Maam Cheikh

Maam Cheikh

Dans une lettre ouverte publiée le 10 novembre 1993, Serigne Cheikh tidianeSy revendiquait son appartenance à une communauté, celle là dont l’élément essentiel consiste à prêter l’oreille à des hommes plus intelligents que le commun des mortels. Cette « race d’hommes » aux conceptions à même d’enterrer les thèses issues des connaissances livresques ont  ceci en commun : une maitrise du verbe avec une pertinence rare. Pour un homme de la trempe d’Al Maktoum, une telle faculté doit être associée à une action rénovatrice, pierre angulaire de l’œuvre du Prophète Muhammad (psl). Et l’on sait que de ses discours résultent des concepts capables d’opérer une rupture : rupture avec des valeurs traditionnelles coiffées de supputations, un cadre politique chantre  du cautionnement de l’illégalité, une intelligentsia atteinte de la fameuse crise de perception, une économie axée sur un système qui promeut le gaspillage,une pratique religieuse en manque d'éducation mystique, une jeunesse sous le joug de l’inflation des valeurs, une tendance à confondre occidentalisme et modernisme…La conscience universelle se perd dans les dédales d’un obscurantisme qui ne dit pas son nom.

Et Serigne Moustapha Sy  d’enfourcher le cap de forgeur de concept, et ceci depuis plus de quatre décennies. Son objectif : faire maitriser ses paroles et paraboles qui pèsent lourdement sur la conscience publique. Objectif au terme duquel  la constructiond’une société modèle avec comme pilier la doctrine prophétique s’avère nécessaire. Et depuis, l’homme à la djellaban’a cessé de souligner sa position de grand père spirituel  de cette élite.

L’exemple le plus frappant de l’adhésion du tribun de Tivaouane à la cause Moustarchidine reste ses témoignages durant les fameux événements de l’année 1993, avec l’arrestation de plusieurs disciples moustarchides.Dans ses interventions, il est possible de déceler trois optiques.  Une premiére allant  dans le sens d’une condamnation pure et simple des auteurs d’une telle injustice qu’il qualifie de « kidnapping ». Dans une lettre ouverte publiée le 7 mars 1994, Serigne Cheikh insinuait que tous ceux qui y ont participé se verront immanquablement traqués par les forces de l’autre galaxie.« Ils vont tous payer, du fait qu’ils ont légitimé et même cautionné des actes contre nature», rétorque t-il. Et depuis, il paye en permanence.

Ladeuxième dynamique  a trait à un cautionnement de la prise de position de Serigne Moustapha Sy,qui apportait son soutien à l’opposition. Alliance qu’il compare au choix de Mahomet (psl) de soutenir  leschrétiens au détriment des perses. « Moustapha n’a pas à avoir de « repentir ». Son choix est à la fois juste et fondamental », déclare l’auteur de Fa Ileyka.

 Quant à la troisième objection, elle  s’apparenteà une citation de l’héritage spirituel du Mouvement. Dans un communiqué de presse publié le 8 novembre 1993, il précise : « En ce qui concerne l’aspect mystique de la chose, et dont se réclame l’ensemble des Moustarchidines, et qui a pour centre de rayonnement la mémoire du Khalife Ababacar SY, cela ne concerne que ce Grand Homme de DIEU et qui, comme chacun le sait, peut régler ce problème selon les règles de Sa Sainteté. ». Il va plus loin en déclarant que  le Mouvement Moustarchidine a été dédié à la mémoire des gens de la caverne (AshaboulKeuhfi) par l’homme au bonnet carré.

Serigne Moustapha Sy reste aujourd’hui le seul apte à interpréter la philosophie du conférencier de talent avec une profondeur remarquable. Encore faut-il souligner le fait qu’il en ait fait une « accoucheuse d’actions concrètes ». Et depuis, il ne cesse d’œuvrer dans une démarche, celle qui faisait dire à Serigne Cheikh Tidiane Sy que les Moustarchidines sont plus que jamais attachés aux grands objectifs de ce siècle. Dans une lettre ouverte publiée le 5 avril 1994, il écrit : « Les Moustarchidines restent attachés à une volonté inébranlable d’aller toujours de l’avant.».

Nourris à la sève de l’enseignement d’un professeur d’espérance à l’image de Serigne Moustapha Sy, les moustarchidines restent les héritiers légitimes d’une pensée qui surpasse l’entendement du commun des mortels, et leur mouvement le reflet en conscience collective de la pensée d’Al Maktoum. Il s’agit entre autres d’une appréhension rare de la chose religieuse, d’un élan rénovateur qui transcende  les conceptions sur les relations entre islam et occident, d’une redéfinition de la culture, de l’incarnation par le croyant d’un personnage atypique, de la promotion d’une nouvelle conscience et d’une réorientation  du message islamique conforme aux réalités du temps et de l’espace.

