Maam Cheikh

Maam Cheikh

lundi, 22 janvier 2018 23:07

Traité d'Une Noble Gestion du Pouvoir

Le Général De Gaule confie à Serigne Cheikh Ahmed Tidiane Sy : «Votre grand père Seydil Hadj Malick Sy (rta) est la conscience de ce pays. Vous êtes de ceux qui peuvent le mener à bon port. Même Senghor ne pourra remplir dignement sa mission sans vous. Mawdo a été le seul rempart qui vaille lorsque la France ploya face à l’ennemi. »

C’est l’illustration d’un discours appartenant désormais à l’histoire sainte, car affilié à un espace temps remarquable : Keur Dieumb, ce fief de Baye Ndiassé Mbaye connu grâce à l’œuvre d’Al Maktoum, et 2018, quarantenaire de la naissance du Mouvement Moustarchidine. Le contexte est d’un symbolisme inouï, et le contenu d’une profondeur remarquable, parce que d’un orateur doublé d’un conférencier hors pair. L’homme à la djellaba précise : « Ce qui est valable pour un comportement religieux l’est aussi pour un comportement politique.» Pour adhérer à cette prophétie, il faut croire à la conception selon laquelle un seul souffle anime les deux, et est éternel.

 

                                                                                                                                    DE LA DELICATESSE DU VERBE

Le verbe sublime assigné à l’étoile de Médine trouve son sens dans le fait que les prédécesseurs de ce dernier ont souvent « perdu quelques points en matière de rhétorique ».

C’est l’histoire de Salomon, ce ténor qui, vacciné contre toute forme d’incarnation d’une imposture, su enfourcher les caps de roi et de prophète. En écrivant une lettre à la reine de Saba, il devint « un peu plus royal » qu’il ne le faut : une condamnation de la vanité et une soumission à son égard au menu. Mais quand on a affaire à une femme dotée d’une acuité d’esprit remarquable, l’on ne peut que répliquer de facon consciente. Balqis su user des mots qu’il faut pour dénoncer les maux entrevus à travers la fameuse lettre.

En matière de conquête de pouvoir, les Hommes de Dieu ont toujours préféré une personne ayant été initiée à une tarbiya (formation spirituelle). Il faut une « conscience spirituelle » assez rigide pour ne pas sévir sous le joug des ambigüités de la politique politicienne.

 

 

                                                                                                                      DE LA VOLONTE DE CONSCIENTISER SON ENTOURAGE

En termes d’envoi de missionnaire, le ciel procède toujours en interrogeant l’environnement immédiat en question. Et la mère de toutes, celle visant le choix d’un représentant sur terre, a fait face à un contexte des plus inattendus.

C’est le récit d’un « procès fantôme » des plus rocambolesques, et aussi vieux que le monde. Face à la volonté du ciel de créer l’homme, une partie de la  communauté des archanges se senti perplexe quant à l’utilité d’un tel acte. Le comble, c’est l’absence-ou la non existence préalable- de l’accusé, mais aussi la citation de faits non encore commis. « Objection ! » aurait dit un juriste averti, bien que ce terme ne soit d’usage que dans une cour au vrai sens du terme, avec une présence des concernés.

Mais le juge des juges, lui, se sert assez souvent de son titre d’omniscient en matière de remise en cause. Et le temps-parce qu’il incarne le temps lui-même, de lui donner raison dans un contexte précis : l’expédition d’anges du ciel à l’occasion de la bataille historique de Badr pour combattre des ennemis déclarés du prince de la race dont il redoutait la création, en l’occurrence Seydouna Mouhamad (psl). Et Al Maktoum d’évoquer le livre saint en ces termes : « Le coran fait de la violence un principe. » Cela n’a rien à voir avec l’agressivité.

Quant à l’enseignement du leader des Moustarchidines, il stipule que ces « anges contestataires » ont été conçus à l’image de l’homme (mine nafsile bachar). Ce qui justifie l’existence de toute forme de « conscience revendicative » à l’égard du ciel.

En matière politique, c’est là tout le sens de la nécessité d’appréhender la perception des choses par son entourage, et d’agir afin de rééquilibrer les responsabilités. Le dialogue demeure le seul instrument apte à faire évoluer les choses dans ce domaine. Mais son aspect consultatif a ceci de particulier selon Al Maktoum : « Chez le négro-africain, la réussite d’un responsable dépend non seulement de la bonne foi, mais aussi du sens de discernement de son entourage. » Administrer, c’est savoir choisir les informateurs au détriment des menteurs. 

