L’Homme du 15 mars, ce mythique et mystique dont la disparition vient d’atteindre les 40 jours, a commenté à sa façon cette confidence du ciel à son prophète (psl) : « C’est nous qui faisons succéder les jours, les uns aux autres. » Al Maktoum écrit : « Entendons avec les réalités qui s’y renferment. Il faut être plus puissant que Dieu pour mettre autre chose à la place. » Et pourtant, l’homme du monde peine à cerner la portée d’une telle suggestion, au point de faire objet de trois interpellations. Interpellations s’apparentant à de « profondes inquiétudes»  que Serigne Cheikh Ahmed Tidiane Sy exposa à l’occasion du Gamou de Tivaouane en 1984. Des interpellations qui sont plus que d’actualité au point que Serigne Moustapha Sy y revienne dans un contexte à la fois tragique et historique, car marquant le 40ème jour de la disparition du Tribun de Tivaouane.

 

Interpellation d’Ordre Divine : Le Mérite des Enfants Gâtés du Ciel

La première interpellation est purement divine. Elle dénonce les vicissitudes constatées dans une sphère où la grâce du ciel est pourtant déposée. Quoi de plus insignifiant que d’évoluer dans un cercle dans lequel l’éclat des bienfaits de Dieu scintille encore et d’avoir une nature profonde qui ne répond à aucune exigence ? Et c’est pourtant ce qui donne son sens au fait qu’une élite puisse avoir des privilèges qui font qu’on ne peut désigner ses membres par une appellation autre qu’enfants gâtés du ciel…Que ca choque les esprits butés ! Une occasion pour ce Responsable Moral au verbe sublime et à l’éloquence authentique de magnifier leurs œuvres.

 Il n’y a que le ciel qui puisse accorder cela à ses héros, des personnages que même le geste le plus « fatal » de l’ange de la mort rebute. «  Nous préférons une main au geste aussi délicate et aussi noble que la nôtre pour mettre fin à nos vies », clament-ils en guise de crédo envers le ciel. Cela n’a rien à voir avec les fins de vie qui surviennent de la façon la plus ubuesque qui soit. Et le Tribun de Tivaouane de s’insurger : « Il est des morts qui assistent à leurs funérailles de la façon la plus symbolique qui soit. » L’Histoire sainte nous conte la grandeur d’un des leurs. Seydina Omar, puisque c’est de lui qu’il s’agit, se frayait des chemins que Lucifer lui même évitait, sous prétexte qu’il ne pouvait nullement les parsemer d’embuches. Et c’est justement parce qu’il a été promu au rang  d’enfant gâté du ciel.

 

Interpellation d’Ordre Prophétique : De La magnificence de La Plume

La deuxième interpellation est d’ordre prophétique. Elle se résume ainsi : Un refus catégorique de prononcer la formule  qui voue au messager du ciel (psl) une paix considérable. « La haine peut justifier le fait que l’on déteste son prochain. Mais l’acte de haïr le ciel ou son prophète (psl) est plus qu’une haine, c’est la manifestation pure et simple des agissements d’un esprit buté », soulignait l’homme à la djellaba dans ce discours tenu au Gamou en 1984. En effet, aucune logique n’est à même de justifier un tel refus. 

 « Je compte sur ta volonté pour accorder à ces deux mots-« oui » et « non » un sens céleste…faire de sorte que l’un et l’autre soient fondés sur l’équilibre de la foi.» Il faut être le Seigneur des cieux et de la terre, « ce Dieu tombé du ciel pour redevenir ici bas le favori de la compétition universelle », pour citer Al Maktoum, pour pouvoir tenir une suggestion de si haute portée à l’encontre d’un de ses prophètes, notamment l’interlocuteur par excellence (Moise). Il n’y a rien de plus noble que le fait d’entrevoir, dans un refus ou une acceptation, le cachet du tout puissant.  « Même dans le processus de création, le « oui » formulé par certaines âmes était peint d’un refus que seul  Dieu pouvait déceler », rétorque le Responsable Moral des Moustarchidines.

«  Je préfère manquer de tout sauf de clairvoyance », soutenait Serigne Alioune Gueye. Pour se soustraire à cette insuffisance, le seul recours du musulman reste cette assertion prophétique : « L’encre du savant est aussi précieuse que le sang d’un martyr. » Et c’est ce qui donne tout son sens à ce que symbolise la plume (Qalam). Si le ciel supervise les deux mondes, la plume, elle, joue un rôle d’émissaire. «  Elle est à la fois un moyen d’expression d’une confidence sans faille entre deux personnes compatissantes envers elles et une chargée de mission dans l’expédition de messages aux morts par les vivants », précise Serigne Moustapha Sy. Il s’agit de la mort dans son sens la plus noble qui soit, celui là qui fait que les héros du ciel précisent qu’elle est faite de majesté. S’il est vrai que les champs de bataille peuvent servir de rendez vous aux hommes d’honneur, il n’en demeure pas moins que le sabre et les éloges ne peuvent nullement magnifier l’action des grands de l’islam. Seule la plume est apte à témoigner dans cette logique.

 

Interpellation d’Ordre Mystique : Pour Que L’Humanité Soit Réellement Humaine

La troisième interpellation est celle des hommes de Dieu. Elle illustre la maladresse de ceux qui ont été foudroyés par leurs avoirs ou encore égarés par leur savoir. Les premiers sont dans une logique -si logique il y’a-  qui se détourne de la philosophie du coran dans ce domaine. Et Al Maktoum de procéder -encore une fois-  à un commentaire de ce passage avec la profondeur qu’on lui connait :

«  Ce passage du Coran voulait nous rappeler qu’une civilisation n’est digne que quand elle place l’Ame, qui est en contact direct avec un Monde Incorruptible, au-dessus des Vertus, bien que celles-ci soient considérées comme l’élément moteur permettant à l’Humanité d’être réellement humaine. 

    Et il y a les avoirs matériels qui, à leur tour, ne demandent qu’à se mettre au service des Vertus, afin que la Hiérarchie soit respectée.

 Ame plus Vertus plus Avoirs Matériels égalent Civilisation !
 »

Quant au savoir, il se veut à la fois un tremplin et un impératif qui puissent sauver le croyant. L’ignorance des incultes demeure un « fléau » que l’humanité peut combattre, notamment en encourageant les uns et les autres à aller cueillir les fruits du savoir. Mais celle des savants reste plus que complexe, d’autant plus que ces esprits rachitiques sont loin de cautionner un tel constat les concernant. « Dans ce domaine précis, le seul rempart demeure le fait d’avoir pour fin en soi son attachement sans faille au Prophète (psl), et de considérer comme des moyens ces avoirs et autres formes de savoir », précise le Chef de Guerre du Mouvement Moustarchidine.

 

« Ababakar Sy est notre père. Fut-il dans sa tombe, nous continuerons à le glorifier pour l’éternité ! » Il a fallut 60 ans pour que cette prestation d’allégeance  d’Al Maktoum soit en parfaite harmonie avec une tragédie dont sa mémoire demeure l’élément essentiel. Il aimait à rétorquer qu’Ababakar Sy (rta)  n’avait pas eu tort de dédier le Mouvement Moustarchidine à la mémoire des gens de la caverne. L’action des Moustarchidines, qui s’effectuera désormais sous le truchement de la philosophie de Serigne Mouhammadoul Moustapha Sy, aura pour centre de rayonnement la mémoire de l’homme du 15 mars !

Maam Cheikh

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