Maam Cheikh

Maam Cheikh

vendredi, 27 juillet 2018 15:21

REFLEXIONS: Traité de L'Echec de L'Humanité

“ En matière de comportement religieux, toute forme de prestige ou d’extravagance s’inspirant d’un narcissisme inouï rebute le ciel. N’est ce pas là les signes distinctifs de l’ignorance ou encore de la mécréance ? » rétorque Serigne Cheikh Ahmed Tidiane Sy. Une façon assez symbolique pour le tribun de Tivaouane de dénoncer les méfaits de la démarche de l’humanité face aux systèmes, mais aussi ce qui fait que l’on passe d’échec en échec : « Toute forme d’échec de la race humaine symbolise en même temps la grandeur du divin. Qu’elle soit d’ordre politique, religieux, traditionnel ou même confrérique, elle devrait avoir pour suite une honnêteté marquée par la nécessité de tout remettre entre les mains de Dieu, et non une ridicule aspiration à la démagogie en tant que leader. » 

Il est des valeurs qui devraient convenir à l’être humain en tant que représentant de Dieu sur terre. Des valeurs que même l’athéisme, aussi obscur soit-il comme forme de pensée, ne pourrait nullement réfuter. Et c’est justement celles qui devraient conduire cette planète. Qu’il s’appelle chef politique, guide religieux ou encore chef traditionnel, l’idéal serait pour lui de s’y soumettre. L’essentiel, c’est d’avoir de la foi en quelque chose. L’humanité a sombré, depuis le début du 21ème siècle, dans une période de troubles qui ne dit pas son nom. En 2003, Al Maktoum a préconisé, lors de son discours du Gamou à Tivaouane, une refonte des systèmes à défaut de mondialisation. « Tous les systèmes sont mal fichus. A quoi bon vouloir mondialiser ? », se lamentait-il. Cinq années plus tard, il revenait sur cette situation plutôt délicate, notamment en soutenant avoir précisé à Jean Baptiste Colbert, philosophe à la clairvoyance distinguée, que l’occident ne doit nullement intellectualiser la médiocrité et la haine. Et ce dernier de préciser : « En France, la pire des erreurs a été de laisser des impénitents prendre en main la révolution. Qu’ont-ils fait si ce n’est de tuer toutes les valeurs chrétiennes qui faisaient de notre pays un exemple ? » Et depuis, le pays du Général De Gaule est devenu cette sorte de Marianne qui ne cesse de s’engouffrer dans un labyrinthe des plus complexes.

Chez nous, l’échec se manifeste du point de vue social de façon remarquable. Ecoutons l’homme à la djellaba : « Nous vivons dans une société moralement polluée. Une société où la nature profonde ne répond à aucune exigence tout aussi profonde, et où l’économie de traite et le salaire façonnent l’individu. »  Que dire donc d’une contrée ou les « gran’place » et autres lieux de rencontres privilégiés des adeptes du verbiage prennent le pas sur les projets de société ? La religion, chrétienne comme musulmane, a vu ses hommes d’action jouer pleinement leur rôle de régulateur. Qu’il s’agisse d’Abbé Jacques Seck,  de Mame Abdoul Aziz Sy Dabakh (rta), ou encore de Serigne Cheikh Mbacké Gaindé Fatma (rta), tous ont retroussé les manches et lutté contre de telles pratiques. Mais la conscience collective n’a nullement considéré que le comportement social soit un pilier de la chose religieuse.

L’échec politique a pour nom « une promotion d’ambigüités nées de la politique politicienne ». Elle se manifeste par le fait que nos chefs ont adopté le proxénétisme politique comme tremplin, à défaut du bon sens. « Il y’a des gens qui se sentent si immunisés contre la vérité et le bon sens chaque fois qu’il s’agit de s’agripper à ce qui leur reste comme lambeaux de pouvoir », précisait Serigne Cheikh Tidiane Sy. Que dire donc de ce membre de gouvernement qui eut l’audace de soutenir face à Al Maktoum «  Plutôt mourir que de perdre mon portefeuille ministériel ! » ? Réponse ne pouvait être plus tonitruante que celle du Saint Homme, avec la franchise qu’on lui connait : «  C’est le protocole qui vous séduit donc et non le travail. »

