Maam Cheikh

Maam Cheikh

C’est le récit plutôt symbolique de deux hommes qui, de retour d’une expédition, décidèrent de rendre compte à leur chef spirituel, un homme dont les prédispositions morales surpassent depuis toujours l’égo des grands de ce monde : Seydouna Mouhammad (psl). Animés par le profond désir de faire des témoignages sur  l’un d’entre eux, ils rétorquent :

 « - Il récitait mieux que nous tous et continuellement les Versets Sacrés ...»
    « - Et qui lui donnait à manger? » interroge Mahomet (psl)
    « - C’est Nous qui, alternativement, lui donnions à manger ».
    « - Vous êtes donc plus méritants que lui. Car, sans pain joint au sabre, le Ciel ne saurait résister indéfiniment. »

C’est là un chapitre de l’histoire sainte qui devrait sans cesse être illustré. Les marchands de foi se doivent de cautionner une vérité éternelle émanant du ciel, et qui veut  que l’on ne fasse pas de toute forme de rituel lié à la religion un métier. L’islam est un système se donnant pour vocation le maintien de l’équilibre de la vie sur terre. Equilibre entre les facultés faisant de l’homme un élément de synthèse, entre les hommes avec pour soubassement le dialogue…c’est l’affaire de tous, et non de quelques marchands de foi qui, l’on ne sait sous quelle légitimité, se donnent le droit de faire de la propagation du message islamique un « fond de commerce », si propagation il y’a, l’intention reflétant le cachet obscur de la propagande.

La chose la plus inquiétante en matière de prêche demeure le fait de ne point pouvoir revendiquer son appartenance à un corps de métier quelconque. Pour enseigner aux autres les vertus clairement élucidées par le ciel, il faut avant tout être doté d’un sens de responsabilité. Et cela passe par la nécessité de frôler l’exercice d’un métier. C’est là une sphère à ne point négliger. Un penseur de chez nous l’a conçu ainsi : « En matière de sanctification, c’est la personnalité qui prend le dessus sur la personne. Et il est de tradition que toute personnalité est affiliée à une nature profonde devant répondre à des exigences. » Si la hiérarchie n’est point respectée, l’on s’expose à une crise qui fait que l’on ne puisse plus jouir des valeurs qui font de l’être un HOMME au vrai sens du terme. Ce qui fait que ni la prêche ni le discours tenu devant les croyants ne pourront  peser sur la conscience des autres.

Ce fut là l’un des désirs les plus profonds des colonisateurs français : faire de sorte que ceux qui détiennent l’opinion chez les musulmans sénégalais ne puissent nullement vivre leur religion mais plutôt vivre de leur religion. Celui-ci exige que l’on respecte les principes de l’islam qui veulent que l’on accomplisse ses devoirs religieux tout en participant aux réformes d’intérêt général, alors que celui là demeure un moyen de rester irresponsable parce que ne voulant nullement sortir de sa « zone de confort », représentée par le lieu de culte ou de prêche. Quand on ne souhaite guère se frotter aux réalités du « monde extérieur », notamment en relevant des défis pour le développement et l’équilibre de son pays, on ne peut point aider ses citoyens à en faire autant. Seydina Oumar avait raison de se révolter contre ceux là qui, inspirés par une conscience ubuesque dont on ignorait la source d’inspiration, aimait à se comporter en « marabout », avec ce que cela exige en matière de comportement et d’allure, comme si le monde allait d’un moment à l’autre s’écrouler sur eux.

Il faut autre chose qu’un turban sur la tète et des boubous à l’envergure aussi grande que les ails de l’albatros pour se faire entendre dans ce pays, et en particulier par les jeunes ! Il n’y a que les consciences averties et autres esprits ouverts qui y parviendront. A moins que l’on ne veuille continuer à rester « marabout », avec ce que cela va exiger en matière de paix superficielle, d’absence de volonté, de neutralité…bref, tout ce qui caractérise l’oiseau du même nom qui a inspiré le colon blanc à l’époque. Heureusement  qu’ il y’a les hommes de Dieu, ceux là qui n’ont d’yeux que pour la continuité de la mission prophétique, au nom de la sagesse musulmane.

MAAM CHEIKH  

lundi, 29 mai 2017 00:53

La Jalousie, Un Manque de Foi!

