A la demande de mariage de Salomon, la Reine de Saba rétorque : « Il y’a trois urgences qu’il ne faut nullement écarter au préalable pour que notre union puisse voir le jour : nos croyances respectives, puisque vous vouez un culte profond pour un Dieu unique alors que je vénère le soleil, nos différents pouvoirs, puisque vous détenez une posture de prophète alors que j’en suis encore à la chose politique, et un même degré d’affection puisque je ne ressens pas encore de l’amour à  votre égard. » Ils ont finalement été unis par les liens sacrés du mariage. Mais les suggestions de la reine sont d’une portée telle qu’elles peuvent inspirer tous les couples du monde.

 

La foi signifie ici une exigence plus que fondamentale : c’est la compatibilité. ll y’a un cycle de vie bien connu chez nous, c’est celui des couples incompatibles. Un ami, coach de vie et psychologue, rétorquent toujours à ceux qui revendiquent que les contraires s’attirent : «  Bonne chance ! » Au début, c’est des « on ne se ressemble pas, mais l’amour est plus fort que cela ». Ensuite, c’est les tracasseries du genre « à chaque fois que je suis les infos, il suffit que je sorte une seule minute pour, à mon retour, me rendre compte qu’elle a zappé pour suivre des émissions folkloriques ! » Enfin, c’est le retour vers les vieux potes qu’on avait abandonné par manque de temps, croyant que mariage signifiait « être tout le temps avec l’autre au point d’abandonner les siens », du coté des « gran’place » et autres « bancs djakhelé » ! On ne peut nullement aspirer à un bonheur à deux lorsqu’on n’a pas les mêmes centres d’intérêt pardi ! Même en matière de « pouvoir maraboutique » ou même « mystique », l’on préconise toujours le fait de consulter un voyant ou une personne qui s’y connait en termes de prédilections avant tout engagement. 

 Le Pouvoir, c’est les différentes potentialités que vous détenez tous deux. Si Balqis en a parlé à Salomon, c’est qu’elle souhaite voir leurs deux forces, spirituelle et politique, à jamais unis. A chacun son domaine de prédilection. Mor Diama détient un sens des affaires inouï alors que son épouse, Nogaye, a un sens de créativité associé à des compétences remarquables. Ensemble, ils devraient être en mesure d’atteindre des objectifs de réussite économique incommensurables. Mais si celle-ci préfère réaliser ses propres projets, jugeant que sa carrière n’est nullement liée à sa vie de couple, ou encore que celui-là reste « macho », en se disant que les femmes ne sont bonnes qu’a faire la cuisine et à parler mode, bonjour les dégâts ! Il n’y a rien de plus beau qu’un projet en commun, histoire de grandir ensemble, et de voir les rapports se solidifier face aux épreuves.

Enfin il y’a, pour la Reine de Saba, un troisième pilier, c’est l’amour lui-même. Entendons par là les choses les plus essentielles qui font que l’on puisse parler d’union entre deux êtres. Les femmes sénégalaises sont d’un attachement tel dans leur mariage que le champ lexical des termes d’usage chez les mariées reste celui de la vie conjugale : « Sama Goro » (ma belle mère), « Sama Djeukeur » (mon mari), « Sama takkou rakkou djeukeur bi » (le mariage de ma belle-sœur) sont leurs mots-maitres. Par contre, il est difficile de savoir d’un homme s’il est marié ou pas. Par ailleurs, cela n’a aucune incidence sur l’évolution du couple, à condition que la femme accepte de continuer à évoluer, et de ne pas croire que la vie s’arrête au mariage. Autrement, elle finit par devenir, sans s’en rendre compte, le souffre-douleur de son mari.

 Hormis l’attachement, il y’a le désir, c’est-à-dire tout ce qui attire chez l’autre. Ce peut être la vie sexuelle du couple. Cela relève de notre inconscient, car c’est souvent ce qui fait que l’autre nous manque en cas d’absence. C’est le mythe des couples séparés assez longtemps par la distance car, plus on est proche, plus le désir occupe une place de choix dans la vie. Ce qui fait que cela devient difficile de voir les deux êtres se séparer.

Enfin il y’a l’amour romantique. L’on disait assez souvent que ce fut le propre des « toubabs » (occidentaux). Aujourd’hui, les femmes sénégalaises sont devenues des championnes dans ce domaine. Les réseaux sociaux nous servent quelques rares scénarios qui leur font rêver : partages d’images de demande de mariage, avec l’homme agenouillée et la femme émue, le visage rayonnant et les yeux pétillants de joie. Elles ignorent que si Marichou à le temps de danser le « rigou rigou » pour POD, c’est parce que c’est du cinéma ! Autrement, elle serait plutôt préoccupée à resserrer le nombril autour de la poitrine confié par le charlatan du coin des que sa coépouse arrive au foyer.

 

Maam Cheikh

Coach en Développement Personnel

Évaluer cet élément
(4 Votes)
Lu 491 fois

Contact

SENPRESSE Site d'information générales
Adresse contact : This email address is being protected from spambots. You need JavaScript enabled to view it.
Service Commercial : 77 459 42 33
 
 

Site Web

http://linguaspirit-international.com/
http://www.piccmi.com/
http://www.asfiyahi.org/
http://mourchidtv.sn/

 

Top
We use cookies to improve our website. By continuing to use this website, you are giving consent to cookies being used. More details…