Maam Cheikh

Maam Cheikh

« En tant que Chrétien, j’ai toujours préféré une belle mort plutôt que de m’emparer d’un pouvoir qui ne m’appartient pas », se confessait assez souvent le président poète Senghor. Ses inconditionnels aiment à rappeler l’amertume peinte d’un état d’ébriété dans lequel le poète natif de Joal se trouva un jour. En effet, l’auteur du recueil poétique Ethiopiques fut choqué par une chose : le fait que ses collaborateurs immédiats affirment que le vocable « pouvoir » coïncide avec le terme « ngour » en wolof –entendons par là une monarchie-. Comme quoi en matière de gouvernance, les termes d’usage chez l’élite en charge de la destinée d’un peuple pèsent pour beaucoup, parce qu’ils traduisent l’état d’esprit avec lequel elle compte gouverner.

Chez nous, le contexte politique est devenu plus complexe. Nous ne sommes plus à l’ère des démêlés Dia-Senghor ou encore des confrontations d’idées qui exigeaient que Wade profite d’un défaut de communication de l’adversaire Diouf pour opérer une « riposte d’idée ». Voila pourquoi cette répétition de l’histoire-le même scénario s’est reproduit en 1992, avec l’exigence de 10.000 signatures aux candidats non affiliés à un parti politique- a choqué plus d’un.

Au-delà des prises de décision d’ordre constitutionnel, il y’a ce qui est, selon Albert Camus, « une protection de la minorité et non une loi de la majorité » : la démocratie. Un principe qui semble méconnu des députés de la majorité qui ricanaient dans la sphère qui leur servait d’hémicycle au moment ou, dans des coins et recoins de Dakar et d’ailleurs, l’on procédait à des arrestations de leaders et de « manifestants anti-parrainage ». C’est que, chez nous, le parlement restera à jamais une citadelle dont l’intérieur ressemble à un plateau de guignols férus des ambiguïtés de la politique politicienne.

C’est le portrait d’un juriste qui fut considéré comme un homme d’ouverture à l’argumentaire pointu et à la sérénité qui avait cessé d’être admiré dans les amphithéâtres de l’Université de Dakar. C’est aussi ce professeur vêtu d’un boubou marron qui, cachant ses yeux derrière des lunettes qu’il ajustait tantôt, confiait sur la tribune des Universités du Ramadan des Moustarchidines le mardi 17 aout 2010 à Yoff : « En matière de constitution, il n’y a pas que l’intérêt étatique, les élections et le prolongement de la durée du mandat présidentiel qui incombe. Le plus important reste la protection des droits des citoyens. »

 Que dire donc de l’amalgame dans lequel il s’est engouffré, et qu’il assimile à « un grand pas pour la démocratie » ? Certaines lois sont comme folles, et la jurisprudence restera à jamais insignifiante face au bon sens.

Au pays des damels et signares, la chose la plus cruciale pour qui enfourche le cap de responsable politique est de commencer par apprendre la psychologie du citoyen sénégalais. Ceux qui se sont rués dehors pour des manifestations sont, pour la plupart, des néophytes de la constitution et des projets de loi. Certains même interpellaient les journalistes sur le terrain pour leur demander le chemin qui mène à l’assemblée nationale. Cependant ils ont plus ou moins un point en commun, et c’est ce qu’on pourrait appeler « la jonction contexte-constat ». Celui-ci prévoit qu’on ne touche pas à une constitution à dix mois d’une échéance électorale, aussi valable soit-elle juridiquement parlant, alors que celui là stipule qu’il y’a des gens qui ont déjà fait leur preuve en termes de «dédoublement de personnage » parce qu’ayant renoncé à leurs principes d’antan. C’est le cas de ce juriste de ministre qui affirmait en cette même nuit de l’année 2010 à Yoff:  « Notre rapport social au pouvoir doit être revu. Le pouvoir ne doit point être mystifié, et nous devons cesser de croire qu’occuper une fonction ministérielle est une forme de réussite. Il y’a des responsabilités beaucoup plus prestigieuses que d’être ministre, député ou président de la république. Un chef d’état n’est point plus responsable qu’un médecin qui soigne au moins trois patients par mois. Cette hypertrophie du pouvoir politique doit être bannie. »