Eugène Cloutier confie : « La jalousie provient d’un manque de confiance envers soi-même.» William Lepen, lui, préfère peindre l’aspect insignifiant de la chose : « Les jaloux sont gênants pour les autres et un supplice pour eux-mêmes. »  A cela Serigne Cheikh Ahmed Tidiane Sy rajoute : « La haine, c’est  la faiblesse du temps. La jalousie, c’est plus qu’une faiblesse, c’est un manque de foi. »

La jalousie est sans nul doute la chose la plus ridicule qui puisse arriver à un croyant. Elle a le plus souvent comme catalyseur des sentiments de rivalité qui naissent dans les lieux de fréquentation. Les colonisateurs, assez imprégnés de la psychologie des sénégalais, en ont usé pour avoir gain de cause. Il a fallut attiser des sentiments de rivalité ca et là pour pouvoir faire régner un déséquilibre social. Heureusement que les guides religieux, ces hommes qui ont toujours su cerner les agissements du commun des sénégalais, ont su faire changer la donne. Quoi de plus significatif que de saisir la vocation de la religion en tant que comportement social pour sauver ses concitoyens, et le tout dans une logique s’inspirant d’une résistance pacifique ? II faut être Cheikh Ahmadou Bamba (rta), cet imbu de la profonde philosophie Mahométane, Seydil Hadj Malick Sy (rta), cet inconnu de la nation sénégalaise dont la dimension intellectuelle plane au dessus de toutes les connaissances réunies, Seydina Limamoulaye (rta), cet Homme de Dieu dont l’œuvre est aussi éclairée que toutes les lumières scintillant dans les fiefs des layènes, pour pouvoir contourner la ruse de ces stratèges blancs !

Dans la Haute Galaxie, il y a toujours régné une « sorte d’inquiétude » qui pèse chez les archanges-si on peut le désigner comme telle-. Elle se justifie par le fait que l’on n’arrive pas à trouver le mérite qu’il y’a à être jaloux de son prochain! C’est méconnaitre la volonté divine que de croire que le fait d’être gêné par la réussite de l’autre pourrait avoir un impact sur les choses. Même le ciel ne cautionne pas un tel acte, et son prophète (psl) n’a cessé de l’apparenter à un vice qui consume les bonnes œuvres à l’image du feu et du bois.

Le plus grave dans l’incarnation de ce mal n’est autre que le fait que le jaloux reste l’allié par excellence de Lucifer. Les enseignements coraniques nous content cette opposition de Satan à l’égard de son créateur. Même si les grands historiens de l’islam se posent encore des questions sur le fait qu’il soit ou non un ange, il est de tradition que toute forme d’opposition envers le ciel s’apparente à cet acte. Voila pourquoi l’on ne peut s’avérer être plus digne que le diable en personne lorsqu’on se sent jaloux du fait que le collègue ait bénéficié d’une promotion que l’on tarde à avoir, que le voisin ait changé de salon ou que l’amie puisse être d’une élégance ou d’un charisme débordant. Hawthorne l’a compris, lui qui a trouvé le diable dans sa forme originelle moins dangereux que lorsqu’il se niche dans le cœur d’un homme !

Nous sommes nés avec  un cœur remplit d’amour et une compassion sans faille à l’égard de nos frères et sœurs en Dieu. Ce sont là des qualités qu’il nous arrive souvent de perdre en chemin, et ceci de la façon la plus inconsciente qui soit. Il est temps que le musulman sénégalais fasse de cette compassion même un crédo. C’est dire qu’il faut commencer par tuer ce Satan qui, assez souvent, dort en nous. Cela n’a rien à voir avec l’autre jalousie qui fait que l’épouse ne cesse de suivre son mari partout où il va ou que la première femme ne cesse de maudire sa coépouse. Et le proverbe polonais de confier : « Un amour sans jalousie est comme un polonais sans moustache ! »

MAAM CHEIKH

  

mardi, 23 mai 2017 22:35

Jeunesse & Sens de Créativité

Chez nous, la conception que l’on a du développement s’est érigée en frein pour l’évolution économique. Pour que cela se fasse de la façon la plus convenable qui soit, il faut qu’il soit intègre et intégré. Dans ce domaine précis, les leviers de la commande restent entre les mains de gens qui sévissent sous le joug du manque d’ambition et de l’obscurantisme. Ah ! Qu’il est dur de ne recourir qu’à des mots pour vouloir instaurer un changement ! Nos gouvernants n’ont jusque là posés que des actes frôlant beaucoup plus une démarche politique qu’une vision économique. Et la situation est encore plus désastreuse quand les tenants du pouvoir pensent que l’action rénovatrice doit indubitablement venir des autres qui, eux, attendent que cela se fasse par l’état lui-même. «  Ne vous demandez pas ce que votre pays peut faire pour vous, mais plutôt ce que vous pouvez faire pour votre pays », se lamentait assez souvent Jonh Kennedy. Et si aucun des deux-aussi bien la jeunesse que ceux qui dirigent le pays- ne fait quelque chose ?

