La poubelle qui parle est l’un des projets technologiques les plus innovants au Sénégal en 2017. Ses aspects innovants ont été reconnus par des institutions comme la Fondation Friedrich Naumann, l’Organisation internationale de la Francophonie ou encore la Nasa. Elle est l’œuvre de jeunes ingénieurs sénégalais qui rêvent d’un changement de comportement des masses dans le conditionnement des déchets. Leurs poubelles, destinées à être placées dans des endroits stratégiques de nos villes, émettront des messages sur la séparation des déchets en fonction de leur nature, de leur origine…

Le tri des déchets ne fait pas partie des priorités dans bien des pays en Afrique au Sud du Sahara. Peu de ménages disposent d’au moins de deux poubelles ou d’une poubelle répondant aux normes de la collecte sélective. La séparation des déchets est reléguée au second plan au sein des familles. Conséquence : on fourre tout dans une poubelle. L’absence de tri est un manque à gagner pour notre économie puisque dans les pays occidentaux, des filières de valorisation et de  recyclage génèrent des emplois et des richesses. Dans des pays comme les nôtres, il est impérieux d’inverser la tendance pour tirer toutes les opportunités des déchets.

« L’un des problèmes de la gestion des déchets, c’est la négligence du tri. Tant que nous ne réussissons pas à faire le tri, nous ne pouvons pas valoriser ces déchets », regrette Alioune Badara Mbengue, étudiant à l’Institut supérieur de management. Lui et ses camarades, à savoir Mandiaye, Papa Ousmane Gning, Miraille Songo et Mamadou Oury Diallo, croient à une possibilité de changement de comportement des masses sans forcément passer par les médias. Sur ce, ils ont fabriqué une poubelle intelligente. Equipée de capteurs ultrasons. La poubelle diffuse des messages axés sur la séparation des déchets selon leur nature et leur provenance. En plaçant ces poubelles intelligentes sur plusieurs endroits stratégiques de Dakar, les membres de la startup espèrent contribuer à l’émergence de bonnes pratiques dans la gestion des déchets et, par ricochet, à leur recyclage.

Un dispositif permanent de sensibilisation
Cette innovation intervient dans un contexte où des spécialistes ont reconnu la nécessité d’intensifier la communication et la sensibilisation afin d’amener les Sénégalais à revoir leurs comportements et à changer leur regard sur ces rejets. C’est un travail de longue haleine. Ce défi ne peut être relevé qu’en mettant en place un dispositif permanent de sensibilisation. « Ce ne sont pas des poubelles domestiques. En plus de recueillir des déchets, elles serviront à sensibiliser les personnes à faire le tri », précise Alioune Badara Mbengue. La collecte non sélective des déchets est source de pollution visuelle et olfactive et peut être à l’origine de maladies liées à l’insalubrité.  

Le premier prototype a convaincu plusieurs institutions comme la Nasa, l’Organisation internationale de la Francophonie et la Fondation Friedrich Naumann. D’ailleurs, cette dernière a décerné le prix Falling Walls 2017 à la poubelle qui parle. Ces jeunes cherchent à mobiliser des financements pour concrétiser leur rêve. « Nous avons fini le prototypage. Il reste à passer à la phase de production qui nécessite des financements. Nous sommes à la recherche de partenaires pour la mise en œuvre de notre projet », informe l’un des porteurs du projet.

La gestion des déchets reste une problématique pour des pays comme le Sénégal pour plusieurs raisons. Le faible pouvoir d’achat des ménages fait qu’ils n’investissent pas dans l’acquisition de poubelles réglementaires. Aujourd’hui, aussi bien à Dakar que dans les villes de l’intérieur, peu de ménages ont des poubelles qui répondent aux normes. A titre illustratif, une étude intitulée « Contribution à l’élaboration d’une stratégie de gestion des déchets solides ménagers dans la commune de Fatick » a révélé que 47 % des ménages ont comme poubelle des sacs usagers, 20 % utilisent des bassines et des seaux pour conserver leurs déchets contre 3 % qui avaient des poubelles règlementaires. Il reste à savoir si les services publics impliqués dans la gestion des déchets accompagneront le projet « Mbal-It » porté par de jeunes sénégalais qui n’ont pas voulu tout attendre de l’Etat.

 

Le Soleiil

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