Maam Cheikh

Maam Cheikh

dimanche, 12 mai 2019 02:23

LETTRE OUVERTE A BABACAR JUSTIN NDIAYE

                                       Cher Babacar Justin,

Vous avez insulté la mémoire de Serigne Cheikh Ahmad Tidiane Sy. C’est dur de voir aujourd’hui  que « nos plumes tant convoitées se déplument, s’envolent, laissant leurs auteurs dénudés de logique et de bon sens. »  « Marabout », « Citoyen », « Extraordinaire », que de termes tout aussi contradictoires pour prouver, à travers votre article, que vous vous perdez vous-même dans un dédale de théories sans fondement. Un journaliste de votre trempe ne devrait préférer ce qu’Al Maktoum considère comme insignifiant face aux réalités : les archives.

On le sait, vous êtes de la lignée de ces intellectuels qui assimilent les contenus de manuels politiques à l’envergure éléphantesque et autres histoires d’hommes d’état, les restituent sur des plateaux télévisés et les comparent au contexte politique en question. N’est-ce pas assimilable au spectacle qu’offre l’élève qui a hâte de réciter sa dernière leçon d’histoire, afin de se voir attribuer une bonne note, sans pour autant trouver de l’intérêt à travers le contenu apprit ?

Ecoutons Al Maktoum dans l’un de ses dialogues avec un condisciple. Dialogue qui donne à la fois un fondement réaliste et une signification à sa noblesse en tant qu’aristocrate mystique :

Le condisciple : «  Vous arrive t-il d’être très en colère ?

Serigne Cheikh Tidiane Sy : « il faut du temps pour ca. Disons que je n’en ai vraiment pas. »    

Le condisciple : « Crains-tu une chose dans ce monde ? »

Serigne Cheikh Tidiane Sy : « Oui. La provocation ou le fait d’offenser quelqu’un gratuitement. Aucun humain, aussi mystiquement bien servi soit il, ne peut, face au ciel, défendre la cause de l’éternel provocateur. »

Le disciple : Quel type de personne avez vous le plus tendance à condamner ?

Serigne Cheikh Tidiane Sy : Celui qui me juge mal, sans pour autant me connaitre, encore moins prit le temps de cerner ma philosophie.  

A quoi bon s’en prendre à quelqu’un dont on méconnait la philosophie ? Vous parlez de « marabout », ce terme étant une expression coloniale et ayant toujours rebuté l’homme à la djellaba. « J’ai toujours considéré ce mot comme une expression berbère sinon barbare », se lamentait il. Il l’avait dit à Senghor qui, ne comprenant nullement le sens spirituel d’une telle sollicitation, proposa le concept de « chef religieux ». Et Al Maktoum de répliquer : « Encore un sobriquet aussi exécrable que tout autre ! » 

« Je suis membre d’une communauté dont le seul élément consiste à prêter l’oreille à des hommes plus savants que le commun des mortels », revendiquait l’homme du 15 mars dans une lettre ouverte adressée à Maitre Abdoulaye Wade. Voila, justement, ce qui fait de lui « le citoyen extraordinaire » dont vous faites tant allusion. Après tout, la force d’un chef spirituel digne de ce nom repose sur le fait de faire d’une personne ordinaire quelqu’un d’extraordinaire de par son verbe, ses actes et engagements.  C’est là un attribut de l’action rénovatrice des prophètes et autres hommes de Dieu. Cela n’a rien à voir avec le terme « citoyen » que vous citez, plus récent, et issu du latin « civis » qui renvoie à celui qui « a droit de cité ». Les guides religieux ont, chez nous, en plus de « droit de cité », un droit de regard sur la gestion de cette dite cité. Cessez donc de revendiquer des prises de position dignes de conceptions coloniales. Nous sommes au 21ème siècle, et Al Maktoum a finit d’être « un miracle de son temps » que l’on cite continuellement dans l’actualité. Le fameux « Serigne Cheikh wakhone nako » (Serigne Cheikh l’avait dit) continuera à être comme un hymne que l’on chantonnera même à vos arrières petits fils, parce que ses enseignements résistent aux vicissitudes du temps et transcendent l’espace.  

Face à un détenu sénégalais, un juge menaçant en citant l’expression « condamnation à mort » se voit servir cette réponse : « De toute façon, nous sommes tous des condamnés à mort, car nous sommes appelés à crever un jour ou l’autre ! » Vos « heureusement que la peine de mort… » n’ont donc pas leur place ici pardi ! Droit et justice sont vraiment, comme vous dites, les deux marques de maquillage qui soient au monde. On le sait. Mais qu’est devenue la plume du journaliste chez nous ? N’a-t-elle pas finit d’être trempée dans l’encre du mensonge, de la trahison… ? Au siècle passé, lors de ses conférences, Al Maktoum, faisait face, en plus de l’auditoire ; à un blanc qui, mitraillette en main, « veillait à ce qu’il ne dicte pas des inconvenances sur l’autorité coloniale. » Ce qui n’empêchait bien sûr pas « Sanguou Ndiolor » d’exprimer son opinion dans sa plénitude. Aujourd’hui, il y’a pire : votre plume et celles de gens comme vous qui déshonorent la presse et, partant, préfèrent défendre des « faiseurs d’actualité » au détriment des leaders d’opinion.

En citant Serigne Cheikh, vous osez parler de « mot désobligeant », de « discourtois », et montrez par là qu’a défaut de réfléchir profondément sur un sujet aussi délicat, l’odeur de la poussière dans les vieux journaux reste votre parfum préféré. Al Maktoum a été et a su rester ce conseiller dont Senghor & Diouf ne pouvaient se départir. Le comble, c’est que celui-ci a non seulement « truqué » des élections face au PSS mais aussi emprisonné injustement le fils d’Ababakar Sy (rta), alors que celui là fût le commanditaire jadis de l’article à la Une du journal la vache : « les magouilles de Cheikh Tidiane. » Doudou Thiam, lui, voulant reléguer le chef de parti du PSS au rang de « marabout n’ayant autre chose à faire que de rester marabout », s’est vu servir la réponse qu’il fallait ; lui qui s’était éloigné des siens pour épouser une française et devenir ces « hommes avides de pouvoir en costume-cravate à la pensée purement colonialiste » ! On peut en dire autant sur le compte des « détraqués »-et non détracteurs-de celui qui fait la fierté du monde islamique.