Il faut que les sénégalais méditent sur ces dires du prophète de l’islam (psl) : « Trois choses tendent à faire chuter verticalement une civilisation : une jeunesse sans créativité, une fortune mal gérée et une cupidité scientifiquement organisée. » Le premier vice est donc de ceux là qui sont majoritaires dans ce pays. Et c’est là ce qui semble inquiétant, d’autant plus qu’il n’y a que Messie fasse au gardien de but qui sort perdant après des arrêts réflexes dans un « cafouillage monstre » qui enchante cette jeunesse qui ne semble point prête à s’improviser actrice du changement. Si, en tant que jeune, l’on manque de créativité, mieux vaut rejoindre les coins et recoins fréquentés par les « vieux des grand ‘place » qui aiment à se souvenir de leurs prouesses du bon vieux temps. Il faut donc que certains jeunes commencent par purifier leur « conscience polluée » par des amusements et une société de consommation dont l’évolution inquiète, histoire de cesser de rêver et de revenir sur la terre ferme. Même la routine ne semble nullement être adaptée aux réalités qui veulent qu’ils fassent du sens de responsabilité un tremplin. Ils attendent un changement sans pour autant être prêts à changer ! Encore un rêve ! Il leur faut donc se réveiller deux fois pour prendre les leviers de la commande pardi !

Dans ce pays de Seydil Hadj Malick Sy (rta)  et de Cheikh Ahmadou Bamba (rta), une économie de valeur peine à s’installer. Aux colons ayant voulu peser injustement sur la conscience des cultivateurs sénégalais en leur imposant de préférer une vente à une consommation de leurs récoltes, Mawdo réplique : « Attendez qu’ils soient maitres de leurs récoltes avant de leur dicter une telle conduite. »

A défaut de tendre l’oreille aux ignobles perturbateurs qui polluent l’univers médiatique, ne serait-il pas mieux d’étudier les parcours de références à l’image de Babacar Ngom ou de Fatou Diom ? En effet, celui-ci a su, avec ses 120 poussins er ses 60.000 francs CFA en pocheà ses débuts, faire preuve d’une rigueur remarquable au point de faire partie intégrante des 25 personnes les plus fortunées de ce pays, alors que celle là a pu faire un parcours atypique. Cette femme, écrivain dont l’opinion pèse lourdement aujourd’hui en occident, à du devenir ménagère  à Dakar, à Banjul puis à Strasbourg pour se payer ses études. Un autre, originaire de l’Amérique dont « l’irréalisme » inquiétait les grands du pays de l’oncle Sam, a su lui aussi faire preuve de créativité au point de faire une révolution. Il n’y a que les irréalistes qui savent faire exploser les choses tout en bousculant les conceptions socio-économiques tel un détonateur. Et boum ! Steve Jobs devint le gig préféré des américains depuis toujours. Le géant d’Apple nous confie sa conception de la créativité : « La créativité, c’est le fait de vor quelque chose qui nous semble évident au bout d’un moment. Etre créatif, c’est créer des choses nouvelles en reliant des expériences entre elles. C’est donc l’affaire de ceux qui ont assez d’expériences et qui ont su y réfléchir plus que les autres. » Il est de tradition qu’une expérience ne s’acquiert que lorsqu’un passage à l’acte s’observe. 