En effet, la Conception Maktoumienne de la chose religieuse invite les « gendarmes du monde » à être récalcitrants. « Laissons le musulman interroger correctement son coran et le chrétien son évangile. L’impérialisme mondial ne saurait remplacer un  tel message  dans le cœur d’un homme fort de son appartenance à la conscience universelle. », souligne t-il dans Islam et Monde Occidental. Une telle pensée s’apparente à la conception de Serigne Moustapha Sy allant dans le sens de dénoncer l’existence d’un « islam de cliché », vulgarisé par les médias occidentaux. Aussi l’occident, technique sans conscience, et l’islam, conscience sans technique, doivent procéder à une coopération de haut niveau. Une telle jonction reste un pilier dans la démarche du D.M.W.M, avec un usage de la technique associé à des activités d’ordre spirituel (cellule technique, cellule internet, cabines de traduction), ou encore un objectif de restauration des valeurs par le canal des médias (Mourchid TV).Dans le domaine de la culture, il faut soulever l’équivoque selon laquelle l’homme à la djellaba, toujours dans sa lettre intitulée Islam & Monde Occidental, dénonce le phénomène de « l’ignorance des savants », encore plus fallacieux que ce qu’on peut appeler ignorance des incultes.Et le Chef de Guerre des Moustarchidines de s’engager dans la restauration de la culture synonyme de valeurs. Valeurs à même de faire d’un Moustarchid cultivé un  être à la fois savant, discipliné, tourné vers l’évolution et doté d’un sens de l’organisation. Si la Prophétie de Mahomet (psl) nous enseigne que l’encre du savant est aussi précieuse que le sang du martyr, il n’en demeure pas moins que l’acquisition de connaissances doit être associée à ces vertus, au risque de verser dans l’obscurantisme intellectuel, à l’origine de la fameuse crise de logique.

Le patriarche de la Tijanya aime à citer David, histoire d’illustrer le caractère atypique de la personnalité du musulman convaincu, celui là qui sait accomplir ses devoirs religieux tout en participant activement aux travaux de réforme mondiale, pour psalmodier ces vers de l’illustre Fa Ileyka : « FakaAnnahoumFizzikriWalAdabilleuziFizzikri Mine Mala i Samarrouhàni/WakaAnnahoumWaqtannachàTiliEuhlihime Wali QawmihimeBiwaziifatiSoultàni.» 

«La promotion de l’homme passe d’abord par l’homme avant que l’outil n’y soit associé. J’admire beaucoup plus les apôtres que les édificateurs de pyramide. S’il y’a les deux réunis en un seul, c’est encore mieux. Dieu rend hommage à David parce qu’il est à la fois prophète, architecte, ténor et poète. »,déclare le patriarche de la Tijanya. Et c’est là tout le sens de la responsabilité du Moustarchid. Responsabilité que le Grand Patron compare à un rôle de catalyseur, dix fois plus noble et plus sensé que celui des acteurs de la mondialisation, parce qu’ayant pour fondement un perfectionnisme exquis.  « Ah!Si un jeune pouvait renoncer à sa jeunesse pour se consacrer uniquement aux exigences de sa maturité! »,se lamentait le Grand Al Maktoum il y’a plus d’une vingtaine d’années. Aujourd’hui, avec une jeunesse Moustarchid tournée vers les réalités du 21éme siècle, il n’hésite pas à confier publiquement  à l’égard du Chef de Guerre des moustarchidines : « Moustaf!Ton grand péreSerigneBabacarSy est d’une fierté sans mesure pour ton œuvre. »

 

 MAME CHEIKH

Chroniqueur

Senpresse.Com

lundi, 27 novembre 2017 12:31

PORTRAIT D'UN DOCTEUR DE LA FOI

L’action rénovatrice est sans nul doute le cachet symbolique qui s’entrevoit dans l’action des grands hommes. Les héros de l’autre Galaxie, ayant toujours contesté la logique qui veut que comparaison ne soit pas raison, trouveront un sens qui surpasse une simple manifestation de nature émotive et raisonnable à cette prophétie de Lamartine : « Qui osera comparer un grand homme de l’histoire moderne à Mahomet ? » Et Serigne Cheikh Ahmed Tidiane Sy, dans son discours du Mawlid 2010, de confier à la conscience universelle : « Le conservatisme est mort. Le modernisme est dépassé. Il y’a une autre dimension qui s’inspire d’un parfait équilibre entre les manifestations de l’âme et les prédispositions de l’intuition. »

L’apôtre du ciel et non moins prince de la race humaine (psl) reste tout de même le favori de cette dimension tant convoitée en matière de réalités essentielles (haqiqa).

