Jamais cercle n’a été aussi vicieux que celui dans lequel se retrouvent la politique, le peuple et la presse. Ils s’identifient par l’éternel jeu du chat et de la souris, mais aussi le règne de cacophonies, la mise en scène de joutes oratoires et une suite d’actes posés par des impénitents au vrai sens du terme. Avec pour centre de rayonnement les préjugés, les rapports entre les trois sont comme coiffés de supputations. Les sénégalais accusent le pouvoir d’avoir fait de la politique politicienne un tremplin. Ce dernier pointe du doigt la presse, la considérant comme étant l’auteur d’une caricature plutôt néfaste de la chose politique dans ce pays de Senghor. Au banc des accusés, cette presse justifie son geste par la revendication d’une position de quatrième pouvoir, non sans faire fie de l’horreur qu’elle promeut. Le peuple évoque aussi une désinformation permanente de la part des médias qui, eux, considèrent qu’elles ne font que relater ce que ce peuple est, c’est-à-dire apte à commettre aussi bien les actes les plus nobles que les gestes les plus ignobles. A même de devoir justifier cela, le sénégalais lambda se doit aussi de faire face à ses gouvernants qui, tantôt sollicitent sa voix pour, disent-ils, « continuer à parcourir le chemin de l’émergence », tantôt traitent ses hommes d’action d’oisifs errants.

 Denzel Washington, acteur américain de renommée, accuse : « Quand on suit les médias, on est mal informé. Quand on ne les suit pas, on n’est pas informé. Que faire ? » Le même scénario se déroule en France depuis quelques années déjà. Et le comble est que c’est un ténor de la presse qui prend les leviers de la commande. Ayant marqué l’histoire du journalisme notamment en fondant Marianne & l’Evénement du Jeudi, Jean François Kahn fait fie d’une horreur. Le phénomène s’est en quelque sorte mondialisé. Chez nous, il se justifie d’abord par la disparition de ce qui faisait la force des médias : la diversité. Lecteurs, auditeurs et téléspectateurs ont fini par avoir une conception clanique de la chose. Toute la semaine, la diffusion d’informations dont la fiabilité reste à redéfinir sévit partout-si information il y’a, certaines « choses » devant plutôt être considérées comme des futilités. L’un des quotidiens les plus lus a ceci de particulier dans ses unes : l’usage du conditionnel présent. Là ou un lecteur habitué lit et passe, un averti ne pourrait que douter de la probabilité de l’information. Il s’y ajoute le bal des « ironiques », ceux là qui s’adonnent aux revues de presse. Et pour couronner le tout, à défaut de « Jaakarloo » (échange et dialogue), d’ignobles perturbateurs nous offrent le feuilleton du « Jaamarloo » (confrontation), plateau qui peint tant ben que mal le tableau de la crise de logique. Le Colonel Ndao disait, dans son fameux ouvrage « Pour l’Honneur de la Gendarmerie », qu’il avait choisit, au début des années 1990, de ne point suivre la presse, histoire de ne pas sentir son opinion polluée par de semi-intellectuels champions de la médiocrité et de la désinformation. Le peuple, moins exigeant qu’on le pense, accepte de se voir servir ces horreurs. Mieux, il prend un malin plaisir à voir d’aucuns intellectualiser l’injure, la haine et l’indiscipline. Et un grand penseur de ce pays de déclarer : « Il est plus facile d’être un dispensateur d’injures que d’être un contestataire de vocation. » Chez nous, un dispensateur d’injures à l’image de l’administrateur de D…Tv séjourne toujours dans le pays, alors qu’un contestataire de vocation à l’instar de Kémi Séba a été purement et simplement expulsé pardi !

Un mariage de raison entre politique et presse est loin de voir le jour. Les chefs politiques, au pouvoir comme à l’opposition, voient assez souvent en la presse un ennemi juré. Et c’est parce que les moindres inconvenances dictées de leur part sont souvent exposées au peuple. Il faut cependant convenir que l’horreur va trop loin. C’est le cas de ce quotidien qui titre, en faisant référence à un disparu à l’image de Djibo Ka, un berger qui rejoint un troupeau. Absence de lucidité ou simple médiocrité ? Il faut, dans tous les cas, reconnaitre que les chefs politiques ont souvent raison sur toute la ligne. Une « plume idiote » est assimilable à une arme de guerre dont le tireur est tout sauf lucide. Même les « tir-ailleurs » savaient  s’y prendre avec tact et justesse, ce nom ayant causé un préjudice à l’histoire.  

Enfin la perception que le peuple a de la chose politique est comme erronée. En effet, les mêmes scénarios se répètent depuis plus d’une cinquante d’année, mais la lecture reste la même. Quand on a une réputation d’usurpateur de pouvoir, on a souvent tendance à s’applaudir et à jubiler tout en reculant, ignorant le fait qu’un trou faisant office de piège nous a été creusé par ceux là même qui nous ont élus. Une fois qu’on y tombe, c’est souvent ce même peuple qui en choisit un autre, pour ensuite revenir dans le trou et y faire sortir le précédent piégé, histoire de trouver le moyen de le faire réélire. Il a fallut qu’une douzaine de citoyens meurent pour que les libéraux quittent ce pays et le pouvoir, pour y revenir et être accueillit en héros cinq ans plus tard. Ceux là qui disait de Wade fils qu’il méritait l’emprisonnement pour avoir « mis à vide les ressources communes » ont fini par dire qu’il fallait le faire sortir. Sacré peuple ! Il faut dire que «  Lii gnaani doone bégne la aye seuteume naguou ! »  (ceux qui luttaient jadis contre l’oppression et l’injustice voient leurs héritiers cautionner l’illégitime) ! Le combat continue. Au Peuple d’enlever le « masque social » qui lui empêche de juger avec clairvoyance et de choisir-pas seulement d’élire- avec discernement, au Pouvoir de reconnaitre les tares de sa démarche qui immerge plus qu’elle ne tend à faire émerger les choses, à la Presse de prôner un retour à la diversité et à l’honneur médiatique !

 

Maam Cheikh

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