Historique mystico-spirituel 

Il y a quelques décennies de cela, Serigne Cheikh Ahmed Tidiane Sy Al Khoutboul Maktoum a évoqué lors d'une conférence les circonstances où un jeune garçon avait rétorqié "Ana Moustarchid" ("Je suis Moustarchid") en répondant à la question "Qui toque ?". L'événement, narré par Al Maktoum, a du se dérouler à Médine, si on s’en tient à la vie d’un des illustres imams de l’islam qui a dû le rapporter pour l’avoir vécu. On le nomme Imam Djanfar Ibn Mouhammad as-Sādiq, appelé aussi Djanfarous Sādiq (RTA). On dit qu’il est le fondateur de la première école de l’islam et a été même le maitre de l’imam Mālick ibn Anas (RTA). En effet, un jeune garçon est allé voir l’imam Djanfarous Sādiq. Il toqua à la porte de ce dernier et dît "As-salāmou 'aleykoum". L’imam lui retourna le « Salam » et demanda qui toquait. Le jeune garçon répondît "Ana Moustarchid". Serigne Cheikh nous signale que c'est de là qu'est parti le mot, d’où la naissance de "Moustarchid" en tant que statut, en ces termes : "Thia la dallé !" (wolof). Goorgui Djānfar, comme l'a nommé L’homma à la djellaba, à priori pour son âge avancé lors de ces faits, l'invita à entrer et lui demanda la raison de sa visite. Le jeune garçon lui posa alors une question et Djānfarous Sādiq lui répondît. Le jeune garçon lui rétorqua alors : "Vous m'avez répondu pour la face d'Allah ou pour la simple jouissance de votre "âme" (charnelle « an-nafs ») ?" Djānfarous Sādiq, qui est un arrière petit-fils d’Abu Bakr as-Sādiq, lui dît : "pour la Face d'Allah !". Lorsque le jeune homme le quitta, Djanfarous Sādiq nota "Moustarchid" dans son carnet. On dit même de lui qu’il est un des maillons d’une confrérie soufie très connue qui tire sa chaîne initiatique de Seydouna Abu Bakr As-Sādiq (RA). Ainsi on peut imaginer, comment le statut "Moustarchid" a traversé le temps jusqu'à arrivés aux « enfants gatés du ciel ».

 

La Note de l’Imam Djanfarous Sādiq

Des siècles et des siècles passèrent depuis la mort de l'imam Djanfarous Sādiq (vers 765), jusqu'à l'évocation symbolique de ce statut, qui allait renaitre plus tard au Sénégal, par le biais de Serigne Babacar Sy (RTA) sans le citer. C'est Serigne Cheikh qui nous le raconte toujours : "A la fin de sa vie, Serigne Babacar avait reçu la visite d'une petite délégation de fillettes. Elles avaient été toutes vêtues de blanc et accompagnées de leurs mères, en guise de "ZIAAR" à l’homme au bonnet carré. Elles étaient venues à la ville sainte de Tivaouane dans l'espoir de voir leur bien-aimé. Mais il était malheureusement alité et presque sur son chemin de retour, sa dernière semaine, nous disait Serigne Cheikh. Après avoir reçu la délégation, ce dernier alla dire au Khalif : "Aujourd’hui, tu as la visite de tes petites-filles (« sëtt »), peux-tu essayer de leur jeter un œil du balcon ?". C'est alors que celui-ci, aidé, s’efforça de se lever pour aller doucement jusqu'au balcon de son appartement du 1er étage pour voir ses petites-fillettes dans la cour de sa maison". À leur vue, il dît : "Āah lii djoundj la" ('Il s’agit là d’une prédiction). Une image réelle qui présage symboliquement à celui qui la regarde par la grâce du Seigneur, le Tout-Puissant. On interprète cet événement comme une indication divinement symbolique pour le futur que le saint homme allait laisser derrière lui et n'a pas manqué de souligner à Al Maktoum au moment même des faits. Cet événement auquel on n'a pas assisté reste gravée dans la mémoire collective des Moustarchidīnes. Mame Cheikh en avait conclu que ces fillettes sont devenues, quelques années plus tard à l'époque où il a raconté cet événement, les "mamans des Moustarchidines".