L’Effort Dans L’Immédiat : Une Méthode d’Inspiration Prophétique 

Bâtir une société modèle a sans nul doute était un centre de rayonnement de la mission de l’homme parfait (psl). Une société dans laquelle une sorte de conscience moralisée et universelle servira de tremplin pour le salut de l’humanité. Et pour cela, il faut non seulement consulter les personnes, mais aussi les cœurs. La raison est simple, et est illustrée par Serigne Mouhamadoul Moustapha Sy : « Nul ne peut bâtir dans la passion, le lucre et la haine. »

C’est l’analyse d’un discours dont la portée et le contenu devraient servir de pierre angulaire à l‘édification par les jeunes d’une société ou la paix, le développement et la participation seraient les sources de l’équilibre. Mission que s’était assigné le Prophète de l’Islam (psl), avec pour méthode phare ce que le Responsable Moral du D.M.W.M (Dahiratoul Moustarchidina Wal moustarchidaty) désigne par le concept d’effort dans l’immédiat. Il s’agit d’éduquer par le moyen d’une surveillance…tout étant surveillé !

Le petit fils d’Ababacar Sy (rta) nous enseigne cette méthode en toute légitimité, lui qui a, depuis des décennies, enfourché le cap de régulateur pour sa société. Seydil Hadj Malick Sy (rta) exigeait, dans l’interprétation des réalités, une interrogation des phénomènes que sont le temps et l’espace. «  L’effort dans l’immédiat » s’affilie à la philosophie céleste, celle là qui est au dessus des conceptions, fussent t-elles d’ordre philosophique, sociologique, scientifique, juridique, psychologique entre autres, et qui veulent que le passé et l’avenir restent sans importance dans l’action de l’homme. Seul un sens de perception, une maturité et une volonté irrésistible de passer à l’action de façon immédiate, comptent.

Al Maktoum se lamentait assez souvent d’une réalité assez fréquente dans la plupart des Etats africains : rester nostalgique d’un passé qui ne se renouvellera jamais. Cette jeunesse est au 21 ème siècle, dans un pays ou les systèmes sont tout sauf moralisés. Une contrée dans laquelle ce qu’on désigne par le concept de « nature profonde » n’obéit à aucune exigence chez les jeunes, en plus d’être moralement pollué. Aussi aucune théorie s’inspirant d’un quelconque archaïsme ou d’une conception occidentale ne saurait servir de catalyseur dans ce domaine précis.

Le Développement Intégral & Intégré : Un Tremplin Pour L’Equilibre  

C’est l’interprétation d’une communication dans laquelle le fondateur de l’Université du Ramadan fait fie d’un développement intégral et intégré. Un développement qui frôle la philosophie de l’Homme du 15 mars dans ce domaine, lui qui conseillait aux dirigeants de ce pays de tenter d’avoir une appréhension plutôt profonde de la chose. Pour lui, il s’agit avant tout d’une foi en un programme de diversité, mais aussi de placer la sécurité du Sénégal  au dessus des caprices de ses acteurs. Ce qui renvoie indubitablement au fait que le développement ne puisse être le monopole de quelques individus. 

Les mesures prises ca et là pour cette jeunesse attestent depuis toujours d’une maladresse associée à un obscurantisme inquiétant. Et c’est simple : l’on oublie que le principal acteur de cette entreprise reste le jeune. Il faut autre chose qu’un décret, une interdiction ou une campagne de sensibilisation pour l’orienter. Et il y’a que cette mise en garde du ciel à l’égard de son prophète (psl) est plus que d’actualité : « Ce n’est pas en état de révolte, de tristesse ou de détresse que tu arriveras à faire accepter ma loi. Ce n’est pas non plus en restant inactif ou en t’enfermant dans le cercle des traditions de la société que tu feras entendre ma voix. »  Et l’on ne peut transmettre correctement que ce que l’on a perçu de la façon la plus convenable qui soit. Aux jeunes donc d’user de la religion pour pouvoir se nourrir de la sève du message du divin. Le Responsable Moral des Moustarchidines nous en confie le secret : « N’importe quel individu peut capter le message de Dieu s’il consent à mettre au point son appareil de réception : sa foi. »

