Le système monde a résulté d’un marché concurrentiel, le continent africain a le défi de résoudre les fluctuations aussi profondes que prolongées qui le caractérisent. Dans ce contexte pourra-t-il profiter des opportunités qu’offre l’économie mondiale en perpétuelle évolution ?

 

Nécessité d’Une Intégration des Economies Africaines

De ces évolutions, l’on note une mondialisation, mais une mondialisation hétérogène avec l’accroissement des zones régionales d’intégration pouvant offrir d’innombrables avantages aux pays membres. L’expérience de l’UE y incite les autres Etats, de par les réussites qu’on lui connait.

Une intégration achevée des économies se matérialise par la libre circulation des biens, services et facteurs de production et l’harmonisation des politiques budgétaires et monétaires. Les gains attendus (économies d’échelle issues de la taille du marché, solutions aux instabilités et incertitudes…) profitent aux Etats, aux entreprises ainsi qu’aux populations de la zone.

L’Afrique n’est pas en reste dans cette volonté de s’intégrer et essaie malgré ses multiples obstacles d’en atteindre les formes les plus poussées. C’est dans ce cadre et compte tenu des résultats insuffisants obtenus jusque là par nos institutions que le besoin d’une intégration monétaire se fait sentir de plus en plus.

 

La CEDEAO Toujours dans l’Effort

Le 21 Février 2018 à Accra, la Task Force présidentielle de la CEDEAO a tenu sa cinquième réunion sur le programme de la monnaie unique sous la présidence  S.E.M. Nana  Addo  Dankwa AKUFO-ADDO, Président de la République du Ghana et co-président de la Task Force présidentielle. Il s’agit d’un schéma de libéralisation des échanges de la CEDEAO, mis en place pour réalisation d’une Zone de Libre-échanges, un des objectifs premier de la CEDEAO.

Dans le communiqué final, les Chefs d’Etat membres de la Task Force ont réaffirmé leur engagement à la réalisation de la monnaie unique de la CEDEAO en 2020. Le démarrage se fera avec les pays respectant les critères de convergence tandis que les autres pourront s’y joindre ultérieurement.

L’optimisme se lit dans le discours du Président Ghanéen qui déclare : « Il en y a beaucoup parmi nous qui ne peuvent pas accepter que ce soit seulement les Asiatiques qui puissent réussir leur transition de la pauvreté à la prospérité en une génération. Nous devrions être déterminé à imiter cela au cours de notre génération en Afrique de l’Ouest, et nous assurer que les générations futures ne soient ni les victimes ni les pions de l’ordre mondial. »

 

Des Réticences Qui Se Veulent Réalistes

Bien que le consensus ait été trouvé, des débats ont eu lieu, aussi bien dans ladite réunion qu’en dehors, quant à la faisabilité du programme compte tenu du délai fixé.

C’est à la quatrième réunion que le président De Souza avait démontré les échecs de la feuille de route adoptée en 2009 et révisée en 2015. De là, il suggère que l’horizon 2020 n’est pas réalisable.

Le Président Nigérian a exposé ses réticences liées à une impréparation technique et aux critères de convergence. En outre, le Président de la Central Bank of Nigeria a demandé aux pays de l’UEMOA, « une feuille de route de dissociation du Trésor public français ».

Dans une interview, l’économiste Jean-Joseph Boillot précise le caractère long du processus de création d’une monnaie unique en prenant l’exemple de l’Euro. « L’idée d’une monnaie commune a été sur la table dès la fin des années 1950, mais il a fallu 40 ans pour que les pays s’entendent. Et il ne faut surtout pas oublier que c’est essentiellement le phénomène historique de la chute du mur de Berlin qui a accéléré cette entente. Certains économistes estiment qu’elle a même été précipitée, ce qui expliquerait la crise que traverse actuellement l’Euro » dit-il.

En attendant, la Task Force invite « le Comité des gouverneurs et le Conseil de convergence à tenir des rencontres trimestrielles sur l’état de mise en œuvre des activités retenues et à lui rendre régulièrement compte lors de ses sessions semestrielles. »

 

Talla Fall & Ousmane Sembene

Senpresse.com

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