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dimanche, 30 dcembre 2018 16:11

RETRO 2018: L'Economie Au Cœur des Débats

Une belle moisson de 7356 milliards de francs Cfa de Macky Sall qui gagne ainsi le jackpot d’un nouveau souffle pour l’Economie sénégalaise. En effet, le gouvernement sénégalais a levé, lundi 17 décembre, 7356 milliards f cfa pour un besoin de financement exprimé de 2850 milliards au Groupe consultatif de Paris (France) pour la 2ème phase du Plan Sénégal Emergent (PSE, 2019-2023). Cette bonne note suivie de l’inauguration de l’autoroute « Ila Touba », ce 20 décembre, ont donné une couleur peu reluisante à l’économie sénégalaise en cette fin d’année. Cette économie qui n’a brillé durant une bonne partie de l’année que par ses difficultés et manquements à l’instar des grèves des étudiants, enseignants, corps médical et autres.

 

Le budget de l’Etat du Sénégal atteint la barre des 4000 milliards de francs CfA contre 3774, 8 milliards F CFA en 2018, soit une augmentation de deux cents (200) milliards F CFA. Justifiant cette hausse considérable, le président de la République indique que, comme pour les exercices précédents depuis 2014, le projet de budget 2019 s’inscrit dans la stratégie globale du Plan Sénégal émergent (PSE), articulée autour de la consolidation des performances économiques se traduisant par l’amélioration du niveau de vie des populations”.

Dans un autre registre, les agrégats macroéconomiques du Sénégal ont connu un changement à la faveur de la révision du taux de croissance du PIB réel de l’année 2017, initialement prévu à 6,8 % s’est positionné à 7,2%. C’est ce qui ressort du point économique organisé par le ministère de l’économie, des Finances et du Plan (MEFP) le mardi 13 mars 2018. Cette tendance haussière de la croissance devrait être effective jusqu’en 2019, selon le gouvernement. Selon les perspectives économiques pour l’Afrique, publiées par le Fonds monétaire international (Fmi), le Sénégal affiche le meilleur taux de croissance du continent. Le pays est devancé par le Rwanda (2ème avec 7,8%) et l’Ethiopie (1ère avec 8,5%).

 

Les secteurs qui sont à l’origine de cette performance sont la construction, l’énergie, les industries chimiques et l’agriculture qui a enregistré une très bonne performance avec les efforts qui ont été fait par l’Etat. Le transport également et le tourisme notamment le tourisme d’affaire se portent bien et au niveau des télécommunications il y a eu des améliorations.

Le Plan Sénégal Emergent, PSE, est le nouveau cadre de référence des politiques de la « gouvernance Macky Sall » visant à conduire le Sénégal sur la voie de l’émergence à l’horizon 2035 est dans sa quatrième année. Et pour accentuer cette émergence, une nouvelle stratégie de financement des jeunes et des femmes, porte sur les jeunes actifs, petits artisans, dont les activités ont besoin d’être boostées pour mieux se déployer. Lors du Conseil des ministres du mercredi 13 septembre 2018, il avait annoncé la création, «au sein de la présidence de la République, de la Délégation générale pour l’Entreprenariat rapide, Der/ Fj». Il en avait même précisé les fonctions, en assurant que cette structure serait «dotée d’une ligne de crédits importants, exclusivement dédiée aux femmes et aux jeunes, à travers notamment la mise en place de Bourses pour l’Entreprenariat Rapide (Ber) qui seront octroyées selon des modalités assouplies». Le chef de l’Etat a décidé de doter la structure de 30 milliards de francs Cfa. 30 milliards, c’est en effet trois fois le montant de fonds propres exigés d’une banque dans la zone Uemoa. Et cela montre l’effort et l’ambition des autorités. Un montant qui fait dire au député Mamadou Lamine Diallo qu’une « Association des Prédateurs de la République » a encore vu le jour au Sénégal.

 

« Il faut rappeler au peuple que ceci n’est pas nouveau. Le Sénégal a connu successivement l’opération « Maitrisards », la DIRE, le FPE, le FNPJ, tous ces instruments étaient destinés à financer les jeunes par l’Etat. La réalité, c’est la faiblesse du financement de l’économie. Après la manipulation de Amadou Ba, le PIB a connu une hausse de 30%, il va sans dire que le financement de l’économie est bien en dessous de 30% et reste concentré sur le segment restreint des grandes entreprises et du commerce. Le secteur informel, plus de la moitié du PIB, est marginalisé », a dénoncé le député réputé pour ses attaques contre les projets économiques du Gouvernement de Macky Sall.