Les tenants du pouvoir peinent à « discipliner le peuple ». Mais la philosophie héritée des russes en faisant fi d’une révolution des mentalités a ceci de particulier : c’est au niveau des instances que la concrétisation d’une telle volonté devrait débuter. A quoi bon prodiguer des conseils si l’on n’arrive pas à se comporter de façon exemplaire ? Et Serigne Babacar Sy (rta) de s’insurger : « Tout conseil qui ne porte pas en son sein les deux principales vertus de la participation que sont la maturité et la fidélité n’est qu’une suggestion sans intérêt. »

                     

                                                                                                             DE LA NECESSITE DE S’OPPOSER DIGNEMENT

C’est l’épopée d’une opposition, sans nul doute la première de l’histoire de l’humanité. Lucifer, cet ennemi déclaré du bien, refusa de se prosterner devant le ciel. Mais les mystiques aiment à prôner une nécessité de distinguer le Lucifer en tant que créature, et qui n’a rien à voir avec l’autre aspect qui s’est érigé en système. Celui-ci est à l’image de la représentation de tout ce que la volonté divine ne cautionne guère alors que celui là symbolise les tracasseries nées de nos systèmes. Ce qui explique le fait que certaines personnes peinent à avoir une conscience limpide. Et le ciel de déclarer : « Il arrive que je mette une barrière entre l’individu et son cœur, de sorte qu’il devienne aussi encombrant que Satan. »

Le Président Lamine Gueye considérait que la moralisation de la politique au Sénégal  dépendait de la nécessité de ne pas prendre son adversaire pour ennemi. Senghor n’hésitait pas à faire appel à son « opposant de conseiller » Serigne Cheikh Tidiane Sy, leader du P.S.S. à l’époque, lorsque le pays faisait face à des situations assez complexes, le temps de trouver une issue. Cela n’a rien à voir avec « l’aspect sournois » de la chose, celui là qui fit dire  à Kroutchev, s’adressant à Nasser : « Toi et moi sommes fous. Mais c’est un secret d’état. »

C’est d’ailleurs ce qui justifie ce qu’Al Maktoum désigne par le terme de « coup d’état administratif », dix fois plus dangereux qu’un coup d’état militaire. C’est le terrain privilégié des malintentionnés de l’entourage d’un Chef d’Etat, avec deux démarches : « couper l’élu des réalités du monde » et l’amadouer de sorte qu’il fasse de l’arrogance un tremplin politique.

 Tout dépend du régime auquel on a affaire. Mais pour ce qui est, par exemple, des injustices à l’égard des leaders d’opinion, Serigne Moustapha Sy exige deux choses : une tentative visant à libérer le chef politique otage de son entourage immédiat ou une décision de lui faire face, dans la logique d’une complicité. 

 

                                                                                                       DE L’APREHENSION D’UNE INTIMITE MYSTIQUE

Il n’y a de concept plus approprié pour qualifier le lien unissant le tribun de Tivaouane au docteur de la foi si ce n’est celui d’intimité mystique. D’abord, l’homme au bonnet carré avait soutenu qu’Al Maktoum était la prunelle de ses yeux. Mais ce dernier est allé plus loin avec Serigne Moustapha Sy à travers ces propos datant du 29 janvier 2000 au C.I.C.E.S : « L’action de Serigne Moustapha Sy est affiliée à une grande mission. Il a des ennemis qui sont des plus dangereux et des plus malhonnêtes. Je ne veux nullement qu’il soit sacrifié, et n’hésiterai pas à donner ma vie pour qu’il puisse être sauvé de justesse. »

Ensuite, face à lui, dans un cadre loin de s’apparenter à une sortie publique, il lui déclare : « En vérité, le seul couple qui perturbe le moi profond de personnes des plus redoutables est le notre. »

Enfin en s’adressant à son fidèle condisciple de toujours Baye Omar Samb, il déclare : « Moustaf ne ploie point sous le joug de la solitude. Quand on est assigné d’une mission aussi noble, le ciel procède en faisant de sorte que toute conscience à même de polluer notre environnement  soit à jamais écartée. »

En histoire sainte, il n’y a rien de plus concis qu’un hommage de cette trempe, parce qu’il traverse le temps et ses vicissitudes. Ces propos ont trouvé refuge dans les cœurs de leurs disciples, et aucune langue n’est apte à traduire leur portée convenablement. C’est là un consensus qui rebutera à jamais les simples d’esprits. Il faut y réfléchir…avec le cœur ! La raison nous mènerait, dans ce domaine précis, dans les coins et recoins de la cité du scandale.

