Un chef spirituel sénégalais à la psychologique profonde et au verbe sublime rétorque : « L’humanité a tout mondialisé sauf la prise de conscience. » Voila pourquoi chez nous, cet engin tant convoité par le pouvoir que l’on appelle émergence, est en panne. Le contenu du plan en question montre clairement que les initiateurs ont été plus « régimistes » que lucides dans leur démarche.

L’homme du 15 mars aimait à revendiquer une nécessité de tenir compte de cet « élément essentiel » derrière toute transformation sociale : l’homme. On ne le transforme ni à coup de décret ni à coup d’arrêté. Prenons l’exemple de la réforme sociale visant une allocation de bourses de sécurité familiale aux ménages les plus démunis. C’est là une excellente initiative. Mais s’il y’avait, pour l’accompagner, une  politique assez consciente pour sensibiliser sur les moyens de faire de sorte que chaque ménage soit « moins démuni », ce serait mieux. Dans un pays à majorité musulmane, il est bien de se fier à cette philosophie du Prophète Mouhamad (psl) qui veut que le riche fasse preuve d’humilité pour ne pas faire ployer les autres sous le joug de son arrogance, et que le pauvre s’engage constamment dans une action visant à l’enrichir, afin que l’équilibre social puisse être rétablit. 

Notre fraternité avec le pays du Général De Gaule ne doit guère entacher cette entreprise pour une raison très simple : la France n’a nullement le droit d’intervenir dans les prises de décision les plus stratégiques au Sénégal. Et c’est parce qu’elle a elle-même perdu ce combat pour l’équilibre de son peuple. Et la tonitruante Fatou Diom de s’insurger dans cette logique : « Sacré France ! C’est surement parce qu’elle est une femme qu’on l’a désire tant ! » Les frères de la métropole, avec leur tour Eiffel tant convoité par les touristes, leur bibliothèque nationale avec ses 40 millions de documents imprimés et leur richesse, n’arrivent pas à trouver le bout du tunnel. Ils n’ont toujours pas opérer cette prise de conscience qui pourrait leur permettre de vivre assez paisiblement. Quoi de plus dur que d’être façonné par ce que l’homme du 15 mars désignait par le terme de « matérialisme dégradant » ?

Seules les vertus les plus nobles et les plus significatives sont à même de s’ériger en tremplins pour l’émergence. Il faut donc que les populations elles-mêmes s’investissent, en commençant par faire régner, aussi bien dans les « hautes instances » que dans les bleds les plus reculés du pays, ce principe si précieux que la langue de Molière désigne par un nom : la discipline. C’est ce qui incombe aussi bien au ministre du gouvernement qu’au paysan vivant au Saloum. Commençons donc par exister en tant qu’homme avant de revendiquer la réussite des objectifs fixés par ce plan.

Seule une paix pourrait permettre d’équilibrer ce pays afin de permettre un bon déroulement de l’émergence.  Et cela ne peut se faire que sur la base du règne d’une justice équitable. Entendons par là la légalité. Nous étions tous égaux devant la loi, jusqu’à ce que dame justice fasse de sorte que les ouverts d’esprit réfléchissent sur un fait : l’arrestation d’un opposant-et le plus crédible qui puisse être cité dans ce pays- à quelques mois des élections. Il faut que l’affaire soit moins politique et plus légale, afin que d’aucuns comprennent qu’il s’agit d’une action valable et légitime. C’est là un élément parmi d’autres qui puisse freiner cette action visant l’émergence, parce qu’elle donne à l’Etat une posture de tyran et non une position de gardien de l’équilibre social.

Il est temps que l’on invite ceux qui sont à la tète de ce pays à avoir la sagesse de comprendre que, jusque là, tout a été posé sauf un acte concret. Pour s’y faire, commençons par libérer ce leader qu’est Khalifa Ababacar Sall, afin que des élections transparentes puissent se tenir, et qu’une politique saine prenne le dessus sur les tares de la politique politicienne.

Les manifestations notées ca et là lors de visites du Président de la République à Genèves puis à Paris en disent beaucoup sur l’insatisfaction face à l’incompétence absolue de ceux qui tiennent les leviers de la commande. Si une injustice si rajoute, il serait plus opportun de reconnaitre que ce pays se perd dans les dédales d’un chaos qui ne dit pas son nom. L’expression « émergence » n’a jusque là rien crée de nouveau dans la conscience collective. Un jeune sénégalais, auteur et chroniqueur à l’esprit clairvoyant, l’a compris au point d’user d’un humour plein de sens pour le signifier : « J’ai envie de faire sauter le mot émergence du dictionnaire…académiciens, dites moi comment faire ! » 

Maam Cheikh

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