Pour lui, Macky Sall n’a pas la solution à ce problème, encore moins Amadou Ba préoccupé par la coopération internationale et ses ambitions politiciennes. Face à cet échec, la famille Faye Sall se cache derrière la DER et les xawaré de ses « ministrons » pour recruter de la clientèle politique avec les ressources de l’Etat empruntées à plus de 7%. Le financement de l’économie sénégalaise, c’est au moins 6000 milliards à 5% par an en moyenne.

L’année 2018 a été marquée aussi par la polémique née du coût du Ter (Transport Express Régional) Le ministre sénégalais chargé du Développement du Réseau ferroviaire, Abdou Ndéné Sall, a déclaré que le coût du Train Express Régional (TER) devant relier Dakar à son nouvel aéroport est de 568 milliards de FCFA hors taxes. Une réponse au député Ousmane Sonko qui avait affirmé que le coût global du Train TER est de 1.200 milliards de francs, contrairement aux 568 milliards FCFA annoncés par le gouvernement. Des sorties récurrentes du député Sonko sur le sujet qui ont changé la donne. De 568 à 738 milliards de francs CFA ! Le coût du Train express régional a été revu à la hausse. L’Etat du Sénégal a signé un avenant de 30% sur le prix initialement annoncé. Une information qui conforte l’ancien inspecteur des impôts, Ousmane Sonko. Le Ter va démarrer ses activités le 14 janvier 2019. D’orès et déjà, deux (2) des quinze (15) trains du projet sont à Dakar. Doté d’une vitesse de pointe de 160 Km, le TER peut fonctionner aussi bien avec de l’énergie électrique que de l’énergie thermique. Il va desservir les gares de Dakar, Colobane, Hann, Baux Maraîchers, Pikine , Thiaroye, Keur Massar, Keur Mbaye Fall, Rufisque, Bargny et Diamniadio et la gare de l’aéroport international Blaise Diagne.

 

Les tensions budgétaires ont occupé une place de choix dans les questions de finances publiques cette année. Ces difficultés budgétaires, à l’origine de problèmes, par exemple, pour payer les fournisseurs ou pour faire avancer les projets, difficultés qui étaient pointées du doigt par l’opposition depuis des mois, étaient niées par les autorités qui les ont, donc, finalement reconnues.

A l’occasion de la revue du portefeuille des opérations de la Banque mondiale (BM) au Sénégal, le ministre des Finances, Amadou Ba, a reconnu et expliqué l’origine des tensions budgétaires auxquelles le gouvernement est confronté. A l’en croire, c’est notamment la conséquence du choix du gouvernement « d’injecter des milliards dans le secteur de l’Energie pour empêcher une hausse du prix de l’électricité ou encore du carburant ». « C’est autant de ressources qui sont prélevées dans d’autres secteurs. C’est cela la vérité. Maintenant c’est un choix. Ou bien on décide d’augmenter les prix et ce sont les sénégalais les plus faibles qui vont souffrir, ou bien on serre, le temps d’ajuster tout cela et effectivement on se retrouve avec certaines difficultés qui seraient « voulues et passagères », a-t-il expliqué.

 

En Octobre dernier, le président de la République, Macky Sall, a effectué une tournée économique de quatre jours, dans les régions de Kolda, Sédhiou et Ziguinchor. Le Lancement des travaux de construction de l’Espace numérique ouvert (ENO) dans le département de Oussouye, la pose de la première pierre d’un centre orthopédique à Kolda, le lancement des travaux de construction du pont de Marsassoum à Sédhiou, le lancement de la deuxième phase du Programme d’urgence de développement communautaire (PUDC) et du Programme de modernisation des villes (PROMOVILLES) à Ziguinchor sont quelques-unes de ses réalisations dans sa tournée dans le sud du pays. Courant du mois de novembre, il s’est rendu également à Tamba et à Kédougou toujours dans le cadre de ses tournées économiques. Des tournées que décrie l’opposition comme étant une campagne du chef de l’Etat pour sa réélection en 2019.

Macron, Jinping, Merkel, ils ont tous visité le Sénégal en 2018.

Pour le président de la République française, Emmanuel Macron, les retombées financières de sa visite de quarante-huit heures au Sénégal sont énormes. Cette visite a été très fructueuse pour les entreprises françaises qui raflent au total, des contrats estimés à plus de 300 milliards de francs Cfa, alors que les subventions octroyées par la France au Sénégal du président Macky Sall, cumulées, ne dépassent pas 47 milliards de Francs Cfa.

