Il est de la trempe de ceux qu’on appelle « Hommes de DIEU ». Ces hommes d’une autre dimension qui consacrent leur vie entière à leur Seigneur et cela dans toutes les dimensions ; que ce soit le dur labeur du travail, la dévotion sous toutes ses formes ou l’enseignement et la propagation de l’Islam et de ses valeurs. Je veux parler de ce digne petit-fils du grand Cheikhou Omar al Foutî Tall : Thierno Mountaga Daha Tall.

C’est dans la lignée de ces actions que mènent ces hommes que Thierno Mountaga Daha a inscrit le sens des œuvres de sa vie. En effet, comme ses illustres saints devanciers, il désira s’isoler dans un endroit à la fois paisible, serein mais aussi propice à la propagation de l’islam et à l’enseignement en ce début de 20ième siècle. C’est ainsi que le saint homme choisit la région de Louga pour s’isoler afin de mieux s’adonner à ses méditations, retraites spirituelles et autres recueillements mais aussi répandre l’œuvre entamée par son éminent grand-père. Il opta alors pour le village de Gouye Mbeüt.

LA DIMENSION DE L’HOMME
Le jour de son implantation à Gouye Mbeüt, c’est l’importance et la qualité de la délégation qui l’a accompagné qui confirma si besoin était de la place qu’occupait Thierno Mountaga Daha au sein de l’islam confrérique sénégalais et parmi les chefs religieux de l’époque. On pouvait noter entre autres : Serigne Babacar Sy, El Hadj Thierno Seydou Nourou Tall, El Hadj Mansour Sy, El Hadj Abdoul Aziz Sy Dabakh...
Il installa son université islamique et commença à enseigner le Coran et toutes les sciences religieuses parmi les peulhs et wolofs de la contrée. Les assoiffés de connaissances arrivaient de partout pour venir approfondir leurs connaissances en sciences religieuses et d’aucuns pour compléter leur formation en soufisme auprès de l’illustre érudit. Il était ainsi aimé, admiré et reconnu pour ses solides connaissances et pour sa maitrise de l’islam par ses pairs, par les talibés, par les autorités administratives et les autorités coloniales.
Thierno comme aimaient à l’appeler affectueusement les disciples était un homme affable, altruiste, humble et ouvert. Jamais il ne se détournait des autres, toujours très prompt à venir en aide aux malades et aux démunis ; en musulman exemplaire il avait une grande affection pour l’être humain mais plus particulièrement les enfants qu’il couvait tout le temps et traitait avec beaucoup d’égard et d’affection. Il était toujours disponible pour écouter les problèmes et ensuite leur trouver les solutions idoines. Tous le louaient pour sa conduite exemplaire.
C’est dans les environs qu’il prit pour épouse, une gente dame du nom de Adjaratou Aminata Sow originaire du village de Thiar Peulh et qui deviendra la mère de l’actuel Khalife Thierno Mouhamadoul Bachir Tall.

RETOUR A LOUGA
C’est avec l’âge que Thierno Mountaga Daha envisagea de se retirer dans la ville même de Louga. Ainsi Serigne Babacar Sy décida d’envoyer un télégramme pour prévenir tout le monde – autorités et talibés – que le Khalife allait déménager à Louga. Tout le monde se mit sur le pied de guerre, familles religieuses, autorités et talibés ; tous travaillèrent sans relâche pour un accueil digne de l’illustre homme. Ainsi en une semaine la maison fut bâtie entièrement. Sa venue à Louga resta dans les mémoires comme un événement unique. Le voyage se fit avec les mêmes qui l’avaient accompagné à Gouye Mbeüt.   
Tout dans sa vie à Louga confirma ce que tous savaient déjà ; l’érudit Hal Pular, petit-fils de Cheikhou Omar était son digne hériter et œuvrait au rayonnement et à l’enrichissement de ce noble héritage. Et cela à travers l’enseignement du Saint Coran et des préceptes de l’islam sous la lumière des recommandations divines et de la sunna du Prophète Mohammad (PSL).
Et c’est à Louga que souvent, venait lui rendre visite Serigne Cheikh Ahmed Tidiane Sy Al Maktom et parfois à la demande du Saint Homme. Ils entretenaient tous les deux une relation très particulière peu connue de tous. D’après Serigne Cheikh, Thierno Mountaga Daha aimait d’un amour particulier Serigne Babacar Sy ; ne disait-il pas à propos de ce dernier « Toutes les tentes ont quatre pieds d’appui, seule la tente de l’islam a un seul pied d’appui qui se nomme Serigne Babacar Sy ». En guise de confirmation, il offrit à Serigne Cheikh un cadeau symbolique : une bouteille d’eau bénite par le Grand Cheikhou Omar lui-même.
-    C’est si peu ! la bouteille est si petite, s’inquiéta Serigne Cheikh
-    Mais elle ne se vide jamais. Lorsque tu en feras usage, tu la retrouveras remplie à chaque fois que tu en auras besoin à nouveau.
« Elle est toujours avec moi à la maison et toujours remplie. » sourit Al Maktom.

LE RETOUR VERS LE SEIGNEUR
Après une vie longue, paisible, utile à tous et remplie au travers de l’adoration du Tout-Puissant, à la tradition du Prophète, au rayonnement de la Tidjaniya et de l’œuvre de Cheikhou Omar, il reprit paisiblement le chemin du retour vers le Seigneur. C’est à Dakar qu’il a rendu l’âme et où il fut inhumé en 1957 aux cimetières des Abattoirs.
Il avait pourtant dans ses derniers jours émit le souhait d’être enterré à Louga, « mais si et seulement si cela se conformait avec l’avis des autorités religieuses et administratives » avait-il précisé. Ce fut El Hadj Seydou Nourou Tall qui décida de l’enterrer à Dakar ; « Pour pouvoir me recueillir tous les jours sur sa tombe » dit-il. Bien plus tard, en 1982, il apparu en rêve au khalife des Tidianes de l’époque El Hadj Abdoul Aziz Sy Dabakh, lui demandant « N’est-il pas temps maintenant que je rentre à Louga ?». Et c’est après avoir terminé la construction du mausolée qu’El Hadj Abdou décida du transfert de la dépouille. Ce fut en Janvier 1983 qu’on achemina la dépouille vers Louga.
Oh Grâces ! Oh miracles ! La dépouille était intacte, le linceul d’un blanc éclatant et tous deux sentaient encore fortement le musc. Il plut tout au long du trajet une pluie fine. Toutes les familles religieuses étaient représentées, ainsi que les différentes autorités administratives de l’époque, les fidèles et les populations pour l’accompagner dans sa dernière demeure sous la férule d’El Hadj Madjib Diop, Grand érudit de Louga qui dirigea la prière mortuaire.

 C’est ainsi que vécut cette figure emblématique de l’islam sunnite qui fait partie du « Club des illustres inconnus de la nation sénégalaise » ; ce que d’aucuns ne savent pas. Mais DIEU, Lui saura reconnaître les siens. Et c’est pour se souvenir de lui que la communauté musulmane organise la Ziarra annuelle de Louga avec son digne fils et continuateur de son œuvre le Khalife Thierno Bassirou Tall, le bâtisseur.

Thiam.net                          

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