Maam Cheikh

Maam Cheikh

mardi, 20 dcembre 2016 02:06

Crise de Personnalité

Il n’y a de pire crise que celle qui affecte la personnalité, parce que déstabilisant la nature profonde de l’être. Elle désacralise le geste de piété du croyant, désoriente la mission du diplomate, piétine le sens de responsabilité du chef politique, perturbe la logique de l’intellectuel et déshonore l’action du citoyen. Pour se soustraire de ce mal, il y’a tout un tas de vicissitudes à condamner et à combattre avec la rigueur nécessaire.

Chez nous, il suffit de tendre l’oreille à un citoyen lambda ou de suivre un média pour constater le mal en question. Encore faut-il que les médias s’y mêlent avec un engouement inquiétant. Champions de la polémique, ils savent promouvoir l’action des « ignobles perturbateurs », ceux là qui sont passés maitres dans l’art de vulgariser le superflu au détriment de l’essentiel. La pirogue qu’est le « Sunugal » est loin d’avoir pris la direction qu’il faut. En son sein, se trouvent trois types de sénégalais que tout distingue. Le premier souhaite mener la barque à bon port, mais aveuglé par une illusion profonde, il se perd dans les dédales d’une démarche faisant qu’il navigue vers la mauvaise direction. Et le plus dur est qu’il fait la sourde oreille face aux cris de désespoir des autres, parce qu’imbu de son statut de tremplin. Ah ! Ce qu’elle est forte l’envie d’avoir raison. Voila pourquoi les efforts du deuxième semble vains, parce que freinés par l’arrogance du premier, ignorant des méfaits de son geste. Aussi il ne sait que faire du troisième type, qui n’est là que pour étouffer son action en criant-à défaut d’agir-, histoire d’empêcher les autres d’entendre ce qu’il dit. Dans ce verbiage, l’on ne trouve qu’un parcours qui frôle un « scepticisme ambiant ».

N’est-il pas temps pour les sénégalais d’adopter une nouvelle conscience ? Mahatma Ghandi conçoit : «Il faut incarner le changement que l’on veut voir dans ce monde. » L’action rénovatrice, devant nécessairement passer par le canal d’un acte concret, ne peut qu’être peinte d’un subjectivisme. Une divine providence ne pourrait guère changer ce pays, encore moins une prise de conscience collective, comme par attachement. Il suffit que chaque sénégalais tente de verser vers une incarnation de valeurs, celles là qui humanisent l’action de l’homme sur  terre, afin que le mal soit vaincu. En effet, la crise de personnalité a pour ennemi l’adoption d’une noblesse, et cela passe par un comportement qui plane au dessus de ces vicissitudes qui règnent en maitre : haine, jalousie, arrogance entre autres, et qui sévissent aussi bien dans les instances de décision les plus influentes de l’Etat que dans les contrées les plus reculées du bled.

Un grand de la pensée précise : "l’humanité cherche des réponses qu’elle ne mérite pas encore, parce qu’elle ne pose pas les bonnes questions." Encore faut-il faire la distinction entre une interrogation, une interpellation et une question. Cette dernière doit être en mesure de fournir des réponses susceptibles d’être des catalyseurs face à la Crise de Personnalité qui sévit. Il est vrai que nos frères de la Métropole ont des préoccupations différentes des nôtres et que l’indécision de François Hollande n’a rien à voir avec l’engagement de Macky Sall, mais il faut admettre que nous sommes dans une démarche plus inquiétante, parce que tenté par une tendance à confondre occidentalisme et modernisme, et par là ayant perdu ce qu’il y’avait de plus symbolique en termes de valeurs traditionnelles. S’il n’y a que les photos choquantes de Mbathio Ndiaye ou encore les cris de Maitre El Hadj Diouf qui intéressent d’aucuns, il  y’a tout sauf une volonté de faire changer la donne. Et il n’y a de pire illusion que celle consistant à stagner tout en soutenant vouloir voir les choses évoluer. P.S.E, Sensibilisations des Populations et autres Prêches ne serviraient que lorsqu’ils porteraient le cachet d’un désir de s’ouvrir à des possibilités de changement. Et que les actes pèsent beaucoup plus que les paroles pardi ! Le vénéré Cheikh Ahmadou Bamba invoquait le ciel en ces termes : « Mon seul vœu pour ce pays est que le crédo à adopter par tous soit une amplification du cerveau associée à un rétrécissement de la langue. »  Mao,  ce symbole de la révolution chinoise, préfère jouer la carte de la «métamorphose de  l’attitude », avec une philosophie consistant à rabattre son insuffisance, critiquer ses propres défauts de la même façon qu’on se lave quotidiennement le visage pour rester propre et balaie pour enlever la poussière. Enfin la dernière maxime est du pays de l’Oncle Sam, parce qu’émanant du discours du Président Kennedy. Elle stipule une interrogation allant dans le sens de se demander ce qu’on peut faire pour le pays et non ce que le pays peut faire pour nous. Sauf que faire pour son pays devrait nécessairement débuter par le fait de parfaire son attitude, afin que la crise de personnalité puisse à jamais être éradiquée…pour le bonheur de ceux qu’elle tient pour victimes. Et là on pourra se permettre une réplique de l’hymne qui prône que le soleil qui éclaircit nos terreurs et espoirs en fasse de même sur notre personnalité, afin que l’on unisse la mer et les sources, la steppe et la foret, mais aussi les cœurs !  

Maam Cheikh

vendredi, 16 dcembre 2016 02:05

Chronique d'Un Complot Médiatique

Aboul Abass Ahmada Tijany, l’incarnation de tous les saints, se lamentait assez souvent : « J’ai toujours eu peur des agissements du commun des mortels ».S’il est vrai que la conscience universelle s’est dotée de technologies qui font que le « raccourci » est devenu un art dans tous les domaines, il n’en demeure pas moins que ceci à contribué à faire promouvoir des atrocités que nul ne pourrait réparer.