 

Le président chinois Xi Jinping a démontré avec la manière l’attachement de son pays au Sénégal. Une coopération riche de 1 206 milliards de francs Cfa (injectés par Pékin au Sénégal entre 2012 et 2018). La visite du dirigeant a également été marquée par la livraison de l’Arène nationale, une infrastructure dédiée à la lutte sénégalaise construite à Pikine dans la banlieue dakaroise dans le cadre de cette coopération.

 

La Chancelière de la République fédérale d’Allemagne était à Dakar pour une visite de 48 heures. Angela Merkel a été accompagnée par une forte délégation d’opérateurs économiques allemands. Une manière pour eux de rappeler que l’Allemagne est devenue un partenaire important de la coopération au développement du Sénégal depuis son indépendance en 1960. Selon un document de l’ambassade allemande au Sénégal, depuis lors, le gouvernement fédéral a réalisé des projets au Sénégal pour un volume d’environ 800 millions d’euros (524,7 milliards de francs).

 

SENEGO

C’est le portrait d’un natif de Sérignac-sur-Garonne en France, présent chez nous depuis 27 ans. Un P.D.G élevé au grade de commandeur de la légion d’honneur au Sénégal en 2001 qui, un jour, manqua de respect, et de la façon la plus flagrante qui soit, à son premier collaborateur, en l’occurrence le Chef de l’état. L’on se rappelle de son attitude qui fleuretait avec un mépris doublé d’un manque de respect inadmissible lorsqu’il cria, dans le cadre du forum organisé par le patronat marocain sur l’investissement : « Macky ! Ca va ? » Voila Gerard Senac ! Comme quoi, la légèreté dangereuse, cette anomalie que les adeptes de la spiritualité considèrent comme étant à l’origine de toutes les vicissitudes de notre temps, a aussi sa place dans le monde du management et de la gestion des entreprises.

 il n’y a que les grands missionnaires qui savent faire montre d’un respect doublé d’une courtoisie mesurée. Mais une attitude comme la sienne ne peut que témoigner de la personnalité de l’homme : un patron-pour ne pas dire leader, ce mot exigeant l’adoption de forces psychologiques remarquables-dont la personnalité témoigne d’une légèreté en termes de gestion et de suivi des projets qui lui sont confiés. Chevalier de la Légion d'honneur, commandeur de l'ordre national du lion, chevalier de l'ordre de la Francophonie et du dialogue des cultures, commandeur de l'ordre des arts et des lettres, ordre souverain de malte de la croix de commandeur « pro Merito Melitensi » et, pour couronner le tout, officier de l'ordre National du Mérite, comme s’il méritait les privilèges accordés par l’état dans le cadre de la présence d’Eiffage chez nous.

C’est le récit tragique d’un génie de l’art musical dont le langage corporel et l’articulation des mélodies avaient fini de s’imposer chez nous. Un confrère de la presse, imbu de la musique du groupe Gelongal, raconte : « Quand sa voix retentissait, elle faisait à la fois vibrer le cœur du peul, fendre la bouche du mankagne et esquisser des pas de danses à la jeune fille mandingue ou diola. » Comme quoi, la passion et le dévouement furent les mots maitres symboles de la carrière de Papis Gelongal,  et ceci jusqu’à ce que la faucheuse frappe fort, dans des conditions qui méritent de crier haut et fort : « Oui pour une collaboration avec la France, sauf que nous ne voulons pas de cette France là ! »

 Pourquoi repeindre les portraits des deux hommes ? Leurs destins ne se sont peut être pas croisés, mais il faut oser avouer qu’Eiffage, société  dont la direction est assurée par Gerard Senac au Sénégal, est comme responsable de ce qui est arrivé. Dans ce domaine précis, nos rapports avec les gens de l’autre coté de la péninsule doivent être revus ? Nous sommes loin de « vauter », comme pour reprendre ce verbe crée de toutes pièces par la publicité pour à la fois vendre des fromages et promouvoir une forme de pensée que le Général de Gaule à laisser comme concept.

 « La France, qui avait l’habitude de nous envoyer de grands missionnaires, ne nous envoie plus que de simples salariés », rétorquait assez souvent Serigne Babacar Sy (rta) de Tivaouane, s’insurgeant ainsi dans un débat qui reste d’actualité. Nos dirigeants, dépourvus à la fois de patriotisme et d’intégrité au sens économique du terme, préfèrent confier les missions les plus prestigieuses qui puissent contribuer au développement à des étrangers qui n’ont d’yeux que pour le profit, et loin de convoiter les valeurs à saluer dans ce domaine.

