Maam Cheikh

Maam Cheikh

mardi, 06 dcembre 2016 08:55

Al Khalifa, Ce Prince de la Tijanya

C’est le récit d’un homme de Dieu dont la portée de l’œuvre surpasse de loin l’égo de ses contemporains. Celui-là qu’Al Maktoum considère comme le tout du bien a eu plus d’un tour dans son sac pour rester à jamais gravé dans la mémoire des disciples tidianes. C’est simple : Il s’est creusé une tombe dans le cœur de chacun d’eux, et y git pour l’éternité. Pour évoquer le legs spirituel de l’auteur de « Heulmine Sabiline », il convient de soulever une équivoque. S’il est vrai que son attachement sans faille à Seydil Hadj Malick Sy (rta) à beaucoup contribuer à son œuvre en question, il n’en demeure pas moins qu’il s’est frayé un chemin dans la voie o que noble des élus de Dieu. Mawdo confirme : « Il ne m’appartient pas de choisir mon successeur. C’est une responsabilité qui dépasserait largement mes prérogatives. » A cela son digne fils et successeur rajoute : « Effectivement, d’autres que lui m’ont choisi. » Et le coran vivant qu’est l’homme à la djellaba de préciser : « C’est une question de consensus ou les esprits rachitiques n’ont pas de place ». Cela n’a rien à voir avec les «héritages préconçus », encore moins les « legs montés de toutes pièces », étant donné que le terme « choix » est banni dans cette sphère.

C’est l’histoire d’un personnage charismatique qui ne cesse de faire vibrer les cœurs. Un Homme de Dieu qui a su montrer à ses disciples la voie de l’éternel, avec le sens de la mesure que cela implique. « Il n’a jamais cherché à plaire, évitant de jouer avec le destin des gens », témoigne Hadj Said Nourou Tall (rta). Tout néophyte aurait évoqué là un paradoxe, vu l’amour qu’on lui voue dans la communauté Tidiane ! Aujourd’hui, on séduit plus qu’on instruit, et c’est là la marque la plus en vue de l’obscurantisme religieux. Cette réalité caricaturiste demeure un mal pourtant dénoncé par l’inconnu de la nation sénégalaise : « Il arrivera une époque où la prêche sera l’affaire des incultes. »

C’est l’œuvre d’un Homme d’Action qui aimait à formuler cette invocation : « Seigneur, préservez-nous d’une paix superficielle, une paix qui tue la volonté d’un homme. » Comme quoi la paresse et la passivité ne sont pas musulmanes. Nous avons été créés dans l’endurance, et le ciel ne pourrait nullement contribuer à une quelconque quête de quiétude à l’élan éternel. Conception que Serigne Cheikh Ahmed Tidiane Sy peint ainsi : « Il est de tradition que Dieu justifie l’existence d’une valeur par sa rigueur. »

C’est le parcours d’un Citoyen Modèle et non-indépendantiste qui sut dénoncer à la fois le manque d’ambition des colons français et la conscience des chefs politiques sénégalais. « La France est passée de l’envoi de grands missionnaires à celui de simples salariés », rétorquait-il au siècle passé. Aussi ayant contredit la logique qui voulut que l’on rompe brutalement avec la France, il soutint dans son dernier discours de Gamou à Tivaouane : «Je suis français aujourd’hui. Je le serai encore demain. Pourquoi ne pas accorder une double nationalité à un homme doublement colonisé ? » Les impénitents ayant pris le chemin inverse, le temps a fini par lui donner raison, avec les vicissitudes constatées depuis toujours dans la gestion des institutions. La colonisation n’est plus une question d’occupation de terres, mais plutôt une façon  « d’occuper les consciences ».

Enfin c’est le mémorial d’un Chef Spirituel dont la requête spirituelle mis fin à la seconde guerre mondiale. L’histoire retiendra la défaite d’Hitler et, partant, du nazisme, et l’attribution de la médaille qui fit de lui un commandeur de la légion d’honneur. Quand on l’interpella sur son impression suite à une telle récompense, l’on sut, en effet, que le Khalife est du rang des missionnaires les plus illustres de l’histoire sainte, ceux-là qui ne respirent que pour veiller à leur intimité avec le très haut, puisqu’il répondit : « Cette nomination n’est que superficielle, puisque j’ai reçu des héros du ciel d’autres médailles. Mais je l’accepte quand même, vu qu’elle a éveillé de façon considérable la compassion des disciples». Voilà pourquoi la communauté musulmane doit estime et considération à Serigne Babacar Sy !  

