Maam Cheikh

Maam Cheikh

Un Sall peut en cacher tant d’autres ! Hormis le détenu, le président sortant et la transhumante, il y’a comme qui dirait un Sall candidat « tombé du ciel » pour devenir un favori qu’aucune conscience politique avertie n’attendait. L’engin du P.U.R a été relancé il y’a à peine 18 mois, et depuis, un certain Issa se hissa au sommet de la hiérarchie politique de la façon la plus ubuesque qui soit.

La politique, il faut le dire, a toujours permis à d’aucuns de jouer avec le destin de tout un peuple. « Chez nous, le mal politique est si profond que lorsqu’il s’agit de contre-accusations entre chefs politiques, l’on évoque que des milliards. Ailleurs, c’est un cannabis fumé par ci ou un sachet de bonbons volé par là qui font office de « passé sombre » pour un élu. » L’inquiétude est sans mesure aucune, et est d’un monument du journalisme sénégalais pur produit de l’éthique dans ce métier : Mame Less Camara. L’on joue avec ce peuple pardi ! Et cela se constate dans les deux camps, pouvoir comme opposition.

Que de prétextes pour qu’un chef spirituel de la trempe de Serigne Moustapha Sy puisse faire participer le P.U.R dans la marche des choses. A ce sujet, les archives montrent que le guide des Moustarchidines a, à défaut de poser un acte digne d’une politique politicienne, honoré la mémoire de Serigne Cheikh Ahmed Tidiane Sy Al Maktoum. Ce dernier avait, en effet, suggéré publiquement le 29 janvier 2000 que le P.U.R puisse servir de tremplin pour un assainissement du champ politique sénégalais, et ceci en collaboration avec Issa Sall. C’est donc là un acte concret témoignant encore une fois de la clairvoyance du Responsable Moral des Moustarchidines en tant que guide. Et le timbre de la voix du Gawlo, en l’occurrence Coumba, qui n’a rien à envier à la cantatrice de Sainte Eulalie, de retentir pour évoquer les éloges du docteur de la foi : « Noble de par ta lignée parentale, tu as su orienter la jeunesse afin qu’elle puisse compter d’innombrables apôtres de Dieu. Avec toi, elle a été nourrie à la sève d’une haute science et d’une discipline inouïes ! »

 Le comble dans tout ça, c’est cette façon dont l’homme a su, depuis, rester à l’ombre, préférant voir la classe politique P.U.R être sous la houlette d’El Hadj Issa Sall. En effet, il n’a participé qu’une seule fois aux événements de ce parti, notamment le vendredi 28 juillet 2017, dans le cadre du meeting de clôture du P.U.R. Et force est de reconnaitre que, ce jour là, son allocution se détourna de toute tentative de prôner un désir profond de gagner des élections. Loin de là, il illustra le fameux « devoir de perdre » tant convoité par Al Maktoum, et avec tout ce qu’il renferme comme valeurs.

En tant que député, El Hadj Issa Sall a su relever un défi : ne point se laisser entrelacer dans des concepts dans lesquels peuple, pouvoir, presse et opposition se perdent. « Il ne faut pas que l’on se perde dans les dédales de concepts qui ne changeront rien. Ce qui m’intéresse ici, c’est le rôle du député en tant que tel. Il se doit d’abord de veiller au respect de la constitution dans le vote d’une loi. Il lui faut ensuite, si un budget est voté, veiller à son exécution de la façon la plus légale qui soit. Enfin il doit faire montre d’une proximité sans faille avec le peuple. A quoi bon constituer une élite pour représenter le peuple si l’on ne tend pas l’oreille à ce dernier ? »

Au-delà du pilote qu’il est, et qui souhaite tant bien que mal-si l’on se réfère à ses discours- faire décoller l’économie sénégalaise, Issa Sall est informaticien de profession. Sa communication verbale donne souvent l’impression qu’il tire à bout portant sur la gestion de ce pays. Mais loin du tirailleur-entendez aussi « tir ailleurs »-ou du cowboy du far west qui agit parfois aveuglément, l’homme se détourne du superflu. Parce qu’informaticien de profession, le concret est comme qui dirait un mot maitre et un maitre mot dans sa démarche.