Maam Cheikh

Chroniqueur

Senpresse.Com      

jeudi, 18 janvier 2018 11:37

L'ENTRETIEN EXCLUSIF (1ère Partie)

LA VOCATION DU MOUVEMENT MOUSTARCHIDINE 

 

Abdoullah Ibn Abass confie à la communauté musulmane : « En vérité, j’ai appris du Prophète Mouhamad (psl) qu’il est des espaces dont l’archange Gabriel n’a jamais eu accès à Malakoute. » Entendons par là que le ciel accorde des privilèges en fonction des missions.

Si le centre des intelligences et de l’entendement (markazil fouhoumi wal ma ànii) demeure ce musée avec pour conservateur distingué le génie de l’œuvre divin, en l’occurrence Seydouna Mouhamad (psl), il n’en demeure pas moins que les visiteurs qui ont pu avoir accès aux coins et recoins, histoire de contempler les œuvres de cette citadelle du divin, sont dix fois plus savants que le commun des humains.

En termes d’histoire sainte, qui dit mission dit nécessité d’accomplir une action dédiée au ciel dans l’espace temps, et avec pour seul tremplin la foi. Encore faut-il que l’on ait affaire à un mystique apte à avoir accès à cet « appareil » qu’il a comme support, et que les grands de la Haqiqa désignent par le concept de « Fouàd ». Et Al Maktoum de chantonner en s’adressant à son homonyme :

« Yaà Seyyidi ! Ya Seyyidi !

   Mane Lii bi Mislika Lil Fouàdile Aànii » 

Quoi de plus juste que de se demander s’il y’a quelqu’un de plus apte à façonner notre foi, histoire d’en faire un instrument catalyseur de la réussite des missions périlleuses ? 

Dans ce domaine précis, les Moustarchidines ont affaire à un Docteur de la foi, et le mouvement qui lui sert de centre de rayonnement est né depuis quatre décennies. 2018 marque un tournant historique dans l’évolution de cette communauté.  

En matière d’entretien, il n’y a rien de plus passionnant que le fait de questionner un esprit ouvert dont les paroles et paraboles ont pour source une Haute Science enseignée par un Docteur de la Foi. Et un jeune moustarchide, « pur produit » de la formation et de l’enseignement faisant valser les esprits  d’innombrables membres de sa communauté, de répondre à un journaliste dont la profondeur et la souplesse sont affiliées à  la fois à une curiosité démesurée et un désir de cerner les contours d’une tarbiya des plus authentiques.  

Le Journaliste : « En dehors de l’usage de toute forme de conception fanatique, comment me dresseriez vous le portrait de votre guide Serigne Moustapha Sy ? »

 

Le Disciple Moustarchidine : « C’est le portrait d’un homme dont les paroles et paraboles ne cesseront de peser à jamais sur la conscience collective. Un révolutionnaire dont le regard transperce d’une profondeur méconnue du commun des mortels les préoccupations d’ici bas, histoire de contempler les merveilles de la Haute Galaxie. Serigne Moustapha Sy est un chef spirituel dont la posture fleurete avec l’incarnation sans faille de tous les saints. »

 

Le Journaliste : « Oui, mais du point de vue spirituel, justement, il est plutôt facile d’accorder à un homme des «  privilèges mystiques ». Qu’est ce qui prouve la véracité de vos propos ? »

 

Le Disciple Moustarchidine : « Tout dépend de ce que vous entendez par « véracité ». La philosophie nous a légué la conception selon laquelle une  vérité peut être vraie parce qu’elle émane du divin, ou parce qu’elle l’est pour la raison ! C’est une question de consensus. Mes propos sont vraies parce qu’ils sont affiliés aux deux à la fois. »

 

Le Journaliste : « Qu’en est-il, par exemple, de la raison ? »

