Le Général De Gaule confie à Serigne Cheikh Ahmed Tidiane Sy : «Votre grand père Seydil Hadj Malick Sy (rta) est la conscience de ce pays. Vous êtes de ceux qui peuvent le mener à bon port. Même Senghor ne pourra remplir dignement sa mission sans vous. Mawdo a été le seul rempart qui vaille lorsque la France ploya face à l’ennemi. »

C’est l’illustration d’un discours appartenant désormais à l’histoire sainte, car affilié à un espace temps remarquable : Keur Dieumb, ce fief de Baye Ndiassé Mbaye connu grâce à l’œuvre d’Al Maktoum, et 2018, quarantenaire de la naissance du Mouvement Moustarchidine. Le contexte est d’un symbolisme inouï, et le contenu d’une profondeur remarquable, parce que d’un orateur doublé d’un conférencier hors pair. L’homme à la djellaba précise : « Ce qui est valable pour un comportement religieux l’est aussi pour un comportement politique.» Pour adhérer à cette prophétie, il faut croire à la conception selon laquelle un seul souffle anime les deux, et est éternel.

 

                                                                                        DE LA DELICATESSE DU VERBE

Le verbe sublime assigné à l’étoile de Médine trouve son sens dans le fait que les prédécesseurs de ce dernier ont souvent « perdu quelques points en matière de rhétorique ».

C’est l’histoire de Salomon, ce ténor qui, vacciné contre toute forme d’incarnation d’une imposture, su enfourcher les caps de roi et de prophète. En écrivant une lettre à la reine de Saba, il devint « un peu plus royal » qu’il ne le faut : une condamnation de la vanité et une soumission à son égard au menu. Mais quand on a affaire à une femme dotée d’une acuité d’esprit remarquable, l’on ne peut que répliquer de facon consciente. Balqis su user des mots qu’il faut pour dénoncer les maux entrevus à travers la fameuse lettre.

En matière de conquête de pouvoir, les Hommes de Dieu ont toujours préféré une personne ayant été initiée à une tarbiya (formation spirituelle). Il faut une « conscience spirituelle » assez rigide pour ne pas sévir sous le joug des ambigüités de la politique politicienne.

 

 

                                                                           DE LA VOLONTE DE CONSCIENTISER SON ENTOURAGE

En termes d’envoi de missionnaire, le ciel procède toujours en interrogeant l’environnement immédiat en question. Et la mère de toutes, celle visant le choix d’un représentant sur terre, a fait face à un contexte des plus inattendus.

C’est le récit d’un « procès fantôme » des plus rocambolesques, et aussi vieux que le monde. Face à la volonté du ciel de créer l’homme, une partie de la  communauté des archanges se senti perplexe quant à l’utilité d’un tel acte. Le comble, c’est l’absence-ou la non existence préalable- de l’accusé, mais aussi la citation de faits non encore commis. « Objection ! » aurait dit un juriste averti, bien que ce terme ne soit d’usage que dans une cour au vrai sens du terme, avec une présence des concernés.

Mais le juge des juges, lui, se sert assez souvent de son titre d’omniscient en matière de remise en cause. Et le temps-parce qu’il incarne le temps lui-même, de lui donner raison dans un contexte précis : l’expédition d’anges du ciel à l’occasion de la bataille historique de Badr pour combattre des ennemis déclarés du prince de la race dont il redoutait la création, en l’occurrence Seydouna Mouhamad (psl). Et Al Maktoum d’évoquer le livre saint en ces termes : « Le coran fait de la violence un principe. » Cela n’a rien à voir avec l’agressivité.

Quant à l’enseignement du leader des Moustarchidines, il stipule que ces « anges contestataires » ont été conçus à l’image de l’homme (mine nafsile bachar). Ce qui justifie l’existence de toute forme de « conscience revendicative » à l’égard du ciel.

En matière politique, c’est là tout le sens de la nécessité d’appréhender la perception des choses par son entourage, et d’agir afin de rééquilibrer les responsabilités. Le dialogue demeure le seul instrument apte à faire évoluer les choses dans ce domaine. Mais son aspect consultatif a ceci de particulier selon Al Maktoum : « Chez le négro-africain, la réussite d’un responsable dépend non seulement de la bonne foi, mais aussi du sens de discernement de son entourage. » Administrer, c’est savoir choisir les informateurs au détriment des menteurs. 