Au pays de Senghor, la crise a aussi eut pour soubassement l’application d’une démarche politique pour une décision d’ordre économique désignée par le concept de dévaluation, et ceci depuis 1994. Ce fut surtout l’occasion pour le fils d’Ababakar Sy d’en venir à des principes tout aussi universels, et enseignés par le coran : « Une civilisation n’est digne que quand elle place l’âme au dessus des vertus, bien que celles-ci soient les valeurs qui permettent à l’humanité d’être réellement humaine. Et il y’a les avoirs matériels qui ne demandent qu’a se mettre au service des vertus, afin que la hiérarchie soit respectée. Ames+vertus+avoirs matériels égalent civilisation. »

L’humanité ne cesse de verser dans une démarche qui multiplie les crises des systèmes. Al Maktoum aimait à les citer en faisant référence aux termes wolof « reuyou fitreu » (prétention) et « reuyou protocole » (prestige). Si le premier est de l’ordre du monde arabe, le second symbolise toutes les tracasseries de l’occident, ce monde avec lequel l’on a connu toutes sortes de bavures telles l’esclavage et la colonisation. Et chez nous, l’un comme l’autre sévissent…le problème des castes n’est-il pas une parfaite illustration de la prétention ? Le chantre politique ne rappelle t-il pas cette vulgarisation insignifiante du prestige ? Des vicissitudes qui avaient  rendu un vieux paysan sénégalais nostalgique, au point de se demander : « Mais quand est ce que l’indépendance prendra t-elle fin? »

 

Maam Cheikh

Chroniqueur

Senpresse.Com

 

 

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vendredi, 20 juillet 2018 13:20

REFLEXIONS: Confessions Superstitieuses


«  Dieu est loin d’être un élément recul dont la seule préoccupation est de remuer sans cesse les brasiers de l’enfer »
. C’est là une assertion d’Al Maktoum qui a su sonner le glas face à un débat des plus complexes. S’il est vrai qu’il a crée la vie et la mort, le paradis et l’enfer, il n’en demeure pas moins qu’il nous a préparé à des épreuves dix fois plus intéressantes que de nous voir nous noyer dans une mer de péchés et de ne devoir notre salut qu’a une condamnation pure et simple.

Le discours religieux, en tant que philosophie prônant une attitude raisonnable, raisonnée et mesurée de l’être face à son créateur, devrait surtout avoir pour penchant ce qu’il y’a d’intéressant d’abord chez l’individu. « C’est l’âme avec son inclination au sacré, c’est l’esprit avec ses ressources inépuisables, c’est l’intelligence avec sa soif de découverte (…) », nous énumère Al Maktoum. Quoi de plus urgent que d’avoir à arbitrer les différents rapports entre ces éléments à la fois autonomes, contradictoires et interdépendants ? C’est là le centre d’attraction tant convoité par les grands serviteurs du seigneur. Cela n’a rien à voir avec le discours des marchands de foi promouvant uniquement un accomplissement des gestes de piété afin de se faire récompenser par une adhésion au paradis céleste. Là, le tribun de Tivaouane dénonce une sorte de « marchandage entre créature et créateur ». « Yeufi bana bana rek ! » (que du marchandage influencé par une recherche de profit), affirme t-il avec le sens de l’humour qu’on lui connait. Humour renfermant toujours en lui-même les secrets d’un enseignement des plus riches.

En vérité, nous ne sommes pas là uniquement pour faire l’objet de sanctions si nous ne prenons pas la peine d’accomplir pleinement des devoirs religieux. Bien qu’ayant évoqué toute sorte de punition, Le Dieu de Mahomet (psl) et de toute la création est loin d’être un élément de recul. Même la crainte dont il fait allusion à son égard  est loin de frôler une logique qui promeut une sorte de « diabolisation de son existence», mais plutôt une manière de rappeler à la fois son omniprésence, son omniscience et son omnipotence. Et Serigne Alioune Gueye de Tivaouane de s’insurger : «  La plupart de certains passages du livre saint symbolisent plus une mise en garde qu’un réquisitoire ».  C’est souvent ces versets préférés des marchands de foi qui aiment à énumérer les sanctions qui seront à affliger à ceux qui prennent un chemin autre que celui du bien. « C’est pour le ciel une façon de rappeler aux adeptes du mal l’existence de la citadelle du bien, et de leur préciser justement qu’il les y accueillera s’ils consentent à changer de comportement », nous confie Serigne Cheikh Ahmed Tidiane Sy. « Et encore que paradis et enfer cohabitent dans une même antichambre, et ceci à l’image du réfrigérateur qui nous procure de l’eau fraiche et qui, en même temps, voit son dessous nous rebuter parce que d’une chaleur insupportable. Voila tout le paradoxe », murmure le saint homme.    