Aujourd’hui, les militants du P.U.R ont rendez vous avec l’histoire. Sauront-ils faire face à la campagne de « dénigrement médiatique » auquel leur candidat est confronté ? Au Sénégal, plus le journalisme demeure un secteur crucial que d’aucuns aspirent à embrasser, plus la presse se perd dans le labyrinthe de l’horreur médiatique, avec son lot de mensonges, de diffamations et de dérisions. Ce ne sont pas les internautes férus de réseaux sociaux qui diront le contraire, eux qui ne cessent de voir leur « fil d’actualité » sur Facebook pulluler de fake news. A cela s’ajoute les analyses politiques pour ne pas dire polémiques de journalistes de la trempe de Cheikh Yérim Seck, Madiambal Diagne ou encore El Malick Seck, des gens chez qui toute objectivité nécessaire dans ce métier est comme bannie, laissant place à une argumentation truffée d’incohérence et immunisée contre le bon sens. Seule une communication politique digne de ce nom pourrait changer la donne. Les canaux de communication en interne dans ce parti politique sont sans nul doute d’une efficacité rare. Voila pourquoi  ces militants, adeptes de l’unité et du rassemblement, sont tout aussi habitués à s’unir et à rassembler sans efforts.  Et pour ne point se voler la face, il est de tradition que cette campagne électorale exige un message politique en parfaite cohésion avec des valeurs et non des performances, l’époque des fameux « 3 députés pour une participation presqu’improvisée » étant comme dépassée. Et il y’a que le sénégalais est souvent, au-delà du programme politique-celui du P.U.R étant l’un des meilleurs sinon le meilleur qui soit-, plutôt attiré par le profil du candidat en question.

 Dans tous les cas, les dés sont jetés, et il est temps pour Issa Sall de se frayer un chemin. Ne soutenait-il pas vouloir soigner cette entorse qui nuit à la chose politique, désignée par le concept de « djanàba politique » (impureté politique) par le président du parti P.U.R,  pour un ressourcement purificateur ? 

 

Maam Cheikh

Chroniqueur

 

This email address is being protected from spambots. You need JavaScript enabled to view it.

+221 77 459 42 83

 

 

 

 

     

Mais que mijote donc le Maire de Pikine Ablaye Timbo ? En effet, le Parti de l’Unité est du Rassemblement a informé ses militants et sympathisants, il y’a 24 heures, du changement du lieu du Meeting d’ouverture de sa campagne en prélude à l’élection présidentielle de 2019.

Prévue au stade Alassane Djigo de Pikine, ladite rencontre se tiendra finalement au terrain APECSY de Guinaw Rails. Le comble, c’est que ce changement de lieu se justifie par la tenue d’un match de l’AS PIKINE prévu sur place. P.L.N, jeune pikinois et membre actif du parti P.U.R, confie : « Le geste est indigne, et purement politique. Tout pikinois sait que l’ascension du parti PUR dans cette zone dérange le pouvoir. Et il y’a qu’au delà d’une simple accointance, le Maire Timbo est un oncle de Macky Sall. Ce match a été initié par des gens qui savent que notre parti avait prévu d’y faire ce meeting. » Il poursuit : « Le maire s’est même engagé à déployer des forces de l’ordre sur place lorsqu’on lui a suggéré un souci lié d’avance à la sécurité. »

Ayant obtenu le meilleur résultat dans le cadre du PUR aux législatives de 2017, Issa Sall et compagnie comptent bien relever un défi phare demain : réussir un vrai tour de force en mobilisant autant de citoyens sénégalais possible. Wait and see.

 

Maam Cheikh   

L’éthique est une valeur aussi vieille que le monde. Elle est comme une lanterne devant éclairer le chemin souvent parsemé d’embuches de tout vaillant conquérant.

 C’est l’histoire d’Ulysse, ce héros de la mythologie grecque qu’aiment à citer certains amoureux de la littérature. Elle est contée ici par l’une des femmes les plus savantes de sa génération. Universitaire au savoir immense, elle a été, cette année, reléguée au rang de marraine des 48h du département de philosophie de l’U.C.A.D., initiées par un club de jeunes étudiants la surnommant « la lionne du savoir ». Elle ne sut trouver les mots pour les remercier, mais pu quand même leur dire à quel point elle s’est sentie comblée, tout en, à défaut de communication, racontant l’histoire d’Ulysse comme pour évoquer le thème en question.

