Maam Cheikh

Maam Cheikh

jeudi, 08 fvrier 2018 17:57

L'Amour Avec Un Grand A

« Je m’en fiche de ce qu’elle pense, elle est là pour que je la compense, relax, appelle la peut être que c’est ton jour de chance ! » C’est là l’hymne qui sonne le glas d’une hésitation. Perplexe à l’idée de voir sa « déclaration de flamme » rejetée, Ara hésite. Deyza, plus spontané, souffle à son acolyte de scène : « Khana daguako tipsé ? Djeulko, looy yeureumteulou ? » (Elle te plait ? Drague là ! A quoi bon faire le poltron ?).

C’est qu’Ara est loin d’être du genre à frissonner devant une fille, aussi sublime soit-elle. Sa démarche à lui, c’est de se la jouer doux et élégant à l’image d’un gentleman. 

Aborder n’est pas chose facile, mais quand on est « brickest », on sait s’y prendre avec la finesse d’esprit que cela exige. Il faut du tact, de la délicatesse, et un peu d’humour-la fameuse « comédie Serigne Ngagne » d’Ara peut aussi servir. Les hommes passés maitres dans l’art de faire rire une femme sont dix fois plus chanceux que ceux qui se la jouent « trop sérieux » ! Bien sur, dans un camp comme dans l’autre un sens de la mesure inouï est à même de servir. Là, même « xalei xaliss » tomberait sous le charme.

La pierre angulaire de l’amour ? Un choix en parfaite harmonie avec ses aspirations. Si Ara révèle que « sama choice» (son choix) est fan de Vivi, d’une jalousie maladive, intellectuelle de demi-mesure et assez fun de nature, Deyza n’hésite pas à jouer la carte de la noblesse. Et notre « gangster » qui abordait en rétorquant « bordel » d’opter pour une fille tout aussi pieuse que disciplinée, et d’une simplicité si naturelle ! Il suffit de se rappeler les images du fameux clip « sama choice » pour revoir la fille sereine vêtue à l’oriental comparée à la Miss Town d’Ara qui se déambulait dans un espace où le luxe peint l’atmosphère.

Une fois choisie et abordée, une fille comblée ne peut que rêver de mariage. Et la révélation est de la voix dont le timbre enchante à jamais la jeunesse fan de Hip Hop au Sénégal. Ara confie : « Woona sa baba ! » (J’ai appelé ton père). Une formule qui renvoie à tout un monde de bonheur : colas, témoignages, tenues traditionnelles, robe de mariée…le temps d’un passage à l’union sacrée.  

La vie de couple, avec son lot de moments intimes, fleurete souvent avec les embrouilles. Et quand madame claque la porte, valise en main, Ara ne peut que crier : « Im so sorry ! » (je suis désolé). Surtout quand on a affaire à une merveille que l’on magnifie ainsi : un visage rayonnant sous l’éclat de la lune, une intimité aussi succulente que le gout du sucre dans le café et un odorat qui renifle la rose pour qu’elle vive. Et Deyza de refaire surface pour le retour de la bien aimée de Mister Ara. A l’égard de la fille, il déclare : «Ara ne veux que ton bonheur. Il t’a prouvé son amour et m’a montré une bague, soutenant qu’il a toujours voulu t’épouser… »

Par contre, quand tout se passe bien, on ne peut que glorifier l’amour, avec tout ce qu’il a de merveilleux. Quand une femme contribue à changer notre vie, on ne peut pas ne pas lui rendre hommage.

Après « Sama choice », « Aborder », « Woona sa baba » et « I’m sorry », Ara et eviendront pour nous chanter, en ce mois ou l’on célèbre l’amour, une beauté loin d’être fardée. Une beauté qui, pour reprendre les propos d’Al Mutannabi, n’a pas été « cassée par la cité », parce que non éloignée du naturel. L’autre, c’est souvent l’architecte qui a contribué à reconstruire notre cœur démolit pas tant de déceptions pardi ! Et en période d’angoisse et de stress profonds, l’aimé devient ce médecin qui soigne des maux de par ses mots qui réconfortent. Ce qui fait qu’on ose nullement trahir l’autre, cette créature aussi belle intérieurement qu’extérieurement. Qui disait que la présence est plus importante que la beauté ?

Ici tout est positif, et Deyza supportera même les caprices. Une sorte de suicide psychologique qui lui fera accepter tout ce qu’une femme peut tenter pour manifester son désir de s’imposer. Comment trouver du temps pour la femme aimée quand on pense à elle toute la journée pour ensuite rêver d’elle toute une nuit ? Le duo de rap de l’année nous le dira ce vendredi 9 février en chanson…wait and see !

 

Maam Cheikh

Chroniqueur

Senpresse.com

    

samedi, 03 fvrier 2018 03:08

Chronique d'Une Théorie du Complot

Sokhna Sophie Dem confie à une condisciple dont la compassion envers le docteur de la foi est d’une envergure  débordante : «  En vérité, Serigne Moustapha Sy ne sera nullement épargné par ceux qui ne sont là que pour tenter d’entacher la dignité des élus de Dieu. Et c’est logique d’autant plus que ses prédécesseurs ont eu affaire à des ennemis dont la ténacité justifie une haine assez rare.»

C’est l’exposé de la poussée d’un mal qui justifie à jamais cette assertion d’Al Maktoum : « l’Homme du monde est capable de toutes les bavures. » Si le geste des grands de l’islam mérite respect et glorification, il n’en demeure pas moins que la théorie du complot a, tout comme lui, résister aux vicissitudes du temps. Elle a su, tout comme la foi, trouver un refuge. Mais à défaut du cœur du croyant, elle a préféré séjourné, au fil des siècles, dans les cœurs des adeptes de la haine et de la jalousie.

En effet, l’occident évoque cette fameuse théorie depuis des siècles, mais ne met en exergue que l’aspect sournois, illégal et néfaste de la chose. La franc-maçonnerie, l’avènement de l’anti-communisme aux Etats-Unis, l’assassinat de John Fitzgerald Kennedy, le fameux Da Vinci Code entre autres en sont des exemples frappants. Mais ici, il s’agit de relater des récits qui n’ont rien à voir avec le contenu des manuels d’histoire, parce qu’affiliés au mémorial des héros du ciel. 