Le Disciple Moustarchidine : « Avez-vous déjà entendu le Leader des moustarchidines interpréter le coran ? Quoi de plus authentique que d’interroger l’esprit du texte ? L’on comprend que le livre saint est loin de décrire de « simples fables antiques », histoire de reprendre les propos des mécréants de la Mecque. Avec lui, le soleil caractérisé par sa clarté, tel cité dans la sourate du même nom (Achams), exprime la majesté du seigneur. La lune qui le suit n’est autre que Mahomet (psl), ce digne serviteur du très haut. Il s’ensuit le jour, assimilable aux prophètes dépêchés dans leur communauté comme missionnaires, la nuit, symbolisant la classe prophétique n’ayant point bénéficié de ce « privilège », le ciel, représentant les réalités essentielles (haqiqa), avec une étendue sans limite reconnaissable, la terre, caractérisant la Charia, aussi complexe que le relief de notre planète, et enfin l’âme, cet élément incliné au sacré, pour reprendre la conception d’Al Maktoum. Quoi de plus profond ? Voila la pertinence et l’authenticité de la méthode du pensionnaire du relais. »

 

Le Journaliste : « Mais du point de vue intellectuel, beaucoup ont pu également être initiés à l’image d’une Haute Science comme vous dites. »

 

Le Disciple Moustarchidine : « Vous dites vrai. Seulement chaque initiation a sa particularité. La démarche de Serigne Moustapha Sy s’inscrit dans une logique : celle consistant à aller au-delà d’un simple apprentissage suivi d’une pratique, mais plutôt d’une maitrise avec pour but une application. Ceci ne peut donc qu’avoir une influence positive dans la société dans laquelle le croyant évolue.

 

Le Journaliste : Oui mais le Sénégal est toujours un pays évoluant sous le joug d’une crise de valeurs. Votre geste n’a pas pu donner grand-chose alors…

 

Le Disciple Moustarchidine : Tout dépend du Sénégal dont vous faites allusion. Le « Sénégal d’en bas »-sans que cette appellation ne soit péjorative,-est le symbole de toutes les bavures qui puissent exister. C’est la citadelle de ceux là qui n’ont d’yeux que pour l’injustice, l’impudeur et l’indignité. Il y’a des gens qui ne sont là que pour éterniser les tendances sous toutes leurs formes, d’autant plus que toute sorte de valeur permettant d’être réellement humain les rebute. Et il y’a les autres, ceux là qui ne se perdent point dans les dédales de l’inconscience, et qui vivent un Sénégal fier, éloigné des vicissitudes nées de la crise de personnalité. Les premiers sont les ennemis de ces derniers. Et il suffit que l’on veuille servir de médiateur dans ce domaine pour être traité d’imposteur. Dans ce domaine précis, même le Prophète de l’islam (psl) n’a du son salut qu’à un courage et une témérité émérite, avec pour arme un courage moral inouï. »

 

Le Journaliste : Et que répondez vous à ceux qui évoquent un fanatisme en faisant toujours allusion aux organisations religieuses comme la notre ?

 

Le Disciple Moustarchidine : « La logique qui évoque cela est la même que celle qui existe en occident. Les blancs, voyant leur désir de faire régner une sorte  d’hégémonie à l’égard de l’islam échouer, n’ont pu trouver pour terme qualifiant le geste des musulmans que celui d’intégriste. Al Maktoum disait : «  On est intégriste d’une cause ou d’une autre. En matière de foi religieuse, les premiers intégristes ont été bel et bien mis au monde par le désert, et on les a si magnifiquement appelés des prophètes. »

Le journaliste qui vante son organe de presse d’appartenance, le politicien qui prône une adhésion à l’idéologie de son parti, le syndicaliste qui dénonce une forme d’aliénation…tous sont fanatiques de leurs cadres d’évolution pardi ! Chez nous, même les « anti-confrériques » ont fini par s’insurger dans une forme de pensée qui fait qu’ils sont devenus plus dangereux que ceux qu’on qualifie de « fanatiques » mourides, tidianes, layenes ou autre. Tout est question de perception des choses. »

 

Le Journaliste :  « Et qu’en est-il des actes que vous posez, et qui n’ont rien à voir avec la religion ? N’est-ce pas là une confusion quant à la vocation de votre mouvement ? »

 