 Comme quoi le peuple a sa loi qu’elle dicte aussi aux gouvernants, bien qu’elle soit dépourvue de toute légalité constitutionnelle. Mais en s’engageant dans un labyrinthe aussi complexe, le ministre de  la justice ne se pense t-il pas « plus légale que ce peuple avant même que la légalité ne puisse trouver un sens suite au recueillement d’avis de la part de l’opposition ? »   

La situation actuelle, plutôt abracadabrante, devrait sans nul doute plaire à Ismaela Madior Fall. C’est comme si c’est son vœu de voir chaque citoyen ne plus admettre complaisamment l’autorité des chefs de l’ordre étatique qui se réalise. Que dire donc de l’aspect juridique de la chose ? Idrissa Seck a dénoncé  une sorte de chantage d’état, Ousmane Sonko une « forfaiture » et El Hadj Issa Sall une modification d’une loi verrouillée il y’a de cela deux ans. Pour ce dernier, la loi sur le parrainage est à la fois grave, impopulaire, inopportune, paradoxale et inapplicable, voire même dangereuse, vu les conséquences auxquelles les forces de l’ordre ont du faire face dehors, tout comme les leaders arrêtés.

Le conte d’Andersen nous enseigne qu’il est souvent difficile de trouver, dans la cour, quelqu’un qui ait le courage de crier haut et fort : «  le roi est nu ». Chez nous, il n’y a de situation plus complexe que celle qui équivaut à une dénonciation d’une insuffisance en matière politique. Qu’il s’agisse d’une fin de règne ou pas, l’atmosphère actuelle doit être observée, par le peuple, avec l’œil de la clairvoyance. Les conflits les plus cités de l’histoire, notamment les deux guerres mondiales, aussi tragiques soient-elles, ont pu permettre à l’occident de bénéficier d’un ressourcement purificateur. Mais le peuple sénégalais peine à faire une lecture assez correcte des événements auxquels il fait face. A quoi bon continuer à revendiquer une nouvelle conscience en matière de gouvernance si l’on ne sait que faire du proxénétisme politique qui sévit depuis des lustres ?

 En attendant, l’histoire politique de ce pays retiendra « ses deux jeudi de lutte contre une forme d’entorse à la démocratie » : Le régime libéral a eut « sa journée du jeudi 23 juin 2011 », celle de Macky Sall son fameux « jeudi 19 avril 2018 », avec leurs lots de contestations et de conflits. Que le peuple juge les deux à leur juste valeur, au risque de rejoindre ceux qui, comme le disait un leader politique sénégalais, peinent à tirer des leçons d’un événement pour prendre les décisions qui s’imposent. En attendant, le remue ménage au sein de l’opposition continue.   

Maam Cheikh

Chroniqueur

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mardi, 17 avril 2018 13:39

Lettre Ouverte A Seydi Djamil Niane

                                                        Mon cher frère,

« L’islam est un tremplin, et le plus sur pour guider l’humanité vers le salut », nous confie l’auteur de pour ceux qui comprennent et ceux qui veulent comprendre l’islam, en l’occurrence Serigne Cheikh Ahmed Tidiane Sy. Je n’ai pu trouver de maxime plus illustrative pour résumer ce que mon « oreille de la compréhension »,-pour reprendre le concept de Thierno Bokar que tu cites pertinemment dans ton ouvrage,-a pu souffler à ma conscience en quête de connaissances profondes.