Maam Cheikh

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« Toutes les femmes méritent une reconnaissance ! » Ces propos émanent de la communication de la tonitruante Maimouna Eliane Thior. Debout face à un auditoire, elle est venue présenter son premier film-documentaire, « Arrêt Sur ElleS », dans la salle de la prestigieuse librairie Harmattan, ce samedi 3 décembre. Le comble, c’est que cette date a coïncidé avec le jour même de ses 25 ans.

 

Le Théâtre A L’Honneur
Le Directeur de l’Harmattan, une actrice de la presse et une Troupe Théâtrale ont été à l’honneur dès l’entame de la cérémonie. Suite aux communications peintes de remarques positives, un tableau a été illustré sur scène par des jeunes dont le talent a ému plus d’un. Brice Der Koué, maitre de cérémonie, ne s’est pas trompé en jugeant qu’il s’agissait d’une troupe à la pertinence authentique. Porte d’entrée, symbole de fécondité, espoir, que de mots pour peindre la présence symbolique de la gent féminine pardi ! Les jeunes en question ont su magnifier l’œuvre de Maimouna Eliane Thior, avec un ton humoristique remarquable, en ce sens qu’ils se sont même aventurés à user de ce verbe d’usage dans le langage familier ivoirien : « thioroter », comme pour signifier que la réussite demeure la seule expression qui puisse qualifier l’œuvre de la jeune voiléE. Le lycée Sangué, situé dans le département de Thies, a également été à l’honneur, suite à des dons reçus, et le Proviseur n’a pas manqué d’apprécier le geste à sa juste valeur.
Arrêt Sur Safia !

A 17 heures, il était temps que le public puisse regarder un film de plus, celui-là qui montre qu’un humanisme devrait peindre l’image faite de la femme. « Arrêt sur elles » nous compte le quotidien de Safia, femme mariée évoluant sous le joug d’un époux qu’elle juge comme n’étant jamais satisfait. Elle tente malgré cela d’évoluer dans un milieu professionnel ou elle se distingue par un dévouement affilié à une énergie débordante. Elle y côtoie aussi des collègues constituant une seconde famille, « puisque je passe plus de huit tours d’horloge par jour avec eux », soutient-elle. Cette activité n’exclut nullement sa capacité à s’occuper de son enfant et à cuisiner convenablement pour son mari. Mais le suspense demeure cette interrogation que la « détentrice de l’idée originale du film » a surement voulu laisser à l’appréciation du public : « Je me demande s’il n’a pas une maitresse. Je n’en sais rien. »

Seynabou Sy Ndiaye : « Maimouna est Une Perle Rare »
Suite à la projection, Seynabou Sy Ndiaye, docteur en sociologie et actrice interprétant le rôle de Safia, a tenu à honorer Maimouna Eliane Thior, qu’elle a qualifié de perle rare, parce qu’incarnant à elle seule toutes les facettes nécessaires pour marquer son temps, et faire la fierté de toute une génération.  « Pour le film, je trouve que le scénario s’adaptait déjà à mon quotidien, aux émotions peignant mon environnement, et ceci au jour le jour.» Pour elle, il s’agit d’illustrer une dichotomie, celle de l’évolution de la femme dans deux sphères différentes, notamment le cadre professionnel et celui familial. « J’ai une philosophie de vie que je tiens de Serigne Cheikh Ahmed Tidiane Sy, et qui stipule que les pionniers savent aussi bien assurer la continuité de l’œuvre de leur père tout en s’adaptant aux exigences de leur ère. Le défis que les jeunes se doivent de relever ne sont ni plus ni moins importants que ceux des anciens.  Nous sommes des noirs, mais aussi des citoyennes du monde. L’action consistant à défendre les droits de la femme s’inscrit dans un humanisme profond. Quant à Maimouna Eliane Thior, elle est comme le reflet d’une jeunesse battante.  » Pour terminer, elle a incité les femmes à opérer une introspection, histoire de se demander où elles vont et ce qu’elles veulent vraiment. »

Sokhna Maimouna Mbacké : « Il S’Agit de Faire Preuve d’Humanisme »
La parole a par la suite été laissée à la pertinente Sokhna Maimouna Mbacké. En effet, ses propos peignent l’œuvre d’une femme qui maitrise parfaitement l’exigence de l’heure, qui veut que la femme participe aux travaux de réformes mondiales. Elle a remercié Maimouna Eliane Thior d’avoir su faire un « arrêt sur elles », histoire de faire preuve d’humanisme. Ce qui s’inscrit dans une logique assez urgente : une interprétation de l’humanisme de la meilleure façon qui soit. Pour elle, c’est à la femme de refaire surface pour montrer ce qu’elle vaut. Elle a profité de l’occasion pour conter une anecdote, celle de son retour au Sénégal pour passer le Bac, sous prétexte qu’elle ne pouvait le faire en France parce que voilée. Jamais cautionnement de sa propre identité et croyance n’a été aussi noble.