Pour une sortie de crise économique, mieux vaut commencer par le commencement : sensibiliser cette jeunesse sur la gravité du manque de créativité. La France nous a « offert » l’indépendance. Depuis, seuls quelques esprits ambitieux  ont su se battre pour réaliser des projets d’envergure qui puissent impacter économiquement et tenter de faire de ce pays un modèle reconnu. Les autres ont depuis toujours préféré suivre le parcours « classique tout tracé » : acquisition de diplômes, embauche et salaire assuré, couverture retraite garantie, éternels grèves et revendications syndicalistes…Les pays anglophones du continent noir ont pu se battre pour sortir de ce gouffre, notamment en faisant de sorte que la plupart des jeunes puissent lancer leurs start up et participer activement à l’évolution des choses. Au Sénégal, au contraire, nous en sommes toujours à une phase ou il convient de continuer à sensibiliser les jeunes sur la nécessité d’entreprendre. Heureusement que quelques uns s’évertuent à faire preuve de créativité. Les autres, eux, préfèrent faire de la lourdeur de la bureaucratie la particularité de leur train-train quotidien, ou encore accomplir le métier qui faisait rêver toutes les femmes juste après l’indépendance : secrétaire de direction ! Heureusement que les mentalités ont changé entre temps, et continuent de l’être…faisons tourner donc cette faculté qu’Albert Einstein dit être contagieuse : la créativité. Que l’épidémie se répande partout dans ce pays des signares et autres saltigués du Sine !

Maam Cheikh

 

Il y’a des hommes qui, bien que dans leurs tombeaux, demeurent à jamais dans le cœur de leurs contemporains. Le Tribun de Tivaouane est une légende vivante. Sa disparition n’exclut nullement le fait que l’humanité continuera à se remémorer sa philosophie. Cette forme de pensée que rebute les conceptions classiques ayant pour source l’œuvre du colon, celui là qui, selon Al Maktoum, n’admet que le marabout ne fasse autre chose que de rester marabout, avec ce que cela comporte de « caricaturisme », d’effacement et de farce.

Les contemporains de Serigne Cheikh Tidiane Sy, ces disciples de son père qui ont voulu qu’il reste dans la cour du Khalife pour s’improviser maitre et « marabout », se sont opposés à son désir de s’ouvrir au monde. C’est bien plus tard qu’ils ont compris que l’homme est détenteur d’une mission qui  n’a rien à voir avec le fait de vivre de sa religion : Il vit sa religion. C’est simple : Il remplit sa mission de vicaire du ciel tout en contribuant à la progression de l’humanité. Cela n’a rien à voir avec l’action des marchands de foi.

Jamais parcours n’a été aussi remarquable : entrepreneur actionnaire à la SOCOCIM, poète, auteur dés l’âge de 16 ans (les vices des marabouts), rédacteur en chef du journal « l’islam éternel »,  créateur du P.S.S, ambassadeur du Sénégal en Egypte (Caire), conférencier émérite, …assez inspirant comme legs pour  un pays comme le notre. La formule chimique conçoit : « Rien ne se perd, rien ne se crée, tout se transforme ! » On ne peut, en effet, perdre ce phénomène que le tonitruant Mbaye Dondé désignait par le surnom « autre chose », puisqu’il est l’œuvre du divin et a toujours su justifier le « caractère ombrageux » que d’aucuns citaient à son égard : « Je sors quand je veux. Mais je ne me sers pas de clarinette pour le faire savoir. Il y’a des complexes qui tuent…Chose que j’ai toujours récusé », laissait entendre le mystique et citoyen du monde. Ce qu’on peut, c’est « transformer » ce qu’on a pu acquérir comme philosophie de sa part. Et c’est de là que sera atteint l’objectif o que noble consistant à s’inspirer de cette pensée, puisqu’au-delà de la tristesse et de l’angoisse de tout un chacun, se trouvera un désir profond que « l’homme à la djellaba » résumait ainsi : « Toute émotion se doit d’être transformée en synergie. »

Al Maktoum n’est plus. Mais son œuvre peut être considérée comme un centre de rayonnement pour la lutte contre ces maux qui gangrènent ce monde. Au-delà du profil du religieux qui maitrisait aussi bien la littérature coranique que la langue de Molière-ce qu’évoque la plupart de ceux qui ont écrit en parlant de « marabout intellectuel »-, se cache le portrait d’un homme qui a su depuis toujours citer des suggestions de haute portée qui puissent révolutionner les pratiques pour le bien de la conscience universelle. Pour lui, les conceptions qui peuvent servir de tremplin à notre planète se résume ainsi :

-La religion ayant pour vocation première un maintien de l’équilibre pour la bonne grâce de tout ce qui existe, l’islam un système éducatif à la fois social, politique, culturel et religieux, et la tariqa un club mystique ou se forme continuellement les athlètes de la religion 

-Une paix associée au règne de la justice avec pour pierre angulaire la légalité

- Une nécessité existentielle de ce qu’on appelle vertus, avec pour pilier la volonté

-La primauté du droit à la vie sur l’état de droit, parce que celui-ci symbolise un cadeau du ciel alors que celui-là porte le cachet des ambigüités de la politique politicienne

-Une condamnation des trois (3) éléments qui font chuter toute civilisation : une jeunesse sans créativité, une fortune mal gérée et une cupidité scientifiquement organisée

-Un acharnement sur tout ce qui pollue moralement notre nature profonde au point que l’économie de traite et le salaire façonnent l’individu.

