En Afrique, "la parole est tout, elle coupe, écorche, elle modèle, module, elle perturbe, rend fou, elle guérit ou tue net, elle amplifie, abaisse selon sa charge, elle excite ou calme les âmes"

En ce mercredi 20 mars 2019, la planète entière fête la journée mondiale du bonheur, mais aussi celle du conte ; journée qui coïncide, également avec celle de la francophonie ; l’occasion dans plusieurs pays de célébrer comme il se doit les arts de la parole dans toute leur diversité.

A l’instar de la communauté internationale le Sénégal, pays de tradition orale, qui regorge de « sacs à paroles », profite toujours de cette belle occasion pour revisiter des pans entiers de son patrimoine socio-culturel.

C’est aussi le cas de rappeler que, contrairement à une idée bien répandue, le conteur ne s’adresse pas uniquement aux enfants, car nombreux sont ceux, parmi ces artisans des mots, qui ciblent plutôt les oreilles d’un public adulte et initié…

Que de fois avons-nous bu ces mots, qui ont rythmé une belle partie de notre enfance :

  • Contons !
  • Contez !
  • Il était une fois !
  • Il y a toujours eu des fois
  • En étiez-vous témoins ?
  • Tu parles, on écoute !
  • La parole d’aujourd’hui n’est pas toujours gage de vérité
  • Ah ! Surtout la tienne !
  • Ce que je vous raconte là n’est pas le fruit de ma pensée, mais des faits que je tiens de mon grand-père, qui les tient de son grand-père et qui les tient de son arrière-grand-père ; des faits qui ont transcendé le temps et traversé des rives et des monts …

Ndoumbélaan, aux temps immémoriaux où les animaux vivaient tous en familles…

 Pour rappel, l’écriture n’a fait son apparition que très tard en Afrique où il n’existait pratiquement qu’en Egypte et dans le royaume du Méroé. Cet état de fait a d’ailleurs, été considéré pendant longtemps comme un handicap pour un continent soucieux de perpétuer.  Pourtant le manque d’écriture en Afrique a été compensé par un développement prodigieux de l’oralité qui a toujours été un moyen d’assurer la fixation puis transmission du patrimoine socio- culturel du continent. En effet les vieillards africains passaient maitres dans l’art de transmettre le savoir ; comme de véritables sacs à paroles, ils pouvaient relater l'histoire des royaumes et tous les évènements qui les touchainent de près ou de loin; ainsi le jeune qui s’asseyait à leur assemblée, d’un esprit vif et alerte, et qui ouvrait son âme à ce qu’ils disaient comme la fleur ouvre son calice à la rosée du matin pour s’en abreuver, en sortait comme d’une véritable bibliothèque où il venait de lire des ouvrages d’histoire, de sociologie ou de psychologie ; aussi le contact que l’on pouvait avoir avec eux était-il enrichissant ! C’est généralement au cours des veillées nocturnes, sous l’arbre à palabres ou dans les cases au coin du feu, que nos vieillards par le biais des devinettes et surtout des contes inculquaient aux générations futures les vertus positives du civisme, de la tolérance, du travail bien fait, de l’endurance, de l’esprit communautaire, de la solidarité, mais aussi le sens de l’honneur.

Le conte qui fait partie intégrante de notre patrimoine culturel a de tout temps occupé une place centrale dans l’éducation des enfants au Sénégal. Faudrait-il cependant noter que le conte n’est l’apanage d’aucun peuple, d’aucune civilisation, car il est présent dans tous les continents et revêt un caractère moral très puissant dans toutes les cultures et dans toutes les contrées.

Ainsi, c'est au travers de l'histoire et des personnages auxquels les enfants s'identifient rapidement, que les contes aident à former de futurs adultes aptes à vivre en société et à la faire vivre. Dans la continuité, eux-mêmes pourront ensuite agrémenter l'éducation de leurs enfants avec ces mêmes contes, ce qui assure ainsi la survie de certaines valeurs morales propres à la société dans laquelle ils vivent.

En cette journée mondiale du conte, un accent sur la place que le conte joue dans l’échiquier éducatif africain nous semble pertinent d’autant plus que sa dimension cognitive et conative dans notre espace culturel n’est plus à démontrer aujourd'hui.

Leboon !

Leppoon !

Amoon na fi !

Dana am !

Bimu ame yeena fekke !

Ya wax nu deeg !

Waxi tey matuta gëm dé !

Sa jossassi raw !

....

Évaluer cet élément
(0 Votes)
Lu 129 fois
zao

Contact

SENPRESSE Site d'information générales
Adresse contact : This email address is being protected from spambots. You need JavaScript enabled to view it.
Service Commercial : 77 459 42 33
 
 

Site Web

http://linguaspirit-international.com/
http://www.piccmi.com/
http://www.asfiyahi.org/
http://mourchidtv.sn/

 

Top
We use cookies to improve our website. By continuing to use this website, you are giving consent to cookies being used. More details…