Au Sénégal, même certains journalistes sont loin d’échapper à ce phénomène qui travesti le sens de l’honneur et de la patrie. Vous avez-vous-même incarné un exemple frappant de cette anomalie lorsque vous prôniez une sorte de « nationalisme » pour le fief d’Aline Sitoe Diatta, et ceci devant maitre Abdoulaye Wade, chef de l’état à l’époque. Revendication qui vous a valu une humiliation publique devant vos collègues journalistes. Voila un exemple de « discourtoisie » et de « désobligeance » mon cher !

Le « péché » de Serigne Cheikh Ahmad Tidiane Sy, c’est d’avoir été trop en avance sur son époque. Et c’est surtout le fait d’avoir été un forgeur de concepts qu’aucun esprit rachitique n’est à même de suivre. «  Kou féroul idji dou xoulook maftouhoune aleyhi » (Un illettré ne peut s’immiscer contre les propos d’un mystique intellectuellement bien servi), disait-il. Le 29 janvier 2000, dans le cadre d’une conférence publique au CICES, sa réplique face aux propos que vous citez en « journaliste féru d’archives et avide d’histoires pouvant fasciner les esprits simples » avait pourtant été assez claire. Je vous la rappelle : « Lucifer, en personnage promu au rang de défenseur du mal, avait toujours voulu se ranger du coté des provocateurs et autres bandits de grands chemins. Pendant 7 années consécutives, j’ai été attaqué de toutes parts. L’on commanditait des articles et des émissions radio. Et c’est avec l’argent du contribuable sénégalais que l’on « s’offrait la plume de journalistes » désireux de s’y engager, avec des papiers n’ayant pas moins d’une trentaine de fautes de la langue de Molière. La plupart se sont, plus tard, inclinés devant moi pour me demander pardon, au moment où ils avaient l’impression qu’un sort leur avait été jeté, tellement ils étaient désorientés et malheureux (…) A quoi bon s’en prendre à quelqu’un qui, au moment ou vous rédigez votre article, compte des milliers de disciples dans votre fief ? Disciples faisant preuve d’indulgence parce que ne sachant que faire du provocateur impuissant que vous êtes ?»

Le tribun de Tivaouane a du faire face à autant d’éléments indomptables, « 1000 océans en fureur », pour reprendre Aboul Abass Ahmada Tijany (rta). « Comment voulez vous que de simples fluctuants aient la capacité de nous lancer des défis ? », s’interrogeait-il ?   

Tant qu’il y’aura des consciences assez butées pour « insulter la mémoire des grands de la Tijanya », nous resterons à jamais debout, en sentinelles, pour défendre la cause de ceux qui ont su faire de leurs contemporains des hommes dignes de ce nom.

 

Maam Cheikh

Chroniqueur, Consultant

 

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 Dans son mythique Wassilatoul Mounà, l’homme de Gaya chantonne :

« Abdoune Zaliiloune Faqiiroune Khà Chi Oune

   Wadjiloune Zoudjàza Ine Aàssifoune Yallahou Yallahou ! »

Si l’auteur de Xilàssou Zeuheub est passé maitre dans « l’art de la déformation en matière de rhétorique », seul un Responsable Moral digne de ce nom est apte à interpréter une telle invocation. Ecoutons Serigne Moustapha Sy : « Il ne s’agit nullement d’une logique frôlant une vénération synonyme de rabaissement pour l’homme de Gaya, mais plutôt de l’illustration d’un esprit revendicatif. »

 C’est que les mystiques ont toujours su négocier avec le ciel, et ceci avec pour soubassement une légitimité digne de ce nom. Ils ont su sortir indemnes de ce labyrinthe dans lequel l’humanité se sent comme perdu. Et l’auteur d’un célèbre best seller de cette époque d’interpeller la race humaine avec une audace si sensée : « Si Dieu se donnait l’opportunité, par ces temps qui courent, de prononcer ne serait ce qu’une seule formule à adresser à la race humaine, ce serait ceci : vous ne m’avez pas compris. » Et un autre grand de la Haqiqa de s’immiscer : «  L’humanité cherche des réponses qu’elles ne méritent pas encore parce qu’elle ne pose pas les bonnes questions. »

Face aux questions de l’heure, le coran demeure un rempart. Sauf qu’ici, le processus est inversé, puisque c’est le livre saint, cet instrument si compatible en termes d’humeurs avec l’étoile de Médine (psl), qui interpelle l’humain. Et qui dit heure cite la notion de temps chez les mystiques, loin de l’interprétation scientifique ayant pour point de départ le fameux Big bang.

Serigne Moustapha Sy, si habile quand il s’agit de surfer sur les vagues les plus hautes et les plus imposantes de cet océan qu’est le Coran avec ses 6666 versets, épouse une méthode qui surpasse le cadre du temps. Dés lors, il faut se poser une question : le temps et l’espace suffisent-ils à interpréter la volonté divine tout en cernant les questions de l’heure ? Ce qui est sûr, c’est que les adeptes du cercle « Adouratoul Baydà » sont « aussi vieux que le temps et l’espace ». « Wamine Qabli Khalqil Khalq Wal Arch Qad Kounna » (nous étions là avant la création du tour de contrôle qu’est Arach et du piédestal dénommés Koursiyou) revendiquent-ils.