Nous adorons ce Dieu pour une raison très simple : il n’a nullement d’égard sur terre, en atteste la sourate Al Ikhlàs (lame yalide walame youlade, sourate 112, verset 4), et est par conséquent le seul détenteur d’un pouvoir absolu (tabàrakallazi bi yadihile mulk wahouweu alà koulli chay ine qadiir, sourate 67, verset 1 ). Cela n’a rien à voir avec cette conception erronée qui illustre un Dieu qui n’a d’yeux que pour la sanction de ceux qui se détournent du droit chemin. Commencez donc par trouver le moyen d’accepter, tel qu’il le souhaite, de voyager afin de découvrir les merveilles de notre présence sur terre. Et cela commence par la découverte de notre être, avec tout ce qu’il est possible d’exiger à notre nature profonde. Tout est dans l’intention. Même le désir de vivre longtemps assez souvent formulé par le musulman sénégalais à qui l’on informe le décès de son prochain a ceci de particulier selon Seydil Hadj Malick Sy (rta) : une peur de tourner le dos aux « délices de la vie sur terre » et non une façon de vouloir continuer à servir le très haut.

 

 

Maam Cheikh

chroniqueur

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Tout était ficelé. Ou en tout cas particulièrement bien engagé. L’attaquant sénégalais de Liverpool (26 ans) était prévu pour être le premier étage de la fusée Mercato du Real. L’intérêt de longue date une rumeur côté espagnol avait déjà fuité sur le sujet il y a un an s’était même encore renforcé après la finale de Ligue des champions, nous informait France football dans un article sur Sadio Mané sur un potentiel transfert vers le Real Madrid.

Mais l’enfant de Bambaly dément : « Ce sont que des rumeurs. Je ne suis au courant de rien et je n’ai pas été contacté. Je reste un joueur de Liverpool et je rejoindrai mes coéquipiers aux Etats-Unis pour la tournée pré-saison. Le Real est une excellente équipe, mais je suis concentré sur mon équipe », a-t-il déclaré l’attaquant sénégalais de Liverpool.

Wiwsport.com

jeudi, 14 juin 2018 02:26

LA JALOUSIE, CE MANQUE DE FOI !

« Ana Khiyàroune mine khiyàrine mine khiyàr » (en vérité, j’ai été choisi parmi une élite qui, elle-même, symbolise un choix des plus significatifs), tel est l’assertion prophétique qui a toujours intimidé l’égo des plus grands hommes de l’humanité.
Les petits esprits ont évoqué là une expression qui trahit toute forme d’humilité, jugeant que nul ne doit tenir un tel discours. D’autres, assez séduits par l’œuvre de l’étoile de Médine, évoquent que les trois choix évoqués-le terme « khiyàr » revenant trois fois-symbolisent cette réalité : Les arabes, « peuple élite » à l’époque de la venue sur terre du fils d’Abdallah et d’Amina, et parmi eux les « Qouraich », tribu portant en son sein le fameux cercle des « Banu Hàchim ». Enfin les grands esprits, eux, plutôt initiés aux démarches en phase avec les réalités essentielles (Haqiqa), interprètent la logique ainsi libellée comme suit : le premier choix relève du fait qu’il soit prophète, le deuxième renvoie à son intégration du comité restreint qu’est « Ouloule Azm Mina Roussoul »-avec Ibrahim, Noé, Moise et le Christ-et enfin le dernier « Khiyàr » donne tout son sens au fait qu’il soit l’élu parmi eux.

