Maam Cheikh

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mercredi, 09 janvier 2019 12:10

Hommage Au Soufi de Keur Nganda

Serigne Cheikh Maty Leye, comme l’appelaient affectueusement ses inconditionnels, n’est point parti. C’est que le sens de l’ouverture et l’action rénovatrice ne meurent point. Et ce fut là ses seules préoccupations et volontés confirmées.

 

Le terme « yaaram » est mouride. Il est affilié à la dimension religieuse orientée vers une attitude exemplaire à l’égard du créateur et de son prochain, avec ce que cela exige en termes de comportement raisonnable et raisonné. L’enseignement nous est procuré par « cet autre Cheikh parti » 9 mois plutôt. Ecoutons Serigne Cheikh Ahmed Tidiane Sy Al Maktoum : « Il fut un temps où le vocable wolof « yaaram » était attribué à des musulmans originaires de l’orient, et qui venaient séjourner chez nous. Nos anciens admettaient complaisamment leur prétention, parce qu’ils étaient issus de cette race dont fut originaire le Prophète de l’islam (psl). L’on interdisait même aux enfants de sortir à certaines heures, histoire de ne point perturber leurs promenades. Et la Tariqa Mouride de procéder à l’expansion d’une philosophie assez simple pour y remédier : désigner par le terme « yaaram » tous ceux qui étaient d’une noirceur de teint éclatante et d’une blancheur de cœur remarquable ! » Comme quoi la foi et le comportement religieux exemplaire ne sont l’apanage d’aucun peuple. Il suffit de faire de la pureté et de la volonté ses tremplins pour se tirer d’affaire.

 

A l’image de Serigne Saliou Mbacké qui se recueillait à Ndiouroul, Serigne Cheikh Sidy Mokhtar peignait le tableau de ses retraites spirituelles par des présences régulières à Keur Nganda, village qu’il a fondé lui-même. La trentaine de familles sur place aujourd’hui ne cessera de le remercier. Cette contrée est devenue un endroit ou l’on spécule beaucoup sur le récital du coran et la pratique de l’agriculture. C’est dire qu’au delà des réalités qui font que la quête effrénée de richesses perturbe le tréfonds des consciences des sénégalais, des individus vivent dans le bonheur et la quiétude dans les bleds les plus reculés.  

 

Et que dire du centre de rayonnement de l’action du défunt Khalife, consistant à faire des mosquées de Touba et de Massalikoule Djinane des édifices de référence pour le Mouridisme ? Les grands de l’islam ont su donner un sens au vœu du Prophète Muhammad (psl) de voir les croyants prier la nuit, histoire de s’adonner à un acte surérogatoire dédié au ciel, en y associant le fait de devoir changer le monde le jour. Voila l’œuvre du khalife vénéré hier et pleuré aujourd’hui. Il a su mener une existence des plus symboliques, à cheval entre des retraites spirituelles dans son fief de village et des prospections pour coordonner l’édification de monuments pour le culte et l’embellissement de l’action du mouridisme.    

 

Le Khalife a édifié un village, instauré une bibliothèque, construit des mosquées, cultivé des terres, emmené des musulmans effectuer le pèlerinage aux lieux saints, crée des « dahiras »…Que ne peut donc le Sénégal si ce n’est pleurer le fait de ne plus voir ce patriarche marcher sur son sol, l’esprit aussi limpide que celui d’un martyr et la volonté aussi noble parce qu’illustrée par un principe : voir la communauté musulmane sénégalaise devenir un immense comptoir avec pour seul produit à commercialiser l’union, au nom des sagesses des confréries réunies, mais aussi l’église. Et Serigne Fallou Mbacké de s’insurger, en confiant à l’un de ses frères en Dieu, « le seul compagnon qui vaille est celui que rebute le fait que son prochain sache qu’il s’adonne à des bavures » (en wolof « nawlé mooy kigua xamné roussneu famou nekk gua dégg thi moom safane.»). Voila pourquoi les âmes honnêtes peinent à identifier leurs émotions face à cette situation, parce qu’a cheval entre une tristesse profonde et un soulagement d’avoir vu leur Khalife achever sa mission en toute noblesse. L’on ne peut donc que dire, dans ce contexte précis, et à l’image d’un penseur de chez nous, que la mort est faite de majesté !    

 

Maam Cheikh

Chroniqueur

 

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Al  Maktoum, ce miracle du siècle dont les paraboles et paroles pèsent depuis toujours dans le tréfonds de la conscience des sénégalais, confie : « Notre continent a besoin d’une morale politique nouvelle. Il a besoin d’être gouverné par des hommes mûrs, crées par Dieu, et non par des épouvantails ». Une prophétie qui a fini de justifier l’engagement de ce tribun dans la sphère politique.

