Serigne Cheikh Tidiane Sy interpelle un chef politique sénégalais en ces termes : « Il n’y a de crime plus odieux que d’appliquer à une réalité un nom qui ne lui convient pas. C’est une sorte d’insulte destinée au ciel. »  Il faut dire que c’est là le signe le plus illustratif de l’horreur médiatique chez nous. Plus j’avance dans ma carrière, et plus je crois dur comme fer en cette assertion de Jean François Kahn : «  Pour être un anti-militariste convaincu, il faut avoir été à la guerre, et donc avoir fait l’armée ! » Ce complot médiatique  contre le PUR, avec des journalistes à la solde d’énergumènes qui veulent rester éternellement des esprits rachitiques m’a laissé perplexe. Comme quoi, le barbarisme reste l’élément le plus essentiel, ou mieux, le centre de rayonnement de l’action d’une certaine presse sénégalaise.

 

Religion & Engagement Politique : L’Eternelle Confusion

Il y’a eu récemment la percée du PUR, et ceci en un temps record, mais aussi l’avènement ubuesque d’analystes politiques qui veulent à tout prix enseigner à l’opinion publique ce qui caractérise le parti d’Issa Sall.Il y’a quelques mois, un complot médiatique des plus flagrants s’observaient sur la personne de Serigne Moustapha Sy. Aujourd’hui, le feuilleton contenu sur un autre registre, celui de la politique.

Les colonisateurs admettaient, pour paraphraser Al Maktoum, qu’un marabout «  ne fasse autre chose que de rester marabout, avec ce que cela comporte de caricaturisme, d’effacement et de farce. » Cette forme de croyance dépourvue de bon sens existe toujours dans la structure mentale de quelques « ombres » chez nous-pour ne pas dire des hommes car il faut désormais mériter le titre de « Homme » dans ce pays-.

Si, dans un pays à 95 % de musulmans, l’engagement politique d’un religieux pose problème, c’est qu’une imprégnation dans la doctrine prophétique en question est loin de voir le jour. Heureusement que le PUR compte aussi bien des militants en tenues occidentales imbus d’une profonde maitrise des enseignements coraniques que d’autres en tenues traditionnelles, plutôt tournés vers une connaissance profonde de ces domaines appelés science politique, sociologie, communication,…et dont les « ombres » de la politique politicienne peinent à maitriser. Il faut interroger l’histoire. Elle vous contera sans nul doute cette volonté de Constantin 1er, alors empereur de Rome, d’opérer une scission entre religion et politique. Le Coran, lui, nous « narre » sur un ton digne d’enseignements magistraux sinon majestueux, les aventures de Joseph, ce plus grand gestionnaire de tous les temps, de David, ce Prophète à la fois architecte et poète, ou encore de Salomon, ce ténor au royaume légendaire…bref, une génération d’hommes dont la mission revêt le cachet de l’universalité. Il a fallut que les « fripouilles » prennent les choses en main pour que le lien entre religieux et hommes politiques passent de mariage de raison à alliance conjoncturelle, si vraiment alliance il y’a... les quelques guides religieux qui ont eu le privilège de pouvoir s’engager seul dans l’aréne politique, et qui arrivent à le faire, se voient combattu de toutes parts. Le péché des camarades de parti d’El Hadj Issa Sall est donc de vouloir mener une politique à l’état pur. Comme quoi, certains ne sont pas prêts de contribuer à l’action de purification de ce pays, celle là qui s’inspire du discours de l’Homme à la Djelaba.

 

Journalistes & Chefs Politiques Au Rang des Intégristes

Et pour en venir à la comédie qui fait office de spectacle chez nous, il suffit qu’un religieux s’invite à la construction d’une société modèle de la façon la plus légitime qui soit-par la participation à une élection- pour qu’on traite sa communauté d’intégriste. Et Al Maktoum de rétorquer : « On est intégriste d’une cause ou d’une autre. » Ceux qui s’avèrent être des «propagateurs d’idéologies politiques » sont aussi fanatiques de leur appartenance citoyenne, parce qu’affiliés à une cause.

Et il y’a que la seule idéologie qui vaille chez les camarades d’El Hadj Issa Sall, c’est d’être et de rester pur. C’est ce qui incombe aussi bien à Amadou Lah, jeune moustarchidine féru de philosophie, et ayant appris la théologie chez ses amis prêtres d’église-cela me rappelle le parcours de Serigne Cheikh Tidiane Sy qui fréquentait les prêtres jésuites pour apprendre la langue française- qu’a Cyprien Sambou, fervent chrétien membre du PUR qui a tenu un discours tonitruant au meeting d’ouverture à Grand Yoff, et qui a pu convaincre l’église au sud d’en faire autant. Cela n’a rien à voir avec ce qu’on nous sert en faisant référence à un « islamisme », ce mot ayant crée un amalgame des plus insignifiants dans la langue française.

