Kroutchev confie à Nasser : «  J’ai fais emprisonner un brillant journaliste qui m’a traité de fou, parce qu’il a divulgué ce qu’on peut considérer comme un secret d’état (…) toi et moi sommes fous, mais c’est un secret d’état ! » « Cela n’a rien à voir avec une folie clinique ! », rétorque le Philosophe Souleymane Bachir Diagne. Pour lui, il s’agit du fait que l’on a souvent, en tant qu’élu, l’esprit tellement hostile au bon sens que l’on se perd dans un tas d’inconvenances.

Qu’on le veuille ou pas, les hommes de pouvoir ont toujours triché avec leur peuple. En matière d’élection, pour un pays comme le Sénégal, il faut dire que le drame est vieux de plus d’un demi-siècle. Bien qu’incarnant une conscience digne d’un membre de l’académie française, le président poète est passé par là. C’est que, dans ce pays, les entourages des chefs pullulent de consciences aussi dangereuses qu’un cowboy du far west sorti d’un saloon, ivre, armé jusqu’aux dents et ne sachant que faire de ses moindres idioties. La plupart sont des laudateurs, et l’enfant prodige du Joal en a eu l’expérience. En effet, un jour, il a été obligé d’accepter que des élections soient « truquées » au nom d’une victoire plus que détournée d’une démocratie digne de ce nom. « Il n’a nullement voulu que ce soit le cas, » raconte le fondateur du P.S.S. (parti pour la solidarité sénégalaise), mais il faut dire qu’il a été influencé à la fois par un religieux et un responsable politique de son entourage. Rattrapé par sa conscience jadis limpide, le poète de la négritude finit par vouer un complexe inouï à son adversaire. Et l’autre conférencier de talent, auteur du légendaire « Islam & Négritude », de confier : « Senghor est moins criminel que les autres parce que cultivé et de sonne souche. Mais un problème grave se pose actuellement dans son pays : celui de la légitimité. »

Le système d’origine métropolitaine a encore été à l’honneur, et ceci avec l’homme au destin francophone-pour ne pas dire cacophone. Il y’a 31 ans, le Sénégal faisait l’objet d’un « assassinat politique », avec une opposition quasi-inexistante aux yeux d’un pouvoir obnubilé par l’idée d’être réélu par tous les moyens. Les ainés racontent encore cette scène illustrant un journaliste de la chaine nationale sénégalaise devant annoncer la victoire des socialistes en 1988, « avec l’âme qui rejetait instinctivement ce qu’émettait sa langue (…) mais comme tout salarié, il avait peur d’importuner ceux là même qui tenaient en main le trésor public. »     

Avec les libéraux, pourtant assez expérimentés sur ce qu’il y’a de plus essentiel pour bâtir un état digne de ce nom, la légitimité a cédé la place au règne de toutes les injustices. Ayant pourtant accédé au pouvoir avec tous les honneurs, le pape du sopi s’est, en 2007, versé dans un gouffre plus que sombre, perdant toute légitimité politique. Quoi de plus effrayant pour le pays de Cheikh Ahmadou Bamba (rta) et de Seydil Hadj Malick Sy (rta) ? Ces derniers n’ont-ils pas dénoncé le fait qu’un régime en manque de légitimité pourrait mener tout pays dans la dérive ? Que ne s’est-il pas passé pour que l’avocat de politicien, bien qu’ayant plaidé avec pour slogan un fameux « wax waxeet », cède enfin par les urnes ?

Ce dimanche 24 février 2019, les sénégalais ont rendez vous avec l’histoire. Prions pour que l’on ne verse guère dans une répétition de l’histoire, si ce n’est déjà fait. Que le régime actuel le sache : du point de vu politique, ce pays n’est riche ni de ses infrastructures, ni de ses discours politiques, mais plutôt de sa démocratie, aux yeux des observateurs d’ailleurs. De l’autoroute Ila Touba à la voie « Tali Diallo Pithie », construite pour « assouvir les caprices du fils de  Diogoye et Basile » qui, disait-il, voulait aller contempler avec la première dame, les oiseaux de ce mythique homme, ce qui compte avant tout reste les hommes qui sont à la tète des institutions. Il suffit d’une inconvenance pour que tout s’écroule. Le principe est simple : ne pas « voler les suffrages » de ceux qui incarnent les aspirations de la conscience collective. Qu’il s’agisse de l’ancien ministre des affaires étrangères, de l’homme neuf, de l’antisystème par excellence ou de la maniaque de la stratégie, du pareil au même ! Lassons le peuple élire dans la transparence, même si ses agissements font souvent trembler les plus grandes âmes qui soient. Que le crédo soit le « Benno » dans la façon la plus « pure » qui soit, afin que « rewmi » puisse faire un choix qui « rassure ».

 

Maam Cheikh

Chroniqueur

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