 

                                L’Epopée d’Adam Ou L’Avènement de L’Illicite

 L’histoire sainte nous raconte l’épopée d’Adam, opportunité pour un nommé Lucifer de concrétiser le concept. L’ennemi juré des partisans du mal déclare : «Je n’ai qu’une seule préoccupation, c’est d’anéantir ceux qui sont susceptibles d’incarner la noblesse voulue par le ciel. » Et l’homme à la djellaba de mentionner sa conception de la chose : « Il est de tradition qu’en matière d’adversité, le ciel a toujours préféré faire face à un adversaire dont la ténacité est d’une stature colossale, afin de pouvoir donner un sens aux exigences de sa gloire. » Le pouvoir, la femme et les interdits devinrent les armes tant convoités d’Iblis. Une logique qui fleurete avec celle du Tribun de Tivaouane, dans l’un de ses discours magistraux sur l’unicité de Dieu au siècle passé : « L’autorité d’Adam, la dignité d’Eve, les insuffisances de Satan et le secret renfermé par le fruit défendu témoignent tant bien que mal de l’existence éternelle d’un mal qui aura pour commencement le déséquilibre social.» Mais le Responsable Moral a soulevé une équivoque des plus pertinents : c’est que cet amalgame est une occasion pour le ciel de tester la volonté du croyant, histoire de prouver que ce qui donne un sens à la foi se trouve dans un courage justifié par une soumission sans faille à Allah.

 

                            Le Récit de Noé Ou La Naissance de La Haine

 Au fil des siècles, la théorie du complot s’est manifestée par « l’avènement de la haine. » Serigne Cheikh Ahmed Tidiane Sy évoque une faiblesse du temps, histoire de citer ceux là qui ont fini par en devenir victimes, parce qu’ayant vu leur sérénité bafouée par la réussite d’un autre. Serigne Moustapha Sy, lui, va plus loin, notamment en parlant de l’aspect héréditaire de la chose. Ce qui justifie la volonté de Noé de voir son peuple anéanti, parce que conscient de l’existence d’un mal qu’aucun miracle prophétique ne peut éradiquer. Là aussi, le ciel procède par une volonté émanant d’une démarche qui lui est propre, en ne daignant point épargner l’entourage de son envoyé de missionnaire.

« Quoi de plus remarquable que la démarche des mystiques en termes d’invocation ? Seydil Hadj Malick Sy (rta), lui, a préféré jouer la carte du sens de la mesure : prier Dieu de l’épargner du mal de la personne du mécréant plutôt que du mécréant lui-même », confie l’auteur de Daa al bilàd. Il va plus loin : « la théorie du complot est de l’ordre du divin. Toutefois elle n’a de sens que quand il y’a un esprit libidineux apte à la matérialiser. » Ce qui semble plus profond aux yeux des ouverts d’esprit, comparé à la conception scientifique de la chose.

 

          L’Histoire De Salomon Ou La Procréation des Forces Invisibles

Avec le règne de Salomon, la théorie a trouvé sa place au sein de la famille même du roi et prophète. Un seul prétexte justifia la présence des forces du mal auprès de son frère en Egypte : le cumul de deux pouvoirs, notamment la royauté et la prophétie, jugé anormal ici. Salomon ne dut son salut qu’a l’impact de l’alliance avec Balqis-et non une simple coalition- ainsi que de l‘intervention d’autres forces, dix fois plus puissantes, parce qu’invisibles.

 

                   L’Aventure de Moise Ou L’Eclosion des Massacres

Avec Moise, les massacres devinrent les seuls moyens pour prévenir une quelconque naissance promue au rang de succession. Mais la mésaventure de l’interlocuteur par excellence fut une occasion pour le ciel de théoriser trois principes : une soumission corps et âme à Dieu summum de toutes les richesses, une intimité avec le ciel gage d’un bonheur inouï et une guérison de l’âme symbole d’une quiétude. « Le seul impératif qui vaille, en matière de guérison, demeure pour le médecin une nécessité de rattacher sa conscience à l’existence de ce que l’on peut désigner par une volonté divine », précise le pensionnaire du relais. En occident, même la vaccination fut, à une certaine période, visée dans le cadre de la théorie du complot, histoire de faire croire à une création visant du profit et non un désir de prévenir une quelconque maladie.  

 

                         La Venue du Christ Ou L’Apparition de Sectes

Avec le Christ, les adeptes de la fameuse théorie ont remué ciel et terre afin que l’histoire du fils de Marie fasse l’objet de toutes sortes de confusions. Même le fait qu’il fut « coupé de ses originales orientales » trouva sa place dans une lettre de l’homme du 15 mars, « islam et monde occidental », notamment sous forme de dénonciation d’une certaine tendance dominatrice née en occident. L’avènement d’une secte de la franc-maçonnerie, instaurée par les juifs au quatrième jour de la naissance du chef de file des douze apôtres, est une parfaite illustration de ladite théorie. Cependant le désir de l’éliminer resta vain. Quant aux adeptes d’une « illustration sentimentale » de la chose, ils optèrent pour une mise en scène qui le donne pour victime de la croix.

 

L’étoile de Médine, bien que confronté aux vipérins usant de la théorie en question, eut pour tremplin dans son œuvre une sanctification par le Seigneur de ses actes fréquents. Seydouna Mouhamad (psl) a su, inspiré par ce Dieu qui fut pourtant celui de Moise, Nouh, Insa et Salomon, donner un sens céleste à ses moindres répliques ou gestes.

L’étoile de la théorie du complot brille toujours  lorsque le missionnaire prendra la peine de contempler le ciel. Mais cela ne pourra point l’empêcher d’accomplir ce qui justifie sa présence sur terre. Le reste dépendra de la lucidité de son entourage et des préceptes de son oeuvre, tout en sachant que l’essentiel demeure la manifestation divine.