Publication D’Articles A La Demande

Chez nous, cette logique se manifeste par un mal à l’image d’une pièce de monnaie ou le pile représente le coté coupable et le face celui injustifiable. Voila pourquoi le Sceau de la Sainteté rétorquait : « Nous avons traversé des éléments indomptables : mille océans en fureur. Comment voulez vous que de simples fluctuants aient la capacité de nous lancer des défis ? » Une assertion qui pourrait servir de réponse à ceux là qui se déclarent les ennemis jurés-encore que ce terme est banni à l’école de Serigne Moustapha Sy puisqu’aucune créature, excepté Satan, ne puisse s’improviser ennemi- de ce meneur de foules qu’affectionne une génération de 7 à 77 ans.

Denzel Washington, l’un des plus célèbres acteurs américains, renchérit : « Quand on suit les médias, on est mal informé. Quand on ne les suit pas, on est désinformé. » C’est parce que ceux qui informent se fichent pas mal de la véracité ou non de leurs propos. Et cela devient plus absurde quand il s’agit d’un site web qui est le plus suivi dans son domaine. Ce n’est pas « le Sénégal dans le web »  comme ils le pronent comme slogan, mais «ce qu’il y’a de pire au Sénégal dans le web. » Quand à leurs collégues, ils informent en temps réel, mais il y’a à craindre qu’ils s’attirent les foudres des « autres », ceux là qui procédent d’une communication providentielle durant un temps sacré, c’est-à-dire une nuit de Mawlid. Et un homme de Dieu imbu de sa profonde dimension mystique de citer : « Ils vont tous payer.» On ne dicte pas des inconvenances juste pour s’attirer autant de « vues », ternir l’image d’un guide, et par là aussi remplir sa mission de publication d’article à la demande, et penser se tirer d’affaire.

S’attaquer à Serigne Moustapha Sy, c’est faire face à un symbole pour une jeunesse consciente et particulièrement initiée à la doctrine prophétique. Aucun des auteurs des différents articles, tout comme des commanditaires, n’est assez préparé pour se mesurer, non pas à la grandeur du fils de Serigne Cheikh Ahmed Tidiane Sy, mais plutôt à celle du plus jeune de ses disciples. La preuve est simple : toute tentative de réponse à cet article, avec la hauteur et « l’élégance de plume » qu’elle mérite, est attendue.

Une Intimité Mystique

Pour rappel, Leral.Net a publié un article avec pour source Seneweb, le mardi 13 décembre 2016 à 19 heures 37, signifiant que Serigne Moustapha Sy s’adressait à Serigne Abdoul Aziz Sy Al Amine en soutenant que Serigne Cheikh Tidiane Sy n’a délivré aucun message. Tant s’en faut. Aucune des affirmations tenues dans le cadre de son discours n’avait rapport à cela. Le saint homme faisait référence à une anecdote qu’il n’évoquait pas pour la première fois. Les habitués de ses sorties publiques savent qu’elle date de très longtemps. Il faut connaitre celui que les Moustarchidines appelent affectueusement Mame Cheikh pour avoir une apréhension de ce consensus. Malheureusement, l’intégralité des médias qui évoquent l’homme à la djellaba ne lui ont accordé de l’importance que lorsqu’il s’est abstenu de toute déclaration.

Al Maktoum, celui là qui bouleversa la hiérarchie sociale, s’érigeant une loi au dessus de la loi sociale, voue au Responsable Moral en question un attachement considérable. Elégant dans le style, cohérent dans les propos, constant dans la démarche, le fils d’Ababakar Sy (rta)  a su raconter une aventure qui va de l’histoire du trio Adam-Eve-Lucifer à l’ère ou la pollution sévit, en passant par la construction des pyramides, l’histoire sainte, le « suicide mystique » de Lat Dior, la lucidité du Général de Gaule, le régne d’Hitler…

Aucun esprit buté n’est à meme de définir «l’intimité mystique» qui peint les rapports entre les deux hommes de Dieu. L’article qui précise : « Serigne Cheikh ne peut plus fermer l’œil à cause des propos qu’on lui prette, il est intrigué quand on lui prête certains propos. » Un mensonge qui prouve à quel point l’auteur du texte n’est autre qu’un pseudo-journaliste ridicule qui cherche à ternir l’image du chef de guerre des moustarchidines, celui là qui fait la fierté d’Al Maktoum au point qu’il ait soutenu, le samedi 29 janvier 2000 au Cices : « Serigne Moustapha Sy est le patron des Moustarchidines. Il a obtenu des résultats remarquables dans le domaine de la spiritualité. En matière d’éducation mystique, le Mouvement Moustarchidine a atteint en un temps record des résultats considérables.  Il ne faut surtout pas que cette lumière soit éclipsée par de petites ombres de la politique politicienne. Aussi il a des ennemis d’une méchanceté et d’une malhonnêteté démesurées. Je souhaite que rien ne lui arrive, et n’hésiterai pas à me faire sacrifier à sa place.»

Un Combat Contre la Cupidité

La philosophie Maktoumienne de la communication à ceci de particulier : elle exige, avant d’évoquer une chose, de recourir à ce qui constitue son avènement. Au début des années 1990, le régime socialiste a tenu à faire régner par une cupidité auquel seul un homme aussi téméraire que le guide des Moustarchidines a pu faire face. La crise de mémoire a pu épargné quelques esprits lucides, il ne leur faut donc fournir que peu d’efforts pour se rappeler ce fameux journal crée de toutes pièces qui titra « les magouilles de Cheikh Tidiane », ce kidnapping des Moustarchidines suite à une marche organisée par l’opposition, ce communiqué d’Al Maktoum qui condamna l’acte du PS et ce décret de Djibo ka qui voulut interdire le Mouvement Moustarchidine, et récemment, le comble : un livre d’Abdou Diouf, en guise de mémoires, dont le contenu frôle une absurdité inquiétante. Tout ceci pour ternir l’image de ceux qui ne sont là que pour le règne des principes islamiques, et qui refusent d’etre les otages de quiconque. Malgré cela, un chef politique aussi influent dans le PS, à l’image d’Ousmane Tanor Dieng, a affirmé que les deux hommes sont les seuls aptes à citer la chose politique, parce que l’histoire témoigne de leur parcours exemplaire dans ce domaine. Et le ciel de révéler à son prophète: «  Les murmures sont de l’ordre des confessions lucifériennes. Que toute déclaration se fasse publiquement ! » Voila pourquoi le concept de « vie privée » est banni chez le guide spirituel.