Le Disciple Moustarchidine : « À quels actes faites-vous allusion ? »

 

Le Journaliste : «  Vous avez intégré des secteurs qui n’ont rien à voir avec la religion dans votre mouvement. »

 

Le Disciple Moustarchidine : « Vous me rappelez cette interview accordée par Serigne Cheikh Ahmed Tidiane Sy à un journaliste le 20 février 1978 à Keur Dieumb. Le tribun de Tivaouane saisissait l’occasion pour dénoncer la crise d’interprétation, ce vice qu’il désigna par le concept de « crise de logique », 16 ans plus tard, en 1994, dans sa lettre du même nom. Vous savez, ce qui fausse, c’est notre façon d’interpréter les choses. Voila pourquoi la plupart de nos intellectuels, chefs politiques et autres médias se perdent dans les dédales d’un mal qui ne dit pas son nom, et qui dénature l’initiative même de Dieu. »

 

Le Journaliste : « Quel rapport avec l’œuvre de Serigne Cheikh Tidiane Sy ? « 

 

Le Disciple Moustarchidine : Imaginer un « religieux » qui su créer un parti politique aussi influent que le P.S.S. durant les années 1950, édifier une industrie aussi prestigieuse que la Sococim, user d’un style de leadership distingué auprès des étudiants sénégalais au Caire en tant qu’ambassadeur du Sénégal dans ce pays des pharaons, toucher les cœurs en tant que poète, intimider les grands de la pensée en tant qu’intellectuel, marquer les esprits en tant qu’auteur de lettres  …Et Jean Baptiste Colbert, philosophe de renommée originaire de la métropole, de s’agenouiller, les mains sur la tète, pour rétorquer, parce que dépassé par l’intelligence d’Al Maktoum : « Cheikh Tidiane ! Tu en connais trop ! »

En s’inspirant de son acte, on ne peut nullement associer l’action du Mouvement Moustarchidine à un cadre uniquement religieux !

 

Le Journaliste : (rires) Dites nous alors, de façon explicite, ce qu’est le rôle d’un Moustarchidine

 

Le Disciple Moustarchidine : « Ecoutons Serigne Moustapha Sy : «  Le Moustarchidine doit jouer un rôle de catalyseur. Un rôle devant lequel le mot mondialisation devient banal (..), le rôle des moustarchidines, c’est d’être avant tout des perfectionnistes, dans un monde ou toute perfection semble dérisoire. »

 

Le Journaliste : (un peu ébahi)  « Catalyseur ? Perfectionniste ? Et comment comptez vous vous y prendre ? »

 

Le Disciple Moustarchidine : « Là aussi, le Responsable Moral souhaite que le disciple Moustarchidine fasse appel à trois urgences :

-Jouer le rôle de « l’effet miroir », c’est-à-dire de pouvoir ressembler à toute forme d’image devant nous. Entendons par là les contextes et réalités, en fonction des événements et bouleversements. C’est-dire qu’il est à la fois un excellent militant d’une politique à l’état PUR, un partisan de Dieu à l’état spirituel et un intellectuel au vrai sens du terme à l’état psychologique.

-S’inspirer de « l’effet pièce de monnaie », qui fait que l’on a point d’intérêt personnel au « sens égoïste » du terme, mais qu’on représente le prix de tout ce que l’autre souhaite acquérir.

-Accorder de l’importance à « l’effet-lettre ». En matière d’alphabétisation, une lettre n’a point de sens pour elle-même, mais est apte à élucider tout ce qui semble implicite, notamment en se joignant à d’autres lettres, histoire de former un mot !

Il y’a peu d’élus dans ce cercle restreint ! »

A SUIVRE

 

Maam Cheikh

Chroniqueur

Senpresse.Com

 

mardi, 16 janvier 2018 15:12

HOMMAGE AU SOUFI DE KEUR NGANDA

Serigne Cheikh Maty Leye, comme l’appelaient affectueusement ses inconditionnels, n’est point parti. C’est que le sens de l’ouverture et l’action rénovatrice ne meurent point. Et ce fut là ses seules préoccupations et volontés confirmées.