Au-delà des missions accomplies en tant que chef de parti au sein du P.S.S (Parti pour la Solidarité Sénégalaise), Ambassadeur du Sénégal au Caire et Conseiller le plus consulté par les deux premiers chefs d’état de ce pays, Serigne Cheikh a su promouvoir une action politique nouvelle, celle là qui donna un sens au centre de rayonnement de toutes les entreprises voulues sur terre : l’homme. « Au-delà de toute transformation sociale, il y’a l’homme, qu’on ne transforme ni à coup de décret, ni à coup d’arrêté », rétorquait t-l. Ecoutons le, dans ses confessions les plus symboliques et orientées vers la chose politique :

 

« L’Alternance est la plus naturelle des lois divines. Le ciel en est fier, il en a souvent parlé à son prophète. »

Nécessité d’Alternance, 18 Mars 1994

 

Ici, la démarche montre à quel point est ce qu’un mystique, bien qu’imbu d’un engagement politique sans faille, puise profondément dans la réalité la plus essentielle qui soit pour poser un problème : la volonté du divin. L’alternance, dans son sens politique le plus connu au Sénégal, rime avec l’accession des libéraux au pouvoir le 19 mars 2000, mais fut déjà théorisée un 18 mars 1994 par le fils d’Ababakar Sy (rta). Il le compare ici à la nécessité, en toute chose, de savoir procéder au changement des hommes et à la rééquilibration des responsabilités. C’est ce qui, d’ailleurs, rappelle un peu la « sottise »  de ce ministre de la république ayant commis la maladresse de dire à Serigne Cheikh Ahmed Tidiane Sy qu’il préfére mourir que de perdre un portefeuille ministériel. C’est ce qui justifie aussi la réponse ô que sensée et véridique du sage : « C’est le protocole qui vous séduit donc et non le travail. »

 

« Il y’a des gens qui se sentent si immunisés contre la vérité et le bon sens chaque fois qu’il s’agit de s’accrocher à ce qui leur reste comme lambeaux de pouvoir… »

Va-t-on Vers Une Guerre Civile, 7 Mars 1994

 

C’est là un extrait qui demeure cruciale dans toute « quête de compréhension de la pensée politique d’Al Maktoum. » Et c’est parce que cela justifie de la façon la plus concrète qui soit ces climats politiques désastreux régnant chez ceux qui peinent à quitter le pouvoir. L’Afrique nous a offert pas mal de spécimens de cette trempe. C’est encore maudire le principe précité et faisant fie d’alternance que de vouloir éterniser son règne politique. Confisquer le pouvoir est la chose la plus sournoise qu’un chef politique ne puisse faire. Dans les écrits de l’homme à la djellaba, la succession des jours et des nuits rappelle à quel point est ce qu’il est nécessaire de ne point promouvoir un « système politique figé et inerte » qui trahit toute volonté d’évoluer. Et le ciel de confier à son prophète (psl) : « S’il vous arrive de souffrir, sachez que ceux qui ont le malheur de confisquer le pouvoir souffrent beaucoup plus que vous. Et vous avez un avantage sur eux : c’est que votre conscience est aussi limpide que celle d’un martyr. » 

 

« La dévaluation est plus acte politique que décision économique. Il est nécessaire d’exister en tant qu’individu avant de revendiquer son appartenance à un espace monétaire plus ou moins viable. »

Dévaluation, Démarche Purement Politicienne, 2 Février 1994

 

Ce passage est à la fois un moyen et une occasion pour le chef spirituel d’en venir à cette conception erronée qui veut que l’on oublie le centre d’intérêt de toutes les décisions pour promouvoir des principes plus ou moins douteux . « Exister en tant qu’individu », c’est d’abord donner à chacun le moyen d’adopter une conscience nouvelle qui puisse faciliter tout désir de procéder à des mutations économiques. « Quoi de plus injuste que de punir ceux qui n’ont pas emprunté pour procurer la paix à ceux qui ont déjà tout pris ? », poursuit-il dans la même lettre. Comme quoi, l’éternelle politique économique consistant à endetter l’Afrique, avec pour principal source de motivation le prestige et les applaudissements finiront par nuire toute une race.

 

« L’activité politique est loin d’être un métier. Elle est, à l’image de la religion, un moyen de procéder à l’équilibre social. »

Conférence Sur L’Unicité de Dieu, Cices, 8 Avril 1995     

 

C’est là une conception de la chose politique qui mérite d’être inscrite sur une pancarte pour être accrochée à l’entrée des sièges des mouvements politiques de ce pays. S’engager pour la restauration de valeurs, et ceci pour la destinée de tout un pays est digne. Mais cela n’a rien à voir avec ce qu’Al Maktoum désigne comme « un champ de bataille qui ne doit être négligé sous aucun prétexte » : le travail. Pour lui, tout individu ploiera sous le joug d’une exigence le jour du jugement dernier, face au très haut : la nécessité de justifier le métier exercé durant sa présence sur terre. Bien que citée dans un même verset que la mystique par le ciel en termes d’origine, l’action politique n’est autre que la volonté immuable de contribuer à la marche des choses.  

 

« Le Sénégal me confiait récemment : J’ai la nostalgie de ce que j’étais et que j’ai cessé d’être (…) je veux redevenir un pays bon, solide, courageux, authentique, plein d‘énergie, ne confondant point le sursaut d’une vaillante jeunesse aux sautillements d’un singe ivre de cognac. »    

Rupture de Contrat, 7 Janvier 1994  

 

La jeunesse a toujours été au cœur des discours les plus engagés de l’homme du 15 mars. Ici, il procède à la personnification la plus patriotique qui soit : un dialogue avec le Sénégal, qui lui confie qu’il est comme nostalgique de ce qu’il fut jadis. C’est, en effet, la fameuse déliquescence des valeurs qui fit que l’action de certains consista à vulgariser impudeur et indignité au détriment d’une politique saine. Et c’est aussi un moyen de comprendre que la marge consacrée à la jeunesse est sans nul doute un élément phare dans tout programme politique. Ce Sénégal à qui il s’adresse est un pays constitué majoritairement de jeunes. Cela a du sens d’autant plus que cet élément qu’est la relève, qu’il cite dans son historique Islam & Négritude, est pour lui un don du ciel. « Qui dit relève dit un certain sens de continuité », précise t-l. En matière politique, cela semblera évident dés qu’une action concrète et saine sera posée. « En attendant, le massacre continue », se lamentait assez souvent le patriarche, au nom de la sagesse musulmane.  