 

Héritage mystique 

Le troisième événement très révélateur concerne Cheikh Mouhammadoul Moustapha Sy qui a déclaré lors du Mawlid 2014, en parlant de Serigne Babacar Sy, être son "copain ». Mame Kourdiyou Gaye, qui a témoigné d’un événement, l’a rapporté à Serigne Moustapha. Evénement qui s’est passé durant son enfance. Il a raconté que ce jour-là, Cheikhal Khalifa était assis dans son salon et portait son "copain" de petit-fils sur l'une de ses jambes. Il lui caressait la tête et lui répétait continuellement "Qāsīr kagn nga may démal tool !" (« Mon petit, quand est-ce que tu iras aux champs pour moi »). Ce qu'on puisse dire symbolique là-dessus est que ce fut le jour où il lui a soufflé son vœu de le nommer principal chargé de mission, son champion plus tard dans la lutte continuellement menée entre le Bien et le Mal, celle de la Conscience Universelle ("ad-damīroul kawn"). Le hasard n'existe pas. D'ailleurs, d'aucuns ne puissent réfuter par n'importe quel moyen le fait que Seyid Mouhamadou Moustapha incarne à juste mesure et titre l'héritage de la mission Ahmadiyya qui lui a été confié par l’intermédiaire de Mame Babacar Sy. Et dont il est le digne héritier et celui de la Wassīya tidjāniyya depuis qu'Allah l'a initié chez Seydil Hājj Malick Sy (RTA). Avec très peu d'attention, on peut apercevoir que l'histoire se répète à ce sujet, puisqu'il est le seul à avoir posé comme ses prédécesseurs par actes, principes et responsabilités, les éléments qui ramifient le Wassīla Tījāne d'Aboul Abāss chez ce Grand Homme de Dieu dit "Maodo", un pôle pour sa génération. Il ne s'agit certainement pas d'événements forcés ou induits par une volonté simplement humaine, mais surtout décidés car voulus par le Tout-Puissant  pour aussi servir de témoignages de nos jours. Le Moustarchid ne s’en vante pas dans les rues, mais en est certainement fier partout où il se trouve.

 

Historique datée du mouvement « Moustarchid »

Pour avoir sûrement vu venir les changements de réalités imposées par la ruée des hommes vers la quête de modernité et de science dans sa vie, Cheikhal Khalifa Ababacar Sy a eu le génie de mettre sur pied le concept de Dahira, en créant pour la première fois au Sénégal "Dahiratoul Kiraam". Un concept qui permet à tout individu dans toute société moderne ou pas de s'organiser de manière synergique et en communauté confrérique en occurrence à l'époque, afin de ne pas se couper de la source divine. Concept qui évitera à beaucoup des générations qui ont suivi après lui, de ne pas être emportés ou égarés par les démons de la modernité ou de la science des colonialistes. Ainsi, tous ceux qui créent des Dahira ou œuvrent à travers ces derniers de nos jours au Sénégal, quelle que soit leur confrérie d’appartenance, doivent un fervent hommage à Serigne Babacar Sy. Mais est-il besoin de préciser, comme le murmurent si souvent l’esprit des enfants gâtés du ciel (« Awlādou Tijān »), que le Dahiratoul Moustarchidīne Wal Moustarchidāte est le cadet des Dahiras, et qu'il bénéficie du souffle mystique de l’honorable et honoré, concepteur et inspirateur Serigne Babacar Sy (étant donné que "Dahiratoul Kiraam" fut l'ainé) ?

 

Cause « Moustarchid »

Dans la dernière partie de l'historique du Moustarchid qui va suivre, on va tenter d'énumérer les événements d'ordre religieux, culturel et politique qui ont marqué et accompagné la germination du mouvement spirituel par consultation de ses archives et du travail d’interprétation de nos condisciples aînés. La mission du Moustarchid intervient au moins dans trois (3) domaines de toute société où évoluent les aspirants "Moustarchid" dans le monde, à savoir la religion, la culture et la gestion de la cité, du fait qu’il est citoyen à part entière. Si on puisse le résumer ainsi du fait de la spécificité très complexe, mais surtout de l’aspect mystique de la chose. Il sera ainsi facile de comprendre que la mission de l’ensemble des Moustarchidīne, relevant plus de la mysticité qu’autre chose, ne peut donc être supervisée qu'avec les moyens d'un pouvoir spirituel dont le Responsable Moral en est le digne héritier et le patron.