Ousmane Sembene, en génie du septième art et de la profonde réflexion, laissa cette prophétie à la conscience universelle lors de sa dernière interview: « Le colonialisme animé d’une tendance hégémonique est beaucoup plus acceptable que ce qui se passe présentement. Avant, c’était nos terres qui étaient occupées. Aujourd’hui, ce sont nos consciences qui le sont. » Il s’agit là d’une « chose » qui sévit toujours en afrique francophone. Chez nous, elle fait qu’un chef d’état peine à réaliser des actes concrets parce qu’évoluant sous le joug de la présence de l’étranger dont les insuffisances risquent de faire payer tout un peuple.

Eiffage Sénégal, celle là qui nous avait promis une sorte de « jaillissement de lumière » comme pour évoquer des avancées considérables dans le domaine de l’électricité, peine toujours à éclairer et sécuriser une autoroute dont la chérté du cout du passage et l’obscurité sont d’actualité. L’on se rappelle, il y’a trois années, de Gora Thiam, ce commerçant victime du même sort que Papis Gelongal, parce que mort d’un accident sur l’autoroute à péage. Il avait, en effet, heurté une vache dans une partie non électrifiée de l’autoroute à péage.

Gérard Senac n’avait t-il pas dégagé en touche toute défaillance mettant en cause la responsabilité d’Eiffage ? Qui est il pour pouvoir toujours sortir vainqueur des « cafouillages » les plus injustes dans lesquels s’engouffre son entreprise ? Quoi de plus calomnieux que de faire payer 112.000 de nos francs pour une remorque, une sortie de l’autoroute et un acheminement de la voiture de l’artiste chez lui, alors que l’on sait que son décès remet en cause la négligence de ceux qui gèrent cette autoroute ? Espérons que l’état du Sénégal pourra nous élucider face à cette situation tout aussi révoltante. Le ridicule ne tue plus chez nous, mais la légèreté et l’incompétence, elles, font des victimes. Que la terre soit légère au regretté Papis Gelongal !

 

Maam Cheikh

Chroniqueur

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Khalifa Ababacar SALL, député maire de Dakar s'est fendu d'une déclaration ce matin faisant objet de sa candidature à la présidentielle du 24 février 2019. Senpresse vous livre in extenso la déclaration...

 

« En tant que Chrétien, j’ai toujours préféré une belle mort plutôt que de m’emparer d’un pouvoir qui ne m’appartient pas », se confessait assez souvent le président poète Senghor. Ses inconditionnels aiment à rappeler l’amertume peinte d’un état d’ébriété dans lequel le poète natif de Joal se trouva un jour. En effet, l’auteur du recueil poétique Ethiopiques fut choqué par une chose : le fait que ses collaborateurs immédiats affirment que le vocable « pouvoir » coïncide avec le terme « ngour » en wolof –entendons par là une monarchie-. Comme quoi en matière de gouvernance, les termes d’usage chez l’élite en charge de la destinée d’un peuple pèsent pour beaucoup, parce qu’ils traduisent l’état d’esprit avec lequel elle compte gouverner.

Chez nous, le contexte politique est devenu plus complexe. Nous ne sommes plus à l’ère des démêlés Dia-Senghor ou encore des confrontations d’idées qui exigeaient que Wade profite d’un défaut de communication de l’adversaire Diouf pour opérer une « riposte d’idée ». Voila pourquoi cette répétition de l’histoire-le même scénario s’est reproduit en 1992, avec l’exigence de 10.000 signatures aux candidats non affiliés à un parti politique- a choqué plus d’un.

Au-delà des prises de décision d’ordre constitutionnel, il y’a ce qui est, selon Albert Camus, « une protection de la minorité et non une loi de la majorité » : la démocratie. Un principe qui semble méconnu des députés de la majorité qui ricanaient dans la sphère qui leur servait d’hémicycle au moment ou, dans des coins et recoins de Dakar et d’ailleurs, l’on procédait à des arrestations de leaders et de « manifestants anti-parrainage ». C’est que, chez nous, le parlement restera à jamais une citadelle dont l’intérieur ressemble à un plateau de guignols férus des ambiguïtés de la politique politicienne.

C’est le portrait d’un juriste qui fut considéré comme un homme d’ouverture à l’argumentaire pointu et à la sérénité qui avait cessé d’être admiré dans les amphithéâtres de l’Université de Dakar. C’est aussi ce professeur vêtu d’un boubou marron qui, cachant ses yeux derrière des lunettes qu’il ajustait tantôt, confiait sur la tribune des Universités du Ramadan des Moustarchidines le mardi 17 aout 2010 à Yoff : « En matière de constitution, il n’y a pas que l’intérêt étatique, les élections et le prolongement de la durée du mandat présidentiel qui incombe. Le plus important reste la protection des droits des citoyens. »

 Que dire donc de l’amalgame dans lequel il s’est engouffré, et qu’il assimile à « un grand pas pour la démocratie » ? Certaines lois sont comme folles, et la jurisprudence restera à jamais insignifiante face au bon sens.