« A l’image de Spinoza, qui cite l’histoire d’Ulysse pour peindre l’éthique, je vais tenter de vous démontrer à quel point est ce que celle-ci est une valeur sans laquelle la vie n’a nullement de sens. »  En effet, la mythologie illustre la ruse des sirènes, ces belles créatures mi-poisson mi-femme dont le timbre de la voix et les chants suffisaient à attirer les marins et à faire chavirer leurs navires.

« Leurs chants symbolisent la passion », précise la marraine de l’édition. Elle rajoute : « l’éthique ici est représentée par la volonté d’Ulysse de choisir de se mettre de la cire dans les oreilles tout en se faisant attacher, pour éviter de prêter l’oreille, encore moins de se rendre vers ces mystérieuses femmes. »

L’éthique, c’est aussi la capacité de dire non, mais aussi le désir de dire oui à tout ce qui me permet de s’affirmer, en atteste la démarche de ladite marraine.  Cela donne aussi un sens à la présence des lois, avec pour symbole ici tout le corps lié ; une loi qu’on s’est proscrite. 

L’éthique, c’est le fait, selon toujours l’universitaire, d’entendre, d’écouter et de suivre la voix de la raison. Ulysse n’a, selon elle, pas peur des sirènes, mais a préféré emprunter le chemin de la noblesse, afin d’être libre, car qui dit éthique dit forcément liberté.        

Maam Cheikh

Senpresse.com

Hegel rétorque : «  Il n’y a pas d’événement s’il n’y a pas de document pour en attester. » Le rappel est, ici, d’un monument du journalisme sénégalais imbu d’une profonde pratique peinte d’éthique et de déontologie, l’auditoire des étudiants passés maitres dans l’art de philosopher.

 

A l’occasion des 48 heures du département de philosophie de l’Université Cheikh Anta Diop, chantre du savoir où la lumière demeure la loi d’aucuns, Mamadou Lamine Ngom et compagnie ne pouvaient mieux choisir comme orateur : Mame Less Camara, cet intellectuel dont la « pratique de la chose journalistique », la maitrise du domaine de la communication et l’amour pour la philosophie ont su laissé perplexe les doyens, étudiants et autres férus de culture universelle venus l’écouter. Pour lui, un retour à la source s’est imposé dés le début du discours, avec pour affirmation : « J’ai appris à penser le monde dans cette université ». Il s’ensuit une forme de caricature peignant à la fois la réalité politique et l’univers médiatique sénégalais.

Il fut question d’espace public à l’aune de la pratique politique sénégalaise. Espace dans lequel le comble se trouve dans le fait que le citoyen trouve souvent normal que les chefs politiques se donnent en spectacle en se traitant de tous les noms d’oiseaux. Ailleurs, raconte l’homme âgé de 63 ans, « l’on s’entre-accuse, mais en faisant fie de joint fumé par ci et de sachet de bonbons volés dans un supermarché par là, en revenant sur le passé de certains élus. Ici, l’on n’évoque que des vols d’argent, des milliards… ». Et la presse dans tout ca ? A défaut de divulgation sérieuse d’informations, les médias deviennent de véritables outils de propagande.

Quant à l’archaïsme débordant, il a, selon Mame Less Camara, toujours servi de source d’inspiration à nos élus, en atteste les pratiques qui tendaient à rappeler les origines ancestrales de Senghor, depuis le « royaume sérère », au griot dépêché par le président Macky Sall en 2012 à l’assemblée nationale, afin de prouver à un certain Wade qu’il est loin d’être petit fils d’une « race de basse naissance », en passant par le « Fara Wade Ndiack » lui-même qui avait dépêché un jour tout un groupe venu chanter ses louanges, et la déclaration de Diouf, dans le Fouta, d’être un petit fils légitime d’El Hadj Omar Tall (rta).

La présence des religieux est aussi un impératif. Mais la citer serait évoquer l’absence d’une présence. « Le théâtre politique illustre ici un public en guise d’électorat, des médias assurant la propagande et des leaders prêts à s’accroupir devant les religieux ». C’est la fameuse réalité faisant fie de mariage de raison pour certains, et d’alliance conjoncturelle pour d’autres. La propagande, elle, restera à jamais, selon le journaliste, une sœur siamoise de la publicité et de la communication.