 

Le terme « yaaram » est mouride. Il est affilié à la dimension religieuse orientée vers une attitude exemplaire à l’égard du créateur et de son prochain, avec ce que cela exige en termes de comportement raisonnable et raisonné. L’enseignement nous est procuré par « cet autre Cheikh parti » 9 mois plutôt. Ecoutons Serigne Cheikh Ahmed Tidiane Sy Al Maktoum : « Il fut un temps où le vocable wolof « yaaram » était attribué à des musulmans originaires de l’orient, et qui venaient séjourner chez nous. Nos anciens admettaient complaisamment leur prétention, parce qu’ils étaient issus de cette race dont fut originaire le Prophète de l’islam (psl). L’on interdisait même aux enfants de sortir à certaines heures, histoire de ne point perturber leurs promenades. Et la Tariqa Mouride de procéder à l’expansion d’une philosophie assez simple pour y remédier : désigner par le terme « yaaram » tous ceux qui étaient d’une noirceur de teint éclatante et d’une blancheur de cœur remarquable ! » Comme quoi la foi et le comportement religieux exemplaire ne sont l’apanage d’aucun peuple. Il suffit de faire de la pureté et de la volonté ses tremplins pour se tirer d’affaire.

 

A l’image de Serigne Saliou Mbacké qui se recueillait à Ndiouroul, Serigne Cheikh Sidy Mokhtar peignait le tableau de ses retraites spirituelles par des présences régulières à Keur Nganda, village qu’il a fondé lui-même. La trentaine de familles sur place aujourd’hui ne cessera de le remercier. Cette contrée est devenue un endroit ou l’on spécule beaucoup sur le récital du coran et la pratique de l’agriculture. C’est dire qu’au delà des réalités qui font que la quête effrénée de richesses perturbe le tréfonds des consciences des sénégalais, des individus vivent dans le bonheur et la quiétude dans les bleds les plus reculés.  

 

Et que dire du centre de rayonnement de l’action du défunt Khalife, consistant à faire des mosquées de Touba et de Massalikoule Djinane des édifices de référence pour le Mouridisme ? Les grands de l’islam ont su donner un sens au vœu du Prophète Muhammad (psl) de voir les croyants prier la nuit, histoire de s’adonner à un acte surérogatoire dédié au ciel, en y associant le fait de devoir changer le monde le jour. Voila l’œuvre du khalife vénéré hier et pleuré aujourd’hui. Il a su mener une existence des plus symboliques, à cheval entre des retraites spirituelles dans son fief de village et des prospections pour coordonner l’édification de monuments pour le culte et l’embellissement de l’action du mouridisme.    

 

Le Khalife a édifié un village, instauré une bibliothèque, construit des mosquées, cultivé des terres, emmené des musulmans effectuer le pèlerinage aux lieux saints, crée des « dahiras »…Que ne peut donc le Sénégal si ce n’est pleurer le fait de ne plus voir ce patriarche marcher sur son sol, l’esprit aussi limpide que celui d’un martyr et la volonté aussi noble parce qu’illustrée par un principe : voir la communauté musulmane sénégalaise devenir un immense comptoir avec pour seul produit à commercialiser l’union, au nom des sagesses des confréries réunies, mais aussi l’église. Et Serigne Fallou Mbacké de s’insurger, en confiant à l’un de ses frères en Dieu, « le seul compagnon qui vaille est celui que rebute le fait que son prochain sache qu’il s’adonne à des bavures » (en wolof « nawlé mooy kigua xamné roussneu famou nekk gua dégg thi moom safane.»). Voila pourquoi les âmes honnêtes peinent à identifier leurs émotions face à cette situation, parce qu’a cheval entre une tristesse profonde et un soulagement d’avoir vu leur Khalife achever sa mission en toute noblesse. L’on ne peut donc que dire, dans ce contexte précis, et à l’image d’un penseur de chez nous, que la mort est faite de majesté !    