J’ai parcouru avec une fierté immense, et avec l’attention religieuse que cela exige, Moi, musulman, je n’ai pas à me justifier, ton ouvrage dont la profondeur et le style ont fini de séduire d’aucuns. Cette fierté se résume en cette formule que je me suis répété en monologue : « En voila un, parmi mes frères en Dieu, qui a su cerner la seule et unique chose qui puisse procurer à la jeunesse musulmane un souffle nouveau dans ce contexte de crise générale et généralisée : la quête de la spiritualité. »

Les écrits d’Eric Geoffroy, que tu cites dans ton ouvrage, restent des exemples frappants dans ce contexte précis. André Malraux avait raison d’anticiper sur la nécessité de moraliser nos systèmes en ayant pour pierre angulaire la religion. Mais à l’état actuel des choses, c’est le spirituel qui devrait servir de gouvernail pour la barque de ceux qui peuvent être considérés comme des élus : les musulmans.

Mon cher frère, tu t’inspires d’un contexte, je pars d’un constat : la réalité qui se dessine dans un pays comme le nôtre mérite qu’un chercheur de ta trempe puisse s’exprimer sur une sorte de « délaissement de la spiritualité au profit d’une forme de pratique plus ou moins traditionnelle ». La jeunesse musulmane peine à s’enraciner des principes fondamentaux de la religion. Chez nous, le rituel a prit le dessus sur le spirituel. L’on tend plus à une pratique guidée par l’inconscient-pour ne pas dire l’ignorance face à une religion qui spécule sur la quête du savoir.

Si l’auteur de l’islam sera spirituel ou ne sera plus évoque une inversion des valeurs, quel dénouement pour le « projet métaphysique de l’islam » pour la jeunesse musulmane ?  Je dirai même qu’il y’a plus qu’une inversion de valeurs, mais un règne de tendances. Les valeurs se font rares à l’image de la nature morte qui laisse place à des espaces industriels et mécanisés. Un grand de la confrérie Tijanya a invité ses condisciples à avoir une perception de la chose coranique plutôt authentique en précisant : « Le livre saint contient des versets qui ne sont pas qu’a mémoriser, elles doivent aussi être maitrisées. Leurs recommandations doivent, à défaut d’une simple pratique, faire l’objet d’une application réfléchie. » C’est là tout l’aspect spirituel de la chose : faire de sorte de sanctifier toute forme de dévouement des recommandations religieuses. Même l’invocation, bien que prescrite, se doit d’être inscrite dans une dynamique spirituelle, afin de ne point être dépourvue de sacralité. « On ne dérange pas le protocole du trône pour quelque chose d’insignifiant », nous confie Seydil Hadj Malick Sy (rta) de Tivaouane. Zikr comme Fikr devraient surtout contribuer à la réalisation de cet idéal, mais elles ont tous deux pour sujet l’homme, ce « descendant d’Adam et dépositaire d’une partie de l’esprit de Dieu », pour reprendre la démarche de Thierno Bokar que tu cites avec aisance. Il y’a ceux qui prennent le Zikr pour moyen de « se souvenir », c’est-à-dire d’opérer ce retour à la source tant convoité par les soufis premiers. Il y’a également ceux qui considèrent comme péché le fait de « se souvenir », parce qu’il ne fallait point verser dans l’oubli au point d’avoir à se rappeler. Ce sont ceux là même qui sont en perpétuel contact avec leur source, considérant Dieu comme l’ensemble de tout ce qui existe. Que dire donc des autres, qui confondent ce retour à la source au fait de vivre le passé, et notamment en distinguant point les « deux islam » que tu évoques : Islam et islam ?

Entretenir sa foi, cette obligation que nous cite Thierno Bokar, est un moyen pour le jeune musulman de s’acquitter d’une injonction que le ciel évoque si bien dans le verset 4 de la sourate 48 (la victoire). Ce fameux « ajouter une foi à sa foi », semblable au fait d’avoir un vêtement neuf, et d’être conscient qu’il mérite souvent qu’on le lave et le repasse.  