Que de conceptions sur lesquels pourrait reposer l’équilibre du monde. Il faut une jeunesse audacieuse et déterminée pour tenter de concrétiser cette œuvre. Une jeunesse qui prendra conscience du fait que la philosophie d’Al Maktoum sera plus juste et plus fondamentale que celle de Descartes au tribunal du Seigneur, et que les vers du fameux « Fa Ileyka » n’ont rien à envier  aux envolées lyriques de Lamartine. Il est temps que l’œuvre de l’homme du 15 mars puisse être propagée au nom de la sagesse musulmane. Prions pour que les « marchands de foi » ne puissent croire à une réislamisation !

Maam Cheikh

dimanche, 23 avril 2017 23:43

Chronique des Enfants Gatés du Ciel

L’Homme du 15 mars, ce mythique et mystique dont la disparition vient d’atteindre les 40 jours, a commenté à sa façon cette confidence du ciel à son prophète (psl) : « C’est nous qui faisons succéder les jours, les uns aux autres. » Al Maktoum écrit : « Entendons avec les réalités qui s’y renferment. Il faut être plus puissant que Dieu pour mettre autre chose à la place. » Et pourtant, l’homme du monde peine à cerner la portée d’une telle suggestion, au point de faire objet de trois interpellations. Interpellations s’apparentant à de « profondes inquiétudes»  que Serigne Cheikh Ahmed Tidiane Sy exposa à l’occasion du Gamou de Tivaouane en 1984. Des interpellations qui sont plus que d’actualité au point que Serigne Moustapha Sy y revienne dans un contexte à la fois tragique et historique, car marquant le 40ème jour de la disparition du Tribun de Tivaouane.

 

Interpellation d’Ordre Divine : Le Mérite des Enfants Gâtés du Ciel

La première interpellation est purement divine. Elle dénonce les vicissitudes constatées dans une sphère où la grâce du ciel est pourtant déposée. Quoi de plus insignifiant que d’évoluer dans un cercle dans lequel l’éclat des bienfaits de Dieu scintille encore et d’avoir une nature profonde qui ne répond à aucune exigence ? Et c’est pourtant ce qui donne son sens au fait qu’une élite puisse avoir des privilèges qui font qu’on ne peut désigner ses membres par une appellation autre qu’enfants gâtés du ciel…Que ca choque les esprits butés ! Une occasion pour ce Responsable Moral au verbe sublime et à l’éloquence authentique de magnifier leurs œuvres.

 Il n’y a que le ciel qui puisse accorder cela à ses héros, des personnages que même le geste le plus « fatal » de l’ange de la mort rebute. «  Nous préférons une main au geste aussi délicate et aussi noble que la nôtre pour mettre fin à nos vies », clament-ils en guise de crédo envers le ciel. Cela n’a rien à voir avec les fins de vie qui surviennent de la façon la plus ubuesque qui soit. Et le Tribun de Tivaouane de s’insurger : « Il est des morts qui assistent à leurs funérailles de la façon la plus symbolique qui soit. » L’Histoire sainte nous conte la grandeur d’un des leurs. Seydina Omar, puisque c’est de lui qu’il s’agit, se frayait des chemins que Lucifer lui même évitait, sous prétexte qu’il ne pouvait nullement les parsemer d’embuches. Et c’est justement parce qu’il a été promu au rang  d’enfant gâté du ciel.

 

Interpellation d’Ordre Prophétique : De La magnificence de La Plume

La deuxième interpellation est d’ordre prophétique. Elle se résume ainsi : Un refus catégorique de prononcer la formule  qui voue au messager du ciel (psl) une paix considérable. « La haine peut justifier le fait que l’on déteste son prochain. Mais l’acte de haïr le ciel ou son prophète (psl) est plus qu’une haine, c’est la manifestation pure et simple des agissements d’un esprit buté », soulignait l’homme à la djellaba dans ce discours tenu au Gamou en 1984. En effet, aucune logique n’est à même de justifier un tel refus. 