Il faut être doté d’une finesse d’esprit à l’image d’Al Maktoum pour déceler les traits de cette volonté ainsi : «  Dieu a assisté à toutes les catastrophes du monde. Il a assisté à toutes les guerres, à toutes les paix et à la chute de toutes les divinités. »

Il faut être un Responsable Moral aussi éminent qu’Al Mourchid pour pouvoir également cerner les changements de visage de la théorie du complot : expression d’un machiavélisme par des gestes assez inhumains à l’égard des « Abàdilah », campagne de dénigrement ciblant les écrits de l’Imam Ghazali, complot contre la personne d’Abou Hanifa, déclaration de persona non grata pour l’Imam Chà fi I, violence verbale à l’égard de l’Imam Malick, opposition à l’avènement de la confrérie de l’Imam Chàzili, objection face au savoir incommensurable ayant élu domicile dans la mémoire de Cheikh Abdoul Qadr Al Jaylàni, exclusions d’Abou Yazid, de l’Imam Boukhàri et de Zounounile Basri, complot et éxécution de Halladj.

                         La Tijanya Face Aux « Anti-Confrériques » Nés

Avec les Seigneurs de la Tijanya, la théorie est, cette fois-ci, devenue l’affaire des ennemis des dignes héritiers du prince de l’espèce humaine (psl) .

Cheikh Ahmad Tijany Chérif (rta) canonisa une indulgence à l’égard des grandeurs de l’univers loin d’être préparées à se mesurer aux imbus d’une profonde Haqiqa (réalités essentielles). Et pourtant, l’on raconte toujours ce qui fut à l’origine de l’assassinat de ses deux fils ;

Que dire donc de Seydil Hadj Malick Sy (rta), exclu de son domicile à Saint Louis, et errant dans les rues de la vieille ville pour trouver une demeure ? Heureusement que le livre saint ne cautionne l’ostracisme que dans le domaine de la foi. Seuls ceux que rebute une adhésion à la cause Mahométane peuvent être considérés comme des exclus. Et Serigne Cheikh Tidiane Sy de s’insurger : « Ils se sont exclus eux-mêmes, parce que peinant à croire à ce qui a été révélé au prophète de l’islam (psl). »

Le tout du bien, Cheikhal Khalifa Ababakar Sy (rta) a, selon le Responsable Moral, bénéficié d’un privilège en tant que Khoutbou. Ce qui a contribué à dissiper toute manifestation exotérique des conséquences des ruses des ennemis. Quant à l’homme à la djellaba, l’on se souvient encore de cette Une du Journal la vache-« les magouilles de Cheikh Tidiane »-, histoire de vouloir agir sur la conscience publique en diabolisant celui qui demeure la parfaite incarnation de tous les saints.

 

                          Et Depuis, le Mal Est Toujours Parmi Nous

 Une « mentalité complotiste » pèse toujours sur la conscience de quelques esprits rachitiques dans ce pays. Cependant elle ne saurait perturber la protubérance de la cause Moustarchide. C’est simple : les moustarchidines ont su, au Sénégal, nationaliser la prise de conscience, afin que le sens de responsabilité soit éloigné du prestige et que la quête de droiture prenne le dessus sur la haine et l’injustice. La genèse de la théorie du complot montre que le refus de l’effort ne peut servir à l’aspirant. La présence de l’ennemi pèse sur la conscience, et toute forme d’émotion que suscite le mal que ce dernier commet doit être transformée en action pour le bien de sa cause. « Seigneur, épargnez-moi d’une paix superficielle. Une paix qui tue la volonté d’un homme », aimait à prier Ababakar Sy (rta).

 

Maam Cheikh

Chroniqueur

Senpresse.com

                                 Mon Cher Frère,

Je t’écris en tant que chroniqueur, afin que ton expérience et ta lucidité puisse m’édifier sur l’avancée plutôt inquiétante de la seule crise qui freine l’évolution de ce pays : l’idiotie.

Au siècle passé, Seydil Hadj Malick Sy, cet inconnu de la nation sénégalaise promu au rang de « Maftouhoune Aleyhi », parce qu’habité par un savoir ayant intimidé le moi profond de ses contemporains, dénonçait : « Seul un esprit pervers peut culpabiliser l’innocence. » Il faut être doté d’une conscience des plus rachitiques pour s’acharner sur une communauté qu’un Homme de Dieu aussi influent que Serigne Babacar Sy (rta) a dédié à la mémoire des gens de la caverne, histoire de reprendre les propos d’Al Maktoum.

Quoi de plus juste que d’interroger l’histoire de la façon la plus convenable qui soit ? Si, malgré nos jeunes âges, nous arrivons à communiquer aux autres le déroulement des événements qui ont marqué ce pays, à quoi servent ces « faiseurs d’actualité » qui peinent à conter correctement ce qui s’est passé il y’a trois décennies ?

D’abord, au Sénégal, Serigne Moustapha Sy est le fondateur du Dahiratoul Moustarchidine Wal Moustarchidaty, et El Malick Seck le précurseur du People. Voila pourquoi ce pur produit de l’horreur médiatique peine à écrire convenablement sur le chef de file des moustarchidines.

Ensuite, il n’y a d’hommage plus vibrant que celui accordé par Serigne Cheikh Ahmed Tidiane Sy Al Maktoum à Serigne Moustapha Sy. Chaque fils, quelque soit sa lignée d’appartenance, aurait souhaité que son propre père aille jusqu’à soutenir être prêt à sacrifier sa vie pour le sien. « En matière d’éducation spirituelle, le Dahiratoul Moustarchidina Wal Moustarchidaty a obtenu des résultats d’une envergure remarquable (..) plutôt mourir que de voir Serigne Moustapha être sacrifié par ses ennemis », précise t-il le 29 janvier 2000 au CICES de Dakar.

Il faut être Souleymane Jules Diop pour accepter d’être le seul à rendre hommage à El Malick Seck, histoire de vouloir faire de lui un self made man sous prétexte « qu’il s’est fait lui-même » pardi ! Quoi d’inspirant dans le parcours d’un journaliste qui n’a jamais su faire de sa plume un catalyseur des différents organes de presse dans lesquels il est passé ?  Malgré la présence du clown du fief de Lat Dior dans ses locaux, Thies Info a fermé. La suite, on la connait : un parcours avec au menu un conflit l’ayant opposé à Serigne Saliou Touré au point que les disciples de ce dernier aient brulé sa  maison paternelle et enlevé son frère, une intrusion au journal « le cafard libéré » qui n’existe plus, une saisie du matériel de son journal « Deuk Bi » suite à une diffamation qu’il commis avec l’affaire « Bleu Cissokho », une gestion incompétente puis une revente du site confidence.com, une énième affaire en justice avec le journal 24 heures chrono, et enfin facedakar, ou la porte ouverte aux horreurs les plus scandaleuses que l’univers médiatique n’ait connu.  