Pour en venir à son domaine de prédilection, en l’occurrence le journalisme, Mame Less Camara parle d’un domaine déserté par les intellectuels, envahi par des entrepreneurs plus motivés par le profil que par l’éthique. « La plupart ne sont dans le domaine que pour parler…pour qu’on parle d’eux. »

 

Maam Cheikh

Senpresse.Com

mercredi, 09 janvier 2019 12:10

Hommage Au Soufi de Keur Nganda

Serigne Cheikh Maty Leye, comme l’appelaient affectueusement ses inconditionnels, n’est point parti. C’est que le sens de l’ouverture et l’action rénovatrice ne meurent point. Et ce fut là ses seules préoccupations et volontés confirmées.

 

Le terme « yaaram » est mouride. Il est affilié à la dimension religieuse orientée vers une attitude exemplaire à l’égard du créateur et de son prochain, avec ce que cela exige en termes de comportement raisonnable et raisonné. L’enseignement nous est procuré par « cet autre Cheikh parti » 9 mois plutôt. Ecoutons Serigne Cheikh Ahmed Tidiane Sy Al Maktoum : « Il fut un temps où le vocable wolof « yaaram » était attribué à des musulmans originaires de l’orient, et qui venaient séjourner chez nous. Nos anciens admettaient complaisamment leur prétention, parce qu’ils étaient issus de cette race dont fut originaire le Prophète de l’islam (psl). L’on interdisait même aux enfants de sortir à certaines heures, histoire de ne point perturber leurs promenades. Et la Tariqa Mouride de procéder à l’expansion d’une philosophie assez simple pour y remédier : désigner par le terme « yaaram » tous ceux qui étaient d’une noirceur de teint éclatante et d’une blancheur de cœur remarquable ! » Comme quoi la foi et le comportement religieux exemplaire ne sont l’apanage d’aucun peuple. Il suffit de faire de la pureté et de la volonté ses tremplins pour se tirer d’affaire.

 

A l’image de Serigne Saliou Mbacké qui se recueillait à Ndiouroul, Serigne Cheikh Sidy Mokhtar peignait le tableau de ses retraites spirituelles par des présences régulières à Keur Nganda, village qu’il a fondé lui-même. La trentaine de familles sur place aujourd’hui ne cessera de le remercier. Cette contrée est devenue un endroit ou l’on spécule beaucoup sur le récital du coran et la pratique de l’agriculture. C’est dire qu’au delà des réalités qui font que la quête effrénée de richesses perturbe le tréfonds des consciences des sénégalais, des individus vivent dans le bonheur et la quiétude dans les bleds les plus reculés.  

 

Et que dire du centre de rayonnement de l’action du défunt Khalife, consistant à faire des mosquées de Touba et de Massalikoule Djinane des édifices de référence pour le Mouridisme ? Les grands de l’islam ont su donner un sens au vœu du Prophète Muhammad (psl) de voir les croyants prier la nuit, histoire de s’adonner à un acte surérogatoire dédié au ciel, en y associant le fait de devoir changer le monde le jour. Voila l’œuvre du khalife vénéré hier et pleuré aujourd’hui. Il a su mener une existence des plus symboliques, à cheval entre des retraites spirituelles dans son fief de village et des prospections pour coordonner l’édification de monuments pour le culte et l’embellissement de l’action du mouridisme.    

 

Le Khalife a édifié un village, instauré une bibliothèque, construit des mosquées, cultivé des terres, emmené des musulmans effectuer le pèlerinage aux lieux saints, crée des « dahiras »…Que ne peut donc le Sénégal si ce n’est pleurer le fait de ne plus voir ce patriarche marcher sur son sol, l’esprit aussi limpide que celui d’un martyr et la volonté aussi noble parce qu’illustrée par un principe : voir la communauté musulmane sénégalaise devenir un immense comptoir avec pour seul produit à commercialiser l’union, au nom des sagesses des confréries réunies, mais aussi l’église. Et Serigne Fallou Mbacké de s’insurger, en confiant à l’un de ses frères en Dieu, « le seul compagnon qui vaille est celui que rebute le fait que son prochain sache qu’il s’adonne à des bavures » (en wolof « nawlé mooy kigua xamné roussneu famou nekk gua dégg thi moom safane.»). Voila pourquoi les âmes honnêtes peinent à identifier leurs émotions face à cette situation, parce qu’a cheval entre une tristesse profonde et un soulagement d’avoir vu leur Khalife achever sa mission en toute noblesse. L’on ne peut donc que dire, dans ce contexte précis, et à l’image d’un penseur de chez nous, que la mort est faite de majesté !    