 

Maam Cheikh

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mardi, 18 dcembre 2018 19:41

PORTRAIT D'UN EXILÉ PROVISOIRE

En 1988, la conscience collective sénégalaise, comme s’inspirant d’un déclique à l’élan revendicatif, rétorque : « Wade, nous méconnaissons les membres de ta famille, et tu ambitionnes de gouverner ce pays ! » Comme quoi, chez nous, il ne suffit pas de crier comme un forcené pour voir ses revendications satisfaites par un conquérant du pouvoir. Ce fût, pour la première fois, l’apparition en public lors d’une manifestation, d’une femme originaire du pays de De Gaule, et qui remua ciel et terre pour  s’adapter à nos exigences sociales. Nul ne  devina que, 14 années plus tard, un autre membre de la famille du pape du Sopi allait se faire distinguer dans la sphère politique, notamment en faisant l’objet de « nominations pharaoniques ».     

 Un constat de taille a été fait par les férus de mémoires: c’est que Wade père ne mentionne nullement le fils dans son autobiographie. Né il y’a une cinquantaine d’années, Karim Wade ne semblait guère destiné à une carrière politique. Ses contemporains retiennent de lui un brillant apprenant plutôt passionné par la gestion administrative et la quête de financements. D’ailleurs, Yoro Dia, en analyste politique, précise : « Je n’ai jamais vu quelqu’un d’aussi courtois. Malheureusement, quand on est fils d’un président de la république, prêter l’oreille aux courtisans est la pire erreur à commettre. »

L’ancien « ministre du ciel et de la terre » n’a pas été libéral avant que le libéralisme ne soit promu par son père, encore moins « régimiste» suite à l’élection de ce dernier en 2000, mais quelques « légitimistes » de son camp affirment que le jeune contribuait activement aux réunions du PDS à leur permanence à Paris. Cependant la seule légitimité qui vaille ici est le fait qu’il s’engage à mentionner une réalisation aussi médiatisée que celle de l’A.I.B.D (Aéroport International Blaise Diagne), ainsi qu’une partie des réalisations faites à Diamniadio, parce qu’ayant piloté et contribué à la mise sur pied de tels projets. Chez son père, gouverner signifiait  surtout édifier des réalisations par tous les moyens. C’est là l’affaire des leaders politiques qui ont une vision qui fait qu’ils ne lâchent point prise malgré autant d’années passées à s’opposer.

 Au-delà des conceptions idéologiques nées du libéralisme, Maitre Wade donne l’impression de croire à un principe qu’il s’est érigé lui-même en philosophie de vie : en matière politique, l’ignoble perturbateur n’est autre que toute personne qui ne soutien guère son fils. Une telle atrocité, tremplin pour l’ex président de la république, devrait sonner le glas chez tout militant imbu d’une profonde carrière politique au PDS. Quoi de plus illustratif pour peindre le portrait du leader autoritaire en matière politique ? Si Ousmane Sonko expose dans son livre ses solutions pour un pays que Macky Sall affirme porter dans son cœur, Wade, lui n’avait voulu spéculer sur les mots qu’en faisant référence à l’alternance.  Et les slogans de s’alterner comme dans une danse de mots qui écrasent les maux de notre société : « le Sénégal en chantier », « le Sénégal qui gagne »,…

 Londres, quartier ou se côtoient des hommes d’affaires au style de vie assez simple, épanouit à l’image d’un confort qui n’a rien du luxe privilégié chez les autres occidentaux, fut le fief de Karim Wade. L’accès du père au pouvoir en 2000 ne l’empêcha point de rejoindre le prestigieux UBS Warburg. Qu’est ce qui le poussa à revenir au bercail pour intégrer les affaires de la cité ? Ce qui est sûr, c’est que son rôle au début, plutôt orienté vers des dossiers techniques, ne fit pas l’objet de controverses. Ce n’est qu’avec l’affaire plutôt délicate de l’organisation de l’O.C.I (Organisation pour la Conférence Islamique) que les choses changèrent. Après tout, coordonner la venue de 57 états dans un pays comme le nôtre exige forcément un compte rendu digne de ce nom.

La G.C (Génération du Concret), l’outil politique qu’il « monta avec Abdoulaye Baldé » en 2006, ce sudiste qui n’a point daigné rejoindre le parti au pouvoir à l’heure actuelle, ne suffira point à édifier le peuple sur sa démarche. La flagrante mesure du père à l’égard d’un certain Macky Sall ne sembla plaire au peuple. C’est que, chez nous, la seule façon de peindre les réactions souvent ubuesques et incontrôlables des citoyens, s’apparente à cette prophétie d’un penseur : « Il est vrai que Confucius n’est pas Kocc Barma et que la Chine est loin d’être le Sénégal. Cependant ils ont une base philosophique commune : ne pas admettre complaisamment la supériorité du chef. » Quoi de plus illustratif que la réponse apportée dans les urnes en 2009, année durant laquelle le PDS perdit, pour la première fois, le quartier de Point E ? Ayant voulu être élu, Karim Wade n’a nullement vu venir l’électorat massif et fidèle d’un Khalifa Sall.

