Il y’a des hommes qui, bien que dans leurs tombeaux, demeurent à jamais dans le cœur de leurs contemporains. Le Tribun de Tivaouane est une légende vivante. Sa disparition n’exclut nullement le fait que l’humanité continuera à se remémorer sa philosophie. Cette forme de pensée que rebute les conceptions classiques ayant pour source l’œuvre du colon, celui là qui, selon Al Maktoum, n’admet que le marabout ne fasse autre chose que de rester marabout, avec ce que cela comporte de « caricaturisme », d’effacement et de farce.

Les contemporains de Serigne Cheikh Tidiane Sy, ces disciples de son père qui ont voulu qu’il reste dans la cour du Khalife pour s’improviser maitre et « marabout », se sont opposés à son désir de s’ouvrir au monde. C’est bien plus tard qu’ils ont compris que l’homme est détenteur d’une mission qui  n’a rien à voir avec le fait de vivre de sa religion : Il vit sa religion. C’est simple : Il remplit sa mission de vicaire du ciel tout en contribuant à la progression de l’humanité. Cela n’a rien à voir avec l’action des marchands de foi.

Jamais parcours n’a été aussi remarquable : entrepreneur actionnaire à la SOCOCIM, poète, auteur dés l’âge de 16 ans (les vices des marabouts), rédacteur en chef du journal « l’islam éternel »,  créateur du P.S.S, ambassadeur du Sénégal en Egypte (Caire), conférencier émérite, …assez inspirant comme legs pour  un pays comme le notre. La formule chimique conçoit : « Rien ne se perd, rien ne se crée, tout se transforme ! » On ne peut, en effet, perdre ce phénomène que le tonitruant Mbaye Dondé désignait par le surnom « autre chose », puisqu’il est l’œuvre du divin et a toujours su justifier le « caractère ombrageux » que d’aucuns citaient à son égard : « Je sors quand je veux. Mais je ne me sers pas de clarinette pour le faire savoir. Il y’a des complexes qui tuent…Chose que j’ai toujours récusé », laissait entendre le mystique et citoyen du monde. Ce qu’on peut, c’est « transformer » ce qu’on a pu acquérir comme philosophie de sa part. Et c’est de là que sera atteint l’objectif o que noble consistant à s’inspirer de cette pensée, puisqu’au-delà de la tristesse et de l’angoisse de tout un chacun, se trouvera un désir profond que « l’homme à la djellaba » résumait ainsi : « Toute émotion se doit d’être transformée en synergie. »

Al Maktoum n’est plus. Mais son œuvre peut être considérée comme un centre de rayonnement pour la lutte contre ces maux qui gangrènent ce monde. Au-delà du profil du religieux qui maitrisait aussi bien la littérature coranique que la langue de Molière-ce qu’évoque la plupart de ceux qui ont écrit en parlant de « marabout intellectuel »-, se cache le portrait d’un homme qui a su depuis toujours citer des suggestions de haute portée qui puissent révolutionner les pratiques pour le bien de la conscience universelle. Pour lui, les conceptions qui peuvent servir de tremplin à notre planète se résume ainsi :

-La religion ayant pour vocation première un maintien de l’équilibre pour la bonne grâce de tout ce qui existe, l’islam un système éducatif à la fois social, politique, culturel et religieux, et la tariqa un club mystique ou se forme continuellement les athlètes de la religion 

-Une paix associée au règne de la justice avec pour pierre angulaire la légalité

- Une nécessité existentielle de ce qu’on appelle vertus, avec pour pilier la volonté

-La primauté du droit à la vie sur l’état de droit, parce que celui-ci symbolise un cadeau du ciel alors que celui-là porte le cachet des ambigüités de la politique politicienne

-Une condamnation des trois (3) éléments qui font chuter toute civilisation : une jeunesse sans créativité, une fortune mal gérée et une cupidité scientifiquement organisée

-Un acharnement sur tout ce qui pollue moralement notre nature profonde au point que l’économie de traite et le salaire façonnent l’individu.

Que de conceptions sur lesquels pourrait reposer l’équilibre du monde. Il faut une jeunesse audacieuse et déterminée pour tenter de concrétiser cette œuvre. Une jeunesse qui prendra conscience du fait que la philosophie d’Al Maktoum sera plus juste et plus fondamentale que celle de Descartes au tribunal du Seigneur, et que les vers du fameux « Fa Ileyka » n’ont rien à envier  aux envolées lyriques de Lamartine. Il est temps que l’œuvre de l’homme du 15 mars puisse être propagée au nom de la sagesse musulmane. Prions pour que les « marchands de foi » ne puissent croire à une réislamisation !

Maam Cheikh

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