Un Pseudo-Journaliste Pour Tremplin

 Pour le reste, ce n’est nullement aux médias de citer le contexte de « l’affaire du mariage », puisqu’elle relève du domaine intime. C’est plutôt ceux qui préparent une communication en guise de réponse qui « tarde » de réagir. A moins qu’ils ne se cachent derrière les propos de ce pseudo-journaliste, qui n’a eu que des échos, pour écrire . Il convenait de trouver mieux que ce jeune sénégalais qui incarne une indiscipline notoire au point de traiter d’habitués de déclarations fracassantes quelqu’un qui a su éduquer des hommes dix fois plus savants et plus nobles que lui. Disons plutôt qu’il demeure un « habitué des scandales médiatiques », puisqu’il a été renvoyé du quotidien dans lequel il évoluait pour la meme raison : la publication de textes dont il refuse d’évoquer les sources et baucoup d’autres choses que l’on sait déjà de lui. Imaginer qu’un article aussi important à ces yeux rédigé avec pour temps d’usage le conditionnel-à moins que la condition soit le paiement de la somme due pour un autre qui confirme-. Un jeune qui a pu suivre des études de Droit, passé par une école de journalisme pour finir dans des polémiques aussi ridicules ! Bref, un champion « d’articles à la demande » ne peut nullement gener l’évolution d’un Mouvement Spirituel vieux de prés de quarante années et auquel on reconnait des initiatives aussi prestigieuses que le Colloque International sur la Jeunesse de 1989, l’Université du Ramadan, la Chaine des Valeurs  ou encore le Gamou aux champs de courses de Tivaouane. Il est souvent difficile de trouver les raisons pour lesquels certains acteurs de la presse veulent éternellement se comporter en médiocres, ne préférant écrire que pour l’horreur. Mensonges pour mieux convaincre les internautes, « cacaphonies » indéchiffrables, bélligérances insignifiantes… Il n’existe en effet aucune complaisance en matière de choix de plateforme pour s’informer, et l’opinion publique est dans une prise de conscience ayant trait à cette logique. L’heure est à une moralisation du « système média ».

Justifications d’Un Complot Médiatique

Qu’est ce qui justifie toutes ces attaques contre un homme à l’œuvre aussi noble ? Il faut se fier à la prophétie d’un révolutionnaire de la trempe de Seydil Hadj Malick Sy (rta) pour apréhender la situation actuelle: «En matière de choix, quand on a affaire à un ténor qui, de par sa démarche, à prouvé que ce qu’on désigne comme voie ne vaut rien, il est normal qu’on voue à ce dernier une haine démesurée » (« Soo yakaré mbir, ame kou djogué feulé wanela ni ligua yakaar dou dara, sokoye bégne dothia def nank »). Ce qui justifie la position de l’Homme de Gaya dans ce domaine : «Seule une conscience pervertie peut culpabiliser l’innocence. » Voila pourquoi ces ennemis de la raison s’activent de la sorte. El El Hadj Omar Tall de rétorquer : « Pour une race de basse naissance, faire du mal est aussi doux que le miel tout en ignorant que cela peut etre aussi mortel que le fiel. »

Aujourd’hui les Moustarchidines seront tout de blanc vetus, comme tous les jeudi soir, pour aller assister aux séances de prières (« gouddi adjouma »)  organisés partout au Sénégal et meme à l’étranger. Il suffira à quiconque d’avoir la chance d’y assister pour se rendre compte que l’horreur médiatique et les « scandales » cités ne pésent nullement sur la tranquilité de ces gens nourris à la sève d’une éducation mystique. Ils réciteront le «taissir» de Seydil Hadj Malick Sy et prieront sans nul doute pour que les simples d’esprit qui s’acharnent sur leur chef spirituel puissent retrouver toute leur lucidité-s’ils en ont déjà eu dans leur vie-et que ce pays soit sauvé, avant que le ciel n’enfourche sa casquette de « Mountaqime » (Dieu Vengeur) pour écraser ces «titulaires d’articles à la demande ». Serigne Mouhammadoul Moustapha Sy est leur chef spirituel. Ils le glorifieront pour l’éternité, au nom de la sagesse Tidiane et, partant, de celle musulmane.

Maam Cheikh     

 

        

mardi, 13 dcembre 2016 00:29

Epopée de l'Etoile de Médine

Il y’a 60 ans, Al Maktoum illustrait le sens profond de ce qui fait que le Sceau de la Prophétie puisse exceller dans sa mission universelle. Il se résume en cette assertion: « Le verbe sublime et délicat lui est destiné, mais c’est l’action rénovatrice qui lui sert de véhicule». Cette année, à l’occasion de la commémoration de la naissance de Mahomet (psl), un discours magistral, histoire de peindre un geste majestueux, a été prononcé dans la ville sainte de Tivaouane.   

Il est né avec l’image du Sceau de la Sainteté Aboul Abass Ahmada Tijani (rta), a grandi avec la grace du Sceau du Califat Seydi Aboubakar Sy (rta) et a fait de la doctrine du sceau de la prophétie (saw)  le centre de rayonnement de sa mission. Voila pourquoi Serigne Cheikh Ahmed Tidiane Sy ne cesse de fasciner  ou meme de séduire ceux qui sont comme imbus de sa profonde philosophie. Fils de Serigne Babacar Sy (rta) et de Sokhna Astou Kane, il a très tot assimilé l’intégralité des sciences islamiques-dés l’age de 14 ans-. On lui connait des maitres eux-meme évoluant dans la Cour de son père à l’image de Serigne Alioune Gueye ou encore Serigne Cheybatou Fall. Né le 29 décembre 1925, il incarne les facettes d'une personnalité remarquable: Tribun, poète, penseur, homme d’affaires, homme politique, catalyseur social, guide religieux, orateur au verbe sublime et à l’éloquence légendaire, idole d’une génération de 7 à 77 ans, jamais parcours n’a été aussi atypique.L’opinion publique, catalyseur des agissements souvent inquiétants du commun des mortels, rebute sa conception des choses. C’est simple : Sa loi à lui, dont la noblesse est d’une authenticité rare, s’élève au dessus des loies sociales. Et c’est ce qui justifie le fait qu’il n’ait été compris par la conscience collective qu’après qu’il  ait semblé avoir pris un bail pour la postériorité. L’évocation de ses propos d’il y’a prés d’une décennie-et encore qu’il s’agissait d’une répétition puisque la première date de prés de 40 ans- mettant en exergue une nécessité de laver ce pays en est une parfaite illustration.