 

Maam Cheikh

Chroniqueur

 

This email address is being protected from spambots. You need JavaScript enabled to view it.  

Al  Maktoum, ce miracle du siècle dont les paraboles et paroles pèsent depuis toujours dans le tréfonds de la conscience des sénégalais, confie : « Notre continent a besoin d’une morale politique nouvelle. Il a besoin d’être gouverné par des hommes mûrs, crées par Dieu, et non par des épouvantails ». Une prophétie qui a fini de justifier l’engagement de ce tribun dans la sphère politique.

Au-delà des missions accomplies en tant que chef de parti au sein du P.S.S (Parti pour la Solidarité Sénégalaise), Ambassadeur du Sénégal au Caire et Conseiller le plus consulté par les deux premiers chefs d’état de ce pays, Serigne Cheikh a su promouvoir une action politique nouvelle, celle là qui donna un sens au centre de rayonnement de toutes les entreprises voulues sur terre : l’homme. « Au-delà de toute transformation sociale, il y’a l’homme, qu’on ne transforme ni à coup de décret, ni à coup d’arrêté », rétorquait t-l. Ecoutons le, dans ses confessions les plus symboliques et orientées vers la chose politique :

 

« L’Alternance est la plus naturelle des lois divines. Le ciel en est fier, il en a souvent parlé à son prophète. »

Nécessité d’Alternance, 18 Mars 1994

 

Ici, la démarche montre à quel point est ce qu’un mystique, bien qu’imbu d’un engagement politique sans faille, puise profondément dans la réalité la plus essentielle qui soit pour poser un problème : la volonté du divin. L’alternance, dans son sens politique le plus connu au Sénégal, rime avec l’accession des libéraux au pouvoir le 19 mars 2000, mais fut déjà théorisée un 18 mars 1994 par le fils d’Ababakar Sy (rta). Il le compare ici à la nécessité, en toute chose, de savoir procéder au changement des hommes et à la rééquilibration des responsabilités. C’est ce qui, d’ailleurs, rappelle un peu la « sottise »  de ce ministre de la république ayant commis la maladresse de dire à Serigne Cheikh Ahmed Tidiane Sy qu’il préfére mourir que de perdre un portefeuille ministériel. C’est ce qui justifie aussi la réponse ô que sensée et véridique du sage : « C’est le protocole qui vous séduit donc et non le travail. »

 

« Il y’a des gens qui se sentent si immunisés contre la vérité et le bon sens chaque fois qu’il s’agit de s’accrocher à ce qui leur reste comme lambeaux de pouvoir… »

Va-t-on Vers Une Guerre Civile, 7 Mars 1994

 

C’est là un extrait qui demeure cruciale dans toute « quête de compréhension de la pensée politique d’Al Maktoum. » Et c’est parce que cela justifie de la façon la plus concrète qui soit ces climats politiques désastreux régnant chez ceux qui peinent à quitter le pouvoir. L’Afrique nous a offert pas mal de spécimens de cette trempe. C’est encore maudire le principe précité et faisant fie d’alternance que de vouloir éterniser son règne politique. Confisquer le pouvoir est la chose la plus sournoise qu’un chef politique ne puisse faire. Dans les écrits de l’homme à la djellaba, la succession des jours et des nuits rappelle à quel point est ce qu’il est nécessaire de ne point promouvoir un « système politique figé et inerte » qui trahit toute volonté d’évoluer. Et le ciel de confier à son prophète (psl) : « S’il vous arrive de souffrir, sachez que ceux qui ont le malheur de confisquer le pouvoir souffrent beaucoup plus que vous. Et vous avez un avantage sur eux : c’est que votre conscience est aussi limpide que celle d’un martyr. » 

 

« La dévaluation est plus acte politique que décision économique. Il est nécessaire d’exister en tant qu’individu avant de revendiquer son appartenance à un espace monétaire plus ou moins viable. »

Dévaluation, Démarche Purement Politicienne, 2 Février 1994

 