Si j’évoque la jeunesse musulmane, c’est parce qu’elle demeure le dépositaire du legs des grands de l’islam. La mémoire du divin doit être le centre de rayonnement de tout ce qu’elle entreprend. En voulant, comme tu l’écris, « cheminer sur la voie soufie », notamment en voyant le divin en toute chose, ou encore « libérer le cœur de toute chose qui pourrait porter atteinte à sa tranquillité », il n’y a que le très haut qui puisse lui mener à bon port. Et bien sur, dans ce domaine précis, chez nous, des chefs spirituels toutes confréries confondues ont fini de faire leur preuve en tentant de montrer le chemin à leurs condisciples. « Ton chemin me mène parfois à la cité du scandale. Là ou mon énergie devient débilité, et où ma force devient source de calamité », se confesse Cheikh Ahmad Tijany Chérif (rta) de la Confrérie Tijanya, histoire de peindre une impuissance inouïe de l’être en quête de son créateur.Impuissance qui ne fait cependant pas du Seigneur ce « tyran qui menacerait de réduire la créature humaine à un état de servitude », pour psalmodier convenablement Cheikh Khaled Bentounes tel que tu le cites dans ton ouvrage. C’est surtout cette logique qui fait que l’on puisse saisir la conception qui veut que l’on parvienne à reconnaitre voie et voix chez son seigneur, et partant, en découvrant la meilleure version de soi. Eva de Vitrey parle d’un « évanouissement de l’être », Al Maktoum « d’un pur subjectivisme devant lequel toute autre objectivité doit être bannie » et Aristote  d’un « Dieu en nous ».

Cher Seydi Djamil, ceci est une modeste contribution s’inspirant de ma « lecture d’entre les lignes » de ton ouvrage. J’ai apprécié de fond en comble tout ce qui y a été dit sur la religion de Mouhamad (psl) dans un contexte ou l’on se doit de dénoncer un acte aussi ignoble qu’injuste à l’image du terrorisme. Et j’ai été interpellé par ce deuxième chapitre de la seconde partie qui traite de la spiritualité. Conscient que ce siècle est aussi bien celui de la spiritualité que de la jeunesse, j’ai voulu t’indexer afin que tu puisses aider la classe juvénile des adeptes de ta religion , notamment en t’inspirant d’un « islam spirituel », pour qu’elle puisse sortir du gouffre dans lequel elle se trouve. Dans son magnifique Koune Kàatimane, le vénéré Cheikh Ahmadou Bamba (rta) invitait tout jeune à avoir de la détermination pour, dit-il, « dépasser sa génération.»  

 Nous sommes jeunes tous deux, et devons être engagés afin d’élucider nos pairs sur les risques liés à « la marginalisation de ce qu’est l’essence de la religion. » Tant que le Dieu d’Abraham, de Moise, du Christ et de l’étoile de Médine (psl) continue à être vénéré par autant de jeunes des cinq contnents, il y’a espoir. Autrement, ce serait le proverbe issu de la tradition des Socé qui serait à l’honneur : « Nous avons été crées par le Divin. Toute personne le niant tout en jugeant être soudainement tombée du ciel a surement atterri dans le champ ou le territoire d’un quelconque etre humain. » Comme quoi, on appartient forcément à quelqu’un, sans que cette conception ne soit péjorative. L’essentiel, c’est qu’il y ait quelqu’un, créé par Dieu. Merci de nous dire ta position sur cette question, afin que l’on puisse retrouver une voie plutôt utile.

 

 

Maam Cheikh

Chroniqueur

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lundi, 26 mars 2018 21:07

LE PRIX A PAYER

Serigne Cheikh Ahmed Tidiane Sy affirme : « plus qu’un culte, la conception de l’humain et du djinn relève plus d’un désir du ciel de voir ces derniers se soumettre à sa volonté. » Et pourtant, cet élément aussi vieux que le monde et que le commun des mystiques et autres scientifiques éclairés désignent par le concept d’espace-temps, témoigne d’une situation plus ou moins argutie: le mal et le bien naquirent à un même instant, bouleversant les réalités devant permettre à l’homme d’être un digne représentant de Dieu sur terre. Et depuis, que d’efforts à fournir pour continuer à exister, c’est-à-dire à vivre sous le truchement de valeurs permettant au commun des humains de rester réellement humain, avec ce que cela exige en termes de valeurs.