La Participation Active : Un Catalyseur du Changement Convoité

C’est enfin l’illustration d’une allocution d’un guide religieux qui souhaite que la jeunesse sénégalaise soit libérée des contraintes qui étouffent son épanouissement, mais aussi de la crise d’interprétation qui nuit à son existence. La frustration et la déception sont au gout du jour. Serigne Moustapha Sy évoque même une réalité plutôt inquiétante : un temporel privilégié au détriment d’un spirituel plutôt  vrai en théorie mais nuée en pratique. Il y’a aussi ce constat de l’homme à la djellaba qui cite cette jeunesse comme étant dans « une salle d’attente ou ils n’attendent rien ! » Et le chef de guerre des moustarchidines de s’insurger de nouveau, histoire de peindre le spectacle de leur vie : « Ils vivent sans savoir pourquoi, obéissent à l’instinct obscur, s’arrangent au gout du jour pour être le mieux ou le moins mal possible, travaillent si c’est nécessaire pour vivre-sinon ils ne font rien-, évitent de penser à la mort tout en cherchant toujours les moyens de favoriser leur adhésion au suicide ! »

 Les discours politiques, conceptions morales et autres démarches socioculturelles n’ont jusque là rien donné hormis des interpellations à l’élan de cacophonie. Une forme de communication  dont l’aspect sémantique ne frappe guère les esprits et dont le coté formel promeut une médiocrité inquiétante. A cela s’ajoute une action théâtre d’un manque d’innovation profond. Il y’a donc dialogue de sourds entre la jeunesse sénégalaise et ceux là qui s’improvisent acteurs du changement, fussent-ils chefs politiques, acteurs culturels, éducateurs entre autres. La plupart des responsables de ces différents domaines parlent au jeune sénégalais sans lui adresser la parole, parce que n’ayant pas maitrisé la dimension d’un verbe qui puisse donner son sens à cette entreprise. Le contrat est donc rompu.

Le pensionnaire de la cité Alia Diène, lui, s’adresse directement et de la façon la plus significative et la plus profonde qui soit, depuis bientôt 40 ans, à cette jeunesse sénégalaise. Et si elle s’évertuait à ne point rester sourde face à cet appel ? Et si ceux là qui, depuis toujours, constituent son auditoire, s’engageaient à concrétiser son acte ? On ne dédie pas un mouvement spirituel à la mémoire des gens de la caverne (ashàboul keuhfi) pour rien. Il est temps que cette jeunesse puisse mériter des attributs autres que ceux de renégat et de simples contestataires. «  Je conteste votre contestation », rétorquait le Tribun de Tivaouane, le mystique Al Maktoum, dans une conférence en milieu universitaire il y’a presqu’un demi-siècle. Il faut donc une démarche plus noble pour se tirer d’affaire. Et cela passe par un effort à fournir. Et ce serait plus juste si cela se tenait dans l’immédiat.

Maam Cheikh

Chroniqueur

Senpresse.Com

Le patrimoine intellectuel faisant office de legs pour la communauté musulmane peut avoir pour crédo cette assertion prophétique : « L’encre du savant est aussi précieuse que le sang des martyrs. » Elle justifie le fait que la plupart des compagnons du Prophète (psl) ont considéré comme un impératif l’acquisition du savoir. Et de là parti la nécessité, dans l’œuvre des saints de la Tariqa Tijanya en propagateurs de la doctrine mahométane, de faire du savoir un pilier fort de l’éducation spirituelle du disciple. Parmi eux, figure un homme dont la dimension intellectuelle n’a cessé de fasciner plus d’un, au moins qu’on le considère comme le dépositaire du cadre intellectuel du fief de Mawdo (« Borom daara dji »). 

Serigne Mansour Sy, Khalfe Général des Tidianes du 14 septembre 1997 au 8 décembre 2012, est l’un des plus grands érudits du Sénégal. Son acuité d’esprit et sa maitrise des textes font de lui un mufti hors pair. A cela s’ajoute un sens de l’humour décapant faisant que ses disciples ne bronchent jamais quelque soit la durée de son discours. Il est le second fils de Serigne Babacar Sy (rta) et à pour mère Sokhna Astou Seck, et naquit le 15 août 1925. 

Il eut pour maitre coranique Serigne Cheybatou Fall, grand érudit de Tivaouane dont la pertinence fit qu’il devint un homme d’action à l’influence remarquable et remarquée dans la cour de Maodo. Il fut surtout considéré comme un professeur qui était passé maitre dans l’art de faire de ses apprenants des personnes dont la modestie surpassait le moi de plus d’un. Pour lui, c’était la meilleure voie pour acquérir du savoir. Ce qui laisse comprendre, en effet, que le caractère humain, avec tout ce que cela implique en termes de vertus, doit reposer sur l’humilité. « L’homme n’est autre qu’élément de synthèse, et l’humilité reste non seulement le fondement, mais aussi la signification de sa grandeur», professe Serigne Cheikh Ahmed Tidiane Sy Al Maktoum. 