Chez les mystiques, qui dit heure évoque tout un cycle à l’image d’une caravane, comme pour illustrer les actions des « intégristes en matière de foi religieuse dont les premiers ont été bel et bien mis au monde par le désert, et qu’on a si magnifiquement appelé des prophètes », pour reprendre les propos d’Al Maktoum. Il s’agit aussi de faire référence au concept d’emploi du temps, sauf qu’ici l’employeur est le ciel et ce qui donne un sens au temps n’est rien d‘autre qu’un ensemble d’attributs dont le signe premier est la prophétie. Et l’homme dans tout ca ? Les lois sociales voudraient qu’il rebrousse chemin afin de retourner d’où il vient, parce que ne sachant plus où il va, perdu qu’il est dans une époque où l’impénitence règne en maitre. Ce qui, justement, rebute le pensionnaire de la cité Alia Diène : « Il appartient à celui qui ne méconnait guère  l’existence du tombeau de ne point soutenir ne pas savoir là où il va. », précise t-il. Les concepts coraniques de « ilmoul yaqiine » et de « aynoul yàqine », ayant une place de choix dans la philosophie et l’enseignement de Serigne Cheikh Ahmad Tidiane Sy, ne le prouvent-ils pas ? Il suffit que l’on ait une certaine conscience, à un certain âge, pour qu’on se rende compte du fait que « cette aventure ayant pour commencement le ventre maternel ne pourra prendre fin qu’avec les flancs inconsolables de la tombe. »

Par ailleurs, dans sa démarche visant non pas à permettre à l’être d’évoquer les questions de l’heure, mais plutôt de le questionner lui-même, le coran revient sur un ensemble de signes tout aussi symboliques. Dans la sourate Ar Rum (les romains), le ciel rappelle à son prophète (psl) « ses bienfaits pour la race humaine ». De la création de l’homme à la tombée des eaux de pluies, en passant par le privilège d’avoir des épouses, d’évoluer entre ciel et terre, jour et nuit, le tout en variétés d’idiomes et de couleurs, que demander de plus ? Et il y’a qu’en matière de vie conjugale, insiste le fondateur de l’Université du Ramadan, une affection peinte d’estime envers l’autre est préférable à une passion aveugle. D’ailleurs, les adeptes de ses enseignements aiment à reprendre cette formule : il faut rester à la périphérie de celui qu’on aime ?  

Interroger les questions de l’heure, c’est aussi et surtout le fait de n’avoir pour instrument de mesure que l’instant, le temps présent étant plus juste qu’un avenir incertain où un passé éphémère. Même les académiciens de la langue française les plus tonitruants qui soient ont fini par considérer le terme « avenir » comme n’ayant nullement de sens, préférant que la jeunesse se tourne vers son vrai désir tout en sachant que cette époque est la sienne. L’essentiel, c’est qu’elle fasse de la droiture (Al Irchad) un crédo, de l’entraide une préoccupation et des prédilections du divin des remèdes face aux maux. C’est donc une occasion de se détourner du chemin parsemé d’embuches prit par des esprits butés à l’instar d’Abou Leuheub, du culte détourné de toute forme de solidarité envers son prochain-dénoncé par le fameux « Aràà Aytallazi You Kazzibou Bi Diine » et traduit ainsi par Al Maktoum : «Que dire du croyant qui méconnait l’importance d’aider son prochain ? »-  et de ceux qui souffrent sans pour autant avoir la volonté de se retourner vers « les remèdes du Seigneur ».

 Dans tous les cas, la sainteté (wilàya) ne cessera d’être cette bâtisse à trois piliers et avec pour fondement le message divin : La lettre arabe « wàaw»  symbolisant le cercle des « Ouloul Azm Mina Roussoul », le « Làm » comme pour en venir aux Khalifs ainsi que le « Yà » pour ce qui est des saints dignes de ce nom. Le même processus peut aussi illustrer la royauté, les affaires publiques et le peuple. « C’est Dieu lui-meme qui tend à faire régner l’amalgame, puisque la race humaine s’est comme détournée de l’essentiel », confie Serigne Moustapha Sy. Et c’est là la vraie question de l’heure !

 

Maam Cheikh

Chroniqueur

 

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« Ababakar Sy est notre père. Fut-il dans sa tombe, nous continuerons à le glorifier pour l’éternité ! » Aristocrate mystique avec pour seul chef spirituel le prince de la Tijanya, Al Maktoum témoigne ici d’une compassion dépourvue de toute tendance « confrérico-biologique ».

 C’est l’œuvre d’un patriarche, celui là qui su éclairer le chemin parsemé d’embuches d’une jeunesse. Homme de Dieu, Scientifique, Théologien, Commandeur des Croyants, Docteur de la foi, Homme de lettres, Tribun, Mufti, Catalyseur Socio-Politique, Khalif de L’Islam, Chef Spirituel, Guide Religieux, Philosophe, Poète, Ténor…le legs de Serigne Babacar SY (RTA) est d’une intemporalité et d’une universalité qui surpassa l’égo de ses contemporains. Voila 62 ans que Le Khalife quitta ce monde. Al Maktoum a toujours su peindre sa noblesse par une rhétorique et un style dont lui seul connait le secret de la profondeur. Retour sur les grandes lignes des prophéties d’Al Khalifa citées par Al Maktoum.

 

                                                                    POLE INCONTESTABLE ET INCONTESTE DE SON EPOQUE

Dans une Lettre Ouverte publiée le dimanche 9 janvier  1994, Serigne Cheikh Tidiane SY évoquait l’héritage spirituel de l’homme au bonnet carré. « Il ne m’appartient pas de choisir, c’est un problème qui dépasserait largement mes prérogatives », affirme Seydil Hadj Malick SY (RTA). « Effectivement, d’autres que lui m’ont choisi », confirme Serigne Babacar Sy (RTA). Et Al Maktoum de préciser : « C’est une question de consensus où les esprits rachitiques n’ont pas leur place. »

 Comme quoi, les héritages spirituels des grandes familles n’ont eu pour tremplin que les grandes réalités (Haqiqa). Lorsque le ciel s’adressa d’un ton majestueux à son prophète (psl), en précisant avoir crée Adam, Noé et Abraham, le fameux « wa àala Ibrahim » a été interprété par les grands de la sainteté comme une « déformation en termes de rhétorique ». Déformation faisant fie de l’avènement d’un héritage père-fils. Et l’histoire de se répéter à un rythme plutôt authentique ; le legs de Cheikh Ahmad Tijany Chérif (rta) et d’El Hadj Oumar Tall (rta) finirent entre les mains de celui qui ouvra la porte de la citadelle qui promu l’héritage père-fils : Seydil Hadj Malick Sy (rta). Et Tijany Ibn Babou de chantonner l’honneur des érudits en question :

« Oulàà ikal Qamw

Wa Ashàbou Rassoul

Wa Ashàbou Tijany

Wa Ashàboubnou Ousmàna »

Des dignes apôtres (qawm) aux inconditionnels de Mawdo (ashàbou ibn ousmane)), en passant par les compagnons du prophète (ashàbou rassoul) et les disciples de Cheikh Ahmad Tijany Chérif (ashàbou tijany),  le Khalif Ababakar Sy (rta) ne pouvait pas ne pas incarner cette légende vivante à la « Jamàliya » si authentique et à la « Jalaliya » si distinguée.