Le débat sur la succession n’a jamais été posé au PDS. En tout cas pas de la façon la plus démocratique qui soit. Un potentiel successeur à l’image d’idrissa Seck ne s’est-il pas vu attirer sur lui la foudre de Wade parce que s’étant érigé contre certaines décisions qui nuiraient aux privilèges du fils tant aimé ? Pourtant, l’année 1988, « l’année de revendication » coiffée par l’apparition de Viviane Wade a ceci de particulier : Idy fut, à l(époque, le directeur de campagne du pape du Sopi. 

Karim épousa une femme sénégalaise, enfourcha des boubous traditionnels, vit son entourage politique articuler le « Maissa » à chaque fois qu’il s’agit d’évoquer son nom, comme pour insister sur le fait qu’il est et reste sénégalais. Mais le débat se trouve ailleurs. Ses talents dans le domaine de l’acquisition de fonds ont été reconnus. Et c’est d’emblée ce qui peut être considéré comme un succès dans l’exercice de ses fonctions. Mais la façon dont il les a acquis ne cessera de faire couler de l’encre et de la salive. Comment comprendre qu’un citoyen sénégalais qui ne détenait pas 200 Millions de nos francs en 2000 puisse, en 2012, peser 700 Milliards ? L’homme fût, au moment où son père quitta le pouvoir, dix fois plus riche qu’une grande majorité de français, pourtant reconnus comme de grands entrepreneurs, parce que pesant en euros 1 Milliards pardi ! Et il y’a que la logique ne pourrait nullement cautionner le statut d’exilé politique qu’affichent ses militants. On ne choisi pas d’être exilé. On ne peut l’être que lorsqu’on ploie sous le joug d’un régime qui fait de la justice, « sa justice à lui », une arme contre ses adversaires, et non suite à un « deal ». Et Maitre Henry René Guaraud, en juriste à la compétence reconnue par l’occident, de se lamenter : « plus j’avance dans ma carrière, et plus la justice me fait peur. » « Et c’est, justement, parce que vous n’êtes pas sénégalais », lui rétorque un grand esprit de chez nous, défenseur d’une logique qui privilégie le droit à la vie au détriment de l’état de droit.

Le peuple se souviendra encore longtemps du marathon judiciaire vécu par Karim Wade. Marathon qui ne dût son salut  qu’a une forme de « gentillesse de Macky Sall », suite à une relaxation pure et simple le soir du 24 juin 2016. Soirée durant laquelle l’accès a internet fût impossible dans ce pays, ce qui justifie le fait que ce n’est que le matin que l’opinion publique pu être informée de la nouvelle de la libération. C’est donc un acte qui montre à quel point est ce que nos gouvernants peuvent s’aventurer sur un terrain des plus injustes et des plus inconnus du peuple.

Que dire des militants du PDS qui font de lui un potentiel candidat pour 2019 ? Ce qui est sûr, c’est que le peuple a finit de demeurer inerte face au proxénétisme politique. Il n’y a qu’une seule et unique façon de faire de l’homme un candidat sérieux : le faire communiquer sur des affaires aussi sensibles que l’O.C.I, sa libération ou encore l’origine de sa fortune. Il n’y a que le père qui s’attèle à cette tache depuis quelques années déjà. Un silence aussi assourdissant ne pourrait plaire à l’électorat sénégalais. Après tout, son arrestation avait été précédée d’une « demande sociale en termes d’éclaircissements » venant du peuple lui-même. Que dire donc d’un pouvoir qui préféra faire de lui la principale cible de sa traque, préférant laisser libre ceux qui transhument, à défaut de se perdre dans les dédales d’éternelles justifications et d’arrestations. « Rejoignez nous, et vous aurez l’esprit aussi limpide que celle d’un martyr, même si l’on vous traite de tous les noms d’oiseaux ! », semble t-il dire parfois.

 

Maam Cheikh

Chroniqueur

 

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jeudi, 13 dcembre 2018 07:14

AUCUN COUPLE N'EST PARFAIT !