Ayant contribué à l’implantation de nombreuses écoles coraniques dans la ville sainte de Tivaouane et de villages, il s’est également distingué dans un rôle de régulateur socio-politique notamment en intervenant assez souvent pour une harmonie entre leaders politiques et acteurs sociaux. Hormis cela, il a jugé nécessaire de rester inerte face aux choses politiques, bien qu’étant obligé, avec sa posture de Khalife Général, de recevoir régulièrement les délégations œuvrant dans ce sens. 
Sur le plan religieux, en défenseur de la cause islamique, il s’était fait distingué par son engagement à publier une lettre ouverte il y’a une décennie, suite à la sortie du film « l’innocence des musulmans » s’attaquant aux principes islamiques, mais aussi des caricatures sur le Prophète Mouhammad (psl). Ce texte de 52 pages, prônant un respect de la liberté de culte, visait un combat contre les attaques faites aux religions révélées. Et ce qui demeure crucial à une époque où l’occident, en système basé sur l’impérialisme et animé par un désir de dominer les religions, traite d’intégristes tous ceux qui ne se joignent guère à cette logique. Et en acteur de la cause islamique convaincu de la nécessité de remédier à cette situation, « Borom Daara Dji » improvisa la nécessité de voter une loi dont l’intérêt s’apparente à ces propos du saint homme : « Il s’agira de mettre en œuvre des mesures d’ordre constitutionnel et institutionnel, pour la sécurité, la paix, la confiance et le respect mutuel pour plus de respect à l’égard des religions révélées. » Il ajoute : « Le savoir demeure le seul catalyseur de la défense du Prophète et non une bombe déposée dans une ambassade. » 

Sur le plan économique, Serigne Mansour Sy était un agriculteur disposant de terres partout au Sénégal. Son entourage proche raconte que les revenus de cette activité contribuaient à l’entretien des daaras. 

Le samedi 8 décembre 2012, disparaissait celui dont les capacités à mémoriser firent dire à Serigne Abdoul Aziz Dabakh (rta) qu’il était apte à réécrire de mémoire l’intégralité des écrits de Tivaouane, au cas où le feu les consumait. Le commun des disciples tidianes perdait ce jour un guide religieux charismatique et généreux au point que sa cour refusait constamment du monde, parce que vieux, femmes, étudiants, chômeurs, jeunes animés par le désir de voyager, nécessiteux entre autres n’hésitaient guère à solliciter ses prières ou son soutien.

 

MAAM CHEIKH

Chroniqueur

Senpresse.Com 

vendredi, 24 novembre 2017 13:12

PORTRAIT DE SERIGNE MOUSTAPHA SY DJAMIL

Les Âmes honnêtes se rappellent encore ce jour symbolique ou naquit une figure de la Tijanya dont l’œuvre reste à jamais gravée dans la mémoire d’aucuns. Fils de Sokhna Oumou Khairy Sall et de Serigne Babacar Sy (rta), Serigne Moustapha Sy Djamil est de la trempe de ceux dont le charisme ne laisse personne indifférent. 

Les précurseurs de ceux qui s’évertuent à veiller à la continuité de la mission malikite racontent que le jour de son baptême, son doigt se serait accroché au chapelet de Mame Mawdo (RTA), qui chuchota à l’oreille de Mame Malick Sall : « Il ne veut pas lâcher mon chapelet. » Et ce dernier de lui répondre, avec pour rempart un sourire rayonnant : « Donnez-lui ce qu’il réclame. » Et le timbre de la voix de l’inconnu de la nation sénégalaise de retentir, accompagné d’un regard plein d’affection à l’égard du nouveau venu : « Heuzà Houweu » (« ‘c’est bien lui »). Termes qu’il répéta trois fois, avant de se sentir comme attristé du fait qu’il ne l’aura guère comme contemporain. 

Des années plus tard, Serigne Abdoul Aziz Sy Dabakh (rta) lui donna le surnom de « Seydi Djamil ». Une façon pour l’oncle paternel de mettre en exergue son élégance morale qui ne cessait de surpasser l’égo de ses contemporains. L’éducation spirituelle demeure un tremplin pour le croyant. Dans l’œuvre du prophète Mouhamad (psl), elle est affiliée à l’islam (islam), à la foi (imàn) et à l’élégance morale (ihsàn). Et Seydi Djamil a su etre un modèle dans ce cadre. Aujourd’hui, l’on évoque aussi bien le centenaire de sa naissance -1916-2016) que la date de sa disparition (8 décembre 1993). 