Je suis sur, cher frère, que vous « souffrez » comme moi en lisant ses écrits. L’homme à la djellaba condamnait hier ceux qui, faute de prendre le temps d’écrire afin de transformer leurs idées en signes que l’on couche sur du papier, sont devenus bavards. Là, la situation est dix fois plus complexe parce que nous avons affaire à des « plumes de la honte ». Une vérité écrite textuellement et truffée de fautes est tout sauf vrai pardi ! El Malick Seck débute ses phrases par « au point que », se perd dans les dédales des accords grammaticales, mais surtout ment pour mieux convaincre son lectorat.

Abdou Diouf ne sait point « déplacé lors de l’ouverture d’une conférence religieuse en 1989 » comme il le soutien, mais d’un colloque international initié par les moustarchidines, et le premier sur la jeunesse musulmane dans ce pays. L’on se souvient encore de cette confidence aux élans de mises en gardes de Serigne Moustapha Sy à l’égard de « l’homme au destin cacophone « : « Si un langage de vérité peine à vous faire comprendre que ce pays va vers la dérive et que le peuple est en colère, j’ai bien peur que ce ne soit un langage de pierre qui vous le dise ».

Des jeunes mécontents qui se sont pris au cortège d’Abdou Diouf à Thies, au point qu’une pierre l’ait presqu’atteint, ont concrétisé ces propos. Son fameux « la jeunesse sénégalaise est malsaine » s’est transformée en « mon cher Moustapha, mon cher fils ! », parce qu’ému à l’idée de trouver une jeunesse moustarchidine aussi disciplinée et instruite sur place. Ne vanta-t-il pas l’action du mouvement ayant abouti à l’alphabétisation de 30.000 jeunes ? C’est cette même jeunesse qui fut traitée d’imposteurs durant les événements de 1993. Que s’est-il passé entre temps ? Prions pour que la psychologie puisse, dans ce pays, trouver un jour le moyen de cerner les sautes d’humeur intempestives et autres prises de décision ubuesques de nos hommes politiques.

Dans ses lettres ouvertes publiées entre 1993 et 1994, Serigne Cheikh Tidiane Sy relégua le Dahira Moustarchidine au rang de Mouvement dont la dimension mystique a pour centre de rayonnement la mémoire du Khalife Ababakar Sy (rta), dénonça les prises d’otage par le régime contre des moustarchidines, et considéra que le choix de Serigne Moustapha Sy de soutenir l’opposition était juste et fondamental. Quant aux événements du 16 février, son gout effréné pour le mensonge a fait qu’il n’a daigné cité « la vache », ce quotidien crée avec pour Une « les magouilles de Cheikh Tidiane ». Une façon pour les socialistes de tenter de dénigrer l’homme à la djellaba sous prétexte qu’Abdou Diouf peinait à le recevoir pour obtenir son soutien et sa bénédiction pour des élections.

Serigne Moustapha Sy fut le seul à s’engager et à défendre le Tribun de Tivaouane au point d’être emprisonné. L’on se souvient encore de ce discours à Tivaouane dans lequel Al Maktoum se lamenta de la mort d’un de ses disciples les plus fidèles parmi les 6 policiers. A quoi bon vouloir imputer la responsabilité de ce qui s’est passé dans une marche organisée par l’opposition elle-même au mouvement moustarchidi?  En « chroniqueur de l’histoire », El Malick Seck devrait éviter de commettre le comble pour la presse sénégalaise : faire de sorte que la jeunesse prenne pour référence des va-nu-pieds !

Mon cher Aboubakrine, je suis certain que vous avez été, au-delà du niveau de maitrise de  la langue de Molière par El Malick Seck, choqué par les non-dits et autres balivernes. Avez-vous déjà vu Serigne Moustapha Sy convoqué la presse pour un quelconque « aveu d’échec » ? Un type de programme et un terme sans nul doute méconnus du pensionnaire du relais, lieu ou il reçut d’ailleurs les Moustarchidines le vendredi 6 avril 2012 pour une Ziara. Les « enfants gâtés du ciel »  maitrisent parfaitement « la théorie de l’accompagnement » en matière de changement de régime politique. Qu’il cesse donc d’être plus « régimiste » que les dirigeants de ce pays eux-mêmes.

Pour lui, le courage devrait commencer par le fait de citer l’homme qu’ils redoutent le plus, notamment en faisant allusion à une éventuelle candidature de Serigne Moustapha Sy : Khalifa Sall, cet otage dont la libération est tant convoitée.

Le conte d’Andersen nous a légué la philosophie selon laquelle il y’a des fous qui s’ignorent, et qu’il est difficile de trouver dans l’entourage proche du chef quelqu’un qui ose crier: « Le roi est nu ! »

Le Sénégal a été bâti avec le sang et la sueur d’hommes aussi intègres que spirituellement forts à l’image d’El hadj Omar Tall, de Hadj Ibrahim Niasse, de Seydil Hadj Malick Sy ou encore de Cheikh Ahmadou Bamba. Nous disons non à l’injustice et aux petites vertus à l’égard de leurs dignes héritiers, quitte à y laisser notre vie. Et ce n’est pas un aventurier du Ndiambour qui , lorsque les inconditionnels d’Al Maktoum se réunissaient dans une place pour l’écouter conter les merveilles de l’histoire sainte, se déambulait dans les arènes de ce pays. Ses propos dans les médias sont synonymes d’injures à l’égard de l’auditoire. Et le mensonge commence quand il dit qu’aucun membre des familles Sy et Mbacké ne s’y trouve, puisque Serigne Mouhamadoul Mbacké Wadoud de Touba, Serigne Sidy Ahmed Sy de Tivaouane et Ahmed Khalifa Niasse de Kaolack furent sur place.

Le sang de ceux qui se sont battus pour la liberté est plus précieux que celui des gens qui se donnent en spectacle sous sa tutelle, et le sable des champs de courses plus symbolique que celui de ces arènes, car ayant été foulé par des seigneurs de la Tijanya.

En attendant de recevoir ta réponse, je te renouvelle mes encouragements pour ton combat si noble cher frère.