 

Objectivité de la cause

Le Dahira est surtout un mouvement qui axe ses activités autour de l’action sociale et l’entraide par des moyens matériels et le savoir. Etymologiquement, le mot vient du verbe arabe « istarchada » qui peut littéralement signifier le fait de chercher la bonne direction («sakou NDJOUB ak YIIW » en wolof). Tous les enseignements du mouvement sont puisés du Coran, de la Sunnah et de l’expérience des sages et à travers leurs éruditions relevant du soufisme et de leurs écrits qui en découlent généralement sous forme de poésie. Une poésie qui respecte les exigences de cette discipline à savoir  l'expression du beau idéal par le langage mesuré qui doit flatter l'oreille, toucher le cœur, frapper l'imagination et élever l'esprit.

 

Naissance du Mouvement Moustarchide  dans l’Espace-temps

La naissance du Dahira peut remonter jusqu’à l’année 1973, lors du rassemblement de 9 jeunes dames lors d'un thé-débat dans la demeure de Cheikhall Khalifa. Plus tard, elles sollicitèrent naturellement Serigne Mouhamadou Moustapha, qui était le maître de l’école coranique de chez son « copain »  (grand-père), pour leur tenir des causeries sur la vie et l’œuvre de Serigne Babacar. On les nommait à l’époque «Moustarchidati », qui est le féminin de « Moustarchid » en arabe. Le fait que le groupe n’était composé que de jeunes dames rappelle symboliquement les fillettes habillées toutes de blanc citées plus haut.

 

Serigne Mouhamadou Moustapha, conscient dans son rôle surtout si l’on tient en compte le vœu que lui soufflait son grand pére, organisa le groupe et assuma pour la première fois la fonction de secrétaire Général. Il transforma les rencontres périodiques en un événement dit « Gamou Seut yi » (Gamou des petits-fils), qu’il dédie en la mémoire de Cheikhal Khalifa Ababacar Sy (RTA). Satisfait de l’initiative de celui qu’il appelait affectueusement « Qasiir », Serigne Babacar formula des prières jamais formulées auparavant, nous rapporte Mame Cheikh Al Maktoum (le mystique). Le nom « Moustarchidīne Wal Moustarchidât » a été attribué au Dahira par Mame Cheikh lors d’une Ziarra à l’occasion d’un Mawlid. « Nous ne sommes pas les seuls petits-fils de Serigne Babacar Sy. Il nous faut donc élargir notre champ d’action » dit un jour Serigne Mouhamadoul Moustapha. Ainsi, la « Journée du Khalif », tenue le jour de Tamxarit (fériée), remplacera la Nuit du Khalife par la suite. 

 

En 1979, lors d’une conférence à « Keur Dieumb » dans la région de Thiès, Mame Cheikh a fait une remontrance dans laquelle il a reproché à la jeunesse un peu partout dans le monde ses révoltes vaines de résultats utiles sinon d’égarement, le retard contracté et un manque d’initiatives essentiellement fructueuses au cours de la décennie allant de 1968 à 1978. A l’issue de la rencontre, Serigne Moustapha Sy impulsa une autre dynamique au Dahira qui est le fruit d’une ferme intention de recouvrer ce retard, le jour même de la tenue de cette conférence. On raconte qu’il est resté à jeun à l’issu de cette conférence. C’est ainsi qu’il va par la suite abattre un travail gigantesque incluant des tournées où il a mis ses pieds partout dans les régions du Sénégal et la sous-région (Mauritanie et Gambie). 

 

Dans la période allant de 1978 à 1985, il a mené des centaines de campagnes de sensibilisation sinon des milliers en allant vers les gens dans les quartiers, vers ceux mêmes qui fréquentaient les bars, les dancins et autres endroits prisés par les adeptes de gaspillage et d’amusement. Il réussît par la suite à faire engager des jeunes comme lui en âge pour la cause « Moustarchid ». Des jeunes dont il s’est chargé de former directement par des enseignements presque quotidiens à travers des causeries et des interprétations traductives (tafsīr) du Coran. Pour l’organisation du mouvement, il implantât les premières sections de la Dahira à Derklé, Bopp et les environs des quartiers de la capitale. C’est dans cette période qu’il a fondé les premières bases de la structure qui représente aujourd’hui le soubassement de la Dahira, notamment en zones, coordinations, secteurs, sections, etc. Il créa aussi des commissions (décentralisation, organisation, scolaire, culturel, universitaire, etc.) mais aussi des cellules comme la cellule féminine et la cellule des cadets. Les archives nous révèlent aussi que c’est dans cette période, que Serigne Moustapha organisa les premières colonies dénommées « Fay mboussou yobeul ». Ces colonies se terminèrent par une semaine culturelle au CICES de Dakar.