Au pays des damels et signares, la chose la plus cruciale pour qui enfourche le cap de responsable politique est de commencer par apprendre la psychologie du citoyen sénégalais. Ceux qui se sont rués dehors pour des manifestations sont, pour la plupart, des néophytes de la constitution et des projets de loi. Certains même interpellaient les journalistes sur le terrain pour leur demander le chemin qui mène à l’assemblée nationale. Cependant ils ont plus ou moins un point en commun, et c’est ce qu’on pourrait appeler « la jonction contexte-constat ». Celui-ci prévoit qu’on ne touche pas à une constitution à dix mois d’une échéance électorale, aussi valable soit-elle juridiquement parlant, alors que celui là stipule qu’il y’a des gens qui ont déjà fait leur preuve en termes de «dédoublement de personnage » parce qu’ayant renoncé à leurs principes d’antan. C’est le cas de ce juriste de ministre qui affirmait en cette même nuit de l’année 2010 à Yoff:  « Notre rapport social au pouvoir doit être revu. Le pouvoir ne doit point être mystifié, et nous devons cesser de croire qu’occuper une fonction ministérielle est une forme de réussite. Il y’a des responsabilités beaucoup plus prestigieuses que d’être ministre, député ou président de la république. Un chef d’état n’est point plus responsable qu’un médecin qui soigne au moins trois patients par mois. Cette hypertrophie du pouvoir politique doit être bannie. »

 Comme quoi le peuple a sa loi qu’elle dicte aussi aux gouvernants, bien qu’elle soit dépourvue de toute légalité constitutionnelle. Mais en s’engageant dans un labyrinthe aussi complexe, le ministre de  la justice ne se pense t-il pas « plus légale que ce peuple avant même que la légalité ne puisse trouver un sens suite au recueillement d’avis de la part de l’opposition ? »   

La situation actuelle, plutôt abracadabrante, devrait sans nul doute plaire à Ismaela Madior Fall. C’est comme si c’est son vœu de voir chaque citoyen ne plus admettre complaisamment l’autorité des chefs de l’ordre étatique qui se réalise. Que dire donc de l’aspect juridique de la chose ? Idrissa Seck a dénoncé  une sorte de chantage d’état, Ousmane Sonko une « forfaiture » et El Hadj Issa Sall une modification d’une loi verrouillée il y’a de cela deux ans. Pour ce dernier, la loi sur le parrainage est à la fois grave, impopulaire, inopportune, paradoxale et inapplicable, voire même dangereuse, vu les conséquences auxquelles les forces de l’ordre ont du faire face dehors, tout comme les leaders arrêtés.

Le conte d’Andersen nous enseigne qu’il est souvent difficile de trouver, dans la cour, quelqu’un qui ait le courage de crier haut et fort : «  le roi est nu ». Chez nous, il n’y a de situation plus complexe que celle qui équivaut à une dénonciation d’une insuffisance en matière politique. Qu’il s’agisse d’une fin de règne ou pas, l’atmosphère actuelle doit être observée, par le peuple, avec l’œil de la clairvoyance. Les conflits les plus cités de l’histoire, notamment les deux guerres mondiales, aussi tragiques soient-elles, ont pu permettre à l’occident de bénéficier d’un ressourcement purificateur. Mais le peuple sénégalais peine à faire une lecture assez correcte des événements auxquels il fait face. A quoi bon continuer à revendiquer une nouvelle conscience en matière de gouvernance si l’on ne sait que faire du proxénétisme politique qui sévit depuis des lustres ?

 En attendant, l’histoire politique de ce pays retiendra « ses deux jeudi de lutte contre une forme d’entorse à la démocratie » : Le régime libéral a eut « sa journée du jeudi 23 juin 2011 », celle de Macky Sall son fameux « jeudi 19 avril 2018 », avec leurs lots de contestations et de conflits. Que le peuple juge les deux à leur juste valeur, au risque de rejoindre ceux qui, comme le disait un leader politique sénégalais, peinent à tirer des leçons d’un événement pour prendre les décisions qui s’imposent. En attendant, le remue ménage au sein de l’opposition continue.   

 

Maam Cheikh

Chroniqueur

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