Idrissa Diabira, DG de l’ADEPME, rappelle les mesures d’accompagnement comme le « Dispositif PME » de la BCEAO, le Fonds Envol de 170 milliards de la SGBS, la nouvelle Loi d’orientation sur les PME… Des mesures très fortes devant permettre l’émergence de champions PME.

 

Question : Pouvez-vous nous expliquer le lancement du « Dispositif PME » de la BCEAO et l’agrément de l’ADEPME comme structure d’appui et d’encadrement dudit dispositif ?

Réponse : Les chefs d’Etat et de gouvernement, au premier rang desquels le Président Macky Sall, avaient appelé la Banque Centrale des Etats d’Afrique de l’Ouest (BCEAO) à intervenir afin de favoriser le financement de l’économie par le secteur bancaire. Il faut noter que le ratio du financement bancaire sur le PIB n’est que de 30% dans nos contrées contre 50 à 75% dans les pays émergent et plus de 100% dans certains pays. Et les PME sont les premières à en pâtir.

Le Conseil des ministres de l’UEMOA a donc décidé, le 23 septembre 2015, d’un dispositif de refinancement qui a enfin été opérationnalisé à la fin juillet 2018. Il s’agit d’un changement majeur auquel les Associations Professionnelles de Banques et Etablissements Financiers (APBEF) prennent activement part, puisque les PME sont un énorme levier de développement pour nos pays et le secteur financier et, dorénavant, les banques seront refinancées à des conditions préférentielles lorsqu’elles financeront des PME.

 

La principale condition est que celles-ci soient accompagnées par l’une des cinq Structures d’appui et d’encadrement (SAE), agréées par la BCEAO. L’ADEPME est fière d’en faire partie et de voir reconnus, à ce niveau, son expertise et son savoir-faire. C’est un très grand pas pour la résolution du défi du financement des PME. Le dispositif permettra aux banques de faire croître, substantiellement, la part des PME dans leur portefeuille, soit seulement 16% aujourd’hui. Ce dispositif n’affecte pas la trésorerie des banques grâce à ce refinancement à taux préférentiel de la BCEAO et il réduit le risque opérationnel grâce à des dossiers de qualité fournis par les SAE levant ainsi une autre contrainte importante au financement.

Question : Le lancement du fonds Envol de 170 Milliards FCFA est aussi un moment fort de 2018 pour votre agence ?

Réponse : Jamais auparavant, une enveloppe aussi importante, 170 milliards FCFA, sur moins de 5 ans, n’avait été mobilisée pour les PME sénégalaises auprès d’une institution financière, privée de surcroit, en l’occurrence la SGBS. Ce résultat tient à la capacité de l’ADEPME à avoir su opérationnaliser, en 2014, une recommandation fondamentale des Concertations Nationales sur le Crédit pour favoriser le financement bancaire : la labellisation. Il s’agit du moyen de réduire l’asymétrie d’information entre les acteurs, soit la principale cause de la faiblesse du financement bancaire des PME.

Ainsi, avec notre outil « eRating » mise en place en partenariat avec l’APBEF, l’ANSD, l’ONECCA, les greffes des tribunaux ou l’ADIE, nous fournissons le profil-risque de plus de 400 PME sénégalaises en alliant cotation, notation et pré-diagnostic. Cet outil qui fait l’objet d’une double certification ISO 9001/ 27 001 est quasi-unique en Afrique. Nous pouvons en être très fiers, car il s’inscrit dans les plus grands standards de cotation des PME en France ou en Malaisie. Le groupe Ecobank ne s’y est pas trompé, il l’intègre désormais à son processus pour le financement de PME souhaitant accéder à la commande publique. La filiale au Sénégal du Groupe Société Générale, ses équipes et son top management, dont je salue le volontarisme, ne s’y sont pas trompés non plus. Ils se sont engagés dans des proportions inédites, 170 milliards FCFA. Notre dispositif auquel sont intimement associés les experts-comptables en amont, pendant et en aval de l’investissement, a fini de les convaincre et sera assurément la future norme. La volonté commune de tous les acteurs-clés, c’est-à-dire la BCEAO, les banques, les gestionnaires du risque, les experts-comptables, associés à l’accompagnement et la notation, montre que la dynamique pour un financement massif et sécurisé des PME est bel et bien en cours.

Question : Que faut-il retenir de la nouvelle Loi sur l’Orientation des PME, adoptée en Conseil des ministres en octobre ?

Réponse : Elle abroge la précédente Loi d’orientation de 2008 et permet de franchir résolument l’étape décisive pour instaurer un pacte national pour la PME suivant l’engagement du Chef de l’Etat, exprimé en 2012, de disposer d’un Small Business Act sénégalais à l’instar de la réglementation en faveur des PME aux Etats-Unis ou dans les pays émergents. En effet, jusque-là, même la définition de la PME n’était pas uniforme. La limite pour être une PME, pour les services financiers, allait jusqu’à 5 milliards FCFA. Elle va passer à 2 milliards FCFA.

Mieux, un statut de la PME et notamment de l’Entreprenant, qui représente 80% des entreprises au Sénégal, est institué dans la Loi et il lui est associé de nombreuses mesures d’incitation sociale, financière, d’accès aux marchés publics et de soutien à la PME nationale, comprise comme celle détenue majoritairement par des Sénégalais. La mise en œuvre prochaine de la loi et de ses décrets d’application doit aussi être associée, comme convenu entre les différentes parties, à une révision du Code général des Impôts, réceptacle unique des dispositions fiscales pour pouvoir y inclure celles prévues dans l’esprit de la loi en faveur de nos PME. Le Sénégal est enfin prêt à faire partie des pays résolument pro-PME.

Question : Quelles perspectives pour 2019 ?

Réponse : Il y a d’abord ce schéma financement massif des PME à hauteur de 1.000 milliards, sur 5 ans et devant générer 200 champions. D’ailleurs, les conditions sont désormais réunies avec la notation, le dispositif PME de la BCEAO, le FONGIP, le FONSIS, la BNDE, la DER, l’engagement de banques privées, notamment pour changer d’échelle au Sénégal en matière d’accompagnement et d’impact des acteurs accompagnés au sein de notre économie. Il s’agit de mobiliser, durant le premier semestre 2019, pour la 2ème phase du PSE, au moins 1.000 milliards FCFA pour les PME qui s’inscrivent dans un programme dédié à la labellisation de l’ADEPME. Les PME sélectionnées bénéficieraient d’assistance technique et d’un accès privilégié à des financements et/ou des marchés publics ou de sous-traitance, selon leur notation.

 

R.B

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