Les tenants du pouvoir peinent à « discipliner le peuple ». Mais la philosophie héritée des russes en faisant fi d’une révolution des mentalités a ceci de particulier : c’est au niveau des instances que la concrétisation d’une telle volonté devrait débuter. A quoi bon prodiguer des conseils si l’on n’arrive pas à se comporter de façon exemplaire ? Et Serigne Babacar Sy (rta) de s’insurger : « Tout conseil qui ne porte pas en son sein les deux principales vertus de la participation que sont la maturité et la fidélité n’est qu’une suggestion sans intérêt. »

                     

                                                                   DE LA NECESSITE DE S’OPPOSER DIGNEMENT

C’est l’épopée d’une opposition, sans nul doute la première de l’histoire de l’humanité. Lucifer, cet ennemi déclaré du bien, refusa de se prosterner devant le ciel. Mais les mystiques aiment à prôner une nécessité de distinguer le Lucifer en tant que créature, et qui n’a rien à voir avec l’autre aspect qui s’est érigé en système. Celui-ci est à l’image de la représentation de tout ce que la volonté divine ne cautionne guère alors que celui là symbolise les tracasseries nées de nos systèmes. Ce qui explique le fait que certaines personnes peinent à avoir une conscience limpide. Et le ciel de déclarer : « Il arrive que je mette une barrière entre l’individu et son cœur, de sorte qu’il devienne aussi encombrant que Satan. »

Le Président Lamine Gueye considérait que la moralisation de la politique au Sénégal  dépendait de la nécessité de ne pas prendre son adversaire pour ennemi. Senghor n’hésitait pas à faire appel à son « opposant de conseiller » Serigne Cheikh Tidiane Sy, leader du P.S.S. à l’époque, lorsque le pays faisait face à des situations assez complexes, le temps de trouver une issue. Cela n’a rien à voir avec « l’aspect sournois » de la chose, celui là qui fit dire  à Kroutchev, s’adressant à Nasser : « Toi et moi sommes fous. Mais c’est un secret d’état. »

C’est d’ailleurs ce qui justifie ce qu’Al Maktoum désigne par le terme de « coup d’état administratif », dix fois plus dangereux qu’un coup d’état militaire. C’est le terrain privilégié des malintentionnés de l’entourage d’un Chef d’Etat, avec deux démarches : « couper l’élu des réalités du monde » et l’amadouer de sorte qu’il fasse de l’arrogance un tremplin politique.

 Tout dépend du régime auquel on a affaire. Mais pour ce qui est, par exemple, des injustices à l’égard des leaders d’opinion, Serigne Moustapha Sy exige deux choses : une tentative visant à libérer le chef politique otage de son entourage immédiat ou une décision de lui faire face, dans la logique d’une complicité. 

 

                                                             DE L’APREHENSION D’UNE INTIMITE MYSTIQUE

Il n’y a de concept plus approprié pour qualifier le lien unissant le tribun de Tivaouane au docteur de la foi si ce n’est celui d’intimité mystique. D’abord, l’homme au bonnet carré avait soutenu qu’Al Maktoum était la prunelle de ses yeux. Mais ce dernier est allé plus loin avec Serigne Moustapha Sy à travers ces propos datant du 29 janvier 2000 au C.I.C.E.S : « L’action de Serigne Moustapha Sy est affiliée à une grande mission. Il a des ennemis qui sont des plus dangereux et des plus malhonnêtes. Je ne veux nullement qu’il soit sacrifié, et n’hésiterai pas à donner ma vie pour qu’il puisse être sauvé de justesse. »

Ensuite, face à lui, dans un cadre loin de s’apparenter à une sortie publique, il lui déclare : « En vérité, le seul couple qui perturbe le moi profond de personnes des plus redoutables est le notre. »

Enfin en s’adressant à son fidèle condisciple de toujours Baye Omar Samb, il déclare : « Moustaf ne ploie point sous le joug de la solitude. Quand on est assigné d’une mission aussi noble, le ciel procède en faisant de sorte que toute conscience à même de polluer notre environnement  soit à jamais écartée. »

En histoire sainte, il n’y a rien de plus concis qu’un hommage de cette trempe, parce qu’il traverse le temps et ses vicissitudes. Ces propos ont trouvé refuge dans les cœurs de leurs disciples, et aucune langue n’est apte à traduire leur portée convenablement. C’est là un consensus qui rebutera à jamais les simples d’esprits. Il faut y réfléchir…avec le cœur ! La raison nous mènerait, dans ce domaine précis, dans les coins et recoins de la cité du scandale.

Maam Cheikh

Chroniqueur

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