Ce passage est à la fois un moyen et une occasion pour le chef spirituel d’en venir à cette conception erronée qui veut que l’on oublie le centre d’intérêt de toutes les décisions pour promouvoir des principes plus ou moins douteux . « Exister en tant qu’individu », c’est d’abord donner à chacun le moyen d’adopter une conscience nouvelle qui puisse faciliter tout désir de procéder à des mutations économiques. « Quoi de plus injuste que de punir ceux qui n’ont pas emprunté pour procurer la paix à ceux qui ont déjà tout pris ? », poursuit-il dans la même lettre. Comme quoi, l’éternelle politique économique consistant à endetter l’Afrique, avec pour principal source de motivation le prestige et les applaudissements finiront par nuire toute une race.

 

« L’activité politique est loin d’être un métier. Elle est, à l’image de la religion, un moyen de procéder à l’équilibre social. »

Conférence Sur L’Unicité de Dieu, Cices, 8 Avril 1995     

 

C’est là une conception de la chose politique qui mérite d’être inscrite sur une pancarte pour être accrochée à l’entrée des sièges des mouvements politiques de ce pays. S’engager pour la restauration de valeurs, et ceci pour la destinée de tout un pays est digne. Mais cela n’a rien à voir avec ce qu’Al Maktoum désigne comme « un champ de bataille qui ne doit être négligé sous aucun prétexte » : le travail. Pour lui, tout individu ploiera sous le joug d’une exigence le jour du jugement dernier, face au très haut : la nécessité de justifier le métier exercé durant sa présence sur terre. Bien que citée dans un même verset que la mystique par le ciel en termes d’origine, l’action politique n’est autre que la volonté immuable de contribuer à la marche des choses.  

 

« Le Sénégal me confiait récemment : J’ai la nostalgie de ce que j’étais et que j’ai cessé d’être (…) je veux redevenir un pays bon, solide, courageux, authentique, plein d‘énergie, ne confondant point le sursaut d’une vaillante jeunesse aux sautillements d’un singe ivre de cognac. »    

Rupture de Contrat, 7 Janvier 1994  

 

La jeunesse a toujours été au cœur des discours les plus engagés de l’homme du 15 mars. Ici, il procède à la personnification la plus patriotique qui soit : un dialogue avec le Sénégal, qui lui confie qu’il est comme nostalgique de ce qu’il fut jadis. C’est, en effet, la fameuse déliquescence des valeurs qui fit que l’action de certains consista à vulgariser impudeur et indignité au détriment d’une politique saine. Et c’est aussi un moyen de comprendre que la marge consacrée à la jeunesse est sans nul doute un élément phare dans tout programme politique. Ce Sénégal à qui il s’adresse est un pays constitué majoritairement de jeunes. Cela a du sens d’autant plus que cet élément qu’est la relève, qu’il cite dans son historique Islam & Négritude, est pour lui un don du ciel. « Qui dit relève dit un certain sens de continuité », précise t-l. En matière politique, cela semblera évident dés qu’une action concrète et saine sera posée. « En attendant, le massacre continue », se lamentait assez souvent le patriarche, au nom de la sagesse musulmane.  

 

Maam Cheikh

Chroniqueur

 

This email address is being protected from spambots. You need JavaScript enabled to view it. 

76 517 03 84

     

mardi, 18 dcembre 2018 19:41

PORTRAIT D'UN EXILÉ PROVISOIRE

En 1988, la conscience collective sénégalaise, comme s’inspirant d’un déclique à l’élan revendicatif, rétorque : « Wade, nous méconnaissons les membres de ta famille, et tu ambitionnes de gouverner ce pays ! » Comme quoi, chez nous, il ne suffit pas de crier comme un forcené pour voir ses revendications satisfaites par un conquérant du pouvoir. Ce fût, pour la première fois, l’apparition en public lors d’une manifestation, d’une femme originaire du pays de De Gaule, et qui remua ciel et terre pour  s’adapter à nos exigences sociales. Nul ne  devina que, 14 années plus tard, un autre membre de la famille du pape du Sopi allait se faire distinguer dans la sphère politique, notamment en faisant l’objet de « nominations pharaoniques ».     

