’improviser sentinelles afin que les pratiques traditionnelles ne puissent nullement prendre le dessus sur les vertus promues par la religion.

Le matérialisme dégradant est la pire des crises qui puisse secouer l’occident. C’est la suggestion d’un scientifique tout aussi intelligent qu’Albert Einstein, que l’on connait avec sa théorie de la relativité et sa bombe atomique. Il avait pourtant prédit un détonateur aussi puissant que la bombe C (Communication). C’est aussi la conception d’un penseur, Sidi Ibrahim Rayahi, qui nous confie dans ce domaine précis : « La formule qui fera exploser le monde des humains sera moins militaire qu’on le pense. » Et c’est enfin la confidence d’un mystique à l’image de Serigne Cheikh Tidiane Sy, qui nous édifie sur l’assertion de Rayahi : « Elle se résume en ceci : rendre nécessaire ce qui n’est qu’accessoire. » Il n’y a rien de plus inquiétant que cette percée du matérialisme, dans le sens ou elle ne semble pas « réfléchie » dans certains domaines. Les psychologues occidentaux se sont penchés la dessus, et ont prédit la fin de l’intimité. Quoi de plus simple pour illustrer le déséquilibre de la nature profonde de l’être que cette façon pour les technologies de prendre l’individu pour otage ?  « L’islam, avec ses milliards d’adeptes et son éternel besoin de se voir fournir en matière technique par l’occident, fait face à une situation plus qu’énigmatique », justifie Al Maktoum.  

L’essentiel, c’est de mettre l’accent sur la formule  « âmes plus vertus plus avoirs matériels égalent civilisation », enseignée par Al Maktoum qui s’est inspiré du coran. Pour lui, la dignité d’une civilisation-et, partant, de toutes les cultures-, se trouve dans le fait que l’âme prenne le dessus sur tout. Le sacré, c’est d’abord ce qui particularise l’équilibre de la nature profonde, désignée chez les gnostiques par le terme « tabiatoule hàal ». Et il y’a cette forme d’instrumentalisation de la jeunesse dénoncée toujours par le fils d’Ababakar Sy depuis plus de 60 ans à Diourbel. Il annonçait, à ce stade, que l’invention du téléphone, parmi tant d’autres outils, ferait que l’on aurait affaire à un type de jeune dont l’appartenance à l’espèce humaine reste à définir. Même l’imprimerie n’est pas en reste dans cette illustration du matérialisme dégradant , car l’édition n’a pas fournit que des milliards, elle sert aussi d’arme aux journalistes adeptes de l’horreur médiatique et autres écrivains avides de formules peintes d’une crise de logique inquiétante. Et là, il faut une autre chronique pour revenir sur cette anomalie qui guette l’humanité !

 

Maam Cheikh

Chroniqueur

 


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