En Ce Qui Concerne La Portée Mystique De Son Discours…

Après une absence de 7 années sur la scéne publique (de 1988 à 1995), Al Maktoum ressurgissait, tout de blanc vetu, devant un public dont un grand nombre tombait en transes, pour une communication s’apparentant à un voyage dans l’univers insondable du mysticisme, là ou, dit-il, « le respect de la consigne évoquée par le divin régne en maitre. », ces anges du ciel qui méconnaissent la corruption et le chantage. Ce fut le début d’une aventure passionnante qui eut pour empreintes l’œuvre du divin, la contribution de son prophéte (psl) et celle des hommes d’action au niveau intellectuel et à la dimension spirituelle remarquables.

Il ne suffit pas de s’aventurer dans les universités les plus réputés du monde arabe pour avoir une apréhension correcte du discours de l’homme à la djellaba. C’est parce que chaque élément évoqué est comme laissé à lui dans un labyrinthe ou l’auditoire cherche une issue, et semble souvent la trouver jusqu’à ce qu’elle se rendre compte qu’elle s’est engouffrée  dans une voie inconvenable. Prenons l’exemple de ses propos du Gamou 2009 aux Champs de Courses de Tivaouane. Quand l’Homme de Dieu évoque le fait qu’il ne faut guère dissocier le Chiffre 8, parce que séparer par exemple 4 et 4 peut etre source d’apocalypse, il ne s’agit là point de formulation scientifique-et donc pas mathématique-, mais plutôt du fait que les Noms « Allah » et « Mouhamad » comptent chacun quatre lettres en arabes, et qu’ils demeurent indissociables. Autrement dit, le créateur est un passage obligé pour qui souhaite accéder mystiquement au fils d’Abdallah et d’Amina et vice versa.

 

Contre Les Tares De La Crise De Logique

La philosophie de Serigne Cheikh Ahmed Tidiane Sy a ceci de particulier : elle a permis une identification parfaite et nette de la crise de logique qui sévit dans l’inteligentsia. Cette crise qui fait qu’un universitaire ayant accédé aux amphithéatres les plus réputés de son fief puisse véhiculer une conception que rebute le bon sens. Et l’Imam Cha Fi I d’opérer une mise en garde, en ce qui concerne sa faculté à user de son savoir : « Mon savoir m’habite (…) il est plus proche de moi que ma bibliothèque ! » Le plus grave, c’est que ce mal a pour conséquence un verbiage incessant, celui là qui fit dire au natif de la vieille ville et non moins fils d’Ababakar Sy (rta) : « Les gens sont bavards parce qu’ils ne bénéficient pas du privilège qui fait que l’on puisse transformer ses idées en plusieurs signes que l’on couche sur du papier. Ils n’arrivent pas à écrire. Et quand on écrit pas dans le cadre d’une société contemporaine, on ne réfléchit pas assez. Et quand on ne réfléchit pas assez, la parole qui était autrefois sacrée devient banale. » Et malgré cela, quelques rares apprenants ont eu le courage de s’emparer d’une plume…encore fallait-il qu’ils « couchent sur du papier des idées sensées », puisque quelques « consciences perverties », celles là que Seydil Hadj Malick Sy (rta) considéra comme capables de culpabiliser l’innocence, ont fini par faire perdre à la plume sa valeur d’antan.

 

Pour Une Prise de Responsabilité du Guide Religieux

Dans ce domaine, le comble est qu’il fut le premier à dénoncer les tares de l’obscurantisme religieux. Chez lui, toute forme de caricaturisme est bannie. Il n’hésita pas à montrer à d’aucuns que l’islam n’a guère de tenue, notamment en s’habillant à l’occidental. Pour celui qui considéra le mot «marabout » comme une expression berbère sinon barbare, le terme « chef religieux » sonne comme un sobriquet des plus éxécrables-« En religion il n’y a pas de chef ! », rétorqua t-il dans son discours du Gamou 2007 à Tivaouane-, il y’a lieu de soulever un équivoque dans ce domaine. Le guide au vrai sens du terme, c’est celui qui, en son image et à l’instar de ses précurseurs, s’est engagé à mener ses condisciples-encore un terme qu’il a préféré au mot «disciple»- vers la voie du salut. Et Serigne Babacar Sy (rta) de préciser : « J’ai appris à mes disciples à connaitre et à suivre l’éternel .» Une conception qui n’a rien à voir avec ce qu’on considère comme devant etre le reflet de l’œuvre de « Serigne Si » (la classe maraboutique), condamné à rester éloigné des sphères ou se prennent les décisions qui précédent aux destinées de ce pays. Précision tout  aussi ridicule dans une religion qui vénére un Chef de Guerre de la trempe de Mahomet (psl), l’un des stratéges et chefs politiques les plus efficaces de tous les temps. Vola pourquoi  la seule et unique référence de Serigne Moustapha SY, Responsable Moral du Dahiratoul Moustarchidina WAL Moustarchidaty , s’est engagé dans la vie associative, avec l’Association pour l’Education islamique, la vie diplomatique en tant qu’Ambassadeur pour le compte de son pays au Caire, la vie politique avec la création du P.S.S , la vie économique avec l’exercice de plusieurs métiers avant qu’il ne soit à l’origine de l’implantation de la Sococim.

Un Destin Poétique !