 

Maam Cheikh

Chroniqueur

 

Senpresse.Com

Le drame de la forêt classée des Bayotte, où 13 jeunes ont été tués samedi par des individus armés, a engendré une confusion fâcheuse mais compréhensible dans ce genre de situation, journalistes et officiels se trompant allègrement sur la localisation géographique du lieu de ce drame.Samedi après-midi, sous le feu de l’action, plusieurs reporters ont effectivement évoqué le nom de Boffa, en référence au village le plus proche du lieu de ce drame, mais c’est pour le situer dans la commune de Boutoupa-Camaracounda.

vendredi, 05 janvier 2018 13:22

AIDEZ SENPRESSE A SAUVER UNE VIE

vendredi, 29 dcembre 2017 15:41

LETTRE A UN ARISTOCRATE MYSTIQUE

Il y’a 92 ans, le ciel offrait à l’humanité un cadeau, et au Sénégal un privilège : celui de te voir naitre de la façon la plus noble qui soit. Sous l’ombre de l’œuvre du prince de la tijanya, celui là dont tu fus plus tard la prunelle de ses yeux, et de cette femme à la témérité aussi remarquable que le commun des hommes de son époque réunis, tu su assez tôt prendre les devants, notamment en intimidant le tréfonds de la conscience de tes contemporains. La date d’aujourd’hui marque celle de ta venue au monde, et cela fait 9 mois et deux semaines que tu nous quittas.

Je n’oublierai jamais cette nuit du mercredi 15 mars ou j’appris ta disparition vers les coups de deux heures du matin. Je su là que quelque chose, cet « autre moi », s’en allait à jamais. « O temps suspend ton vol ! », semblait être le crédo qui résumait parfaitement la situation. C’est qu’il faut une certaine présence pour être apte à donner du sens à l’impact du temps et de l’espace dans la vie. Moi qui suis habitué à la méditation de pleine conscience, je ne pus m’empêcher d’être atteint par le coté tragique de la chose.

 Si ce ne fut la logique purement héritée d’un responsable moral, et qui suppose qu’il est des hommes dont la disparition faisant suite à l’accomplissement sans faille de leur mission sur terre est triomphe, je ne saurai supporter ton absence. C’est d’ailleurs une preuve de l’influence à la fois mystique et psychologique de l’action de Seydi Mouhamadoul Moustapha Sy sur la conscience collective moustarchide. Même le geste symbolique d’Ababakar Sy (rta), celui là qui fit qu’il dédia le Mouvement Moustarchidine à la mémoire des gens de la caverne-chose apprise dans tes écrits-,  trouva tout son sens le jour du deuil. Les milliers de fidèles, tes inconditionnels, se retrouvèrent à Tivaouane sans que l’on ne sente une manifestation distinguée de la lourdeur de ton absence. Il est des tristesses tellement profondes que l’on ne ressent ni la clarté du jour, ni le besoin d’éclater en sanglots. Les larmes qui coulent de l’intérieur sont sans nul doute les plus difficiles à essuyer. Mais la sérénité de tout un chacun est plus qu’une simple attitude, elle est ce que tu appelas jadis « une forme de présence de l’esprit de Cheikhal Khalifa dans celui des disciples. » 

La pensée que tu nous as léguée a une authenticité distinguée. Elle réfute toute forme de démarche faste ou cérémoniale liée à la mort. Mieux, elle considère cette dernière comme un intérêt à la fois scientifique et mystique. Si ce n’est une plume pour communiquer et une conscience moustarchide pour interpréter les choses, je ne trouve point un élément plus symbolique pour t’écrire.

 Je ne t’interpelle point, de peur de déranger le protocole d’un Homme de Dieu qui a su passer par une porte, histoire de pouvoir retrouver ses « collègues » de l’autre galaxie et assurer d’autres aspects essentiels de sa mission dans d’autres sphères. Je reste persuadé que tu as d’autres préoccupations que de rester inerte dans une tombe, le geste de tes prédécesseurs t’ayant inspiré dans ce domaine précis. Loin de là, je tiens à magnifier ton geste sur terre. Geste qui a su faire de nous des hommes au vrai sens du terme. Avec toi, nous avons pu appréhender le sens de la spiritualité, gouter aux saveurs d’un savoir incommensurable, passer des nuits à Tivaouane en étant bercés par le timbre de ta voix si magnifique et la profondeur de tes discours authentiques, donner du sens à notre vie en tant que citoyen modèle, cultiver ce champ à ne point fuir qu’est celui du travail,  faire du sens de la mesure un tremplin au quotidien, échapper aux vicissitudes de l’archaïsme débordant,…

Tu laisses derrière toi un Sénégal évoluant toujours sous le joug d’une crise de logique. Aucun des systèmes n’a su, jusque là, trouver une issue de sortie. L’Etat de droit que tu jugeas moins utile que le droit à la vie reste ce « machin » qui a pour piliers les ambigüités de la politique politicienne. Au siècle passé, ton unique chef spirituel, l’homme au bonnet carré, se lamentait du fait que la France nous procurait des salariés à défaut de grands missionnaires. Mais il faut être apte à pouvoir exercer un métier pour revendiquer un salaire. Nous avons affaire au règne de l’incompétence absolue dans toute sa dimension dans ce pays pardi !  La vérité et le bon sens n’ont plus leur place dans le cercle politique. Même l’opposition prenant des élans de donneurs de leçons peinent à poser des actes concrets….Il n’y que quelques rares acteurs politiques qui arrivent à s’imposer convenablement.