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                                                                   CHEF SPIRITUEL AU  CHARISME LEGENDAIRE

« Ababacar Sy n’a jamais cessé de plaire, évitant de jouer avec le destin des gens. » (« Serigne Babacar Sy meussoule foyé bakkanou nitt gni ») témoignage  Hadj Saidou Nourou Tall (RTA). Une assertion reprise par Serigne Cheikh Tidiane Sy dans Jouer avec le Destin. Il n’y a d’entreprise plus complexe que de jumeler une rigidité à un charisme si rare…  

Aujourd’hui, le phénomène de l’obscurantisme religieux fait qu’on séduit plus qu’on instruit, avec un «caricaturisme » associé à une quête de disciples. C’est le début d’une crise si bien illustrée au 7e siècle par l’étoile de Médine. Seydil Hadj Malick Sy (RTA) l’avait bien compris, parce qu’ayant légué aux générations futures cette prophétie: «Il arrivera  une époque où la prêche sera l’affaire des illettrés », tout en ayant surtout opté pour une minorité de qualité (ilàhiya fadj al euhlanà wa euhla ghourbatine).

 

 

                                                          LA VOLONTE, FONDEMENT DE L’ŒUVRE DE L’HOMME DE DIEU

La volonté est un mot maitre dans l’œuvre d’Al Khalifa, en atteste sa fameuse invocation : « Seigneur ! Préservez-nous d’une paix superficielle ! Une paix qui tue la volonté d’un homme.»  Une invocation qui frôle la «conception maktoumienne » de la valeur, celle que le confort sous toutes ses formes  rebute, parce que justifiée par l’élément qu’est la valeur : la rigueur. « Un champ céleste est un champ de bataille. On y laisse sa vie ou du moins le confort de sa vie », nous confie l’auteur de Fa Ileyka. Paix ne signifie donc nullement chez ces chefs spirituels absence de contrainte. Loin de là, elle est un état d’esprit qui n’empêche nullement l’attachement aux grands objectifs de chaque siècle.

 

                                                             UNE POSITION DE NON INDEPENDANTISTE CONFIRMEE

Il faut être le digne successeur de Seydil Hadj Malick Sy (RTA) pour oser dénoncer à la fois le manque d’ambition de la France et les ambigüités de la politique politicienne. L’homme au bonnet carré soutenait que de l’envoi de grands missionnaires, la France est passée à l’expédition de simples salariés au Sénégal.

« Je suis français aujourd’hui. Je le serai encore demain. Pourquoi ne pas accorder une double nationalité à un homme doublement colonisé ? », rétorque t-il, confession si bien illustrée par Al Maktoum dans Islam & Monde Occidental en 1994. Les impénitents prirent le chemin inverse. La rupture brutale avec la France fut à l’origine d’un déséquilibre total en matière politique. Le temps a fini par donner raison à sa position de non indépendantiste, avec les vicissitudes constatées dans la gestion des institutions depuis l’indépendance. Pire, aujourd’hui, la colonisation n’est plus une question d’occupation de terres, mais plutôt une façon «d’occuper les consciences». Un complexe qui demeure comme figé dans le moi profond de la plupart des fils de l’Afrique. Demba n’a pas cessé de voir en Dupont  «un autre », originaire d’une «race supérieure ».

 

 

                                                      UN DIGNE REPRESENTANT DE DIEU SUR TERRE

La religion est perçue par Serigne Cheikh Tidiane Sy comme une tension perpétuelle qui n’a d’yeux que pour l’équilibre, pour la bonne grâce de tout ce qui existe. Les trois dimensions auxquelles il lui assigne font du fils de Seydl Hadj Malick Sy (rta) le grand père spirituel de toute une jeunesse :

-Elle est source de grâce, et le Khalif a accompli tous ses devoirs religieux sans défaillance aucune vis-à-vis de son créateur ;

-Elle est attitude raisonnable et raisonnée de la créature à l’égard de son créateur, et l’homme au bonnet carré à respecté toutes les recommandations divines ;

-Elle est comportement social, et le digne héritier de Seydil Hadj Malick Sy(RTA) a apprit à ses disciples à connaitre et à suivre l’éternel.

 

La mémoire d’Ababakar Sy (rta) restera à jamais le centre de rayonnement de toutes les œuvres des petits-fils spirituels de ce dernier. Sokhna Rokhaya Ndiaye, elle, en mère comblée et fière de ce prince de la Tjanya, confia pour seul témoignage : « Mon fils Ababakar Sy (rta) a remplit tous ses devoirs. » 

 

Maam Cheikh

Chroniqueur

 

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vendredi, 15 mars 2019 22:50

Lettre A Un Vicaire Par Excellence

                                           Mon Cher Homonyme,

Il n’y a de conception plus erronée que celle qui te relègue au rang de «guide n’étant plus de ce monde ». Mystiquement, c’est un crime ! Et c’est surtout nier une réalité qui fait la force des vicaires les plus énigmatiques que le ciel ne puisse nous procurer : le fait qu’il n’existe plus de frontière entre la haute galaxie et le monde des humains.

Hier, tu disais que la mort est un centre d’intérêt, à la fois mystique et scientifique. Aujourd’hui, par la force des choses, nous sommes contraints de nous imprégner de ta « posture d’absent le plus présent qui soit.»