Déjà à l’age de 16 ans, Al Maktoum publia son premier ouvrage intitulé « Les Vices des Marabouts ». Il s’ensuit d’autres dont « le Calif et les Califs », « Poches Trouées », ou encore « l’Inconnu de la Nation Sénégalaise Seydil Hadj Malick Sy». Cheikh Abdoulaye Dièye, guide religieux de la confrèrie Mouride, évoqua son emmerveillement face au style d’Al Maktoum. «  Son tout est poèsie. De son habillement à son gestuel, en passant par son verbe évocateur. »

Le fameux « Fa Ileyka » est une parfaite illustration de la capacité remarquable d’Al Maktoum d’évoluer dans le domaine de l’expression du beau idéal. Jamais un poème rédigé dans la langue du ciel n’a été d’une profondeur et d’une inspiration aussi extraordinaires.  Elle nous conte le parcours du «point diacritique » (« Nouqtatou Tawhiid » en arabe), représentant cette lumière dont  on commémore la venue sur terre ce dimanche dans la ville sainte de Tivaouane, et qui se prosterna avant meme la création (« qablou bi ouchi hà-équivalent du dernier vers du « Taissir » de Seydil Hadj Malick Sy qui précise « Qablal Warà FA Ala »), représenta l’ombre de son seigneur (« bastatoul khatt »). En effet, la lumière de ce meme point fut illustrée aussi bien dans la Thora que dans la Bible (« Touwiyate Bi tawràtil Kariimi Wa Wouriyate Bi Makàminile Indjili Lirrouhbàni »), mais c’est dans le Saint Coran qu’elle fut elle même-aussi bien la lumière que la lettre- présentée sous sa forme la meilleure (« Wa Ata Bihà SabOule Massàni Ashoumane »).

 

Aujourd’hui, il convient de souligner l’interrogation la meilleure. L’heure n’est pas à une évocation d’une nécessité pour Serigne Cheikh Ahmed Tidiane Sy de faire une sortie publique, mais plutôt une exigence pour le peuple de revisiter son oeuvre. On le cite comme un universaliste. Mais l’assertion ayant pour source son dernier discours, tenu à Tivaouane en 2011, revet le cachet d’une dimension inter-universelle : « Le conservatisme est mort. Le modernisme est dépassé. Il y’a une autre dimension, et elle nécessite une formation de l’individu visant un équilibre entre ame et intuition. » Le fait qu’il cite aussi bien les réalités d’ici bas que ceux qui ne sont plus de ce monde, ou encore les forces de l’autre galaxie, en dit beaucoup dans cette perception des choses. Seule la volonté demeure la faculté portant en elle le germe de l’équilibre de la vie sur terre, et aussi celui tant voulu au Sénégal. Que l’on soit de confession chéritienne, musulmane ou juive, il n’y a d’action rénovatrice qui ne puisse servir sans que son auteur ne s’engage à fournir les efforts nécessaires. Après tout, le ciel reste ce « spectateur » qu’Al Maktoum cite ainsi : « Il a jusque là assisté à toutes les catastrophes du monde. Il a assisté aux guerres, aux paix et à la chute de toutes les divinités .» Le ciel est encore là haut, prions pour qu’il accorde encore une longue vie à cet homonyme de Cheikh Ahmad Tijani Chérif (rta), et que son chemin soit illuminé par une lanterne représentée par la Grace Prophétique, et avec elle toute la communauté Tidiane.

Maam Cheikh

 

Les Âmes honnêtes se rappellent encore ce jour symbolique ou naquit une figure de la Tijanya dont l’œuvre reste à jamais gravée dans la mémoire d’aucuns. Fils de Sokhna Oumou Khairy Sall et de Serigne Babacar Sy (rta), Serigne Moustapha Sy Djamil est de la trempe de ceux dont le charisme ne laisse personne indifférent. Les précurseurs de ceux qui s’évertuent à veiller à la continuité de la mission malikite racontent que le jour de son baptême, son doigt se serait accroché au chapelet de Mame Mawdo (RTA), qui chuchota à l’oreille de Mame Malick Sall : « Il ne veut pas lâcher mon chapelet. » Et ce dernier de lui répondre, avec pour rempart un sourire rayonnant : « Donnez-lui ce qu’il réclame. » Et le timbre de la voix de l’inconnu de la nation sénégalaise de retentir, accompagné d’un regard plein d’affection à l’égard du nouveau venu : « Heuzà Houweu » (« ‘c’est bien lui »). Termes qu’il répéta trois fois, avant de se sentir comme attristé du fait qu’il ne l’aura guère comme contemporain.

Des années plus tard, Serigne Abdoul Aziz Sy Dabakh (rta) lui donna le surnom de « Seydi Djamil ». Une façon pour l’oncle paternel de mettre en exergue son élégance morale qui ne cessait de surpasser l’égo de ses contemporains. L’éducation spirituelle demeure un tremplin pour le croyant. Dans l’œuvre du prophète Mouhamad (psl), elle est affiliée à l’islam (islam), à la foi (imàn) et à l’élégance morale (ihsàn). Et Seydi Djamil a su etre un modèle dans ce cadre. Aujourd’hui, l’on évoque aussi bien le centenaire de sa naissance -1916-2016) que la date de sa disparition (8 décembre 1993).
Originaire de Tivaouane, il a eu à incarner une posture de guide religieux au vrai sens du terme, avec ce que cela implique en termes de prise de responsabilité. Et Serigne Mansour Sy Djamil de préciser : « Un guide religieux ? C’est quelqu’un qui doit orienter les gens pour les amener à rencontrer Allah, préparer l’homme à assumer la finalité de son existence sur terre. »

Une conception qui apparait comme le reflet de l’œuvre de son père. Ce qui s’apparente exactement aux dits de Serigne Babacar Sy (rta) qui le qualifia de « domaine réservé de Dieu ». C’est d’ailleurs lui qui lui recommanda de venir s’installer à Dakar. Recommandation que d’aucuns considèrent comme étant affiliée à une raison mystique. Ce qui est sûr et certain demeure le fait qu’il a adopté Fass comme fief, et s’y est installé jusqu’à sa disparition en 1993.