 « Je compte sur ta volonté pour accorder à ces deux mots-« oui » et « non » un sens céleste…faire de sorte que l’un et l’autre soient fondés sur l’équilibre de la foi.» Il faut être le Seigneur des cieux et de la terre, « ce Dieu tombé du ciel pour redevenir ici bas le favori de la compétition universelle », pour citer Al Maktoum, pour pouvoir tenir une suggestion de si haute portée à l’encontre d’un de ses prophètes, notamment l’interlocuteur par excellence (Moise). Il n’y a rien de plus noble que le fait d’entrevoir, dans un refus ou une acceptation, le cachet du tout puissant.  « Même dans le processus de création, le « oui » formulé par certaines âmes était peint d’un refus que seul  Dieu pouvait déceler », rétorque le Responsable Moral des Moustarchidines.

«  Je préfère manquer de tout sauf de clairvoyance », soutenait Serigne Alioune Gueye. Pour se soustraire à cette insuffisance, le seul recours du musulman reste cette assertion prophétique : « L’encre du savant est aussi précieuse que le sang d’un martyr. » Et c’est ce qui donne tout son sens à ce que symbolise la plume (Qalam). Si le ciel supervise les deux mondes, la plume, elle, joue un rôle d’émissaire. «  Elle est à la fois un moyen d’expression d’une confidence sans faille entre deux personnes compatissantes envers elles et une chargée de mission dans l’expédition de messages aux morts par les vivants », précise Serigne Moustapha Sy. Il s’agit de la mort dans son sens la plus noble qui soit, celui là qui fait que les héros du ciel précisent qu’elle est faite de majesté. S’il est vrai que les champs de bataille peuvent servir de rendez vous aux hommes d’honneur, il n’en demeure pas moins que le sabre et les éloges ne peuvent nullement magnifier l’action des grands de l’islam. Seule la plume est apte à témoigner dans cette logique.

 

Interpellation d’Ordre Mystique : Pour Que L’Humanité Soit Réellement Humaine

La troisième interpellation est celle des hommes de Dieu. Elle illustre la maladresse de ceux qui ont été foudroyés par leurs avoirs ou encore égarés par leur savoir. Les premiers sont dans une logique -si logique il y’a-  qui se détourne de la philosophie du coran dans ce domaine. Et Al Maktoum de procéder -encore une fois-  à un commentaire de ce passage avec la profondeur qu’on lui connait :

«  Ce passage du Coran voulait nous rappeler qu’une civilisation n’est digne que quand elle place l’Ame, qui est en contact direct avec un Monde Incorruptible, au-dessus des Vertus, bien que celles-ci soient considérées comme l’élément moteur permettant à l’Humanité d’être réellement humaine. 

    Et il y a les avoirs matériels qui, à leur tour, ne demandent qu’à se mettre au service des Vertus, afin que la Hiérarchie soit respectée.

 Ame plus Vertus plus Avoirs Matériels égalent Civilisation !
 »

Quant au savoir, il se veut à la fois un tremplin et un impératif qui puissent sauver le croyant. L’ignorance des incultes demeure un « fléau » que l’humanité peut combattre, notamment en encourageant les uns et les autres à aller cueillir les fruits du savoir. Mais celle des savants reste plus que complexe, d’autant plus que ces esprits rachitiques sont loin de cautionner un tel constat les concernant. « Dans ce domaine précis, le seul rempart demeure le fait d’avoir pour fin en soi son attachement sans faille au Prophète (psl), et de considérer comme des moyens ces avoirs et autres formes de savoir », précise le Chef de Guerre du Mouvement Moustarchidine.

 

« Ababakar Sy est notre père. Fut-il dans sa tombe, nous continuerons à le glorifier pour l’éternité ! » Il a fallut 60 ans pour que cette prestation d’allégeance  d’Al Maktoum soit en parfaite harmonie avec une tragédie dont sa mémoire demeure l’élément essentiel. Il aimait à rétorquer qu’Ababakar Sy (rta)  n’avait pas eu tort de dédier le Mouvement Moustarchidine à la mémoire des gens de la caverne. L’action des Moustarchidines, qui s’effectuera désormais sous le truchement de la philosophie de Serigne Mouhammadoul Moustapha Sy, aura pour centre de rayonnement la mémoire de l’homme du 15 mars !

Maam Cheikh

Chez nous, il persiste un phénomène qui fait que la république se doit d’être réinventée, parce que nullement associée à des principes nobles. Les défis que nos dirigeants devraient relever demeurent urgents, et le temps assez restreint pour que l’on fasse de la politique politicienne un tremplin.   