Serigne Moustapha Sy a d’autres préoccupations que de répondre à ces détracteurs-pour ne pas dire « détraqués- qui veulent perturber la trajectoire du PUR. Mais le citoyen lambda que je suis-sans nul doute le plus médiocre de ceux qu’il a eut à former- a une arme aussi redoutable que la conscience pervertie de ces malintentionnés : une plume qui puisse défendre cette nouvelle génération de militants PUR engagés qui n’ont d’yeux que pour le bien de ce pays.

C’est la première fois qu’une révolution politique digne de ce nom voit le jour dans ce pays. Un condisciple à l’ouverture d’esprit débordante, Mawdo Lo, me disait souvent : «  Toute action ayant contribué à  créer de nouvelles conditions dans un domaine précis peut être considérée comme une révolution. Autrement, il ne s’agirait que d’un simple changement. » Le PUR a mis en vente cartes de membre, t-shirts, casquettes...a vu agir avec une volonté sans faille aussi bien des investis que des gens qui n’attendaient rien en retour, n’a bénéficié d’aucun financement et s’est juste contenté des « moyens du bord », n’a eut qu’un mois pour se préparer et se lancer dans la course, n’a été surpassé dans le vote que par des coalitions-plus d’une centaine- et est donc par là le parti politique sénégalais par excellence. Qui dit mieux ?

Analyse Politique Ou Expertise Polémique ?

Les inconvenances dictées par Mamadou Ndiaye, journaliste à Dakarposte.com, montrent à quel point une réflexion digne de ce nom tarde à se faire dans le carcan de ceux qui écrivent. Commenter n’est point analyser. C’est la formation de partis d’obédience religieuse que notre constitution interdit. Mais sachez qu’El Hadj Issa Sall est loin d’être un religieux, et le soubassement de l’action politique du PUR s’inspire d’une citoyenneté modèle, rien d’autres.

Quant aux militants du PUR, même si la majorité d’entre eux sont des membres du Mouvement Moustarchidine, il n’en demeure pas moins qu’ils se sont engagés en tant que citoyens modèles. La légalité constitutionnelle ne pourrait donc trouver une entorse dans leur geste. Et sachez qu’ils savent revêtir plusieurs casquettes. Ils ne confondront jamais une séance de prières du jeudi soir à un meeting sur les allées du Centenaire, ou encore un discours de conférence religieuse à une allocution à l’assemblée nationale.

Cessez donc d’évoquer un « parti d’obédience religieuse » à l’endroit du PUR, afin que la confusion ne puisse plus régner, l’aliénation conceptuelle ayant assez fait de victimes chez nous autres intellectuels. Je suis par ailleurs d’accord avec vous sur la nécessité de réinventer notre système politique. Faites confiance à cette jeunesse PUR pour cela. Elle n’a rien, pour reprendre la mise en garde d’Al Maktoum, des sautillements d’un singe ivre de cognac...il s’agit d’un sursaut d’une vaillante jeunesse. Serigne Cheikh Mbacké Gaindé Fatma avait raison de se faire traduire notre constitution, histoire de citer les inconvenances qui y sont mentionnées.

Quand à Momar Seyni Ndiaye, analyste politique, j’affectionne sa conception positive de la chose. Cependant je l’invite à revoir certains termes. En tant qu’analyste politique, il lui faut évoquer non pas une relation guide moral-disciple mais plutôt militant-chef de parti. Serigne Moustapha Sy ne s’est jusque là point impliqué dans la démarche politique du PUR. Aussi « l’effort dans l’immédiat » compte pour beaucoup. L’avenir est un terme banni de notre jargon. Le dicton wolof nous confie : « Kou yagg thi teen baak fékk lafa » (à force d’être patient, on finit par triompher). Et Serigne Moustapha Sy de dire avec la franchise qu’on lui connait : « Yagg thi téen takhou gno djog ! » (une patience synonyme d’inertie n’est point notre tremplin). Quant à l’ancrage sémantique, sachez que les militants PUR sont les seuls à avoir parcouru tout ce pays. Le fameux slogan « si c’est pur je m’engage » a traversé nos frontières, s’invitant dans les contrées les plus éloignées que votre conscience puisse imaginer…Beyrouth, Milan, Paris, Johannesburg et même le pays de l’Oncle Sam ont vibré au rythme d’une politique à l’état PUR.

Enfin le terme « canon » à la place de « canaux » au début de votre texte effraie plus qu’il ne rassure, bien qu’il s’agisse surement d’une « faute de frappe ». Mais excusez mon inspiration parfois provocante qui me fait penser à ceci : nous n’étions pas munis de détonateurs lors de cette campagne. C’est notre bravoure et notre engagement qui ont fait boum boum ! Que de « cicatrices » depuis…  

 

Maam Cheikh

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