 Un constat de taille a été fait par les férus de mémoires: c’est que Wade père ne mentionne nullement le fils dans son autobiographie. Né il y’a une cinquantaine d’années, Karim Wade ne semblait guère destiné à une carrière politique. Ses contemporains retiennent de lui un brillant apprenant plutôt passionné par la gestion administrative et la quête de financements. D’ailleurs, Yoro Dia, en analyste politique, précise : « Je n’ai jamais vu quelqu’un d’aussi courtois. Malheureusement, quand on est fils d’un président de la république, prêter l’oreille aux courtisans est la pire erreur à commettre. »

L’ancien « ministre du ciel et de la terre » n’a pas été libéral avant que le libéralisme ne soit promu par son père, encore moins « régimiste» suite à l’élection de ce dernier en 2000, mais quelques « légitimistes » de son camp affirment que le jeune contribuait activement aux réunions du PDS à leur permanence à Paris. Cependant la seule légitimité qui vaille ici est le fait qu’il s’engage à mentionner une réalisation aussi médiatisée que celle de l’A.I.B.D (Aéroport International Blaise Diagne), ainsi qu’une partie des réalisations faites à Diamniadio, parce qu’ayant piloté et contribué à la mise sur pied de tels projets. Chez son père, gouverner signifiait  surtout édifier des réalisations par tous les moyens. C’est là l’affaire des leaders politiques qui ont une vision qui fait qu’ils ne lâchent point prise malgré autant d’années passées à s’opposer.

 Au-delà des conceptions idéologiques nées du libéralisme, Maitre Wade donne l’impression de croire à un principe qu’il s’est érigé lui-même en philosophie de vie : en matière politique, l’ignoble perturbateur n’est autre que toute personne qui ne soutien guère son fils. Une telle atrocité, tremplin pour l’ex président de la république, devrait sonner le glas chez tout militant imbu d’une profonde carrière politique au PDS. Quoi de plus illustratif pour peindre le portrait du leader autoritaire en matière politique ? Si Ousmane Sonko expose dans son livre ses solutions pour un pays que Macky Sall affirme porter dans son cœur, Wade, lui n’avait voulu spéculer sur les mots qu’en faisant référence à l’alternance.  Et les slogans de s’alterner comme dans une danse de mots qui écrasent les maux de notre société : « le Sénégal en chantier », « le Sénégal qui gagne »,…

 Londres, quartier ou se côtoient des hommes d’affaires au style de vie assez simple, épanouit à l’image d’un confort qui n’a rien du luxe privilégié chez les autres occidentaux, fut le fief de Karim Wade. L’accès du père au pouvoir en 2000 ne l’empêcha point de rejoindre le prestigieux UBS Warburg. Qu’est ce qui le poussa à revenir au bercail pour intégrer les affaires de la cité ? Ce qui est sûr, c’est que son rôle au début, plutôt orienté vers des dossiers techniques, ne fit pas l’objet de controverses. Ce n’est qu’avec l’affaire plutôt délicate de l’organisation de l’O.C.I (Organisation pour la Conférence Islamique) que les choses changèrent. Après tout, coordonner la venue de 57 états dans un pays comme le nôtre exige forcément un compte rendu digne de ce nom.

La G.C (Génération du Concret), l’outil politique qu’il « monta avec Abdoulaye Baldé » en 2006, ce sudiste qui n’a point daigné rejoindre le parti au pouvoir à l’heure actuelle, ne suffira point à édifier le peuple sur sa démarche. La flagrante mesure du père à l’égard d’un certain Macky Sall ne sembla plaire au peuple. C’est que, chez nous, la seule façon de peindre les réactions souvent ubuesques et incontrôlables des citoyens, s’apparente à cette prophétie d’un penseur : « Il est vrai que Confucius n’est pas Kocc Barma et que la Chine est loin d’être le Sénégal. Cependant ils ont une base philosophique commune : ne pas admettre complaisamment la supériorité du chef. » Quoi de plus illustratif que la réponse apportée dans les urnes en 2009, année durant laquelle le PDS perdit, pour la première fois, le quartier de Point E ? Ayant voulu être élu, Karim Wade n’a nullement vu venir l’électorat massif et fidèle d’un Khalifa Sall.