 

Maam Cheikh

Chroniqueur

Senpresse.com      

lundi, 22 janvier 2018 23:07

Traité d'Une Noble Gestion du Pouvoir

Le Général De Gaule confie à Serigne Cheikh Ahmed Tidiane Sy : «Votre grand père Seydil Hadj Malick Sy (rta) est la conscience de ce pays. Vous êtes de ceux qui peuvent le mener à bon port. Même Senghor ne pourra remplir dignement sa mission sans vous. Mawdo a été le seul rempart qui vaille lorsque la France ploya face à l’ennemi. »

C’est l’illustration d’un discours appartenant désormais à l’histoire sainte, car affilié à un espace temps remarquable : Keur Dieumb, ce fief de Baye Ndiassé Mbaye connu grâce à l’œuvre d’Al Maktoum, et 2018, quarantenaire de la naissance du Mouvement Moustarchidine. Le contexte est d’un symbolisme inouï, et le contenu d’une profondeur remarquable, parce que d’un orateur doublé d’un conférencier hors pair. L’homme à la djellaba précise : « Ce qui est valable pour un comportement religieux l’est aussi pour un comportement politique.» Pour adhérer à cette prophétie, il faut croire à la conception selon laquelle un seul souffle anime les deux, et est éternel.

 

                                                                                        DE LA DELICATESSE DU VERBE

Le verbe sublime assigné à l’étoile de Médine trouve son sens dans le fait que les prédécesseurs de ce dernier ont souvent « perdu quelques points en matière de rhétorique ».

C’est l’histoire de Salomon, ce ténor qui, vacciné contre toute forme d’incarnation d’une imposture, su enfourcher les caps de roi et de prophète. En écrivant une lettre à la reine de Saba, il devint « un peu plus royal » qu’il ne le faut : une condamnation de la vanité et une soumission à son égard au menu. Mais quand on a affaire à une femme dotée d’une acuité d’esprit remarquable, l’on ne peut que répliquer de facon consciente. Balqis su user des mots qu’il faut pour dénoncer les maux entrevus à travers la fameuse lettre.

En matière de conquête de pouvoir, les Hommes de Dieu ont toujours préféré une personne ayant été initiée à une tarbiya (formation spirituelle). Il faut une « conscience spirituelle » assez rigide pour ne pas sévir sous le joug des ambigüités de la politique politicienne.

 

 

                                                                           DE LA VOLONTE DE CONSCIENTISER SON ENTOURAGE

En termes d’envoi de missionnaire, le ciel procède toujours en interrogeant l’environnement immédiat en question. Et la mère de toutes, celle visant le choix d’un représentant sur terre, a fait face à un contexte des plus inattendus.

C’est le récit d’un « procès fantôme » des plus rocambolesques, et aussi vieux que le monde. Face à la volonté du ciel de créer l’homme, une partie de la  communauté des archanges se senti perplexe quant à l’utilité d’un tel acte. Le comble, c’est l’absence-ou la non existence préalable- de l’accusé, mais aussi la citation de faits non encore commis. « Objection ! » aurait dit un juriste averti, bien que ce terme ne soit d’usage que dans une cour au vrai sens du terme, avec une présence des concernés.

Mais le juge des juges, lui, se sert assez souvent de son titre d’omniscient en matière de remise en cause. Et le temps-parce qu’il incarne le temps lui-même, de lui donner raison dans un contexte précis : l’expédition d’anges du ciel à l’occasion de la bataille historique de Badr pour combattre des ennemis déclarés du prince de la race dont il redoutait la création, en l’occurrence Seydouna Mouhamad (psl). Et Al Maktoum d’évoquer le livre saint en ces termes : « Le coran fait de la violence un principe. » Cela n’a rien à voir avec l’agressivité.

Quant à l’enseignement du leader des Moustarchidines, il stipule que ces « anges contestataires » ont été conçus à l’image de l’homme (mine nafsile bachar). Ce qui justifie l’existence de toute forme de « conscience revendicative » à l’égard du ciel.

En matière politique, c’est là tout le sens de la nécessité d’appréhender la perception des choses par son entourage, et d’agir afin de rééquilibrer les responsabilités. Le dialogue demeure le seul instrument apte à faire évoluer les choses dans ce domaine. Mais son aspect consultatif a ceci de particulier selon Al Maktoum : « Chez le négro-africain, la réussite d’un responsable dépend non seulement de la bonne foi, mais aussi du sens de discernement de son entourage. » Administrer, c’est savoir choisir les informateurs au détriment des menteurs. 

Les tenants du pouvoir peinent à « discipliner le peuple ». Mais la philosophie héritée des russes en faisant fi d’une révolution des mentalités a ceci de particulier : c’est au niveau des instances que la concrétisation d’une telle volonté devrait débuter. A quoi bon prodiguer des conseils si l’on n’arrive pas à se comporter de façon exemplaire ? Et Serigne Babacar Sy (rta) de s’insurger : « Tout conseil qui ne porte pas en son sein les deux principales vertus de la participation que sont la maturité et la fidélité n’est qu’une suggestion sans intérêt. »

                     

                                                                   DE LA NECESSITE DE S’OPPOSER DIGNEMENT

C’est l’épopée d’une opposition, sans nul doute la première de l’histoire de l’humanité. Lucifer, cet ennemi déclaré du bien, refusa de se prosterner devant le ciel. Mais les mystiques aiment à prôner une nécessité de distinguer le Lucifer en tant que créature, et qui n’a rien à voir avec l’autre aspect qui s’est érigé en système. Celui-ci est à l’image de la représentation de tout ce que la volonté divine ne cautionne guère alors que celui là symbolise les tracasseries nées de nos systèmes. Ce qui explique le fait que certaines personnes peinent à avoir une conscience limpide. Et le ciel de déclarer : « Il arrive que je mette une barrière entre l’individu et son cœur, de sorte qu’il devienne aussi encombrant que Satan. »

Le Président Lamine Gueye considérait que la moralisation de la politique au Sénégal  dépendait de la nécessité de ne pas prendre son adversaire pour ennemi. Senghor n’hésitait pas à faire appel à son « opposant de conseiller » Serigne Cheikh Tidiane Sy, leader du P.S.S. à l’époque, lorsque le pays faisait face à des situations assez complexes, le temps de trouver une issue. Cela n’a rien à voir avec « l’aspect sournois » de la chose, celui là qui fit dire  à Kroutchev, s’adressant à Nasser : « Toi et moi sommes fous. Mais c’est un secret d’état. »

C’est d’ailleurs ce qui justifie ce qu’Al Maktoum désigne par le terme de « coup d’état administratif », dix fois plus dangereux qu’un coup d’état militaire. C’est le terrain privilégié des malintentionnés de l’entourage d’un Chef d’Etat, avec deux démarches : « couper l’élu des réalités du monde » et l’amadouer de sorte qu’il fasse de l’arrogance un tremplin politique.

