Elle fait partie des belles réussites des femmes sénégalaises. Léna Tall Faye est la seule femme, connue dans le milieu de l’assainissement, à s’être fait un nom, une réputation et des lettres de noblesse grâce à la seule force de son travail et son mérite. Femme de principes, elle veut faire de DELTA SA, la 1ère entreprise d’assainissement du Sénégal.

 

Beaucoup ont déjà eu affaire avec DELTA SA sans s’en rendre compte. Mais si, une fois, vous avez eu des problèmes d’évacuation d’eaux usées ou si vous avez été dans une manifestation religieuse, probablement, vous avez eu à bénéficier des services ou installations de DELTA SA.

En effet, DELTA SA s’active dans l’assainissement, l’entretien, la maintenance de réseau. Aussi, dans la mise en place de systèmes d’assainissement autonome, branchement à l’égout, sondage et de déviation réseau, gestion des inondations, curage, pompage, désobstruction, vidange, dégraissage, décapage, détartrage de bacs, fosses, canalisations. Excusez du peu. Bref, DELTA SA est dans tout ce qui peut améliorer le cadre de vie des populations…

 

Pour arriver à ce résultat, il a fallu beaucoup d’efforts et de travail. Soutien de famille, au début des années 90, elle est stressée par le mot «déflaté», à la mode dans le milieu bancaire où elle évoluait. «Je n’en pouvais plus d’avoir cette épée de Damoclès sur ma tête. La crainte d’être déflatée du jour au lendemain m’était insupportable, sachant que j’avais toute ma famille derrière moi. J’avais peur de perdre mon travail et d’aller au chômage. J’ai pris mes responsabilités, non pas en allant chercher un autre boulot, mais plutôt en essayant de créer ma propre entreprise. Ainsi, je suis allé à la Chambre de Commerce de Dakar pour régler la paperasserie administrative. Et j’ai créé ma boîte. Le 1er marché que j’ai gagné, c’était pour le nettoyage au CESAG, l’école venait juste d’ouvrir ses portes. J’ai eu ce marché pendant plusieurs années. J’ai personnellement formé et fait des démonstrations aux chefs d’équipes comment bien faire le travail, avant d’aller continuer mon travail à la banque», se souvient-elle avec un brin de nostalgie.

 L’obsession de réussir

C’étaient les débuts et les craintes qui peuvent habiter une jeune femme, chef d’entreprise, démarrant ses activités. Mme Faye va allier travail à la banque et prestation de service au CESAG, quelques temps avant de trouver un équilibre précaire. Ce qui ne l’empêche pas de prospecter ailleurs pour étendre ses services et surtout préserver les emplois qu’elle a créés et se forger un mental de battante. Aussi ne cessa-t-elle de démarcher les institutions et entreprises pour le nettoiement de leurs locaux. Ainsi, elle remporta quelques contrats avec certains ministères.

 Avec le temps et l’ambition, le besoin de changer d’activités s’est posé à Mme Faye. De nouvelles exigences se bousculent au portillon, surtout avec les factures et autres documents administratifs à produire. «J’ai ressenti le besoin de mieux me structurer. Le télé-centre que j’avais ouvert sur la rue Abdou Karim Bourgi permettait deux choses. D’abord, de ne plus dépenser de l’argent ailleurs pour l’impression et la production des documents. Puis de créer un emploi rémunéré avec la gérante du télé-centre», précise-t-elle.

2002, l’appel de l’assainissement

Ce pas franchi, elle ne régla pas pour autant le casse-tête de la paperasserie. «L’entreprise était plus ou moins informelle, même si on déclarait nos revenus aux Impôts. Mais pour pérenniser l’activité, il fallait se formaliser. Je suis allé voir un notaire pour changer mon statut et devenir actionnaire majoritaire, pour ne pas dire unique actionnaire. J’avais mon bureau sur la rue Raffenel, derrière le télé-centre. J’ai commencé à recruter une assistante, un comptable pour faire fonctionner l’entreprise. J’ai essayé de me diversifier en évoluant vers la SARL à partir de 2002. Depuis lors, nous intervenons dans l’assainissement», fait-elle savoir.

Avec l’expérience et la vision, Mme Faye a appris à maîtriser l’environnement des affaires. Le nettoyage, c’est bien, mais faire de l’assainissement, c’est mieux. Le flair du leader, diront certains. «La diversification était une obligation pour ne pas dépendre d’une seule activité. Total Sénégal avait lancé un marché pour assainir quelques stations-service et je l’ai gagné. Je devais louer des camions de vidange, car n’en disposant pas. Mais avec le temps, j’en ai acheté un, puis deux, puis trois, au fur et à mesure que je remportais d’autres marchés, jusqu’à avoir, aujourd’hui, mon parc de camions et engins», souligne-t-elle.

Cette croissance maîtrisée sera à l’origine d’un nouveau changement de statut social en 2013. «Nous sommes passés de SARL à S.A, du fait du niveau de notre chiffre d’affaires qui nous y obligeait, légalement», confie-t-elle. «Aujourd’hui, nous avons plus de 200 travailleurs, dont 100 emplois directs et cela dépend aussi des saisons», explique la Directrice. Le bébé a bien grandi et après la diversification et la consolidation économique, pointe à l’horizon l’ouverture de succursales dans les régions, à Saint-Louis, Ziguinchor et Kaolack. Des prospections ont étaient déjà faites et certaines régions sont ciblées. Ce déploiement de DELTA SA ne sera pas réellement une nouveauté, car elle travaille déjà sur tout le territoire national. En effet, pour des besoins contractuels, DELTA SA se déploie tous les mois dans toutes les régions du pays. La rigueur et le professionnalisme de Mme Faye ont fini de satisfaire les Forces Françaises du Sénégal, Vivo Energy, Total Sénégal et autres qui font appel à ses services pour leurs besoins d’assainissement. «Pour répondre aux attentes normées de tous ses clients, nous avons dû faire de gros investissements afin d’assurer la logistique, sans oublier notre capital humain qui est de qualité et très motivé», rappelle Mme Faye.

La plus grande satisfaction de Mme la PDG, c’est le fait d’employer des jeunes et participer à créer des emplois. «Quelquefois, je fais face à des difficultés qui me poussent même à vouloir décrocher, mais lorsque je vois les jeunes diplômés et non diplômés qui frappent à ma porte pour chercher du travail, je me dis que j’ai une mission à remplir. C’est une satisfaction morale que de participer modestement au développement de mon pays. Aussi, mon souhait le plus ardent est que DELTA SA soit pionnière dans l’assainissement du pays, voire dans la sous-région. C’est ma vision et je ferai tout pour atteindre cet objectif.».

 ONAS, AAAS, DELVIC et la Fondation Bill et Mélinda Gates

Avec son partenaire VICAS, DELTA SA a créé une société dénommée DELVIC qui gère les stations de boues de vidange de la région de Dakar. Ce partenariat public-privé (PPP) dans le cadre du programme de structuration des boues de vidange de l’Office National de l’Assainissement du Sénégal, avec la Fondation Bill et Melinda Gates, permet à DELVIC de participer à l’amélioration de la gestion des boues de vidange ainsi que leur valorisation. «Juste pour dire que si nous sommes en groupement, nous pouvons réussir de belles choses, au bénéfice de cette jeunesse, car beaucoup d’emplois sont créés, mais également à l’amélioration du cadre de vie des populations», martèle Mme Faye.

 

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