Originaire de Tivaouane, il a eu à incarner une posture de guide religieux au vrai sens du terme, avec ce que cela implique en termes de prise de responsabilité. Et Serigne Mansour Sy Djamil de préciser : « Un guide religieux ? C’est quelqu’un qui doit orienter les gens pour les amener à rencontrer Allah, préparer l’homme à assumer la finalité de son existence sur terre. » 

Une conception qui apparait comme le reflet de l’œuvre de son père. Ce qui s’apparente exactement aux dits de Serigne Babacar Sy (rta) qui le qualifia de « domaine réservé de Dieu ». C’est d’ailleurs lui qui lui recommanda de venir s’installer à Dakar. Recommandation que d’aucuns considèrent comme étant affiliée à une raison mystique. Ce qui est sûr et certain demeure le fait qu’il a adopté Fass comme fief, et s’y est installé jusqu’à sa disparition en 1993. 

En Novembre 1958, il tint un discours qui demeura comme une lanterne qui put éclairer le chemin des disciples présents, parce que peint d’une orientation et d’un enseignement à l’humanisme remarquable. « Que ceux qui sont mu par un désir profond de converser avec leurs frères en Dieu opte pour une communication portant le reflet de la paix et de la convivialité. Que ceux que rebutent les mésententes et autres hostilités s’écartent dès que ce genre de situations se présentent à eux», conseille-t-il, histoire d’aider le commun des disciples à ne pas etre récalcitrants au point que tout s’écroule. « Tel a été la démarche de nos précurseurs, que ce soit aussi bien dans le cadre de la Tariqa que dans celui de la Oumma Islamique », rajoute-il. Il évoqua la conception prophétique du courage, celle-là qui considère qu’il ne s’agit que d’une façon d’apprivoiser sa colère. Cette recommandation de Seydi Djamil rappelle l’assertion d’un Homme de Dieu s’adressant à un membre de son entourage : « Même ta colère m’inspire confiance », histoire d’illustrer le fait que même dans la colère, il est nécessaire d’avoir un sens de la mesure, mais aussi et surtout de rester juste et humble. Et cela commence par le fait d’apprendre à faire de sorte que d’aucuns ne constatent cet état de colère, mais aussi et surtout de s’initier au pardon. Des révélations qui, également, peuvent servir de références à ceux-là qui se chargeront de communiquer dans le cadre des initiatives qui se tiendront à l’occasion du Gamou 2016, puisqu’il s’agira de prôner une citoyenneté modèle. Ce qui devrait sans nul doute commencer par une façon assez profonde d’enseigner surtout à la jeunesse tidiane les aspects qui font que les muftis de Tivaouane restent à jamais des exemples dans ce domaine. 

MAAM CHEIKH 

vendredi, 24 novembre 2017 12:34

CHEIKHAL KHALIFA, CE PRINCE DE LA TIJANYA

C’est le récit d’un homme de Dieu dont la portée de l’œuvre surpasse de loin l’égo de ses contemporains. Celui-là qu’Al Maktoum considère comme le tout du bien a su rester à jamais gravé dans la mémoire des disciples tidianes. C’est simple : Il s’est creusé une tombe dans le cœur de chacun d’eux, et y git pour l’éternité. Pour évoquer le legs spirituel de l’auteur de « Heulmine Sabiline », il convient de soulever une équivoque. S’il est vrai que son attachement sans faille à Seydil Hadj Malick Sy(rta) à beaucoup contribué à son œuvre en question, il n’en demeure pas moins qu’il s’est frayé un chemin dans la voie o que noble des élus de Dieu. Mawdo confirme : « Il ne m’appartient pas de choisir mon successeur. C’est une responsabilité qui dépasserait largement mes prérogatives. » A cela Al Khalifa rajoute : « Effectivement, d’autres que lui m’ont choisi. » Et le coran vivant qu’est l’homme à la djellaba de préciser : « C’est une question de consensus ou les esprits rachitiques n’ont pas de place ». Cela n’a rien à voir avec les «héritages préconçus », encore moins les « legs montés de toutes pièces », étant donné que le terme « choix » est banni dans cette sphère.

C’est l’histoire d’un personnage charismatique qui ne cesse de faire vibrer les cœurs. Un Homme de Dieu qui a su montrer à ses disciples la voie de l’éternel, avec le sens de la mesure que cela implique. « Il n’a jamais cherché à plaire, évitant de jouer avec le destin des gens », témoigne Hadj Said Nourou Tall (rta). Tout néophyte aurait évoqué là un paradoxe, vu l’amour qu’on lui voue dans la communauté Tidiane ! Aujourd’hui, on séduit plus qu’on instruit, et c’est là la marque la plus en vue de l’obscurantisme religieux. Cette réalité caricaturiste demeure un mal pourtant dénoncé par l’inconnu de la nation sénégalaise Seydil Hadj Malick Sy  : « Il arrivera une époque où la prêche sera l’affaire des incultes. »