 Il y’a les partisans du mal, c’est-à-dire ceux dont les actes n’ont nullement pour soubassement l’esprit de Dieu, parce qu’absorbés par des tendances plus ou moins maléfiques ; et il y’a les détenteurs du bien, inspirés par des vertus qui font que la dignité soit pour eux le seul centre d’attraction qui mérite que l’on s’y épanouisse pleinement. Mais les réalités essentielles (haqiqa) attestent d’une vérité plus que naturelle, parce que céleste : tout a un prix à payer.

C’est le récit de deux créatures ayant été les premiers à évoluer dans ce registre, ou encore le contexte plus illustratif d’un match de football dix fois plus passionnant que ceux là qui émerveillent lorsqu’un gardien de but, après des arrêts reflexes extraordinaires, sort vainqueur d’un cafouillage monstre. Il s’agit ici de peindre un scénario plutôt singulier : l’obtention d’un carton rouge par Lucifer, suite à son refus de se soumettre à la volonté divine. Et depuis, quoi de plus inquiétant que le prix à payer, exigeant une adversité qui fait que ses sermons demeurent depuis toujours les paroles les plus redoutables que l’on ne puisse laisser dire ? Et que dire du père de l’humanité, lui qui « perdit quelques points », pour reprendre les propos d’Al Maktoum dans sa lettre intitulée Crise de logique ? Le carton jaune que tendit l’arbitre, aussi conscient puisqu’il est l’omniscient, fit qu’il ne dut son salut qu’a une acceptation d’être expatrié sur la terre ferme. Lisons l’homme à la djellaba : «Adam a « désobéi » parce que justement confronté à un élément nouveau : une crise de logique ! » Pour le Tribun de Tivaouane, un couple sans tentation est une invention sans signification réelle, ce qui justifie le fait que l’arbre ait été touché.

 La volonté divine peint un tableau tout aussi illustratif : une passion qui ne doit nullement perturber la nature profonde de l’être. Et là aussi, le prix à payer est plus que symbolique. « Il n’y a de pire chose que de voir sa nature profonde envenimée par une passion démesurée », s’insurge le chef de file des Moustarchidines. Là encore, la solution est une mesure aux élans de providence divine. Les âmes honnêtes épargnées de ce mal verront le regret d’avoir commis des insuffisances, les contraintes  entravant un culte permanent et l’acte de voir ses péchés mentionnés dans un registre les rebuter à jamais. Ah ! Qu’il est puissant ce « Alif Laam Miim », loin des récits de l’enfance dans l’atmosphère des « daaras » au premier jour. La valeur numérique des 3 lettres,  égale à 342, ne renvoit-elle pas à un  total de 9, chiffre associé à l’idéalisme profond et considéré comme « proche de l’esprit du divin ? »

« La haine, c’est la faiblesse du temps. La jalousie, c’est plus qu’une faiblesse, c’est un manque de foi », affirme Serigne Cheikh Ahmed Tidiane Sy. Par ailleurs, être « victime d’un jaloux » peut tout aussi être considéré comme un prix à payer pour une âme honnête en quête de quiétude.  Mais l’on ne peut nullement éclipser ce que le Docteur de la foi, patron des Moustarchidines, désigne par « une lumière matinale ayant précédé la levée du soleil », celle là qui puisse éclairer le chemin des aspirants à la droiture, droiture qui a un prix : le fait de voir le ciel épargner l’être de  « choses d’ici bas » qui semblent faire le confort des autres. Mahomet (psl) ne fut-il pas orphelin, natif d’une société ou les vicissitudes règnent en maitre et sujet à une petitesse des moyens ? Seul le résultat compte. Et depuis, son œuvre ne cesse de faire couler tant d’encre et de salive. Jalousie, haine, calomnies à répétitions provenant d’un autre ayant un innocent pour cible peuvent donc être des prix à payer pour accomplir dignement sa mission de vie. C’est l’exemple de Youssouf, prince d’Egypte et prophète au sens de perception inouï. Au père, le vaillant Yàqoub, « curieux » de découvrir les insuffisances des frères jaloux, il précise : « Le sens de mon vécu, c’est ce privilège céleste à l’origine de tout ce que j’ai pu vivre. » Et depuis, l’histoire se répète. Ciel, faites que l’entendement puisse à jamais régner dans la conscience des disciples de tes élus, toutes générations confondues, afin qu’il puisse, en toute chose, entrevoir ton cachet !