L’amour est comme une publication sur Facebook. Dés qu’on s’y met, Il y’a ceux qui « adorent notre couple », emportés par une émotion le jugeant trop parfait. Ensuite, Il y’a ceux qui aiment, soit consciemment parce qu’imbus d’un désir de nous voir heureux, soit inconsciemment parce qu’a jamais fascinés par nos moindres engagements. Enfin, il y’a les amis de vos amis qui en sont informés par ceux qui partagent, et qui ont des avis différents sur la nouvelle situation. Chez nous, on sert des « je le connais ce gars, c’est un coureur de jupon de la pire espèce ! », des « franchement, il aurait pu trouver mieux que cette fille », ou encore des « j’aimerai bien savoir ce qui l’attire chez ce gars ». Et, à l’image de Facebook qui multiplie les « j’aime »-Eh oui ! Parfois on vous en met plus que vous en avez, pour vous inciter à poster encore et encore-, nos émotions « multiplient les désirs », et on « exagère » sur les qualités de l’autre, le jugeant parfait. En Marketing, il y’a un principe universel qui détermine la vie d’une entreprise, et qui s’apparente à nos relations amoureuses : c’est le fameux L.M.D (lancement Maturité Déclin). A l’image d’une entreprise qui vient de naitre, une relation passe par une première phase où tout ce qui brille est de l’or. On vante l’autre, on devient moins performant au boulot ou en classe, parce qu’emporté par des pensées qui vont et reviennent sans cesse. Le timbre de la voix de l’autre, au téléphone, est si doux et si tonitruant qu’il devient une symphonie que l’on écoute à longueur de journée. Certains n’hésiteront pas à s’éloigner d’un proche sous prétexte que le voyant l’a « vu » et reconnait qu’il ou elle risque de gêner l’épanouissement de son couple. « Sa xarite bou gatt bou khéess bi yéenné woula sa wadji dé, moytouko ! » (ton amie de courte taille au teint clair est comme jalouse de ta nouvelle vie de couple, sois sur tes gardes). S’il est vrai que les défauts de l’autre s’affiche à ce moment précis, il est de nature que prés de 90% des gens ne les voient pas, parce qu’aveuglés par des sentiments. C’est le fameux « masque sentimental » qui ne fait que nous avons l’impression de vivre le paradis sur terre. Même nos gouts musicaux changent. On préfère plutôt être bercé par un Crazy Love d’Akhlou Brick Paradise plutôt qu’une chanson qui retrace les réalités de notre pays ou procure des leçons de vie. La vie, notre vie en tant qu’amoureux, c’est l’être aimé ! La maturité, c’est lorsque survient de façon parfois ubuesque une situation que l’on n’attendait pas. Il suffit d’une colère chez l’autre, d’un malentendu ou d’une dispute pour qu’on se rende compte que tout n’est pas rose. C’est d’ailleurs ce que la plupart des femmes sénégalaises avouent après quelques années de mariage. « Il était plus doux, plus romantique et plus attentionné avant », lâchent t-elles souvent, nostalgiques d’un passé qui ne se renouvellera jamais, et ceci pour une raison simple : la psychologie du bonheur nous enseigne que toute chose convoitée, cherchée et obtenue perd, à nos yeux, la valeur qu’elle avait tout au début au fil du temps. Rare sont les couples qui résistent au temps et ses vicissitudes. Sur les réseaux sociaux, une bloggeuse au sens de l’humour décapant et à l’inspiration débordante confie : « Au début, sur Facebook, c’est des «Adja nob djeukeureum » (Adja, folle amoureuse de son mari), des « Awa Bou Doudou Diop », (Awa, l’épouse de Doudou Diop). Avec les conflits, elles finissent par enlever ceci pour mettre leur propre nom. Quand intervient une rupture ou que l’homme leur trouve une coépouse, c’est là qu’elles nous mettent des «Adja la tigresse » ou des « Awa sopey yayam » (Awa, admiratrice de sa propre mère) ! » Souriez, mais réfléchissez, c’est plein de sens. Et il y’a que ce sont les obstacles qui doivent faire grandir un couple, et non le réduire à un niveau où tout n’est que conflit. Parce qu’à l’image de l’entreprise qui cherche le moyen de sortir d’une zone de turbulence dans le cadre d’une crise, c’est le moment idéal pour corriger certaines failles, et non se laisser emporter par des émotions négatives. Enfin le déclin est synonyme de rupture en amour. C’est le moment où seul deux options se présentent : rompre de façon momentanée, pour ensuite trouver le moyen de préconiser une solution ou de voir une tierce personne le faire, ou se séparer à jamais. Là, un leader d’un mouvement spirituel au Sénégal a su attirer l’attention de tous dans un de ses discours, en stipulant : « Avant de verser dans la haine où une colère inouïe à l’égard de votre épouse, vérifiez ce qui constitue l’origine du mal. Sa réaction peut être soit influencée par un autre ou par des pratiques d’ordre mystique. » C’est que, presque partout dans le monde, un couple est composé de deux personnes. Au Sénégal, ce peut être trois, quatre, dix, ou même une quinzaine de personnes, chacun voulant imposer son « expérience de 30 années de vie conjugale » ou encore sa « maitrise de la psychologie de vie de couple ». Maam Cheikh Coach en Développement Personnel Chroniqueur This email address is being protected from spambots. You need JavaScript enabled to view it. 76 517 03 84

mardi, 04 dcembre 2018 13:43

HOMMAGE AU MOLLAH DE SACRE COEUR

« Walf Fadjr ! » Evoquons cette aube qui, à défaut d’être un signe pour un doté d’intelligence, tel que cité dans la fameuse sourate, symbolise ces matinées qui s’annoncent avec des nouvelles qui laissent à la fois perplexe et triste toute une nation. « Walf Fadjr ! », comme pour citer le nom de ce groupe de presse dont le patron vient de rejoindre ses illustres aïeux dans le ciel.

 

« Nous sommes corps et âme. Et la mort est un processus que le seigneur évoque en usant du vocable malédiction. Nul n’échappe à cette dernière, et la compassion de tous dés que la faucheuse frappe est comme essentielle. » Ces propos sont du Mollah de Sacré Cœur, celui là dont la disparition vient de mettre tout un pays en deuil. Qui pu deviner, le jour où il les tenait-il y’a juste quelques semaines, lors de sa présentation de condoléances suite à la disparition du Khalife de Ndiassane- , que la mort allait frapper à sa porte sous peu ?

 

  

La langue et le cœur sont les éléments les plus aptes à permettre de cerner l’individu. Il suffit qu’il use du verbe pour que ses moindres sentiments s’étalent comme par voie abracadabrante. En ce matin de mardi 4 décembre 2018, des cœurs sont comme meurtries. L’homme de « diiné ak djamono » sur walfadjri-émission joignant les enjeux actuels dans tous les domaines aux principes fondamentaux de l’islam- vient de nous quitter à 67 ans. Les témoignages relatés ca et là sont comme mérités. C’est que Sidy Lamine eut pour père l’un des plus grands érudits que ce pays ne puisse avoir comme fils : Khalifa El Hadj Mouhamad Niasse. Ce que sa modestie étouffa aussi, au point que beaucoup l’ignorèrent, c’est qu’il fut petit fils du prophète (psl), de par sa mère issue de la tribu des Idaw Ali, des descendants de l’étoile de Médine implantés en Mauritanie. Quant au grand père, El Hadj Abdoulaye Niasse, il fut « promulgué » au rang de fondateur de la lignée niassène de la Tijanya.        

