« Walf Fadjr ! » Evoquons cette aube qui, à défaut d’être un signe pour un doté d’intelligence, tel que cité dans la fameuse sourate, symbolise ces matinées qui s’annoncent avec des nouvelles qui laissent à la fois perplexe et triste toute une nation. « Walf Fadjr ! », comme pour citer le nom de ce groupe de presse dont le patron vient de rejoindre ses illustres aïeux dans le ciel.

 

« Nous sommes corps et âme. Et la mort est un processus que le seigneur évoque en usant du vocable malédiction. Nul n’échappe à cette dernière, et la compassion de tous dés que la faucheuse frappe est comme essentielle. » Ces propos sont du Mollah de Sacré Cœur, celui là dont la disparition vient de mettre tout un pays en deuil. Qui pu deviner, le jour où il les tenait-il y’a juste quelques semaines, lors de sa présentation de condoléances suite à la disparition du Khalife de Ndiassane- , que la mort allait frapper à sa porte sous peu ?

 

  

La langue et le cœur sont les éléments les plus aptes à permettre de cerner l’individu. Il suffit qu’il use du verbe pour que ses moindres sentiments s’étalent comme par voie abracadabrante. En ce matin de mardi 4 décembre 2018, des cœurs sont comme meurtries. L’homme de « diiné ak djamono » sur walfadjri-émission joignant les enjeux actuels dans tous les domaines aux principes fondamentaux de l’islam- vient de nous quitter à 67 ans. Les témoignages relatés ca et là sont comme mérités. C’est que Sidy Lamine eut pour père l’un des plus grands érudits que ce pays ne puisse avoir comme fils : Khalifa El Hadj Mouhamad Niasse. Ce que sa modestie étouffa aussi, au point que beaucoup l’ignorèrent, c’est qu’il fut petit fils du prophète (psl), de par sa mère issue de la tribu des Idaw Ali, des descendants de l’étoile de Médine implantés en Mauritanie. Quant au grand père, El Hadj Abdoulaye Niasse, il fut « promulgué » au rang de fondateur de la lignée niassène de la Tijanya.        

La mort est, au-delà de la souffrance dont font montre les proches du défunt et le « chaos funèbre » qui semble se dessiner dans l’atmosphère, un moyen de revisiter l’œuvre de l’etre parti « toujours trop tot » pour des fils illustres d’une nation. Et la jeunesse, à jamais revendicatrice de ce patrimoine qui a pour nom relève, se doit de cerner ce qu’il y’a de plus distinctif dans l’action de l’homme. En ce qui concerne le fondateur du groupe Walfadjri, voila un homme qui fut très tôt séduit par les débats d’idées et autres recherches en sciences islamiques. Récemment, son discours lors des conférences tenues à Tivaouane en prélude au Mawlid en est une parfaite illustration. Serigne Cheikh Ahmed Tidiane Sy, lui-même originaire de Kaolack de par sa mère Sokhna Astou Kane, elle-même fille du grand El Hadj Abdou Kane, raconte l’homme : « Je conserve chez moi une montre qui, à mes yeux, est comme un trésor, parce qu’offerte par Sidy Lamine. Il est mon fils, lors de mes tournées dans les bleds les plus reculés de ce pays, je me rendais souvent à Kaolack. Je me rappelle encore de Sidy, pour qui je demeurais comme mythique, au point qu’il montait sur un arbre pour m’apercevoir dés que ma venue était annoncée. » L’on se rappelle que ces propos tenus par l’homme à la djellaba il y’a une décennie. Par ailleurs, ce fut l’occasion pour lui, en penseur et philosophe à la profondeur singulière, d’hiérarchiser les vertus d’un objet d’art offert. 

 

Sidy a su fréquenter, à l’instar des intellectuels arabes férus de science et de savoir, l’Université Al Azhar de l’Egypte, afin de se familiariser à la jurisprudence islamique enseignée dans ce prestigieux cadre. Un milieu dans lequel l’apprentissage intra muros a finit de faire ses preuves. Quelle suite donner donc à une telle formation, si ce n’est, au-delà de l’enseignement reçu, de faire de l’acte concret un tremplin ? L’homme a su aussi bien s’engager en Egypte, en menant à bien l’association des étudiants sénégalais sur place, qu’au bercail, pour la réhabilitation de la langue arabe. Voila pourquoi le Mollah de Sacré Cœur décida d’entreprendre dans le domaine de la presse. Nombreux sont ceux qui sont passés, en tant que journaliste, dans sa chaine de télévision et sa radio. L’on se rappelle de sa réplique à l’endroit de ceux qui clamaient des départs incessants : « En vérité, mon entreprise est comme une école, voila justement ce qui m’a poussé à lui donner comme nom une sourate extraite du livre le plus apte à enseigner : le saint coran. Et on ne reste pas éternellement dans un établissement. Une fois des connaissances acquises, une porte s’ouvrant sur d’autres sphères nous fait face. »

 

De la première tenue de l’O.C.I (Organisation pour la Conférence islamique) au Sénégal à l’évolution de son groupe de presse, en passant par ses rapports avec les différents régimes, le Mollah eut à imposer sa posture de contre pouvoir. Un principe qui peine à être cerné au Sénégal. Ce qui s’avère être une crise de logique dans un pays à 90% de musulmans. Quoi de plus incompréhensible que le fait de toujours clamer haut et fort « Ach Hadou Anna Mouhammadane Rassouloullah » en priant, comme pour attester de son attachement au prophète (psl), pour ensuite contester à un guide religieux musulman ce qui demeura l’un des centres d’intérêt de ce même prophète (psl) ? Mouhamad fut chef spirituel, chef militaire mais aussi chef politique. Son soutien aux chrétiens au détriment des perses est un acte concret cité dans l’histoire sainte. Alors, la logique est simple : un contre-pouvoir est tout sauf contre le pouvoir pardi ! Ce fut là un combat que mena l’homme, jusqu’à son dernier souffle,  avec une rigueur que seul un arrêt cardiaque pouvait freiner. Heureusement, le combat continue au sein des familles religieuses de ce pays… « Walfadjr ! » Revendiquons cette fois ci l’aube ou les consciences seront enfin éclairées, la politique assainie, afin que, du haut du ciel, le sourire si radieux d’un Mollah qui accomplit dignement sa mission puisse se dessiner.

 

Maam Cheikh

Chroniqueur

 

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