Maam Cheikh

Chroniqueur

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vendredi, 23 mars 2018 20:37

Effigie D'Un Eminent Khalif

vendredi, 16 mars 2018 00:00

CHRONIQUE D'UNE INTIMITE MYSTIQUE

Serigne Cheikh Ahmed Tidiane Sy de Tivaouane, cette « autre chose » dont la présence dans les cœurs demeure éternelle, précise dans son discours du gamou en 2009: « En matière de mysticité, le nombre 8 est d’une envergure inestimable à la seule condition que l’on ne procède à une démarche séparatiste. Le symbole 4x4 est sans nul doute le plus apocalyptique que je n’aie entendue dans ce monde. » Un esprit simple non imbu de la profonde « logique Maktoumienne » croirait là à ce que le fils du sceau du califat (rta) qualifie d’éphémère : le hasard. On se rappelle de cette prophétie qu’il léguait à ses inconditionnels il y’a une décennie, toujours à Tivaouane : « Le hasard n’est qu’une épithète parmi tant d’autres. Quand on fait appel à lui, c’est la volonté de Dieu qui se présente.» D’autres citeraient l’aspect scientifique de la chose, et s’évertueraient à voyager dans l’univers insondable des chiffres, ces symboles qui  renferment tant de secrets au point de gouverner ce monde.

 Par ailleurs, tout ce qui est scientifique peut servir dans le cadre d’une expérimentation purement mystique. Et c’est la raison pour laquelle ceux qui, au-delà d’un enseignement, ont été abreuvés à la source d’une haute science, ont compris l’aspect ésotérique de la chose : le chiffre  8 représente les quatre lettres des noms d’Allah et de son Prophète (psl) écrites en langue arabe. C’est aussi le nombre obtenu en additionnant toujours  les quatre lettres des prénoms de deux saints qui naquirent le siècle passé : Mouhamad-pour citer Serigne Mouhamadoul Moustapha Sy- et Ahmad-son vrai nom est Ahmad Al Maktoum, histoire de faire référence à Serigne Cheikh Ahmed Tidiane Sy. Encore que le prénom Ahmad est l’équivalent du nombre 53, toujours en valeur numérique en arabe, ce qui renvoie une fois de plus à l’obtention du chiffre 8, puisque que le chiffre 5 additionné à 3 donne 8. Et l’homme à la djellaba de s’insurger pour chantonner :

«  Akrim bi Ahmada Fii Nizàmile Mawlidii

   Akrim bi Mawlidi Ahmada Mine Mawlidi » 

Dans ces vers, Al Maktoum désigne le sceau de la prophétie (psl) par le nom Ahmad. Cité deux fois, il devient l’équivalent du nombre 106. Comme quoi dans le cercle de la sainteté, l’homme à la djellaba demeure unique dans son registre. La raison tiendrait au fait qu’il soit jusque là le seul ayant affirmé que les noms d’Allah sont au nombre de 106 : les 99 connus de tous ainsi que 7 autres ayant servis de « code d’accès » aux cieux au génie de l’œuvre divin, Seydouna Mouhamad (psl), dans son fameux voyage nocturne.

