Chaque famille a ses propres dynamiques, ses propres alliances, ses propres conflits, ses propres rivalités. La clé de l’harmonie dans la famille n’est pas de changer les comportements,  mais d’avoir une vision réaliste de chaque membre. « Vouloir le meilleur de chacun c’est de la prétention », disait un sage. Heureusement nous sommes tous dans la même galère parce que personne n’a été aimé aussi inconditionnellement dans sa famille qu’il l’aurait souhaité. La Korité qui arrive bientôt constitue un moment de communion, moment de rencontres familiales où autour du repas  l’on se remémore les drôles souvenirs du passé. Mais  parfois, il suffit d’une petite étincelle pour que l’on revienne aux conflits qui remontent à l’enfance. Pourquoi ce feu qui nous brule de l’intérieur ne s’est pas estompé avec le temps ? Chaque occasion est un prétexte pour rappeler à notre frère, notre sœur, notre cousin, notre tante, notre père ou mère combien il a contribué à affaisser un pan de notre vie.

Les discussions qui suivent la demande de pardon que tout musulman doit adresser à ses semblables font souvent surgir à la surface les conflits enfuis  en nous. Ainsi les différents aspects de notre personnalité et de notre passé entrent en collision. Il suffit d’une petite remarque, d’une contradiction pour que l’adulte que nous sommes devenus, disparaisse devant l’enfant malheureux que nous avons été. Certains d’entre nous qui avons vécu dans les familles polygames ont été l’objet de transferts de conflits dont ils ignorent complètement les tenants et les aboutissants. Le pire c’est que les plus nantis de la famille sont parfois les plus respectés.  L’année dernière à la même période un de mes amis s’est pris la tête avec un  de ses frères après une discussion passionnée de football qui a abouti à la critique de comment son frère se laisse dominer par sa propre femme. Encore une fois, rien n’a changé depuis, le frère s’est senti moins apprécié quand les parents se sont mis à lui faire des reproches. Dans notre psyché, il y a des traces de nos liens familiaux, particulièrement ceux qui nous lient à nos parents ; nous souhaitons enfin qu’ils connaissent notre vraie valeur. Le frère de mon ami voudrait se faire passer pour un redresseur de torts, mais c’est impossible par ce que  nos parents aussi ne sont que des hommes, ils ne sont pas parfaits. Parfois quand j’écoute certains membres de ma famille j’ai l’impression qu’on n’a jamais  vécu sous le même toit. C’est une erreur de croire que nous avons tous la même version de notre histoire familiale. Est-ce que nous devons éviter d’exposer notre point de vue ? Pas nécessairement. Nous ne pouvons pas changer les membres de notre famille, mais on peut faire part de notre vision. Mais quand on veut se faire entendre, il faut cogiter avant de parler et surtout  éviter d’être vindicatif. Si nous voulons laver le linge sale devant toute la famille, il ne sera jamais propre. En bref, nous devons comprendre que nos parents nous ont élevés à la limite de leurs moyens et que nos frères et sœurs sont tels qu’ils sont. La seule manière de s’en sortir c’est d’abandonner le fait de vouloir toujours avoir raison, ne pas se façonner à l’image de ce que notre famille veut que nous soyons et vivre selon nos propres principes et nos valeurs pour être à un autre niveau de conscience .

Bonne fête de Korité à tous !

Rassoul Keita

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