 Tout dépend du régime auquel on a affaire. Mais pour ce qui est, par exemple, des injustices à l’égard des leaders d’opinion, Serigne Moustapha Sy exige deux choses : une tentative visant à libérer le chef politique otage de son entourage immédiat ou une décision de lui faire face, dans la logique d’une complicité. 

 

                                                             DE L’APREHENSION D’UNE INTIMITE MYSTIQUE

Il n’y a de concept plus approprié pour qualifier le lien unissant le tribun de Tivaouane au docteur de la foi si ce n’est celui d’intimité mystique. D’abord, l’homme au bonnet carré avait soutenu qu’Al Maktoum était la prunelle de ses yeux. Mais ce dernier est allé plus loin avec Serigne Moustapha Sy à travers ces propos datant du 29 janvier 2000 au C.I.C.E.S : « L’action de Serigne Moustapha Sy est affiliée à une grande mission. Il a des ennemis qui sont des plus dangereux et des plus malhonnêtes. Je ne veux nullement qu’il soit sacrifié, et n’hésiterai pas à donner ma vie pour qu’il puisse être sauvé de justesse. »

Ensuite, face à lui, dans un cadre loin de s’apparenter à une sortie publique, il lui déclare : « En vérité, le seul couple qui perturbe le moi profond de personnes des plus redoutables est le notre. »

Enfin en s’adressant à son fidèle condisciple de toujours Baye Omar Samb, il déclare : « Moustaf ne ploie point sous le joug de la solitude. Quand on est assigné d’une mission aussi noble, le ciel procède en faisant de sorte que toute conscience à même de polluer notre environnement  soit à jamais écartée. »

En histoire sainte, il n’y a rien de plus concis qu’un hommage de cette trempe, parce qu’il traverse le temps et ses vicissitudes. Ces propos ont trouvé refuge dans les cœurs de leurs disciples, et aucune langue n’est apte à traduire leur portée convenablement. C’est là un consensus qui rebutera à jamais les simples d’esprits. Il faut y réfléchir…avec le cœur ! La raison nous mènerait, dans ce domaine précis, dans les coins et recoins de la cité du scandale.

Maam Cheikh

Chroniqueur

Senpresse.Com      

jeudi, 18 janvier 2018 11:37

L'ENTRETIEN EXCLUSIF (1ère Partie)

LA VOCATION DU MOUVEMENT MOUSTARCHIDINE 

 

Abdoullah Ibn Abass confie à la communauté musulmane : « En vérité, j’ai appris du Prophète Mouhamad (psl) qu’il est des espaces dont l’archange Gabriel n’a jamais eu accès à Malakoute. » Entendons par là que le ciel accorde des privilèges en fonction des missions.

Si le centre des intelligences et de l’entendement (markazil fouhoumi wal ma ànii) demeure ce musée avec pour conservateur distingué le génie de l’œuvre divin, en l’occurrence Seydouna Mouhamad (psl), il n’en demeure pas moins que les visiteurs qui ont pu avoir accès aux coins et recoins, histoire de contempler les œuvres de cette citadelle du divin, sont dix fois plus savants que le commun des humains.

En termes d’histoire sainte, qui dit mission dit nécessité d’accomplir une action dédiée au ciel dans l’espace temps, et avec pour seul tremplin la foi. Encore faut-il que l’on ait affaire à un mystique apte à avoir accès à cet « appareil » qu’il a comme support, et que les grands de la Haqiqa désignent par le concept de « Fouàd ». Et Al Maktoum de chantonner en s’adressant à son homonyme :

« Yaà Seyyidi ! Ya Seyyidi !

   Mane Lii bi Mislika Lil Fouàdile Aànii » 

Quoi de plus juste que de se demander s’il y’a quelqu’un de plus apte à façonner notre foi, histoire d’en faire un instrument catalyseur de la réussite des missions périlleuses ? 

Dans ce domaine précis, les Moustarchidines ont affaire à un Docteur de la foi, et le mouvement qui lui sert de centre de rayonnement est né depuis quatre décennies. 2018 marque un tournant historique dans l’évolution de cette communauté.  

En matière d’entretien, il n’y a rien de plus passionnant que le fait de questionner un esprit ouvert dont les paroles et paraboles ont pour source une Haute Science enseignée par un Docteur de la Foi. Et un jeune moustarchide, « pur produit » de la formation et de l’enseignement faisant valser les esprits  d’innombrables membres de sa communauté, de répondre à un journaliste dont la profondeur et la souplesse sont affiliées à  la fois à une curiosité démesurée et un désir de cerner les contours d’une tarbiya des plus authentiques.  

Le Journaliste : « En dehors de l’usage de toute forme de conception fanatique, comment me dresseriez vous le portrait de votre guide Serigne Moustapha Sy ? »

 

Le Disciple Moustarchidine : « C’est le portrait d’un homme dont les paroles et paraboles ne cesseront de peser à jamais sur la conscience collective. Un révolutionnaire dont le regard transperce d’une profondeur méconnue du commun des mortels les préoccupations d’ici bas, histoire de contempler les merveilles de la Haute Galaxie. Serigne Moustapha Sy est un chef spirituel dont la posture fleurete avec l’incarnation sans faille de tous les saints. »

 

Le Journaliste : « Oui, mais du point de vue spirituel, justement, il est plutôt facile d’accorder à un homme des «  privilèges mystiques ». Qu’est ce qui prouve la véracité de vos propos ? »

 

Le Disciple Moustarchidine : « Tout dépend de ce que vous entendez par « véracité ». La philosophie nous a légué la conception selon laquelle une  vérité peut être vraie parce qu’elle émane du divin, ou parce qu’elle l’est pour la raison ! C’est une question de consensus. Mes propos sont vraies parce qu’ils sont affiliés aux deux à la fois. »

