Famille – Ecole – Temps libre : trois milieux différents, mais interdépendants qui structurent la gestion de la vie quotidienne des enfants. Au Sénégal, si depuis l’indépendance la famille et l’école ont fait l’objet de politiques publics d’ampleur nationale, le temps libre a été considéré pendant longtemps comme secondaire et parfois même résiduel. Pourtant, une fois viabilisé, il peut être porteur d’enjeux fondamentaux tant au plan éducatif, social que culturel.

Aujourd’hui, où notre vie quotidienne a changé de cadre, la dimension mondiale étant partout, (dans l’économie, la culture, la communication…) la généralisation des modes de consommation et la banalisation culturelle, portée par la seule recherche du profit, impose un monde économique sans entrave ; liberté de circulation des capitaux, liberté de commerce et liberté totale des investissements qui conduisent à faire primer le libre-échange sur les objectifs sociaux, écologiques et humains, d’où le risque de voir disparaître toute limite à l’exploitation du travail et des ressources. Certains Etats y compris démocratiques, sont poussés à négliger la justice sociale et les mesures de protection des enfants
Dans ce contexte de village planétaire, en perpétuelles mutations, où les acquis du jour ne sont pas forcément d’actualité le lendemain, il est plus que nécessaire de recerner toute la problématique de l’éducation des enfants, ces citoyens du 21ième siècle. En effet l’éducation ne peut être considérée comme une mission du seul ressort des éducateurs traditionnels : familles ou enseignants, car ceux-ci ne peuvent pas tout prendre en charge. L’école par exemple, se trouve sollicitée au-delà de sa mission, en raison de la fragilisation des liens sociaux et familiaux.Donc plus que jamais l’éducation doit être permanente et les réponses accessibles tout au long de la vie. Chacun, quel que soit son âge, sa situation, ses besoins, doit pouvoir trouver des chances de s’instruire, se qualifier, s’intégrer au groupe, mais aussi apprendre et progresser pour soi-même. Aussi pour ne laisser personne au bord de la route, la société civile dans son ensemble doit se mobiliser et associer ses ressources. En effet il lui appartient en priorité de faire vivre ses missions éducatives, car seul un secteur travaillant pour tous les publics, dans une logique d’utilité sociale, peut organiser la diversité, la résistance et la promotion des différences. Pourtant la croissance de l’enfant, son épanouissement, le développement de son potentiel génétique et générique s’inscrivent au rang des priorités dans toute éthique de développement. Ainsi, sortir l’enfant de l’oisiveté, l’initier aux activités formatrices d’éveil tout en lui inculquant les vertus cardinales essentielles, sont les missions édictées par la Convention relatives aux Droits de l’Enfant (CDE) ratifiée par le Sénégal. S’il y a aujourd’hui un défi majeur qui retient l’attention de nos compatriotes  et constitue une véritable préoccupation pour nos dirigeants, c’est évidement la problématique des enfants en situation de rue et des mineurs en conflit avec la loi. Au Sénégal, la déperdition scolaire amplifie le désœuvrement des enfants. Beaucoup d’enfants (5 à 14 ans), qui ont l’âge d’être à l’école pour apprendre et se préparer à une future vie de citoyen actif, ont déjà abandonné l’école, d’autres ne l’ayant jamais fréquenté. Mais le phénomène de désœuvrement et d’oisiveté des enfants renferme aussi, ces enfants qui divaguent à longueur de journée dans les ruelles des grandes villes. Ce phénomène est une atteinte grave aux droits les plus élémentaires des enfants.


Ainsi, la CONAFE de concert avec l’Association des Juristes Sénégalaise (AJS), et le Village Pilote, dans le cadre du projet « Appui à la protection des enfants en situation de rue et des mineurs en conflit avec la loi : plaidoyer, prévention et prise en charge », financé par l’Union Européenne poursuit sa dynamique de vulgarisation de la Convention des Droits de l’Enfant. L’atelier d’élaboration du plan d’action en faveur des enfants en situation de rue et des mineurs en conflit avec la loi, tenu ce dimanche au siège de l’AJS entre dans ce cadre et s’articule autour des différentes recommandations des enfants issues de la dernière rencontre de capacitation des membres du Conseil Consultatif National des Enfants et des Jeunes. A la suite de la présentation des messages clés tirés des recommandations des différents groupes de travail des enfants le week-end du 23 et 24 décembre dernier  par Madame Jessica HESSOU de l’AJS, Monsieur Raoul François LATOUFFE, Président de la CONAFE s’est épanché sur les avancées et les défis de la protection des enfants au Sénégal.


Les membres du  Conseil Consultatif National des Enfants et des Jeunes ont élaboré un plan d’action en direction des décideurs qui s’articule autour des points relatifs à l’élaboration du document de plaidoyer, au listing des personnes et structures ciblées (225 au total), au calendrier d’exécution allant de janvier à octobre 2018, , les techniques de communication (formulation et contenu des messages, canaux, supports,…). La diversité des cibles commandera une approche communautaire, qui facilitera sans nul doute la mise en application des recommandations, surtout en ce qui concerne la participation effective des enfants aux débats d’orientation budgétaire au niveau des collectivités locales. Moussa DIOUF, Président du Conseil Consultatif de Rufisque au nom des enfants a remercié toute l’assistance en général, et en particulier la CONAFE, l’AJS et le Village Pilote avant que Madame Fatou THIAM, membre de l’AJS et Responsable du Projet, dans son message reviendra sur l’importance du plan d’action qui est très ambitieux, l’engagement de chacun pour la réalisation des objectifs assignés. Elle reviendra aussi sur le caractère intégrateur de la mission de conseiller, en rappelant que l’humilité reste non seulement le fondement, mais la signification de la grandeur de l’être humain. Elle terminera son propos, par remercier tous les participants et les membres de l’encadrement. C’est sur cette note que rendez-vous fut alors pris pour le 15 janvier prochain, date de présentation par les enfants du draft du document de plaidoyer.

Évaluer cet élément
(0 Votes)
Lu 406 fois
zao

Contact

SENPRESSE Site d'information générales
Adresse contact : This email address is being protected from spambots. You need JavaScript enabled to view it.
Service Commercial : 77 459 42 33
 
 

Site Web

http://linguaspirit-international.com/
http://www.piccmi.com/
http://www.asfiyahi.org/
http://mourchidtv.sn/

 

Top
We use cookies to improve our website. By continuing to use this website, you are giving consent to cookies being used. More details…