En Novembre 1958, il tint un discours qui demeura comme une lanterne qui put éclairer le chemin des disciples présents, parce que peint d’une orientation et d’un enseignement à l’humanisme remarquable. « Que ceux qui sont mu par un désir profond de converser avec leurs frères en Dieu opte pour une communication portant le reflet de la paix et de la convivialité. Que ceux que rebutent les mésententes et autres hostilités s’écartent dès que ce genre de situations se présentent à eux», conseille-t-il, histoire d’aider le commun des disciples à ne pas etre récalcitrants au point que tout s’écroule. « Tel a été la démarche de nos précurseurs, que ce soit aussi bien dans le cadre de la Tariqa que dans celui de la Oumma Islamique », rajoute-il. Il évoqua la conception prophétique du courage, celle-là qui considère qu’il ne s’agit que d’une façon d’apprivoiser sa colère. Cette recommandation de Seydi Djamil rappelle l’assertion d’un Homme de Dieu s’adressant à un membre de son entourage : « Même ta colère m’inspire confiance », histoire d’illustrer le fait que même dans la colère, il est nécessaire d’avoir un sens de la mesure, mais aussi et surtout de rester juste et humble. Et cela commence par le fait d’apprendre à faire de sorte que d’aucuns ne constatent cet état de colère, mais aussi et surtout de s’initier au pardon. Des révélations qui, également, peuvent servir de références à ceux-là qui se chargeront de communiquer dans le cadre des initiatives qui se tiendront à l’occasion du Gamou 2016, puisqu’il s’agira de prôner une citoyenneté modèle. Ce qui devrait sans nul doute commencer par une façon assez profonde d’enseigner surtout à la jeunesse tidiane les aspects qui font que les muftis de Tivaouane restent à jamais des exemples dans ce domaine.

Maam Cheikh

Dakar, le 14 / 11 / 1994


 Et encore : une crise de logique !

 La crise de logique reste la plus grave des crises car elle dénature l’Initiative même du Ciel : Initiative tendant à organiser sur la Planète-Terre une société à la fois humaine et assurément équilibrée. Elle déforme, sans aucun doute, les réalités essentielles qui valent d’être choisi comme favori.Pour se soustraire à cette anomalie, on est appelé à rester soi-même en évitant ainsi d’être absorbé par des tendances plus ou moins fictives. La culture n’a qu’une seule base: l’Esprit de Dieu! Si les différentes traditions qui animent la Communauté des Vivants se plaisent à l’oublier, elle risque de confondre :fondement avec masse architecturale... Il paraîtrait que Herriot a commenté, à sa façon, ces paroles de l’Imam CHAAFI : « Mon Savoir m’habite. Il s’installe confortablement dans un coin de mon âme... c’est-à-dire, il est plus proche de moi que ma bibliothèque ! » 

Mais depuis que l’édition crée des millionnaires, les mots ne signifient plus rien. Tout devient barbare et les écrivains se comportent malheureusement comme des marchands d’amulettes... Et la logique des uns se montre aussi indéchiffrable que celle des autres. Tout le monde ment pour mieux convaincre ses lecteurs. Le temps semble être à l’heure des « cacophonies » : est-ce pour mieux fasciner son auditoire ? Il y a ceci : les perruches ont plus de mérite parce que plus naturelles, n’ayant aucun effort à fournir pour être ce qu’elles sont. Quant aux joutes oratoires auxquelles on assiste à travers les médias, elles se révèlent être aujourd’hui plus négatives et plus désastreuses que toute autre belligérance. Ainsi, ce qu’on appelle une « chose » va incessamment l’emporter sur ce qu’on peut désigner par le nom de : Homme. 

L’Histoire Sainte nous raconte l’aventure d’un trio plus qu’exceptionnel ; aventure qui résume toutes les réalités créatrices de notre espèce : Adam, tout seul ne pouvait vaincre son ennui, raison pour laquelle  Dieu lui donna pour conjointe Eve ; mais un couple sans tentation est une invention sans signification réelle.

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 Alors, Le Serpent fit son apparition... Et pourtant sa présence n’eut rien de menaçant pour l’équilibre de l’un comme de l’autre. Seulement, il y a cette pédagogie luciférienne qui veut faire croire que l’Arbre Interdit détenait le secret de la Vie Eternelle. Mais le pommier est-il autre chose que l’Arbre de la Science ? Et qui dit Science, dit forcément champ d’expérimentation. Ame végétale doublée d’âme rationnelle et « mûrie » par un long périple à travers les ténèbres, deux sources de clarté lui font déjà un clin d’œil: le Feu avec ses risques et la Lumière avec ses avantages.

Pour le couple la fête semblait être finie... Bref, Adam a « désobéi » parce que justement confronté à un élément nouveau : une crise de logique ! Si le Premier Homme veut vraiment servir la Science, il se verra désormais dans l’obligation de vivre les turbulences qui en sont l’apanage. Il doit savoir que les laboratoires destinés à ca genre d’exercices ne peuvent se trouver qu’ailleurs ; sur la Planète-Terre par exemple et non dans ce Paradis des Insouciants. Et le processus ne fait que commencer... Si Adam tient à remplir son rôle de chef, Eve, elle ne demande qu’à être installée dans ses droits. Mais le tentateur entêté reste toujours un tentateur. 

 L’objectif final de ce dernier, est que le chef soit continuellement désarçonné par les exigences répétées de son conjoint afin que lui, en tant que reptile, ne se sente plus diminué face à un couple aussi beau et aussi bien conçu. « Dieu a fait de moi un rampant ! » se disait-il un peu écœuré. « Il faudrait donc que certains agissements de l’Espèce Nouvelle soient « rampants » - comme moi ! Et cela, jusqu’à ce que la femme devienne, dans cette entreprise, ma première complice et que l’homme fasse l’objet d’un complot permanent de notre part. Ainsi, je ferai de sorte que la priorité me revienne, symbolisée un peu plus tard par les comptoirs et les multinationales ; et surtout par le fait que le principe de tout dialogue soit constamment perturbé : on cachera le sexe avec des feuilles puis avec une coupe de Saint –Laurent... Et l’on ne trouvera que des réponses évasives pour justifier les grands bouleversements ». 