 

Le Journaliste : « Qu’en est-il, par exemple, de la raison ? »

Le Disciple Moustarchidine : « Avez-vous déjà entendu le Leader des moustarchidines interpréter le coran ? Quoi de plus authentique que d’interroger l’esprit du texte ? L’on comprend que le livre saint est loin de décrire de « simples fables antiques », histoire de reprendre les propos des mécréants de la Mecque. Avec lui, le soleil caractérisé par sa clarté, tel cité dans la sourate du même nom (Achams), exprime la majesté du seigneur. La lune qui le suit n’est autre que Mahomet (psl), ce digne serviteur du très haut. Il s’ensuit le jour, assimilable aux prophètes dépêchés dans leur communauté comme missionnaires, la nuit, symbolisant la classe prophétique n’ayant point bénéficié de ce « privilège », le ciel, représentant les réalités essentielles (haqiqa), avec une étendue sans limite reconnaissable, la terre, caractérisant la Charia, aussi complexe que le relief de notre planète, et enfin l’âme, cet élément incliné au sacré, pour reprendre la conception d’Al Maktoum. Quoi de plus profond ? Voila la pertinence et l’authenticité de la méthode du pensionnaire du relais. »

 

Le Journaliste : « Mais du point de vue intellectuel, beaucoup ont pu également être initiés à l’image d’une Haute Science comme vous dites. »

 

Le Disciple Moustarchidine : « Vous dites vrai. Seulement chaque initiation a sa particularité. La démarche de Serigne Moustapha Sy s’inscrit dans une logique : celle consistant à aller au-delà d’un simple apprentissage suivi d’une pratique, mais plutôt d’une maitrise avec pour but une application. Ceci ne peut donc qu’avoir une influence positive dans la société dans laquelle le croyant évolue.

 

Le Journaliste : Oui mais le Sénégal est toujours un pays évoluant sous le joug d’une crise de valeurs. Votre geste n’a pas pu donner grand-chose alors…

 

Le Disciple Moustarchidine : Tout dépend du Sénégal dont vous faites allusion. Le « Sénégal d’en bas »-sans que cette appellation ne soit péjorative,-est le symbole de toutes les bavures qui puissent exister. C’est la citadelle de ceux là qui n’ont d’yeux que pour l’injustice, l’impudeur et l’indignité. Il y’a des gens qui ne sont là que pour éterniser les tendances sous toutes leurs formes, d’autant plus que toute sorte de valeur permettant d’être réellement humain les rebute. Et il y’a les autres, ceux là qui ne se perdent point dans les dédales de l’inconscience, et qui vivent un Sénégal fier, éloigné des vicissitudes nées de la crise de personnalité. Les premiers sont les ennemis de ces derniers. Et il suffit que l’on veuille servir de médiateur dans ce domaine pour être traité d’imposteur. Dans ce domaine précis, même le Prophète de l’islam (psl) n’a du son salut qu’à un courage et une témérité émérite, avec pour arme un courage moral inouï. »

 

Le Journaliste : Et que répondez vous à ceux qui évoquent un fanatisme en faisant toujours allusion aux organisations religieuses comme la notre ?

 

Le Disciple Moustarchidine : « La logique qui évoque cela est la même que celle qui existe en occident. Les blancs, voyant leur désir de faire régner une sorte  d’hégémonie à l’égard de l’islam échouer, n’ont pu trouver pour terme qualifiant le geste des musulmans que celui d’intégriste. Al Maktoum disait : «  On est intégriste d’une cause ou d’une autre. En matière de foi religieuse, les premiers intégristes ont été bel et bien mis au monde par le désert, et on les a si magnifiquement appelés des prophètes. »

Le journaliste qui vante son organe de presse d’appartenance, le politicien qui prône une adhésion à l’idéologie de son parti, le syndicaliste qui dénonce une forme d’aliénation…tous sont fanatiques de leurs cadres d’évolution pardi ! Chez nous, même les « anti-confrériques » ont fini par s’insurger dans une forme de pensée qui fait qu’ils sont devenus plus dangereux que ceux qu’on qualifie de « fanatiques » mourides, tidianes, layenes ou autre. Tout est question de perception des choses. »

 

Le Journaliste :  « Et qu’en est-il des actes que vous posez, et qui n’ont rien à voir avec la religion ? N’est-ce pas là une confusion quant à la vocation de votre mouvement ? »

 

Le Disciple Moustarchidine : « À quels actes faites-vous allusion ? »

 

Le Journaliste : «  Vous avez intégré des secteurs qui n’ont rien à voir avec la religion dans votre mouvement. »

 

Le Disciple Moustarchidine : « Vous me rappelez cette interview accordée par Serigne Cheikh Ahmed Tidiane Sy à un journaliste le 20 février 1978 à Keur Dieumb. Le tribun de Tivaouane saisissait l’occasion pour dénoncer la crise d’interprétation, ce vice qu’il désigna par le concept de « crise de logique », 16 ans plus tard, en 1994, dans sa lettre du même nom. Vous savez, ce qui fausse, c’est notre façon d’interpréter les choses. Voila pourquoi la plupart de nos intellectuels, chefs politiques et autres médias se perdent dans les dédales d’un mal qui ne dit pas son nom, et qui dénature l’initiative même de Dieu. »

 

Le Journaliste : « Quel rapport avec l’œuvre de Serigne Cheikh Tidiane Sy ? « 

 

Le Disciple Moustarchidine : Imaginer un « religieux » qui su créer un parti politique aussi influent que le P.S.S. durant les années 1950, édifier une industrie aussi prestigieuse que la Sococim, user d’un style de leadership distingué auprès des étudiants sénégalais au Caire en tant qu’ambassadeur du Sénégal dans ce pays des pharaons, toucher les cœurs en tant que poète, intimider les grands de la pensée en tant qu’intellectuel, marquer les esprits en tant qu’auteur de lettres  …Et Jean Baptiste Colbert, philosophe de renommée originaire de la métropole, de s’agenouiller, les mains sur la tète, pour rétorquer, parce que dépassé par l’intelligence d’Al Maktoum : « Cheikh Tidiane ! Tu en connais trop ! »

En s’inspirant de son acte, on ne peut nullement associer l’action du Mouvement Moustarchidine à un cadre uniquement religieux !