« La soumission de l’âne prouve le fait que le respect ne se gagne pas en râlant à tout-bout-de champs ! », disait tu assez souvent en traduisant le fameux « Inna Anekarale Aswàti la Sawtoule Hamiire » du coran. Et c’est là la façon la plus simple de définir le verbiage qui règne actuellement. Cette démarche tendant à vouloir juger comme insignifiante l’action de « ton Cher Moustaf » est toujours d’actualité…et il y’a que les férus d’actualité et acteurs du journalisme que nous sommes ne daignent point répondre à ces « détraqués ». Quoi de plus simple que de répliquer face à un esprit corrompu ou buté ? lls n’ont pour source d’inspiration que la logique héritée des colons, celle là qui te fit dire que le blanc ne voulait que le marabout ne fasse autre chose que de rester marabout, avec ce que cela comporte de caricaturisme, d’effacement et de farce. Effacement que tu nous prohibas le 29 janvier 2000, en nous incitant d’ailleurs à nous allier avec le camarade El Hadj Issa Sall, afin de contribuer à l’édification d’un Sénégal meilleur. Depuis 6 mois déjà, une action politique assez PURE a vu le jour, et ne compte point s’arrêter là.

« Ah ! Si un jeune pouvait renoncer à sa jeunesse pour se consacrer uniquement aux exigences de sa maturité ! », aimais tu à rétorquer. Ce message si fort ne peut être perçu que par un jeune assez préparé pour se mesurer aux exigences de ce siècle. Le Responsable Moral évoquait récemment une révolution, en faisant référence à sa communauté, celle des enfants gâtés du ciel. Et cela devait commencer, à mon avis, par le fait de prendre conscience là du début d’une mission qui ne peut nullement être limitée dans un cercle purement religieux. Quant on a affaire à un guide qui qualifie son mouvement de spirituel, il faut que l’on soit à la fois profond dans la réflexion, concret dans les actes à poser et ouvert aux réalités politiques, religieuses, économiques, culturelles et sociales de son pays. Mahatma Ghandi disait que le changement s’incarne. On ne peut donc que commencer par « se révolutionner soi-même », en tentant de s’améliorer, pour reprendre la fameuse maxime de Georges Brassens. C’est ce qui pourrait donner une force remarquable aux acteurs en question une fois réunis. « Une révolution doit forcément créer de nouvelles conditions. Autrement, il ne s’agirait que d’un simple changement », soutenait Mawdo Lo, un condisciple assez averti sur le contexte actuel.

O Al Maktoum ! Les pensées répétées de l’être finissent par devenir des croyances, puis des réalités. Je ne peux que prier le ciel afin que celle qui s’étend au delà de tout ce qui traverse mon esprit puisse se réaliser un jour : celui de te voir le moment venu, dans la Haute Galaxie, de pouvoir revivre ta présence qui attire l’attention et retient le regard, entendre le timbre de ta voix qui flatte l’entendement et touche le cœur, embrasser tes mains qui ont su écrire à l’encre indélébile pour le poète que tu fus les plus beaux vers jamais illustrés, contempler ton visage qui fut une forme de consolation pour tes petits fils spirituels qui attendaient ta présence annuelle lors du mawlid, revoir tes pieds qui ont su marcher sans trébucher sur la voie à la fois symbolique et complexe de la Haqiqa, pour enfin sentir que j’ai devant moi celui là que le fameux « voila le marabout : feu ! » rétorqué par le blanc n’a point atteint, parce qu’incarnation pure d’une immortalité au vrai sens du terme. Que Dieu nous préserve de la petitesse d’esprit de ceux qui te croient « morts » ! 

 

Maam Cheikh

Chroniqueur/Senpresse.Com

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