La mort est, au-delà de la souffrance dont font montre les proches du défunt et le « chaos funèbre » qui semble se dessiner dans l’atmosphère, un moyen de revisiter l’œuvre de l’etre parti « toujours trop tot » pour des fils illustres d’une nation. Et la jeunesse, à jamais revendicatrice de ce patrimoine qui a pour nom relève, se doit de cerner ce qu’il y’a de plus distinctif dans l’action de l’homme. En ce qui concerne le fondateur du groupe Walfadjri, voila un homme qui fut très tôt séduit par les débats d’idées et autres recherches en sciences islamiques. Récemment, son discours lors des conférences tenues à Tivaouane en prélude au Mawlid en est une parfaite illustration. Serigne Cheikh Ahmed Tidiane Sy, lui-même originaire de Kaolack de par sa mère Sokhna Astou Kane, elle-même fille du grand El Hadj Abdou Kane, raconte l’homme : « Je conserve chez moi une montre qui, à mes yeux, est comme un trésor, parce qu’offerte par Sidy Lamine. Il est mon fils, lors de mes tournées dans les bleds les plus reculés de ce pays, je me rendais souvent à Kaolack. Je me rappelle encore de Sidy, pour qui je demeurais comme mythique, au point qu’il montait sur un arbre pour m’apercevoir dés que ma venue était annoncée. » L’on se rappelle que ces propos tenus par l’homme à la djellaba il y’a une décennie. Par ailleurs, ce fut l’occasion pour lui, en penseur et philosophe à la profondeur singulière, d’hiérarchiser les vertus d’un objet d’art offert. 

 

Sidy a su fréquenter, à l’instar des intellectuels arabes férus de science et de savoir, l’Université Al Azhar de l’Egypte, afin de se familiariser à la jurisprudence islamique enseignée dans ce prestigieux cadre. Un milieu dans lequel l’apprentissage intra muros a finit de faire ses preuves. Quelle suite donner donc à une telle formation, si ce n’est, au-delà de l’enseignement reçu, de faire de l’acte concret un tremplin ? L’homme a su aussi bien s’engager en Egypte, en menant à bien l’association des étudiants sénégalais sur place, qu’au bercail, pour la réhabilitation de la langue arabe. Voila pourquoi le Mollah de Sacré Cœur décida d’entreprendre dans le domaine de la presse. Nombreux sont ceux qui sont passés, en tant que journaliste, dans sa chaine de télévision et sa radio. L’on se rappelle de sa réplique à l’endroit de ceux qui clamaient des départs incessants : « En vérité, mon entreprise est comme une école, voila justement ce qui m’a poussé à lui donner comme nom une sourate extraite du livre le plus apte à enseigner : le saint coran. Et on ne reste pas éternellement dans un établissement. Une fois des connaissances acquises, une porte s’ouvrant sur d’autres sphères nous fait face. »

 

De la première tenue de l’O.C.I (Organisation pour la Conférence islamique) au Sénégal à l’évolution de son groupe de presse, en passant par ses rapports avec les différents régimes, le Mollah eut à imposer sa posture de contre pouvoir. Un principe qui peine à être cerné au Sénégal. Ce qui s’avère être une crise de logique dans un pays à 90% de musulmans. Quoi de plus incompréhensible que le fait de toujours clamer haut et fort « Ach Hadou Anna Mouhammadane Rassouloullah » en priant, comme pour attester de son attachement au prophète (psl), pour ensuite contester à un guide religieux musulman ce qui demeura l’un des centres d’intérêt de ce même prophète (psl) ? Mouhamad fut chef spirituel, chef militaire mais aussi chef politique. Son soutien aux chrétiens au détriment des perses est un acte concret cité dans l’histoire sainte. Alors, la logique est simple : un contre-pouvoir est tout sauf contre le pouvoir pardi ! Ce fut là un combat que mena l’homme, jusqu’à son dernier souffle,  avec une rigueur que seul un arrêt cardiaque pouvait freiner. Heureusement, le combat continue au sein des familles religieuses de ce pays… « Walfadjr ! » Revendiquons cette fois ci l’aube ou les consciences seront enfin éclairées, la politique assainie, afin que, du haut du ciel, le sourire si radieux d’un Mollah qui accomplit dignement sa mission puisse se dessiner.

 

Maam Cheikh

Chroniqueur

 

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dimanche, 02 dcembre 2018 20:08

Lancement Officiel de La Boutique MARAZ

« Entreprendre, c’est entrer et prendre », stipule un  jeune leader conscient de la nécessité pour toute start up d’intégrer un marché et d’en tirer les profits les meilleurs. Mais il est des concepts qui vont au-delà du simple fait de tirer des bénéfices d’une activité dite professionnelle. Des concepts qui révolutionnent la vente, l’achat, parfois même la production, même si le client reste ce « consomm’acteur tant convoité ». Et c’est dans ce sillage que s’inscrit la marque MARAZ. Initiée par Moustapha Sy Ndiaye, plus connu sous l’appellation Mara Ndiaye, un jeune sénégalais qui ne cesse d’innover, de créer.

