« Ce ne sont pas des mensonges, c’est de la politique ! », s’exclame Scholastique Mukasonga. N’est ce pas là l’illustration parfaite du théâtre auquel on assiste chez nous ? Au Sénégal, on continue souvent à appeler institution, parti politique ou état des citadelles de la cupidité et du ridicule aussi vieux que notre drapeau national. « Il n’y a de péché plus ignoble que le mensonge ! L’adulte qui ment, sans qu’il ne le sache, perturbe le protocole du trône dans la haute galaxie. S’il y’a un seul et unique péché qui puisse faire éclater la planète, c’est bien le mensonge. Heureusement que le ciel, de par une omnipotence inouïe, ne peine nullement à contribuer à l’équilibre de la terre », rétorque un grand de l’islam. Et encore qu’en matière politique, il est désigné par le concept d’ingénierie politique chez les zambiens. Et force est de reconnaitre qu’il est étroitement lié à sa sœur siamoise : la transhumance.

C’est l’histoire d’une femme à cheval sur des principes à même d’asseoir toute crédibilité politique digne de ce nom. Une dame dont le cri de cœur laissa perplexe la conscience collective : « Si le moral des chefs politiques est de transhumer, alors l’on vaincra difficilement la transhumance.  Il nous appartient de combattre cette pratique, de par des principes, notre attitude, nos idées et notre posture. » Qui crût que cette posture allait finir par s’improviser imposture, ses principes des arguments sans fondements, son attitude une prise de position huée et ses idées avec pour seul centre de rayonnement la réélection dans son fief de l’homme qu’elle critiqua le plus ses dernières années ?  

 C’est le portrait d’un homme qui pointa  du doigt le peuple sénégalais, comme pour  dénoncer les votes sanctions aux conséquences désastreuses : « Nous avons élu un homme qui dit être enrichit par son mentor en politique d’un montant de 8 milliards. Pourquoi s’attendre à ce que le système change avec ce mauvais choix ? » Que dire donc de ses propos datant de seulement deux jours, et faisant fie d’un choix collégial porté sur l’actuel président ? « Nous avons eu des problèmes et nous sommes éloignés du secrétaire général du parti socialiste, mais n’avons jamais été aussi loin de l’actuel chef de l’état, le meilleur des choix. »

« Je n’ai pas de temps pour les transhumants ! » s’exclame un autre chef politique de la trempe de ceux cités précédemment. C’est le récit d’un ignoble perturbateur qui, lui, s’attaqua sévèrement à l’actuel régime. « Le Chef de l’Etat à écarté le brillantissime avocat que je suis, Cheikh Bamba Dieye, Khalifa Ababacar Sall …parce qu’il n’a nullement besoin de ceux qui l’ont soutenu pour qu’il soit élu. » Ecoutons sa dernière déclaration : « L’actuel élu pèse plus lourd que tous ses adversaires réunis. C’est le meilleur homme que l’on ait eu à la tète de l’état depuis notre indépendance. Il fait émerger ce pays, et cela se ressent d’autant plus que ses édifices s’apparentent à ce qui se voit en Europe. »  

C’est la déclaration d’un leader politique de l’opposition qui ne cessa de trouver la vision de l’élu erronée. « Je n’ai pas la même vision politique que le leader du parti au pouvoir. Le P.S.E (Plan Sénégal Emergent) est politiquement mal géré. » Malgré le fait que son Directeur de Cabinet l’ait quitté avec trois personnes pour rejoindre le camp présidentiel, il soutint corps et âme sur le plateau de TV5 Monde qu’il n’a d’yeux que pour sa propre carrière politique. La fin de l’histoire ? Elle s’illustre à travers ses propres propos : « J’ai rejoint les tenants du pouvoir, pas pour bénéficier d’un quelconque poste mais plutôt pour être au rang d’une coalition digne de ce nom. » 

 C’est enfin les réactions aux élans de sautes d’humeurs intempestives de chefs politiques révoltés à l’idée de voir leurs pairs transhumer. Ils doivent être fusillés, rétorque le premier, avec le front plissé qui exprime en langage corporel une colère noire, « C’est des traitres ! C’est de la trahison ! Tous ceux qui ont quitté le PDS pour l’APR sont des traitres ! Plutôt mourir que de rejoindre le pouvoir. Wallahi ! » L’autre préféra invoquer le livre saint : «  Si vous aviez emmené ici le coran, j’aurai juré  que je ne transhumerai jamais ! Parce que le transhumant est d’une espèce animalière qui s’est inséré dans la politique pour faire honte au Sénégal. » Inutile d’en venir à la suite de l’histoire..Même un esprit rachitique aurait deviné que ceux-ci ont fait l’inverse de ce qu’ils disaient.

Aissata Tall Sall, Malick Noel Seck, Maitre El Hadj Diouf, Abdoulaye Baldé, Souleymane Ndéné Ndiaye et Cheikh Tidiane Gadio ont-en commun un talent d’acteur inouï et la préoccupation d’un chanteur qui tente de conquérir un public. Chez ce dernier, l’essentiel n’est pas de chanter vrai, mais de s’enquérir des applaudissements en plus de fans tombant en transes. « De toute façon, ce qui est crut devient plus important que ce qui est vrai en matière politique », précise Talleyrand. Les psychologues considèrent qu’il n’y a que deux éléments définissant toute réaction humaine : la peur et l’amour. Aimer son pays serait embrasser l’éthique et donc la vérité. On ment donc, en matière politique, par peur…peur de paraitre ridicule à l’heure de l’institutionnalisation du mensonge. « Pourfendeurs de Wade et flagorneurs de Diouf avant-hier, pourfendeurs de Diouf et flagorneurs de Wade hier, pourfendeurs de Wade et flagorneurs de Sall aujourd’hui…sans gène ni retenue », se lamente un confrère de la presse.

Dans tous les cas, le camp présidentiel a changé de cap. Hier, Macky Sall disait : « On dit que lorsque les rats quittent le navire, le naufrage est imminent. Des lors que les gens viennent avant la victoire, même s’ils le font tardivement, il faut leur accorder du respect. Par contre, pour ceux qui se bousculent après une élection ou une réélection, ils feront la queue avant d’accéder à certaines de nos instances. »

Aujourd4hui, c’est comme qui dirait une pratique visant à faciliter l’accès à certaines positions privilégiées aux transhumants. Bref, c’est l’engin politique sénégalais qui est comme défectueux. Ce qui donne justement du sens à l’autre mensonge qui guetterait les candidats actuels : faire croire qu’on peut, une fois élu, faire changer ce pays avec l’actuel système pardi ! « Plutôt mourir que de perdre un portefeuille ministériel ! », confia un leader politique à un guide religieux qui, « collègue » de l’érudit Serigne Alioune Gueye de Tivaouane, n’a nullement oublié les propos de ce dernier en ces termes : « C’est une poignée de sable plein la bouche qui fera taire le dictateur une fois inhumé dans sa tombe…le médecin et son patient, le pharmacien et son client, le droguiste et le drogué, ils crèvent tous un jour ou l’autre ! » Ajoutons à cela : « Le leader politique et son électeur crèveront aussi un jour ou l’autre ». Alors mieux vaut dire vrai, mais aussi et surtout voter vrai.

Maam Cheikh

Chroniqueur

 

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