Récemment, j’a eu l’opportunité de passer des heures à converser avec deux hommes dont la profondeur des pensées et le rythme des mots qui « pullulent leur verbe évocateur » sont juste authentiques. Parce qu’artiste peintre doublé d’un intellectuel imprégné du « patrimoine Maktoumien »,  Serigne Ndiaye a su, aux cotés de Souleymane Bachir Diagne, ce philosophe de son temps, échanger sur ton œuvre avec l’ignorant de demi-mesure que je suis. L’auteur de comment philosopher en islam a lui-même reçu des présentations de condoléances de la part de ta progéniture le soir du 15 mars 2017. «C’est parce que ce sont les adeptes de la culture universelle qui sont en deuil », lui a t-on fait savoir au bout du fil.   

Au-delà de ça, nous avons surtout échangé sur la notion de « Deuhr » (temps), ainsi que cette prophétie de l’étoile de Médine : « Ne vous immiscez pas contre le temps, car Dieu est le temps. » Si je reviens dans tout ca, c’est que le vocable « temps » occupe une place de choix dans tes écrits, notamment quand il s’agit de peindre les vertus chevaleresques (chiyamoune tou haqiqou djeuwheureul insàne) qui peignent tant l’action de ton homonyme, le grand Aboul Abass Ahmada Tijany (rta). Dans Fa ileyka, tu chantes:

 « Faddeuhrou deuhrouka là touqàa rabbou soul tatane

    Wal Fathou fathouka Kiffataye Mizaane »    

Comme quoi, le “deuhr” ici symbolise toutes les ères, et ceci depuis la venue sur terre de ton homonyme. Cela n’a rien à voir avec le fait pour un vicaire de revendiquer la posture de maitre de son temps (khoutbou zaman), « temps », signifiant « zaman » en arabe, renvoyant ici à une époque précise. Ecoutons celui qui a toujours su s’engager dans les labyrinthes les plus complexes constituant l’architecture même de votre pensée, en l’occurrence Serigne Mouhamadoul Moustapha Sy : « En arabe, le terme Zaman (temps) revêt les mêmes lettres que celui de Miizàne (balance). Comme quoi l’action d’un vicaire s’apparente au poids de ses actions durant le temps d’accomplissement de sa mission. » Voila pourquoi l’intégralité de tes actions demeureront à jamais une boussole qui puisse orienter les esprits, et ceci jusqu’à la fin des temps.

Ta pensée politique aura toujours raison face à « ceux qui se sentent immunisés contre la vérité et le bon sens chaque fois qu’il s’agit de s’accrocher à ce qui leur reste comme lambeaux de pouvoir »-histoire de reprendre tes propos-, ton patrimoine culturel saura éclairer le chemin parsemé d’embuches de ceux qui sont en quête de savoir, ton parcours économique restera un tremplin qui puisse mener à bon port tout entrepreneur voulant cultiver ce champ appelé travail, ton action diplomatique demeurera un remède face aux maux dont souffrent souvent nos ambassadeurs engagés souvent dans des missions « à haut risque », tes discours seront depuis toujours ses leçons de vie qui ne cesseront d’éduquer tant de générations, ta vie religieuse ne cessera de faciliter à tes inconditionnels l’acquisition d’un savoir qui résiste au temps et ses vicissitudes, enfin ta « retraite spirituelle » et ta présence à jamais dans les cœurs réconforteront les âmes trempées des vertus de ta haute science. Face à la crise de personnalité qui sévit dans ce pays, que demander de plus pour être en paix avec soi même ?    

Ton vicariat a su faire de tes contemporains des gens qui méritent le titre de « homme », avec ce que cela implique si l’on se réfère à ta pensée : c’est-à-dire un élément de synthèse dont l’humilité reste à la fois le fondement et la signification de sa grandeur. Quoi de plus passionnant que de voyager dans l’univers insondable de ta science ?

Chez nous, le folklore a prit le dessus sur les valeurs d’antan. La fameuse confidence de Sidi Ibrahim Rayàhi, celle là qui suppose que la formule qui fera exploser le monde sera moins militaire qu’on le pense, car se résumant au fait de rendre nécessaire ce qui n’est qu’accessoire, trouve tout son sens au Sénégal. La politique est devenue l’affaire des impénitents, la religion verse dans une tendance folklorique, et la jeunesse se perd dans les dédales d’une crise assez grave. La plupart des jeunes de ma génération ne tendent point l’oreille à des leaders d’opinion. Il n’y a que ceux que les colons désignaient par le terme de « fortes gueules », et que tu avais préféré appeler « ignobles perturbateurs » (al waswààs al khannàas) qui demeurent à jamais des « faiseurs d’actualité. » En attendant, le combat continue, afin que ta philosophie puisse être reléguée au rang de patrimoine dans la forme la plus universelle qui soit.

 

Maam Cheikh

Chroniqueur

 

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Kroutchev confie à Nasser : «  J’ai fais emprisonner un brillant journaliste qui m’a traité de fou, parce qu’il a divulgué ce qu’on peut considérer comme un secret d’état (…) toi et moi sommes fous, mais c’est un secret d’état ! » « Cela n’a rien à voir avec une folie clinique ! », rétorque le Philosophe Souleymane Bachir Diagne. Pour lui, il s’agit du fait que l’on a souvent, en tant qu’élu, l’esprit tellement hostile au bon sens que l’on se perd dans un tas d’inconvenances.