Mara Ndiaye revalorise la « mode africaine de A à Z ». La maroquinerie est son domaine de prédilection. «M.Le Président, comme vous le faites déjà si bien avec nos boubous traditionnels, portez nos chaussures, nos sacs, nos valises, nos babouches (…) vous pourrez ainsi créer cette dynamique pour que tous les membres du gouvernement, les députés, les entreprises nationales,  les jeunes et les femmes de ce pays devienne aussi des ambassadeurs de marque », rétorque t-il au chef de l’état lors d’un discours qui sonna le glas. En ce vendredi 30 Novembre 2018, des images sur sa page Facebook devraient faire sourire tous ceux qui luttent pour que la création Made In Africa survive : le Président de La République s’offrant sa paire de chaussures dans le cadre de la deuxième cérémonie de remise de financement par la D.E.R (Délégation de L’Entrepreneuriat Rapide). 

Moustapha Sy Ndiaye donne rendez vous demain, samedi 1er décembre,  à tous les férus de mode à Mermoz pyrotechnie, immeuble 4,-domicile communément appelée maison blanche et située non loin de l’école IAM-et ceci pour l’ouverture officielle de la boutique MARAZ, à 17 heures précises.

 

Maam Cheikh

mardi, 27 novembre 2018 00:12

PORTRAIT D'UN FORÇAT DE LA RÉPUBLIQUE

« La prison et les autorités conspirent pour dépouiller chacun de sa dignité (…) se laisser aller au désespoir mène à la défaite et à la mort. » Ce cri de cœur d’un leader aussi intègre que Mandela a ceci de particulier : il laisse croire à première vue qu’il n’y a rien de vraiment juste dans ce que la justice désigne comme un moyen de punir.  Ailleurs, loin du Sud de l’Afrique, et au même siècle que celui du triomphe de Madiba, un grand de la pensée, une voix d’une autre voie, affirmait : « D’abord, il y’a la conviction, qui a pour résultante la quiétude qui, elle-même, est à l’origine de l’incarnation de ce qu’on peut appeler dignité, cette vertu qui sécurise l’être  en donnant un sens à sa personnalité ». La liberté ne passe t-elle pas nécessairement par un désir de se sentir sécurisé face aux injustices et pratiques contre nature ? Entendons par là ceci : conviction plus quiétude plus dignité égalent liberté, ce mot si fort que des militants crient « à-tout-bout de-champ » depuis plus d’une année pour leur leader en prison : Khalifa Ababakar Sall.

 L’homme le plus médiatisé de l’année 2017 au Sénégal naquit en 1956, année marquée par un contexte politique assez rythmé, avec l’adoption de la loi cadre. D’aucuns aiment à rappeler l’attachement inouï qu’il porte à son homonyme, le Khalife Ababakar Sy (rta), disparu une année plus tard. Les tenues blanches que l’homme aime à porter, surtout lors de ses procès, ne sont sans nul doute pas le fruit du hasard, tout comme ses « convictions socialistes » du début. En effet, les rares images ou l’on voit le Khalife de Tivaouane porter une couleur autre que le blanc ont été retouchées au sens graphique du terme, et son engagement sans faille à coté de Senghor reste gravé dans la mémoire des inconditionnels du président poète. L’homme au bonnet carré symbolise aussi, chez ses condisciples, la fidélité de la façon la plus symbolique qui soit. Principe que l’on retrouve chez ce leader politique qui évolue pourtant dans un domaine où la transhumance a finit de devenir le sceau de la politique politicienne, en atteste son désir de poursuivre sa carrière politique avec le parti socialiste, et cela malgré leur fin de règne en 2000.  Et le comble, c’est que l’année suivante, il fut l’un des rares socialistes à devenir député suite à des législatives durant lesquelles le pouvoir en place avait procédé à un « raz-de-marée électoral monstre » ! 

 Tenter, de façon ubuesque, de poser cette question à un dakarois : « Qui est le maire de Dakar ? » Beaucoup répondent en citant Khalifa Ababakar Sall sans hésiter, avant de se rendre compte que tel n’est plus le cas. D’autres encore réfléchissent, la pupille orientée vers la droite, avant de se rendre compte qu’il ne s’agit plus du natif de Grand Yoff. Comme quoi, le nom de l’homme associé à son titre est comme ancré dans le tréfonds de la mémoire de ses contemporains. Au delà du cap de maire de Dakar qu’il enfourcha en 2009, qui ne fut pas surpris de voir l’homme battre Karim Wade, fils du chef de l’état, tout en publiant son patrimoine devant un jury composé d’hommes aussi intègres qu’objectivement crédibles à l’image d’Amadou  Mokhtar Mbow, de l’écrivain Cheikh Hamidou Kane ou encore du regretté  Mouhamadou Mbodj du Forum civil ?