« Ana Khiyàroune mine khiyàrine mine khiyàr » (en vérité, j’ai été choisi parmi une élite qui, elle-même, symbolise un choix des plus significatifs), tel est l’assertion prophétique qui a toujours intimidé l’égo des plus grands hommes de l’humanité.

Les petits esprits ont évoqué là une expression qui trahit toute forme d’humilité, jugeant que nul ne doit tenir un tel discours. D’autres, assez séduits par l’œuvre de l’étoile de Médine, évoquent que les trois choix évoqués-le terme « khiyàr » revenant trois fois-symbolisent cette réalité : Les arabes, « peuple élite » à l’époque de la venue sur terre du fils d’Abdallah et d’Amina, et parmi eux les « Qouraich », tribu portant en son sein le fameux cercle des « Banu Hàchim ». Enfin les grands esprits, eux, plutôt initiés aux démarches en phase avec les réalités essentielles (Haqiqa), interprètent la logique ainsi libellée comme suit : le premier choix relève du fait qu’il soit prophète, le deuxième renvoie à son intégration du comité restreint qu’est « Ouloule Azm Mina Roussoul »-avec Adam, Noé, Moise et le Christ-et enfin le dernier « Khiyàr » donne tout son sens au fait qu’il soit l’élu parmi eux.

Benjamin B.Smith écrit : « Il fut César et le Pape réunis en un seul être, mais il fut le Pape sans avoir les prétentions du Pape, et César sans détenir les légions de César : sans armée, sans garde du corps, sans palais et sans revenu fixe. » Quant au tremplin qui a su mener le grand homme, il l’illustre ainsi : « S’il y’a un homme qui a eu le droit de dire qu’il règne par la volonté divine, c’est bien lui puisqu’il a tout le pouvoir sans en avoir les instruments ou encore les supports. » Que d’éloges ont su être faites pour sa personne par des intellectuels !

Chez les mystiques, un chef spirituel digne de ce nom a su trouver une affiliation que les vicissitudes du temps n’ont point atteint, parce que doté d’un sens qui ne peut émaner que d’une inspiration en harmonie avec l’âme, l’intellect étant loin de pouvoir imaginer un tel qualificatif. Cheikh Ahmad Tijany Chérif (rta), puisque c’est de lui qu’il s’agit, face à un groupe d’arabes ayant pour vocation de chanter les louanges de l’envoyé de Dieu, se trouva brusquement attiré par ces vers de Seydatouna Aicha reflètant le personnage du grand homme : « Ta beauté physique  est splendide ! Elle donne l’impression que le très haut n’a pu trouver mieux que de t’associer à ta création, en te demandant tantôt comment est ce que tu voudrais que chacune de tes parties physiques soit. » Avec le sérieux qu’on lui connait, Aboul Abass Ahmada Tijany (rta) transperça du regard les yeux de chacun d’eux, et révéla sa formule à lui pour retracer la personne de Mouhamad (psl) : « Il est l’antimatière par excellence dépêchée auprès de la matière » (Houweul Ghaib Fichahàda).

Mouhamad (psl), c’est l’incarnation de la miséricorde divine. Celui là qui su, bien avant tout le monde, anticiper la moralisation des systèmes. Des crises économiques aux tares de nos modes de gouvernance, en passant par la déformation du sens de la culture, l’absence d’équilibre social ou même une démarche caricaturale dans l’apprentissage de la chose religieuse. On n’incarne pas un coran vivant sans pour autant maitriser ou même contribuer à l’application des orientations du livre saint. Et il y’a que sa conscience est comme un soleil dont les rayons représentent les valeurs pouvant contribuer à l’équilibre de la planète terre. Voila pourquoi le plus grand homme de tous les temps séduit, fascine, intimide ou même gène ceux qui ont suivi son parcours plutôt atypique. C‘est aussi ce qui donne un sens à l’œuvre d’un grand du Mouridisme a l’image de Cheikh Ahmadou Bamba Khadimou Rassoul (rta) qui, lui, justifia son attachement au prophète (psl) ainsi : « Je me suis improvisé serviteur de Mouhamad (psl) uniquement pour l’amour que je voue à son être. » Dévouement ne pouvait être plus profond pour un homme qui avoua sacrifier sa personne, son âme, son temps, ses secrets ou, mieux, sa vie !

Maam Cheikh

Chroniqueur

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