Qu’on le veuille ou pas, les hommes de pouvoir ont toujours triché avec leur peuple. En matière d’élection, pour un pays comme le Sénégal, il faut dire que le drame est vieux de plus d’un demi-siècle. Bien qu’incarnant une conscience digne d’un membre de l’académie française, le président poète est passé par là. C’est que, dans ce pays, les entourages des chefs pullulent de consciences aussi dangereuses qu’un cowboy du far west sorti d’un saloon, ivre, armé jusqu’aux dents et ne sachant que faire de ses moindres idioties. La plupart sont des laudateurs, et l’enfant prodige du Joal en a eu l’expérience. En effet, un jour, il a été obligé d’accepter que des élections soient « truquées » au nom d’une victoire plus que détournée d’une démocratie digne de ce nom. « Il n’a nullement voulu que ce soit le cas, » raconte le fondateur du P.S.S. (parti pour la solidarité sénégalaise), mais il faut dire qu’il a été influencé à la fois par un religieux et un responsable politique de son entourage. Rattrapé par sa conscience jadis limpide, le poète de la négritude finit par vouer un complexe inouï à son adversaire. Et l’autre conférencier de talent, auteur du légendaire « Islam & Négritude », de confier : « Senghor est moins criminel que les autres parce que cultivé et de sonne souche. Mais un problème grave se pose actuellement dans son pays : celui de la légitimité. »

Le système d’origine métropolitaine a encore été à l’honneur, et ceci avec l’homme au destin francophone-pour ne pas dire cacophone. Il y’a 31 ans, le Sénégal faisait l’objet d’un « assassinat politique », avec une opposition quasi-inexistante aux yeux d’un pouvoir obnubilé par l’idée d’être réélu par tous les moyens. Les ainés racontent encore cette scène illustrant un journaliste de la chaine nationale sénégalaise devant annoncer la victoire des socialistes en 1988, « avec l’âme qui rejetait instinctivement ce qu’émettait sa langue (…) mais comme tout salarié, il avait peur d’importuner ceux là même qui tenaient en main le trésor public. »     

Avec les libéraux, pourtant assez expérimentés sur ce qu’il y’a de plus essentiel pour bâtir un état digne de ce nom, la légitimité a cédé la place au règne de toutes les injustices. Ayant pourtant accédé au pouvoir avec tous les honneurs, le pape du sopi s’est, en 2007, versé dans un gouffre plus que sombre, perdant toute légitimité politique. Quoi de plus effrayant pour le pays de Cheikh Ahmadou Bamba (rta) et de Seydil Hadj Malick Sy (rta) ? Ces derniers n’ont-ils pas dénoncé le fait qu’un régime en manque de légitimité pourrait mener tout pays dans la dérive ? Que ne s’est-il pas passé pour que l’avocat de politicien, bien qu’ayant plaidé avec pour slogan un fameux « wax waxeet », cède enfin par les urnes ?

Ce dimanche 24 février 2019, les sénégalais ont rendez vous avec l’histoire. Prions pour que l’on ne verse guère dans une répétition de l’histoire, si ce n’est déjà fait. Que le régime actuel le sache : du point de vu politique, ce pays n’est riche ni de ses infrastructures, ni de ses discours politiques, mais plutôt de sa démocratie, aux yeux des observateurs d’ailleurs. De l’autoroute Ila Touba à la voie « Tali Diallo Pithie », construite pour « assouvir les caprices du fils de  Diogoye et Basile » qui, disait-il, voulait aller contempler avec la première dame, les oiseaux de ce mythique homme, ce qui compte avant tout reste les hommes qui sont à la tète des institutions. Il suffit d’une inconvenance pour que tout s’écroule. Le principe est simple : ne pas « voler les suffrages » de ceux qui incarnent les aspirations de la conscience collective. Qu’il s’agisse de l’ancien ministre des affaires étrangères, de l’homme neuf, de l’antisystème par excellence ou de la maniaque de la stratégie, du pareil au même ! Lassons le peuple élire dans la transparence, même si ses agissements font souvent trembler les plus grandes âmes qui soient. Que le crédo soit le « Benno » dans la façon la plus « pure » qui soit, afin que « rewmi » puisse faire un choix qui « rassure ».

 

Maam Cheikh

Chroniqueur

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Il y’a 25 ans, le Sénégal plongeait dans une période de troubles jamais vécue depuis son avènement à l’indépendance. La conscience publique se perdait dans les dédales d’un chaos qui revêtait plusieurs facettes : Un Etat qui refusait de donner un sens à ce principe qu’est l’alternance, une opposition qui soutenait s’être fait « voler ses suffrages », un peuple sénégalais inerte face aux inconvenances provenant du régime, un Mouvement attaché aux grands objectifs du siècle, et enfin un guide religieux aux enseignements ayant toujours transcendé les réalités communément admises, Serigne Cheikh Ahmed Tidiane SY. Retour sur les grandes lignes de cette histoire qui fait annuellement l’objet de publications allant souvent à l’encontre des faits.

LA PRISE DE POSITION DE SERIGNE CHEIKH TIDIANE SY


« Serigne Moustapha Sy a eu des résultats dans un domaine assez complexe : La spiritualité. Les lumières ayant jaillies de cette sphère cadre ne peuvent nullement être éclipsées par de petites ombres adeptes de la politique politicienne. » Ces propos de Serigne Cheikh Tidiane SY ont pesé lourdement sur la conscience collective, le samedi 29 janvier 2000, lors d’une conférence tenue au CICES De Dakar. Ils marquaient le caractère permanent d’une prise de position vieille de près d’une décennie. Les fameux événements du 16 février 1993 ont été à l’origine de plusieurs interventions du Tribun de Tivaouane. A défaut de « flagrant délit » comme évoqué par la justice à l’époque, il a fait référence à une prise d’otages. Dans une série de Lettres Ouvertes, il soulignait des approches qui justifiaient un fait : Serigne Moustapha Sy n’avait pas tort de faire référence aux crises d’autorité, de compétence et de confiance. Et le penseur de citer le Prophète Muhammad (psl) : « Mahomet n’a-t-il pas apporté son soutien aux chrétiens au détriment des perses ? Serigne Moustapha n’a pas à avoir de « repentir », son choix est à la fois juste et fondamental».