Cette crise aura pour prolongement naturel, le chantage et les applaudissements... On peut dire d’ores et déjà que, faute d’entrain, le Père de l’Humanité venait de perdre quelques points face à la sagacité de ces terribles champions : les Préjugés ; champions qui, dans un proche avenir, disposeront des clivages de Sa Pensée comme bon leur semble. Mais Adam en profitera, lui aussi, pour éduquer et raffermir convenablement sa volonté si fraîche et pourtant susceptible de s’adapter à sa condition d’exilé. Pour le seconder, Eve préfère d’abord se fier à son intuition car elle sait déjà ce que signifie pour une maîtresse d’espace la diplomatie et la planification. 

« Comment assassiner son propre assassin ? » disait le Gendre du Prophète. Ne le disait-il pas justement pour prévenir une nouvelle crise de logique ? « Comment peut-on voler à son propre voleur ? » s’interroge un disciple du Grand Cheikh Ahmed.
... / ... « Seule une conscience pervertie est assez « forte » pour culpabiliser l’Innocence » affirme Hadj Malick SY. Et SENGHOR d’y ajouter : « En tant que Chrétien, j’ai toujours préféré une belle mort plutôt que de m’emparer d’un pouvoir qui ne m’appartient pas ». Il a fallu donc des pressions de tous genres [ des larmes en particulier ] pour faire céder « l’Apôtre »... La scène nous est racontée, avec tristesse, par un des proches collaborateurs. SENGHOR a parfaitement raison : faire du Néant le fondement même d’une institution dans ce pays de Hadj Omar TALL est une trahison plus que monstrueuse ! Et depuis, le massacre continue... 

A SUIVRE 

                                                                                                                                                                                                                                               Serigne Cheikh Ahmad Tidiane Sy

 

 

mardi, 06 dcembre 2016 09:36

Action & Vérité

A regarder le paysage médiatique sénégalais, on se croirait dans une publicité de charcuterie ou dans un film horreur, mais Dieu sait -et les familles des victimes savent pertinemment- qu’on est loin de là, c’est la triste réalité. Après le meurtre du jeune Matar Ba à Grand-Yoff, l’assassinat des deux frères à la cité millionnaire, la découverte macabre d’un corps sans vie d’un jeune pied et mains liés à la plage de Bargny ; les meurtres connaissent au Sénégal une progression assez dramatique. Les meurtres récents de M Fatou M Ndiaye, de Yankhoba Drame, de Khadim Ly, du jeune Antoine de Grand-Yoff, du taximan Ibrahima Samb…en sont fortement et malheureusement la preuve implacable.

La réalité est là et il faut la regarder sans trembler. Il y a cette peur que nous avons les uns et les autres senti et que nous continuons à ressentir après ces évènements. « Pour certains, le présent est instable, l’avenir souvent illisible. » Peu de sénégalais se sentent à l’abri avec les meurtres et les agressions. Ils se disent qu’ils ne suffiraient pas de grand-chose « pour perdre ce qu’ils ont construit pour eux et pour leur enfant. Voilà tout simplement la peur lancinante du déclassement. »

Face à cela, l’émotivité populaire nous préconise l’adoption et l’application de la peine de mort comme solution pour dissuader les fauteurs de troubles. Il faut toujours dire les choses clairement « le Sénégal est un pays laïc, démocratique et social » nous dit la constitution. L’architecture argumentaire de ceux qui promeuvent la peine de mort ne repose sur le seul fait que le Sénégal est un pays à majorité musulmane. Lisez un peu plus loin et là vous conviendrez avec moi qu’on est loin de là. Et même si l’on était dans un pays musulman, Tariq Ramadan affirmait dans son passage à l’émission des paroles et des actes que, « je suis contre l’application de ces peines-là (peine de mort et la lapidation)… J’ai 3 questions à poser aux savants musulmans à travers le monde : que disent les textes ? Quelles sont les conditions qu’il faut pour appliquer ces textes ? Et dans quel contexte social ? » Ils seront nombreux ceux qui disent que la peine de mort doit être appliquée sans pouvoir être en mesure de répondre aux interrogations.  Même si la force et la loi doivent s’imposer et s’assumer non seulement pour garantir la stabilité de l’ordre républicain et par principe de dissuasion mais aussi pour répondre à ceux qui tentent de se substituer à l’ordre républicain,  mais attention, point d’effusion ! La violence n’a jamais été solution durable à un problème. « Loin de moi, de jeter la moindre chape de plomb » sur le débat qui s’impose. Par ailleurs, je pense qu’il faut «se méfier de la rigueur apparente des textes coraniques et prophétiques. » Car comme le dis justement Serigne Cheikh Al Maktoum « avant de penser à l’application rigoureuse des textes, penser à interroger les phénomènes dans une logique spatio-temporelle. » Et en poussant un peu plus loin la réflexion, l’on peut dire que les phénomènes sont mouvants et protéiformes. Et face à la tragédie qui vient de se dérouler, s’interroger est toujours légitime voire nécessaire. S’interroger pour analyser, disséquer et essayer de comprendre et non pas expliquer car expliquer serait essayer de justifier. « Et il ne peut y avoir aucune raison qui vaille. » Par contre, une analyse lucide afin d’apporter la plus forte des réponses s’impose inlassablement :

Primo, je considère qu’une politique mole et sans issue est à l’origine de tout. La volonté politique sénégalaise n’est pas aujourd’hui celle qui prend en compte les réalités et les besoins des sénégalais. Les autorités sénégalaises sont plutôt préoccupées par les échéances électorales et les jeux de dupes.  Dans un contexte marqué par l’insécurité, les autorités sénégalaises devraient urgemment répondre aux contraintes sécuritaires. Ce qui manque fondamentalement à nos dirigeants, c’est une vision, un projet de société propre et spécifiquement sénégalais, pour les sénégalais, par les sénégalais et avec les sénégalais. A cet effet, les politiques sénégalais devraient penser à répondre au chômage qui peut être un des facteurs de prolifération de la chose. Une seule question pour arc-bouter les dires, à quoi servent les ASP dont l’état nous disait que maintenant l’ordre républicain est rétabli ? Répondez à cette question et vous saurez de quoi je parle. Dès lors, on peut affirmer sans détour que l’Etat réagit en lieu et place d’agir.