El Hadj Ibrahima Sall écrit : « La société sénégalaise est anémiée de vertus et frappée  d’ischémie morale. » Quoi de plus signifiant et de plus juste pour définir les maux dont souffre le Sénégal? Il faut être un homme de culture pour pouvoir procéder à un diagnostique aussi profond. Diagnostique qui en dit beaucoup sur les tares de l’évolution de notre société. Il faut être l’auteur d’un ouvrage aussi engagé que « demain, la république » pour pouvoir  peindre notre société de la sorte.

La raison première, selon lui, tiendrait au fait que l’école s’est métamorphosée pour devenir l’image quasi-parfaite de cette société en déliquescence. Et la seule déliquescence qui vaille ici est celle des valeurs. Le règne actuel des théories sans fondement, des discours sans souplesse et des écrits sans profondeur trouve sa source dans un mal, celui là qui fait que le sens de la culture soit travesti. Il ne s’agit plus de mettre en exergue des valeurs mais de simples accumulations de connaissances. Et par là, la communication devient ce détonateur dont Albert Einstein prédisait l’explosion pardi ! Et Sidi Ibrahim Rayahi de procéder à une alerte : « la formule qui fera exploser ce monde sera moins militaire qu’on le croit. » Dans notre pays, elle s’identifie au fait de promouvoir des anti-valeurs.

«  Chez nous, l’indiscipline est naturelle», se plaint un penseur sénégalais. L’auteur et professeur d’économie et de finances évoque un incivisme qui a son lot quotidien de scènes qui, à force de se répéter, tombent dans la banalité. Même les « hautes instances » ne sont pas épargnées. «  Des ministres de la république qui commettent des agressions, des députés qui ne respectent pas la loi, des magistrats qui tordent la main à la justice, les plus hautes autorités qui violent les textes fondamentaux », se lamente t-il dans ses écrits. Qu’ont en commun toutes ces personnalités au point de commettre ces bavures ? Un gout effréné pour la tricherie. Le mérite ? Arriver à « tromper son monde » en faisant mine d’incarner ce qu’on n’est pas. En matière de rhétorique,  le sénégalais est passé maitre dans l’art de séduire tel Moise. Mais il suffit qu’il agisse pour que l’on entrevoie à travers son geste le cachet d’un homme aussi redoutable que le pharaon en personne ! 

Le pouvoir doit être affilié à un sens de responsabilité. Mais pour un « possédé du pouvoir », il convient de désigner cela par une autre épithète. Il est temps que notre pays soit épargné des vicissitudes qui gangrènent sa société. Pour cela, force est de reconnaitre que seul un acte concret est en mesure d’aider à réaliser cela, et non un verbiage sans rendement et une cacophonie exécrable. Cela devrait passer par la mise en exergue de la vérité et du bon sens, et l’entame d’une guerre sans merci contre l’impudeur et l’indignité. Ceci devrait être considéré comme un sacerdoce aussi bien par les tenants du pouvoir que par ceux qui évoluent dans les bleds les plus reculés du pays.

 Mahatma Ghandi avait raison de dire que le changement s’incarne. C’est donc cette fameuse « objectiver la subjectivité et subjectiver l’objectivité » de Tere de Zardin qui devrait faire l’affaire. Pour se soustraire donc de cette anomalie qui fait que notre cadre de vie soit devenu moralement pollué, l’auteur théorise l’exemplarité morale : dire ce que l’on pense et agir en fonction de ce que l’on dit. Il suffit d’y associer une pédagogie de la vertu, assez noble pour ne pas s’attarder sur l’élégance des mots, mais plutôt sur l’acte. Méditons sur cette prophétie du Tribun de Tivaouane, l’éminent penseur Serigne Cheikh Ahmed Tidiane Sy Al Maktoum : « Notre pays me confiait récemment : J’ai la nostalgie de ce que j’étais et que j’ai cessé d’être depuis la programmation par le Parti de la chute de tout ce que l’on peut appeler une valeur...je veux redevenir un pays digne et noble, loin des rumeurs et des mensonges (...) je veux redevenir un pays bon, solide, courageux, authentique, plein d’énergie, ne confondant point le sursaut d’une vaillante jeunesse aux sautillements d’un singe ivre de cognac. Je veux redevenir moi-même : un Sénégal fier et confiant. »

Maam Cheikh    

Il y'a exactement 22 ans, jour pour jour, Serigne Cheikh Ahmed Tidiane Sy entamait au Cices de Dakar une série de 9 Conférences dédiées à la fameuse Sourate Al Ikhlas (encore appellée Souratou Tawhid). Ces sorties publiques intervenaient après une absence de 7 années. Les âmes honnêtes magnifient, depuis toujours, le fait que Serigne Moustapha Sy, leader émérite du Mouvement Moustarchidine, soit à l’origine de cette réapparition d’un « pole caché ». La conscience collective avait, avant cela, cru au fait que l’homme du 15 mars avait pris un bail pour la postérité.