Le débat sur la succession n’a jamais été posé au PDS. En tout cas pas de la façon la plus démocratique qui soit. Un potentiel successeur à l’image d’idrissa Seck ne s’est-il pas vu attirer sur lui la foudre de Wade parce que s’étant érigé contre certaines décisions qui nuiraient aux privilèges du fils tant aimé ? Pourtant, l’année 1988, « l’année de revendication » coiffée par l’apparition de Viviane Wade a ceci de particulier : Idy fut, à l(époque, le directeur de campagne du pape du Sopi. 

Karim épousa une femme sénégalaise, enfourcha des boubous traditionnels, vit son entourage politique articuler le « Maissa » à chaque fois qu’il s’agit d’évoquer son nom, comme pour insister sur le fait qu’il est et reste sénégalais. Mais le débat se trouve ailleurs. Ses talents dans le domaine de l’acquisition de fonds ont été reconnus. Et c’est d’emblée ce qui peut être considéré comme un succès dans l’exercice de ses fonctions. Mais la façon dont il les a acquis ne cessera de faire couler de l’encre et de la salive. Comment comprendre qu’un citoyen sénégalais qui ne détenait pas 200 Millions de nos francs en 2000 puisse, en 2012, peser 700 Milliards ? L’homme fût, au moment où son père quitta le pouvoir, dix fois plus riche qu’une grande majorité de français, pourtant reconnus comme de grands entrepreneurs, parce que pesant en euros 1 Milliards pardi ! Et il y’a que la logique ne pourrait nullement cautionner le statut d’exilé politique qu’affichent ses militants. On ne choisi pas d’être exilé. On ne peut l’être que lorsqu’on ploie sous le joug d’un régime qui fait de la justice, « sa justice à lui », une arme contre ses adversaires, et non suite à un « deal ». Et Maitre Henry René Guaraud, en juriste à la compétence reconnue par l’occident, de se lamenter : « plus j’avance dans ma carrière, et plus la justice me fait peur. » « Et c’est, justement, parce que vous n’êtes pas sénégalais », lui rétorque un grand esprit de chez nous, défenseur d’une logique qui privilégie le droit à la vie au détriment de l’état de droit.

Le peuple se souviendra encore longtemps du marathon judiciaire vécu par Karim Wade. Marathon qui ne dût son salut  qu’a une forme de « gentillesse de Macky Sall », suite à une relaxation pure et simple le soir du 24 juin 2016. Soirée durant laquelle l’accès a internet fût impossible dans ce pays, ce qui justifie le fait que ce n’est que le matin que l’opinion publique pu être informée de la nouvelle de la libération. C’est donc un acte qui montre à quel point est ce que nos gouvernants peuvent s’aventurer sur un terrain des plus injustes et des plus inconnus du peuple.

Que dire des militants du PDS qui font de lui un potentiel candidat pour 2019 ? Ce qui est sûr, c’est que le peuple a finit de demeurer inerte face au proxénétisme politique. Il n’y a qu’une seule et unique façon de faire de l’homme un candidat sérieux : le faire communiquer sur des affaires aussi sensibles que l’O.C.I, sa libération ou encore l’origine de sa fortune. Il n’y a que le père qui s’attèle à cette tache depuis quelques années déjà. Un silence aussi assourdissant ne pourrait plaire à l’électorat sénégalais. Après tout, son arrestation avait été précédée d’une « demande sociale en termes d’éclaircissements » venant du peuple lui-même. Que dire donc d’un pouvoir qui préféra faire de lui la principale cible de sa traque, préférant laisser libre ceux qui transhument, à défaut de se perdre dans les dédales d’éternelles justifications et d’arrestations. « Rejoignez nous, et vous aurez l’esprit aussi limpide que celle d’un martyr, même si l’on vous traite de tous les noms d’oiseaux ! », semble t-il dire parfois.

 

Maam Cheikh

Chroniqueur

 

This email address is being protected from spambots. You need JavaScript enabled to view it.

76 517 03 84  

         

 

  

 

Page 2 of 26

Contact

SENPRESSE Site d'information générales
Adresse contact : This email address is being protected from spambots. You need JavaScript enabled to view it.
Service Commercial : 77 459 42 33
 
 

Site Web

http://linguaspirit-international.com/
http://www.piccmi.com/
http://www.asfiyahi.org/
http://mourchidtv.sn/

 

Top
We use cookies to improve our website. By continuing to use this website, you are giving consent to cookies being used. More details…