Suite à la révolte de la jeunesse sénégalaise, l’intelligentsia du pays de Sédar ne sut que faire. A peine voulut-elle plonger dans un défaitisme des plus profonds qu’une petite voix lui souffla ceci : «  Il faut réagir. Cette révolte de la jeunesse sénégalaise contre les intellectuels mérite une réplique des plus positives. »

A la barre, l’intelligentsia  jugea nécessaire, au nom du commun des forgeurs de concept, d’apporter des précisions. Et elle eut pour argument premier une interrogation de l’histoire. Elle revint sur l’épisode le plus illustratif d’une révolte qu’une « saute d’humeur intempestive et collective » ne puisse enclenchée : les fameux événements de mai 1968. La spontanéité de cette action en dit beaucoup sur l’attitude souvent hostile des jeunes. Et il suffit d’en venir à l’atmosphère qui précède à cette période pour se rendre compte que le règne d’une révolte à laquelle tout esprit lucide aurait troqué par une révolution a vu le jour. Qui dit révolution dit un certain sens de création de nouvelles conditions, quelque soit le domaine en question. Cela n’a rien à voir avec les «simples changements » auxquels nous font assister ces mouvements de jeunes. Un penseur sénégalais l’a compris, en citant la maturité de ses collègues qui considèrent la contestation comme la découverte d’une seconde vérité. Autrement, il convient de parler de dispensation d’injures … ce qui n’a jamais contribué à la moralisation des systèmes. Si, par exemple, la jeunesse sénégalaise condamne l’action plutôt ambigüe de la politique politicienne, il faut dire qu’elle y contribue aussi massivement : marches violant les mesures citoyennes prises, meetings folkloriques, clientélisme politique sont aussi l’affaire des jeunes. Et la dégénérescence de régner depuis toujours en maitre !

Il y’a un cadeau des plus symboliques que Senghor, Cheikh Anta Diop, Mariama Ba et autres intellectuels imbus de leur profond savoir ont pu offrir à cette jeunesse, c’est un patrimoine culturel à la portée incommensurable. Fallait-il troquer ceci contre le tonnerre de discours  sans fondement et de théories sans profondeur que nous offrent les médias en collaboration avec des « ignobles perturbateurs » ?  N’est-il pas temps qu’une relève soit assurée ?

L’un des nôtres, penseur de nature et philosophe de vocation, a été inquiété par un fait assez ahurissant chez les jeunes étudiants sénégalais. Souleymane Bachir Diagne, puisque c’est de lui qu’il s’agit, n’a pu trouver plus effarant que le fait que le niveau de maitrise de la langue de Molière puisse s’affaisser au point qu’en écrivant, un étudiant mette tout sur un même plan pardi ! La méconnaissance des exemples, des contre-exemples, des synthèses…en disent beaucoup sur cette crise qui ne cesse de ralentir les pas de l’enseignement supérieur, pourtant animé d’un désir noble de contribuer à la marche des choses. Un tel mal résulte sans nul doute de cette rupture si brusque avec l’héritage reçu des ainés qui ont su vivre de la culture au sens le plus réaliste du terme. Et cela passe par l’acquisition du savoir, impératif pour toute nation prônant l’émergence, mais aussi la discipline et un gout prononcé pour  l’évolution.

Et il y’a la jactance, cette façon assez singulière chez certains jeunes intellectuels d’être narcissique au point de croire qu’un diplôme suffit pour se déclarer homme de culture. Il acquiert des connaissances et néglige aussi un coté essentiel des choses : l’incarnation de valeurs. Et Internet de servir de sphères à ces jeunes qui s’improvisent leaders au point de confondre les responsabilités d’un catalyseur à l’engouement d’un faiseur d’actualité. Facebook nous en offre quelques spécimens.

 Le vénéré Cheikh Ahmadou Bamba (rta) avait bien raison de prier pour que, chez chaque personne voyant le jour au pays fils de l’écume du lion, le cerveau puisse s’amplifier et la langue se rétrécir. Serigne Cheikh Ahmed Tidiane Sy, lui, ne tranche pas en faveur de la jeunesse encore moins de celle de ainés, mais en peignant les exigences de la « divulgation de conseils ». Pour lui, il n’y a rien de plus simple que d’être stratège dans les salons du roi, et non là ou brillent les lances des épreuves. Et son père, le Khalife Ababakar Sy (rta), d’hiérarchiser les conditions de validité d’un conseil : «Tout conseil qui ne porte pas en son sein les deux principales vertus de la participation, c’est-à-dire la maturité et la fidélité, n’est qu’une suggestion sans intérêt. »

                                                                                                                                                                                                                                                                FIN

Maam Cheikh

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