De Dakar à Tivaouane, en passant par Keur Dieumb, Guédiawaye, Thies, Saint Louis, l’homme à la djellaba servit à son auditoire un enseignement peint d'une sagesse remarquable. Il faut être Al Maktoum pour pouvoir décrire les composantes des univers, depuis la Nature Essentielle du trés haut (hàhoud) ou seul Dieu a accès, jusqu'au Monde des Ombres (nàssoute) ou nous évoluons, sans oublier Làhoud (essence divine), Djabaroud (monde des archétypes) et Malakoute (monde des formes). Il faut être le digne héritier de Cheikhal Khalifa Ababacar Sy (rta) pour pouvoir citer des membres du Cercle d'Addouratoul Bayda tels Imam Dassouqi, Cheikh Abdoul Khadr Al Jaylani, entre autres.

Une mise en exergue des missions prophétiques, comparée aux œuvres scientifiques, a aussi été au rendez vous. « L’existence de l’homme n’excède pas 6000 ans », rétorquait t-il à Saint Louis. Ce fut surtout l’occasion de souligner cette attitude plus que perfectionnée qu’exige la doctrine prophétique dans la réalisation de toute œuvre, et cette façon pour le musulman de transcender les réalités communément admises en s’inspirant de l’exemple de Tere de Zardine, ce penseur considéré comme lyrique par certains polémistes occidentaux : « Objectiver la subjectivité et subjectiver l’objectivité ». Dés lors, paresse intellectuelle, stress, incompétence absolue entre autres deviennent des vices éloignés du cadre d’évolution du croyant. Ce qui lui fit dire, le 29 Janvier 2000 au Cices, qu’il n’y a rien de plus contradictoire que le fait de se déclarer disciple du Pole des Saints tout en étant atteint par les vicissitudes du temps, parce qu’ayant pour source de grâce un homme de Dieu qui demeure le maitre de son temps.

Les 18 membres du « club mystique « Addouratoul Bayda  » (qu’il désigna par l’appellation « Sénat » plus tard au Gamou 2011) , les érudits passés maitres dans l’art de l’enseignement de la Jurisprudence islamique et autres intellectuels de Bagdad ont été, selon Al Maktoum, les propagateurs des enseignements prophétiques. Sibeuweihi, Kissà I, Aboubakar Ibn Douraid, Imam Chàa Fi I, ont tous été des sentinelles qui ont contribué à éclairé le chemin parsemé d’embuches de tant de croyants…et parfois avec une audace qui laisse toujours perplexe leurs inconditionnels. « Aucune âme n’est assez préparée pour se mesurer à la mienne », aimait à dire Imam Chàfi i ». Et le tribun de Tivaouane de confirmer cela par une précision ; « La conscience de soi n’a rien à voir avec la prétention. »  


Ces communications furent l’occasion pour Ibn Khalifa de revenir sur les précurseurs de « l’Université de Tivaouane », ces hommes qui savaient associer une maîtrise sans faille des connaissances livresques à une sagesse qui surpasse l’entendement du commun des mortels. Serigne Alioune Gueye, Serigne Mounirou Sarr, Serigne Cheybatou, ou encore Serigne Moussa Niang, furent des apôtres qui ont su incarner avec noblesse les traits de personnalité qui s’apparentent à ceux des fidèles compagnons du Prophéte Muhamad (psl), parce que sévères à l’égard des ennemis de la raison, compatissant dans les relations condisciplinaires et propagateurs de la philosophie de leur maitre.

 PS : Ce schéma représente les mondes existants dans le « système création », avec les couleurs qu’ils portent. Il a été conçu en fonction des descriptions faites par Al Maktoum dans sa conférence du 8 avril 1995, qui marquait le début de cette série d’allocutions tout aussi passionnantes que profondes.

 Maam Cheikh

 

 

 

 

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