Sur le plan politique, le Mystique et Citoyen du Monde dénonce des gens se sentant «immunisés contre la vérité et le bon sens chaque fois qu’il s’agit de s’agripper à ce qui leur reste comme lambeaux de pouvoir. » Et l’Homme à la Djellaba de poursuivre, dans sa fameuse lettre ouverte datant du lundi 7 mars 1994 : « Tous ceux qui ont participé, ne serait-ce qu’un seul jour à cette chose, se verront immanquablement traqués par les forces de l’autre galaxie. Ils vont tous payer, parce qu’ils ont tous commis un crime contre ce peuple qui, face aux inconvenances qu’on lui dicte, ne réagit jamais. Un peuple qui respire mais qui ne vit pas, parce que la vie est aussi faite pour se battre (…) ils ont légitimé et même cautionné des actes contre nature». Pour lui, la déclaration du régime socialiste de tenir des élections transparentes en 1993, histoire d’annihiler un passé d’usurpateur de pouvoir, n’a pas été concrétisée.
Enfin pour évoquer la situation dans laquelle se trouvaient les Moustarchidines, le pensionnaire de Fann Résidence, dans un Communiqué de Presse précise que l’aspect mystique de la chose dont se réclament les membres dudit Mouvement spirituel a pour centre de rayonnement la mémoire du Khalif Ababacar SY, et que seul cet Homme de Dieu peut régler le problème selon les règles de sa sainteté.


SERIGNE MOUSTAPHA SY : UN RESPONSABLE MORAL PLUS QUE DETERMINE


Malgré son arrestation et celle de plusieurs membres du Mouvement Moustarchidine, le Fondateur de la prestigieuse Université du Ramadan est resté plus que jamais attaché à des principes de missionnaire devant jouer un rôle de catalyseur dans tous les domaines, en atteste les propos tenus lors d’une interview juste après sa libération. « La prison est un état d’esprit », soutient-il. Comment s’interroger sur des impressions d’un homme qui n’a nullement senti être enfermé dans une cellule ?

Aussi pour revenir sur la déclaration télévisée de Djibo Ka, ministre de l’intérieur à l’époque, citant le décret 001123 du 17 février 1994, et soulignant l’interdiction sur tout le territoire national des activités du Dahiratoul Moustarchidina Wal Moustarchidaty, il cite : « Notre Mouvement constitue un démembrement de l’Islam. On ne peut dissoudre une cause affiliée à une religion. Le Colloque International tenu par le Dahira en 1989 a été une occasion saisie par le Président Abdou Diouf pour mobiliser toutes les institutions de l’Etat et les faire participer à l’initiative, en plus des éloges que lui-même a tenu ce jour-là. Qu’on ose nous faire croire que ce n’était pas les mêmes Moustarchidines qui ont été victimes du complot tenu quatre années plus tard. »

 Il considère un tel geste comme un devoir, parce que conforme à l’enseignement prophétique : celle qui juge que le ciel salue tout appui fait à une initiative tendant à faire valoir la dignité humaine dans un élan conforme aux lois divines. Et pour ce qui s’ensuivit, il cite une maxime inspirée de la philosophie de Seydil Hadj Malick Sy : l’alliance de ceux qui se déclarent ostensiblement ennemis de la loyauté et du bon sens est un complot.

ET DEPUIS, LA CONFUSION REGNE TOUJOURS


Après les événements, la confusion est toujours au rendez-vous. Les écrits et jugements portés sur ce récit peignent un bras de fer entre le Mouvement Moustarchidine et le Régime de l’époque, socialiste d’appartenance. L’erreur la plus grave est sans nul doute celle commise par le Professeur Habib Thiam. Dans son ouvrage intitulé Par Devoir et par Amitié et publié en 2001, l’historien de renom précise à la page 175 que le mercredi 17 février 1994, qui coïncidait avec un mois de ramadan, fut une journée de tentative de création d’une situation insurrectionnelle et terroriste par l’opposition et le Mouvement Moustarchidine, avec, à sa tête, Serigne Moustapha Sy. L’erreur se trouve en effet dans le fait que Serigne Moustapha Sy a été arrêté plutôt, le samedi 30 octobre 1993, après son évocation des trois (3) crises citées précédemment.


Le drapeau du Mouvement Moustarchidine flotte toujours dans la place symbolisant la Grace de la Mission Mahométane. Sa vocation spirituelle a fait qu’elle verse aujourd’hui dans un défi à l’élan politique, comme pour honorer la mémoire de celui là qui exigea que l’on lave ce pays, pour un ressourcement purificateur digne de ce nom. Après tout, un régime politique, aussi puissant qu’il soit, ne peut bafouer le message qui git dans le cœur d’un Homme fort de son appartenance à une communauté dédiée à la mémoire des gens de la caverne (ashàboul keufi). Le regretté Sémou Pathé Gueye soutenait qu’il n’y a rien de plus dur pour quelqu’un qui a des projets de vie à mener de devoir déclarer la guerre à un homme ayant prédit à sa femme de se préparer à sa cérémonie funéraire.

 

Maam Cheikh

Chroniqueur

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samedi, 09 fvrier 2019 00:38

LES FEUILLES DE MAAM CHEIKH: MENTEURS !

« Ce ne sont pas des mensonges, c’est de la politique ! », s’exclame Scholastique Mukasonga. N’est ce pas là l’illustration parfaite du théâtre auquel on assiste chez nous ? Au Sénégal, on continue souvent à appeler institution, parti politique ou état des citadelles de la cupidité et du ridicule aussi vieux que notre drapeau national. « Il n’y a de péché plus ignoble que le mensonge ! L’adulte qui ment, sans qu’il ne le sache, perturbe le protocole du trône dans la haute galaxie. S’il y’a un seul et unique péché qui puisse faire éclater la planète, c’est bien le mensonge. Heureusement que le ciel, de par une omnipotence inouïe, ne peine nullement à contribuer à l’équilibre de la terre », rétorque un grand de l’islam. Et encore qu’en matière politique, il est désigné par le concept d’ingénierie politique chez les zambiens. Et force est de reconnaitre qu’il est étroitement lié à sa sœur siamoise : la transhumance.