C’est l’œuvre d’un Homme d’Action qui aimait à formuler cette invocation : « Seigneur, préservez-nous d’une paix superficielle, une paix qui tue la volonté d’un homme. » Comme quoi la paresse et la passivité ne sont pas musulmanes. Nous avons été créés dans l’endurance, et le ciel ne pourrait nullement contribuer à une quelconque quête de quiétude à l’élan éternel. Conception que Serigne Cheikh Ahmed Tidiane Sy peint ainsi : « Il est de tradition que Dieu justifie l’existence d’une valeur par sa rigueur. »

C’est le parcours d’un Citoyen Modèle et non-indépendantiste qui sut dénoncer à la fois le manque d’ambition des colons français et la conscience des chefs politiques sénégalais. « La France est passée de l’envoi de grands missionnaires à celui de simples salariés », rétorquait-il au siècle passé. Aussi ayant contredit la logique qui voulut que l’on rompe brutalement avec la France, il soutint dans son dernier discours de Gamou à Tivaouane : «Je suis français aujourd’hui. Je le serai encore demain. Pourquoi ne pas accorder une double nationalité à un homme doublement colonisé ? »  Les impénitents ayant pris le chemin inverse, le temps a fini par lui donner raison, avec les vicissitudes constatées depuis toujours dans la gestion des institutions. La colonisation n’est plus une question d’occupation de terres, mais plutôt une façon «d’occuper les consciences ».

Enfin c’est le mémorial d’un Chef Spirituel dont la requête spirituelle mis fin à la seconde guerre mondiale. L’histoire retiendra la défaite d’Hitler et, partant, du nazisme, et l’attribution de la médaille qui fit de lui un commandeur de la légion d’honneur. Quand on l’interpella sur son impression suite à une telle récompense, l’on sut, en effet, que le Khalife est du rang des missionnaires les plus illustres de l’histoire sainte, ceux-là qui ne respirent que pour veiller à leur intimité avec le très haut, puisqu’il répondit : « Cette nomination n’est que superficielle, puisque j’ai reçu des héros du ciel d’autres médailles. Mais je l’accepte quand même, vu qu’elle a éveillé de façon considérable la compassion des disciples». Voilà pourquoi la communauté musulmane doit estime et considération à Serigne Babacar Sy.

Maam Cheikh

jeudi, 09 novembre 2017 13:34

KATMIYA DMWM: DISCOURS DE KHALIFA MBAYE

Cheikh Ahmad Tidjani Chérif (rta), en poète à l’inspiration sublime, chante : « Nous avons traversé des éléments indomptables : 1000 océans en fureur. Comment voulez vous que de simples fluctuants aient la capacité de nous lancer des défis ? »

 C’est que le détenteur des privilèges tels la Khatmiyya et la Katmiyya est loin d’être imbu de sa profonde dimension mystique. Il s’agit ici, contrairement à la façon plutôt ridicule pour les néophytes d’interpréter ses dits, d’une prise de conscience de ce qui donne un sens à sa grandeur. Al Maktoum disait : « Tiiterou ak xam sa bopp dou benn ! » (« Une perception de son legs ne doit nullement être assujettie à une logique réfutant toute forme d’humilité !»)

Nous sommes dans la banlieue, à Diamaguene. Des disciples tidianes membres du Dahiratoul Moustarchidina Wal moustarchidaty sont venus commémorer l’élévation du pole de la sainteté au grade de Katmiyya. Suite à une exposition sur les Grands de la Tijanya et une projection de film sur la Tariqa, un exposé du tonitruant Khalifa Mbaye de Tivaouane  a donné tout son sens à l’aspect à la fois spirituel et intellectuel de l’événement. La place a refusé du monde, et l’allocution a su permettre à tout un chacun de saisir le message en question. Il se résume en ceci : quand on a affaire à un pole ayant traversé tant d’éléments indomptables, il demeure indispensable de se donner les moyens d’évoluer dans sa quête spirituelle, avec pour tremplin l’enseignement de son guide, ici Serigne Mouhamadoul Moustapha Sy pour l’auditoire de Khalifa Mbaye. Et Le Responsable Moral de définir la Tarbiya en ces termes : « Le vocable tarbiya coïncide avec la formation en français. Jubiler avant la fin de la formation serait ignorer la nature des choses. »

Oustaz Khalifa Mbaye est revenu sur l’origine de la glorification par son père du geste de Serigne Cheikh Tidiane Sy Al Maktoum. C’est ce jour ou l’autorisation de célébrer le Gamou ne fut point délivrer, et durant lequel il du faire face à l’autorité agissante pour obtenir gan de cause. Et Mbaye Dondé de chanter :