 

Le Journaliste : (rires) Dites nous alors, de façon explicite, ce qu’est le rôle d’un Moustarchidine

 

Le Disciple Moustarchidine : « Ecoutons Serigne Moustapha Sy : «  Le Moustarchidine doit jouer un rôle de catalyseur. Un rôle devant lequel le mot mondialisation devient banal (..), le rôle des moustarchidines, c’est d’être avant tout des perfectionnistes, dans un monde ou toute perfection semble dérisoire. »

 

Le Journaliste : (un peu ébahi)  « Catalyseur ? Perfectionniste ? Et comment comptez vous vous y prendre ? »

 

Le Disciple Moustarchidine : « Là aussi, le Responsable Moral souhaite que le disciple Moustarchidine fasse appel à trois urgences :

-Jouer le rôle de « l’effet miroir », c’est-à-dire de pouvoir ressembler à toute forme d’image devant nous. Entendons par là les contextes et réalités, en fonction des événements et bouleversements. C’est-dire qu’il est à la fois un excellent militant d’une politique à l’état PUR, un partisan de Dieu à l’état spirituel et un intellectuel au vrai sens du terme à l’état psychologique.

-S’inspirer de « l’effet pièce de monnaie », qui fait que l’on a point d’intérêt personnel au « sens égoïste » du terme, mais qu’on représente le prix de tout ce que l’autre souhaite acquérir.

-Accorder de l’importance à « l’effet-lettre ». En matière d’alphabétisation, une lettre n’a point de sens pour elle-même, mais est apte à élucider tout ce qui semble implicite, notamment en se joignant à d’autres lettres, histoire de former un mot !

Il y’a peu d’élus dans ce cercle restreint ! »

A SUIVRE

 

Maam Cheikh

Chroniqueur

Senpresse.Com

 

mardi, 16 janvier 2018 15:12

HOMMAGE AU SOUFI DE KEUR NGANDA

Serigne Cheikh Maty Leye, comme l’appelaient affectueusement ses inconditionnels, n’est point parti. C’est que le sens de l’ouverture et l’action rénovatrice ne meurent point. Et ce fut là ses seules préoccupations et volontés confirmées.

 

Le terme « yaaram » est mouride. Il est affilié à la dimension religieuse orientée vers une attitude exemplaire à l’égard du créateur et de son prochain, avec ce que cela exige en termes de comportement raisonnable et raisonné. L’enseignement nous est procuré par « cet autre Cheikh parti » 9 mois plutôt. Ecoutons Serigne Cheikh Ahmed Tidiane Sy Al Maktoum : « Il fut un temps où le vocable wolof « yaaram » était attribué à des musulmans originaires de l’orient, et qui venaient séjourner chez nous. Nos anciens admettaient complaisamment leur prétention, parce qu’ils étaient issus de cette race dont fut originaire le Prophète de l’islam (psl). L’on interdisait même aux enfants de sortir à certaines heures, histoire de ne point perturber leurs promenades. Et la Tariqa Mouride de procéder à l’expansion d’une philosophie assez simple pour y remédier : désigner par le terme « yaaram » tous ceux qui étaient d’une noirceur de teint éclatante et d’une blancheur de cœur remarquable ! » Comme quoi la foi et le comportement religieux exemplaire ne sont l’apanage d’aucun peuple. Il suffit de faire de la pureté et de la volonté ses tremplins pour se tirer d’affaire.

 

A l’image de Serigne Saliou Mbacké qui se recueillait à Ndiouroul, Serigne Cheikh Sidy Mokhtar peignait le tableau de ses retraites spirituelles par des présences régulières à Keur Nganda, village qu’il a fondé lui-même. La trentaine de familles sur place aujourd’hui ne cessera de le remercier. Cette contrée est devenue un endroit ou l’on spécule beaucoup sur le récital du coran et la pratique de l’agriculture. C’est dire qu’au delà des réalités qui font que la quête effrénée de richesses perturbe le tréfonds des consciences des sénégalais, des individus vivent dans le bonheur et la quiétude dans les bleds les plus reculés.  

 

Et que dire du centre de rayonnement de l’action du défunt Khalife, consistant à faire des mosquées de Touba et de Massalikoule Djinane des édifices de référence pour le Mouridisme ? Les grands de l’islam ont su donner un sens au vœu du Prophète Muhammad (psl) de voir les croyants prier la nuit, histoire de s’adonner à un acte surérogatoire dédié au ciel, en y associant le fait de devoir changer le monde le jour. Voila l’œuvre du khalife vénéré hier et pleuré aujourd’hui. Il a su mener une existence des plus symboliques, à cheval entre des retraites spirituelles dans son fief de village et des prospections pour coordonner l’édification de monuments pour le culte et l’embellissement de l’action du mouridisme.    

 

Le Khalife a édifié un village, instauré une bibliothèque, construit des mosquées, cultivé des terres, emmené des musulmans effectuer le pèlerinage aux lieux saints, crée des « dahiras »…Que ne peut donc le Sénégal si ce n’est pleurer le fait de ne plus voir ce patriarche marcher sur son sol, l’esprit aussi limpide que celui d’un martyr et la volonté aussi noble parce qu’illustrée par un principe : voir la communauté musulmane sénégalaise devenir un immense comptoir avec pour seul produit à commercialiser l’union, au nom des sagesses des confréries réunies, mais aussi l’église. Et Serigne Fallou Mbacké de s’insurger, en confiant à l’un de ses frères en Dieu, « le seul compagnon qui vaille est celui que rebute le fait que son prochain sache qu’il s’adonne à des bavures » (en wolof « nawlé mooy kigua xamné roussneu famou nekk gua dégg thi moom safane.»). Voila pourquoi les âmes honnêtes peinent à identifier leurs émotions face à cette situation, parce qu’a cheval entre une tristesse profonde et un soulagement d’avoir vu leur Khalife achever sa mission en toute noblesse. L’on ne peut donc que dire, dans ce contexte précis, et à l’image d’un penseur de chez nous, que la mort est faite de majesté !    

 

Maam Cheikh

Chroniqueur

 

Senpresse.Com

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