 

Phase d’affirmation

Entre 1986 et 1993, c’est la phase affirmation où des tournées sont organisées en parallèle avec des colonies de vacances locales qui ont permis l’implantation de nouvelles sections. C’est dans cette période qu’il a dédié aussi des années entières à la Femme, à la Jeunesse, à l’Enfant et aux Mères sous le signe de ces thèmes respectifs : la Personnalité de la Femme Musulmane, la Responsabilité de la Jeunesse, l’Education à L’Enfant et l’Enracinement pour les Mères. Il organisait aussi durant cette période des colloques et des Gamous pour enseigner l’histoire sainte du prophète Mouhammad (PSL). 

Phase de maturité

La période allant de 1993 à nos jours est la phase que les enfants gâtés du ciel reconnaissent comme une phase de maturation. C’est une phase où la Dahira a beaucoup sacrifié pour l’avenir de la patrie sous l’autorité du Responsable Moral et la Supervision du directeur de Conscience du mouvement : Serigne Cheikh Ahmed Tidiane Sy Al Khoutboul Maktoum. Une phase où il a dénoncé et lutté contre toutes les crises d’autorité, de confiance, de compétence et tant d’autres qui caractérisaient malheureusement le régime politique qui était à cette époque au pouvoir. C’est dans cette période que le Responsable Moral et beaucoup de ses ces disciples ont été arrêtés et emprisonnés. Certains ont été torturés et accusés à tort d’avoir été l’objet de troubles à l’ordre publique alors que c’était une bonne partie du peuple sénégalais qui manifestait ses désaccords vis-à-vis du régime au pouvoir. Toutes les preuves que les élections présidentielles de 1993 ont été fraudées par le régime au pouvoir à l’époque ont été reconnues par la suite. L’arrestation du Responsable Moral date du 30 octobre 1993. Il fut libéré le 12 septembre 1994 avec un non-lieu sans raison. Cette période fut assez difficile pour la défense de la cause « Moustarchid ». Dans les années qui ont suivi ces événements, Serigne Moustapha Sy créa en coalition avec des hommes politiques sénégalais et proches, un parti qui était dénommé PUR (Parti de l’Unité et du Rassemblement) et y mena les fonctions de Président du parti. C’était durant l’année 1998. Il est important aussi de noter que jusqu'à nos jours, il ne s’est jamais porté candidat dans une élection quelle qu’elle soit.

 

A l’issu des événements entre 1993 et 1994, Serigne Moustapha créa le concept « Université du Ramadan ». La première édition s’est déroulée durant tout le mois de ramadan dans la cour de sa maison sise Yoff à la Cité Alia Diène en 1996, qui est devenu un institut islamique moderne où l’on forme, éduque et enseigne aux enfants avec un programme scolaire et un autre pour la maitrise des sciences islamiques. Lors des universités du Ramadan, il donnait tout au long du mois des cours d’ordre religieux, scientifique, philosophique, etc. en maniant sans commune mesure ni égal les versets coraniques d’une façon qui étonne toujours l’auditoire, mais qui séduit surtout les cœurs de tous ceux qui le suivent avec une attention religieuse. D’année en année, il assura seul les enseignements lors de ces sorties. Par la suite, il avait élargi le panel des exposants par l’ouverture du concept aux professeurs d’université, aux gens de la connaissance de tout ordre en organisant des tables rondes, des débats, des expositions, etc. Et cela, sans compter l’organisation d’autres manifestations religieuses et culturelles comme le Mawliid (Gamou), qu’il a assuré sans annulation avec le mouvement « Moustarchid », et surtout par autofinancement personnel et celui des « Moustarchid » de 1998 à 2011, sous l’égide de Serigne Cheikh. Et depuis 2013, il préside ledit événement. Qu’Allah le rétribue de ses grâces pour ses sacrifices et éternise ses actions et celles du mouvement par la grace de Seydouna Mouhammad (PSL).

 

         Aboubakrine Ndiaye (DMWM FRANCE)

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