« Djarama Cheikh Ahmad Tidiane

   Yaw mi térale Khoutbou Zamane

   Ababakar ba takh gnou naane

  Yaako geuneule gnari beuteum »

« Gloire à toi Cheikh Ahmad Tidiane

Serviteur Emérite du Maitre du Temporel et du Spirituel

Cheikhal Khalifa Ababakar Sy (rta)

Au point que tu deviennes la prunelle de ses yeux »

 

Le disciple Tidiane se doit de tenter d’évoluer, et ceci à l’image d’un commerçant qui souhaite voir son activité connaitre une ascension fulgurante. Une fois obtenu son « numéro d’identification », assimilable ici au fait de prendre le wird en prêtant allégeance, il lui faut chercher à passer par autant de cycles existant. C’est l’exemple des Saints qui ont eu à découvrir des trésors enfouis dans le tréfonds des sens mystiques de sourates, de versets ou encore de poèmes. Hizbou Seyfi, Hizboul Bakhr, Wassilatoul Mouna (taissir), entre autres…Le tout avec pour intermédiaire son guide et pour « unique interlocuteur » le très haut. Et Serigne Moustapha Sy de s’insurger, cette fois-ci pour interpréter ce passage du verset du trône : « Wasia Koursiyyou Houssamà Wàati Wal Ard » ainsi : « L’envergure de l’Omniscience  d’Allah surpasse de loin celle du Ciel et de la terre. » Et c’est justement ce qui justifie « Walà Ya Oudouhou Khifzou Houmà », qu’Al Maktoum illustre ainsi : « La complexité et les tracasseries rebutent le geste du ciel parce qu’omnipotent. »

« Le scénario du jugement dernier, s’il nous est conté, peut effrayer plus d’un. Il s’apparente au fait d’avoir ses bienfaits comme seuls bagages et de vouloir à tout prix séjourner dans cet hôtel qu’est le paradis, histoire d’échapper à cette prison qu’est l’enfer », conclut le conférencier de talent. Il poursuit : « Et c’est pourtant ce jour qu’a choisit l’inconnu de la nation sénégalaise, Seydil Hadj Malick Sy (rta), pour voir son geste être salué de façon symbolique. Le pole de la prophétie (psl) le conviera aux cotés de ces cinq compagnons émérites, et l’on pourra aussi lui faire porter ce collier aux perles symbolisant la splendeur, au nom de la sagesse tidiane.    

Maam Cheikh

dimanche, 22 octobre 2017 15:15

PORTRAIT DE SERIGNE MANSOUR SALL

L’Homme dresse le portrait d’un héritier atypique dont le parcours devrait inspirer tous ceux qui sont nourris à la sève de l’enseignement de Serigne Abass Sall (RTA). Tout comme ses contemporains, il a eu à effectuer des études coraniques avant de se rendre en Tunis pour des études secondaires puis universitaires sanctionnées par une licence en Théologie. L’Egypte fut aussi sur sa ligne de mire, puisqu’il y effectua une thèse en philosophie islamique intitulée Thèse L’ame Chez Avicenne, et rédigée dans la langue arabe. Il se rendit ensuite chez nos frères de la Métropole. La France, puisque c’est d’elle qui s’agit, accueillit le saint homme qui tint, à la prestigieuse Université de Sorbonne, une autre thèse, cette fois-ci sur le Tidjanisme au Sénégal, sanctionnée par un doctorat en philosophie islamique.

De retour au bercail, il enfourche le cap de Professeur, d’abord à Charles de Gaulle, puis au  lycée Lamine Gueye. Par la suite, il devient Chef de Département de Recherche à l’Institut Islamique de Dakar. Homme de lettres,  il a à son actif des ouvrages de référence dont  les réalités mystiques de Seydina Cheikh Ahmad Tijany (RTA), le soufisme, avantages et inconvénients, actuellement sur le marché, et bientôt un sur les rapports de l’homme avec la civilisation et la religion  (en arabe « Al Insànou Baynal Hadaraty Wadiine »). La Ziara de Nguick se tient annuellement sous son égide. Chaque année, elle demeure  l’occasion pour l’érudit de traiter de thèmes aux dimensions magistrales dans des domaines tels que le Soufisme, l’Unicité de Dieu entre autres.

 

Maam Cheikh

Page 3 of 19

Contact

SENPRESSE Site d'information générales
Adresse contact : This email address is being protected from spambots. You need JavaScript enabled to view it.
Service Commercial : 77 459 42 33
 
 

Site Web

http://linguaspirit-international.com/
http://www.piccmi.com/
http://www.asfiyahi.org/
http://mourchidtv.sn/

 

Top
We use cookies to improve our website. By continuing to use this website, you are giving consent to cookies being used. More details…