C’est l’histoire d’une femme à cheval sur des principes à même d’asseoir toute crédibilité politique digne de ce nom. Une dame dont le cri de cœur laissa perplexe la conscience collective : « Si le moral des chefs politiques est de transhumer, alors l’on vaincra difficilement la transhumance.  Il nous appartient de combattre cette pratique, de par des principes, notre attitude, nos idées et notre posture. » Qui crût que cette posture allait finir par s’improviser imposture, ses principes des arguments sans fondements, son attitude une prise de position huée et ses idées avec pour seul centre de rayonnement la réélection dans son fief de l’homme qu’elle critiqua le plus ses dernières années ?  

 C’est le portrait d’un homme qui pointa  du doigt le peuple sénégalais, comme pour  dénoncer les votes sanctions aux conséquences désastreuses : « Nous avons élu un homme qui dit être enrichit par son mentor en politique d’un montant de 8 milliards. Pourquoi s’attendre à ce que le système change avec ce mauvais choix ? » Que dire donc de ses propos datant de seulement deux jours, et faisant fie d’un choix collégial porté sur l’actuel président ? « Nous avons eu des problèmes et nous sommes éloignés du secrétaire général du parti socialiste, mais n’avons jamais été aussi loin de l’actuel chef de l’état, le meilleur des choix. »

« Je n’ai pas de temps pour les transhumants ! » s’exclame un autre chef politique de la trempe de ceux cités précédemment. C’est le récit d’un ignoble perturbateur qui, lui, s’attaqua sévèrement à l’actuel régime. « Le Chef de l’Etat à écarté le brillantissime avocat que je suis, Cheikh Bamba Dieye, Khalifa Ababacar Sall …parce qu’il n’a nullement besoin de ceux qui l’ont soutenu pour qu’il soit élu. » Ecoutons sa dernière déclaration : « L’actuel élu pèse plus lourd que tous ses adversaires réunis. C’est le meilleur homme que l’on ait eu à la tète de l’état depuis notre indépendance. Il fait émerger ce pays, et cela se ressent d’autant plus que ses édifices s’apparentent à ce qui se voit en Europe. »  

C’est la déclaration d’un leader politique de l’opposition qui ne cessa de trouver la vision de l’élu erronée. « Je n’ai pas la même vision politique que le leader du parti au pouvoir. Le P.S.E (Plan Sénégal Emergent) est politiquement mal géré. » Malgré le fait que son Directeur de Cabinet l’ait quitté avec trois personnes pour rejoindre le camp présidentiel, il soutint corps et âme sur le plateau de TV5 Monde qu’il n’a d’yeux que pour sa propre carrière politique. La fin de l’histoire ? Elle s’illustre à travers ses propres propos : « J’ai rejoint les tenants du pouvoir, pas pour bénéficier d’un quelconque poste mais plutôt pour être au rang d’une coalition digne de ce nom. » 

 C’est enfin les réactions aux élans de sautes d’humeurs intempestives de chefs politiques révoltés à l’idée de voir leurs pairs transhumer. Ils doivent être fusillés, rétorque le premier, avec le front plissé qui exprime en langage corporel une colère noire, « C’est des traitres ! C’est de la trahison ! Tous ceux qui ont quitté le PDS pour l’APR sont des traitres ! Plutôt mourir que de rejoindre le pouvoir. Wallahi ! » L’autre préféra invoquer le livre saint : «  Si vous aviez emmené ici le coran, j’aurai juré  que je ne transhumerai jamais ! Parce que le transhumant est d’une espèce animalière qui s’est inséré dans la politique pour faire honte au Sénégal. » Inutile d’en venir à la suite de l’histoire..Même un esprit rachitique aurait deviné que ceux-ci ont fait l’inverse de ce qu’ils disaient.

Aissata Tall Sall, Malick Noel Seck, Maitre El Hadj Diouf, Abdoulaye Baldé, Souleymane Ndéné Ndiaye et Cheikh Tidiane Gadio ont-en commun un talent d’acteur inouï et la préoccupation d’un chanteur qui tente de conquérir un public. Chez ce dernier, l’essentiel n’est pas de chanter vrai, mais de s’enquérir des applaudissements en plus de fans tombant en transes. « De toute façon, ce qui est crut devient plus important que ce qui est vrai en matière politique », précise Talleyrand. Les psychologues considèrent qu’il n’y a que deux éléments définissant toute réaction humaine : la peur et l’amour. Aimer son pays serait embrasser l’éthique et donc la vérité. On ment donc, en matière politique, par peur…peur de paraitre ridicule à l’heure de l’institutionnalisation du mensonge. « Pourfendeurs de Wade et flagorneurs de Diouf avant-hier, pourfendeurs de Diouf et flagorneurs de Wade hier, pourfendeurs de Wade et flagorneurs de Sall aujourd’hui…sans gène ni retenue », se lamente un confrère de la presse.

Dans tous les cas, le camp présidentiel a changé de cap. Hier, Macky Sall disait : « On dit que lorsque les rats quittent le navire, le naufrage est imminent. Des lors que les gens viennent avant la victoire, même s’ils le font tardivement, il faut leur accorder du respect. Par contre, pour ceux qui se bousculent après une élection ou une réélection, ils feront la queue avant d’accéder à certaines de nos instances. »

Aujourd4hui, c’est comme qui dirait une pratique visant à faciliter l’accès à certaines positions privilégiées aux transhumants. Bref, c’est l’engin politique sénégalais qui est comme défectueux. Ce qui donne justement du sens à l’autre mensonge qui guetterait les candidats actuels : faire croire qu’on peut, une fois élu, faire changer ce pays avec l’actuel système pardi ! « Plutôt mourir que de perdre un portefeuille ministériel ! », confia un leader politique à un guide religieux qui, « collègue » de l’érudit Serigne Alioune Gueye de Tivaouane, n’a nullement oublié les propos de ce dernier en ces termes : « C’est une poignée de sable plein la bouche qui fera taire le dictateur une fois inhumé dans sa tombe…le médecin et son patient, le pharmacien et son client, le droguiste et le drogué, ils crèvent tous un jour ou l’autre ! » Ajoutons à cela : « Le leader politique et son électeur crèveront aussi un jour ou l’autre ». Alors mieux vaut dire vrai, mais aussi et surtout voter vrai.

Maam Cheikh

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