Secundo, beaucoup de jeunes n'ont comme activité que le fait de faire le thé, regarder et débattre sur les matches et les combats de lutte. Ils sont pour la plupart condamnés au chômage. Ce qui est inacceptable. Face à cette situation et face à la pression sociétale qu’il faut dénoncer avec force, ils voient en l’entreprise du crime la solution alternative afin de subvenir en leur besoins primaires. Et par conséquent, les cambriolages, les bravades  et les incivilités empêchent aujourd’hui la volonté d’entreprendre chez ceux qui veulent participer à l’édifice et lutter contre le chômage. Nombreux sont les projets qu’ont les sénégalais, toutefois le sentiment d’insécurité constitue un traumatisme et un  facteur bloquant de toute velléité d’initiative.

En dépit de tout cela, il m’est difficile de comprendre comment des citoyens veulent que l’on légalise le chanvre indien voir la drogue. Le débat relatif à la légalisation du chanvre indien ou de la drogue fait fureur. Fondamentalement, ma position est celle-ci  et je considère que telle devrait être celle de la majorité des sénégalais sur la question : ce n’est pas le chanvre en tant que tel qui pose problème mais les effets qu’il peut avoir sur l’individu et ce que l’individu sous l’emprise de la drogue est susceptible de faire surtout lorsqu’il est de mauvaise foi.

Tertio, je le dis sans détour, il y a trop de « laisser-aller », de « laisser-faire », de « Mas’lah » et d’hypocrisie. Et comme l’avait dit Barthélemy Diaz il y a quelques années, au Sénégal l’hypocrisie est la première religion. Ce qui lui a valu des critiques acerbes et ce qui sera sans doute mon cas car je réitère ces propos.  Un ami intervenant à sa publication sur l’affaire disait « ce qui me fait le plus mal, c’est quand on assiste à ces genres de scènes, on fait comme si on était surpris alors qu’on sait bel et bien ce qui se passe partout ». En effet, l’on se dit pays musulmans mais c’est dans ce pays qu’est le Sénégal que 24 millions de bouteilles d’alcool sont consommés par an. C’est dans ce pays musulman qu’est le Sénégal que la société cautionne la violence du quotidien en protégeant les fauteurs de troubles, les dealers du quartier. C’est encore dans ce pays dit musulman que les programmes télévisés ou médiatiques s’articulent autour du ludique, du libidinal et du machinal. 

En outre, la parole publique aujourd’hui victime de la manipulation, du mensonge, du non-respect des autres et de la promesse ont fait aujourd’hui que les citoyens se sont détournés de l’essentiel. Le Sénégal est aujourd’hui détourné de l’urgence de l’essentiel pour parler comme Edgar Morin. Peut-on le considérer comme l’actuel agenda médiatique ? Ce qui est sûr, c’est que la lutte, les sujets peoples et autres futilités sont les choses qui constituent le centre d’intérêt du civil. Dans ce sillage, l’on peut comprendre le besoin de chacun de s’estimer (partant de l’analyse de Maslow faite sur les besoins humaines), de se montrer fort, de vouloir venir à bout de tout. « La parole publique est devenue une langue morte ». Et malheureusement, ceux qui devaient le prendre et entreprendre le changement dans ce pays sont appelés à d’autres fonctions (religieuses ou coutumières disent-ils). Le véritable engagement religieux est celui qui consiste à prier la nuit et de se lever le jour pour changer la société comme le faisait le meilleur des hommes.

Par ailleurs, je suis stupéfié par les droits de « l’hommiste » qui s’en pressent à chaque fois qu’il y a ce genre de fait à voler au secours de l’incriminé. Les principes des droits de « l’hommiste » est-elle à géométrie variable. Le soutien doit-il être et aller du côté du fauteur de trouble.

Il faut véritablement rester lucide car à voir leur réaction, je me demande si le mort n’avait-il pas de droit ? Sa famille, ses enfants, sa femme et ses proches n’ont-ils pas le droit que justice soit faite? Y’a-t-il pas d’ordre républicain ?   Par ailleurs, je pense que ce qu’a dit le Président Sall même s’il est a déploré de par la manière peut-être un début de réponse : « veiller à ce que tout assassin passe le reste de ses jours en prison ». En outre, je pense qu’il est temps de poser une assise sur la chose afin de recueillir les différentes propositions qui serviront de réponse aux meurtres.

« Dieu ne change pas ce qui est en un peuple, si ceux-ci ne changent pas ce qui est en eux-mêmes » dixit une formule coranique. Si nous croyons à ce que nous disons, si nous nous réclamons et que nous sommes fiers d’appartenir à ce que nous sommes, c’est-à-dire le pays de la « téranga », nous avons obligation de retourner à nos valeurs, la tolérance, le respect, la discipline, la foi, la patience. Nous devons apprendre, se référer et prendre modèle sur des hommes dignes, sur un homme, celui que le coran dont le coran disait à son propos « il y a dans ce prophète, le meilleur des hommes ».

Le problème du Sénégal est malheureusement comme le dit la citation « l’être humain est né pour être aimé et les biens matériels utilisés. Si le monde est à l’envers, c’est parce que les biens matériels sont aimés et les humains utilisés. » Les gens ont la boulimie de l’argent et du machinal.

Nous voulons un Sénégal des sénégalais, avec des sénégalais et pour des sénégalais. Parce qu’aussi le Sénégal a une grandeur appréciée des quatre coins du globe. Cette grandeur, elle est celle des pères de la république, de Lamine Senghor, d’Alioune Diop, de Valdiodio Ndiaye, de Ngalandou Diouf, de Mamadou Dia… Cette grandeur est aussi celle des résistants, de Cheikh Ahmadou Bamba, des tirailleurs sénégalais, de Lat Dior Diop, d’Alioune Sitoé Diatta, des femmes de Nder et de toutes ces personnes qui non seulement aujourd’hui ont contribué à la construction, à la consolidation de l’Etat-nation à son rayonnement mais aussi auxquelles on s’identifie.

Et Pendant ce temps-là, alors que les meurtres se répètent tout au long du territoire, alors que l’exigence face à la menace reste la même, le débat a été malheureusement piétiné, cédant la place au petit polémique du moment. Cette injustice sociétale, je ne cesserai de le dénoncer à chacune de mes interventions.

Vive la république,

Vive le Sénégal

Mamadou DIOUF

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