 L’homme est exquis, travailleur, peu bavard, selon son entourage. Sa conférence de presse du 5 mars 2017, aux cotés de Serigne Moustapha Sy, a sans nul doute était le déclenchement d’un long processus qui, chez ses militants, aboutirait à un idéal : celui de le voir un jour triompher contre ce qu’ils désignent comme une certaine forme d’injustice. Des esprits loin d’être ouverts à des principes d’équilibre ont tout de suite trouvé la présence du leader des Moustarchidines comme anormale pour un guide religieux de sa trempe dans une affaire aussi délicate. Verser dans une telle démarche serait ignorer une chose : le président de parti du P.U.R détient une légitimité politique. Légitimité qui, selon l’homme qui s’engage à investir le Candidat Macky Sall pour 2019 cette semaine,   Ousmane Tanor Dieng, lui a été conférée par l’histoire. « Ton père et toi êtes les guides religieux les plus aptes à évoquer les affaires de la cité », confia t-il un jour au fils de Serigne Cheikh Ahmed Tidiane Sy. Khalifa Sall cita ce jour là sa position en tant que maire, et dont la mission consiste à coordonner et à contrôler les taches exécutées, le plus important revenant à toute une équipe. Serigne Moustapha Sy, quant à lui, évoqua des termes qui méritent que toute interprétation soit précédée d’une attention particulière : « ami », « confusion opposition-contre pouvoir »,…Tout laisse croire qu’une amitié loin d’être « annoncée au son d’une clarinette »  et une prise de position au-delà des sphères pouvoir-opposition avaient été affichées. Et pour ce qui est de l’aspect mystique de la chose, tentez d’expliquer les raisons du « recul tout en restant immobile » effectué par le responsable moral des Moustarchidines dans cette affaire à un néophyte dans ce domaine privilégié et vous obtiendrez la réplique la plus insensée qui soit. Le « maire d’entre le régime, la cellule de Khalifa Sall et l’audience d’avec le patron des Moustarchidines» est tombé dans son propre piège. Ni Serigne Moustapha Sy ni Khalifa Sall n’ont donc renoncé à leurs principes, même si changement de démarche il y’a.  

 « Ils veulent m’attaquer sur le champ politique et étouffer toutes mes ambitions, notamment en usant de leurs pouvoirs et en convoquant dame justice ! Ils veulent la guerre ? Ils l’auront ! » Ces paroles venaient d’un homme furieux, révolté à l’idée d’être apostrophé sur une mode de gestion qu’il a toujours jugé inclusive. Vêtu de blanc, debout devant une foule de personnes venues le soutenir, et l’ayant raccompagné du tribunal de Dakar à l’hôtel de ville, une détermination et une sorte de « suicide moral » se lisaient sur son visage.

 Aujourd’hui, du fond de sa cellule, l’ambition de l’homme a un autre visage. Elle est comme menée par ses pairs et malmenée par la justice. Ses communicants tentent tantôt de « victimiser leur leader », histoire de faire appel au coté affectif d’un peuple que toute forme d’injustice révolte assez souvent. L’on se rappelle encore de l’affiche publicitaire qui, durant les législatives de 2017, présentait une cellule sombre, avec deux mains représentant « l’ex maire de Dakar », les bras refermés sur eux-mêmes, comme pour dire « dehors, soutenez-moi. Je reste fort et digne là ou je suis. »  

 Il est vrai qu’en ce qui concerne l’aspect juridique de la chose, les personnes en charge du dossier ont une fois de plus prouvé le fait que la jurisprudence s’inspire à jamais d’une confusion assez singulière. Aucune logique ne peut justifier, par exemple, le fait que l’examen d’un pourvoi en cassation se fasse en quelques semaines après le dépôt des répliques fournies par des parties.         

 Toutefois le mal est ailleurs. Les militants dudit maire donnent souvent l’impression de se laisser valser par une justice et un pouvoir qui n’a d’yeux que pour une réélection en 2019. « Et si l’homme serait condamné à une période proche des élections, afin que ses militants  n’aient pas le temps d’intégrer d’autre partis politiques et de peser de tout leur poids sur les échéances ? », rétorque un jeune militant politique de l’opposition, assez expérimenté sur la question.  Il n’est point facile de mener à bon port une organisation politique nait d’une révolte ne datant que d’une année.  A quoi bon se battre dans un terrain miné dans lequel l’adversaire détient ce qui déclenche l’intégralité des détonateurs ? Même Abdoulaye Wilane, qui prêchait une grâce, donnait l’impression de narguer celui avec qui il fit chemin pendant des décennies. A quoi bon rentrer dans cette dynamique alors que l’on daigne rendre visite au prisonnier en question ? Il n’y a que le peuple qui puisse réagir face à une inconvenance que seul des impénitents défendent.

Au-delà de l’aspect politique de la chose, il y’a Dakar, qui demeure la seule ville dont le maire est en proie à une telle accusation. Au-delà de ce constat, figure un contexte : le fait qu’une telle accusation se tienne à une période assez propice pour éliminer tout adversaire occupant un poste stratégique. Malheureusement, il n’y a qu’une minorité agissante qui se bat encore afin que la vérité puisse prendre le dessus sur l’usurpation. Le reste étant comme immunisé contre le principe qui veut qu’un peuple soit lui-même détenteur de la destinée d’une nation. Et que dire d’une opposition se détournant de toute forme d’initiative fructueuse et sérieuse ? Il n’y a que les débats télévisés, les marches et les protestations de résultats d’élection et d’initiatives qui fondent leur geste. « Réagir, et non agir », tel semble être leur crédo. Quelque part, une voix interpelle, et semble dire : « Je sais user et abuser de l’art de la manipulation. L’opposition est comme une marionnette attachée aux cordes de mes désirs et caprices les plus profonds. J’ai, par exemple, procédé à l’annonce du décret radiant le maire de Dakar au moment crucial pour se lancer dans la campagne de parrainage, histoire de leur faire perdre du temps à protester une telle décision… ! » Bref, tout ceci n’est qu’une remarque. Toute ressemblance avec un personnage politique existant ne serait que pure coïncidence, et des plus hasardeuses qui soient.

 

Maam Cheikh

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