Pour l’homme à la djellaba, cette « référence codée » symbolisée par le chiffre 8 est une mise en garde à l’égard des « détraqués » qui tentèrent en vain de rompre une telle union à l’élan sacré. On ne peut nullement prétendre atteindre le divin sans recourir à Allah, d’autant plus que la Haqiqatoul Mouhamadiyya en tant que station est une sphère ou l’on ne peut accéder sans pour autant avoir pour tremplin l’étoile de médine (psl). On ne peut pas non plus s’abreuver à cette source de grâce que les Moustarchidines appellent communément Mame Cheikh sans passer par ce Responsable Moral  au verbe délicat. Les âmes honnêtes ont fini par appréhender  l’aspect mystique de la chose, c’est que le Docteur de la foi, en l’occurrence Serigne Mouhamadoul Moustapha Sy, est cette barque qui puisse mener à la fameuse ile qu’est Al Maktoum. S’y opposer serait faire face à la volonté divine.

 Serigne Moustapha Sy naquit en 1952, Serigne Cheikh Ahmed Tidiane Sy en 1925. Comme quoi en termes de valeur numérique, le total des chiffres pour chacune de ces deux  années est équivalent à 17, nombre ayant pour symbole le chiffre 8-puisque le 1 est à additionné au 7. Encore le même chiffre à conserver tel qu’il est ! 

On ne présente plus le tandem le plus mystique que le ciel ne puisse procurer à la communauté Tidiane. Il faut être le divin, dépositaire d’une grâce inconditionnelle au temps et à l’espace, pour oser « tailler » des êtres par des traits de personnalité aussi nobles que ceux de ces chefs spirituels. Le Dieu du monde, de ses continents et du Sénégal, pays ou islam est souvent synonyme d’accomplissement de gestes de piété, a une fois de plus donné un sens aux exigences de sa gloire. Chez nous, «faire descendre » dans un même siècle deux tribuns qui font valser les concepts au rythme de leur verbe évocateur et acuité d’esprit ne peut qu’être le fruit d’une volonté divine.

C’est le portait croisé de deux guides dont la seule préoccupation est de faire de leurs contemporains de dignes héritiers des héros du ciel. Un « couple », pour reprendre le concept de l’homme du 15 mars, et le plus mythique qui puisse exister.

A l’occasion d’une conférence à Keur Dieumb, un contemporain d’Al Maktoum s’adressa à l’homme en ces termes : « Il fut un temps ou l’on se voyait régulièrement. La tendance s’est complètement inversée. Si ce n’est la causerie annuelle de Keur Dieumb, il m’est impossible d’avoir l’occasion de faire face à votre silhouette symbolisant toutes les merveilles pouvant peindre l’allure d’un Homme de Dieu. » Et le Tribun de Tivaouane d’afficher un sourire qui en dit beaucoup sur son charisme authentique, puis de préciser : « En vérité, la clause faisant fie d’une proximité n’existe nullement dans le contrat signé avec un Homme de Dieu. Le seul principe qui vaille est de deviner les fois ou vos âmes seront assoiffées de pureté, histoire de les abreuver de par une méthode dont nous seuls détenons le secret. »

Il faut être marabout, avec ce que cela requiert en termes « de caricaturisme, d’effacement et de farce », pour reprendre les propos de l’auteur de « l’islam et le monde », pour être apte à faire de la distance une contrainte. La formation spirituelle (Tarbiya) est ce qu’il y’a de plus authentique. Et c’est d’autant plus original que dans la lignée de la Tijanya, le sceau de la sainteté (rta) n’a « vu » El Hadj Omar Tall (rta) qu’a travers un troisième œil dont lui seul maitrise la méthode d’usage… A quoi bon vouloir faire de son héritier une sorte de « valet » avec qui l’on a besoin de se servir de clarinette et d’exigences protocolaires pour s’afficher dans les rues et autres cérémonies?

Serigne Moustapha Sy a su, par le biais d’un courage qui ne cesse d’intimider le tréfonds de la conscience de ses pairs, soutenir devant un auditoire de milliers de disciples à Keur Dieumb, qu’il incombait aux Moustarchidines et à leur chef de file de quitter ce bas monde si leur geste n’a eut aucun impact positif en termes de réalisation de l’unité profonde de l’être. Et l’auteur de Fa leyka a, quant à lui, tenu ce témoignage que l’histoire sainte a eut à inscrire dans ses plus belles pages, frôlant un désir de se sacrifier pour la continuité de la mission de celui qu’il désigna comme le patron des Moustarchidines.

Le fils d’Ababakar Sy (rta) a remplit dignement sa mission. Il a eut, à l’instar de son prédécesseur, le privilège de pouvoir s’ériger une tombe dans lequel il git dans le cœur de chacun de ses inconditionnels. Serigne Moustapha Sy, a, lui, su accompagner dignement Al Maktoum dans sa noble mission, et le fameux « Que Dieu te glorifie autant que tu l’as fait pour moi » (en wolof « sagale guama Yalla nala Yalla saggale ») qu’il lui a témoigné est toujours ancré dans la mémoire des Moustarchidines. Quoi de plus signifiant que ce message si fort dans la conscience d’un jeune prônant sa soumission sans faille à la cause des enfants gâtés du ciel ? 

 

Maam Cheikh

Chroniqueur

Senpresse.Com          

Ouagadougou a été vendredi 2 mars frappée par une double attaque terroriste d'envergure qui a visé l'état-major général des armées et l'ambassade de France. Au moins huit assaillants et huit membres des forces de sécurité ont été tués. On dénombre également plus de 80 blessés. Un bilan encore incertain.

L'attaque du vendredi 2 mars 2018 à Ouagadougou, capitale du Burkina Faso, s'est déroulée de manière coordonnée, quasi simultanée, selon un mode opératoire connu visant deux cibles distantes de deux kilomètres, l'une française située tout près de la Primature, et l'autre côté burkinabè, frappant les forces de sécurité du pays.

Il est 10h quand des tirs résonnent dans le quartier de l'ambassade française. Paul Zongo se trouvait non loin de l'avenue de l'Indépendance. « Un véhicule s'est garé au niveau de l'avenue et quatre jeunes de moins de 25 ans en sont sortis. » Paul dit les avoir vus d'abord essayer de pénétrer dans le bâtiment côté est, où des tirs ont éclaté.

« Ils portaient des sacs et des kalachnikovs. Ils étaient vraiment lourdement armés », ajoute-t-il. Mais on ne sait pas s'il y a intrusion ou non dans les bâtiments - vraissemblablement non -, ou même au niveau du sas de filtrage. Les gendarmes en charge de la protection donnent une réponse immédiate.

« Les forces françaises n'ont pas pris part directement à l'action », selon l'état major à Paris. La rapidité de l'intervention des forces burkinabè à l'ambassade sera en effet saluée par Emmanuel Macron. Quatre terroristes auraient été tués. Deux gendarmes burkinabè ont également perdu la vie. Aucun ressortissant français n'a été tué ou blessé lors de l'attaque, de source diplomatique française.

Un peu après 11h heure locale, à la demande des autorités burkinabè selon Paris, deux hélicoptères français du commandement des opérations spéciales (COS) déposent finalement des commandos chargés de sécuriser la zone. Ils se répartissent autour de l'ambassade, de l'Agence française de développement (AFD) et, un peu plus loin, des locaux l'Institut français.

 

Après l’explosion, les forces de défense et de sécurité burkinabè ont promptement réagi, ont très rapidement neutralisé les terroristes et ont pris le contrôle des lieux. Tout ça a commencé aux environs de 10 heures -heure locale- et en début d’après-midi la situation était sous contrôle.
Alpha Barry, ministre des Affaires étrangères du Burkina Faso, sur la réaction des forces de l'ordre
 
RFI
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