Nos traditions sont nos valeurs de civilisation. Elles ont fait couler beaucoup d’encre et de salive, car, elles ont été battues en brèche  par certains et portées en flambeau par d’autres, à travers les temps, et constituent de nos jours de véritables tampons de l’histoire. Elles sont, selon le  mot de SENGHOR, un ensemble de caractères propres à un groupe d’individus vivant dans l’espace et dans le temps ; elles font et l’honneur et le bonheur des peuples qui en sont les héritiers; Ces peuples ont la latitude, souvent de partir d’elles, et au besoin les actualiser car elles ne sont pas immuables.

La communauté Lébou, concentrée dans la presqu’île du Cap-Vert, bien que majoritairement musulmane, a réussi à conserver bien des pans de sa culture ancestrale. Venus des Indes lointaines, Les Lébou ont traversé toute l’Afrique orientale pour venir s’installer dans l’ouest du continent, en passant par le nord. Réfractaires  à toute domination culturelle et politique, ils constituent un peuple très attaché à ses valeurs identitaires. La première organisation sociale connue des Lébou fonctionnait avant leur installation dans la presqu'île du Cap Vert et reposait sur l'élection des « lamanes » qui étaient les propriétaires de la terre et avaient le statut de chef de village. Petit à petit, dans un souci d’efficacité et de méthodes en vue d’une meilleure organisation, de nouvelles structures virent le jour ; au sein de la presqu'île, alors que l'Islam progressait parmi les Lébou, un besoin d'unité encore plus fort se fit ressentir et c’est alors que la fonction de seHYPERLINK "http://www.unesco.org/csi/pub/papers2/yoff13.htm"rigne ndakarou fut créée en 1790. À l'origine purement religieuse, elle consistait à rendre la justice selon le Saint Coran. Dial DIOP, un émigrant musulman, fut le premier à en porter le titre. Aujourd’hui c’est l’honorable député Abdoulaye Makhtar DIOP, Administrateur civil de son Etat, ancien maire, ancien ministre d’Etat, Chef Suprême de la collectivité Lébou, qui en assume la charge.

            A Yoff, village Lébou adossé à la barrière atlantique, les principaux kheets (lignées matrilinéaires) qui forment la communauté sont au nombre de douze (Waner, khonkh bopp, Deungagne, Dorobé, Diassirato, Dindir, Bègne, Khaagaane, Yuur, Khaye, Sumbar et Yokam).  Ainsi à la tête de la communauté, on trouvera le djaraHYPERLINK "http://www.unesco.org/csi/pub/papers2/yoff13.htm"aHYPERLINK "http://www.unesco.org/csi/pub/papers2/yoff13.htm"f qui remplit un rôle équivalent à celui d'un chef de gouvernement. À ses côtés, le ndeyHYPERLINK "http://www.unesco.org/csi/pub/papers2/yoff13.htm" ji reHYPERLINK "http://www.unesco.org/csi/pub/papers2/yoff13.htm"eHYPERLINK "http://www.unesco.org/csi/pub/papers2/yoff13.htm"w a un quasi statut de ministre de l'Intérieur et des Affaires étrangères. Enfin, le Saltigué apparaît comme un ministre de la Défense, chargé de la terre, de l'eau et de la collectivité de la communauté ; le ministère des Cultes lui est aussi dévolu : il doit s'assurer que les récoltes et la pêche seront bonnes en apaisant le totem qui est attaché au village. Ces trois personnages sont assistés par des assemblées : le jambour et l'assemblée des frey ; Le premier, ou conseil des anciens, se compose de résidents authentiques à l’expérience avérée et est présidé par le ndeyHYPERLINK "http://www.unesco.org/csi/pub/papers2/yoff13.htm" ji jambour. De leur côté, les frey regroupent les hommes âgés de cinquante-cinq ans environ. Ils constituent une sorte de police chargée du maintien de l'ordre et de l'exécution des décisions du jambour. L’organisation sociale de la communauté Lébou repose donc sur les douze kheets qui sont des lignées matrilinéaires permettant une représentativité dans les instances dirigeantes de la collectivité. Ces 12 lignées matrilinéaires se partageant équitablement les 4 fonctions traditionnelles : jaraaf, ndey ji rew, saltigué, ndey jambour. Loin d'être une organisation de façade, ce gouvernement se réunit tous les vendredis après la prière et continue de garder ces prérogatives. Chaque kheet est liée à un Rap ou génie protecteur. Il apparaît clairement que le religieux et le politique s'imbriquent étroitement au sein de cette “République lébou”. Evidemment, on voit dans le sacré, à la fois les croyances traditionnelles et l'orthodoxie musulmane, l’atout qui a fait que ce système a, depuis des siècles, bénéficié d'une grande stabilité.

            Et c’est là qu’il faut chercher les raisons de la tenue à Yoff, pour la sixième année consécutive, des journées de prières de la collectivité lébou du Cap-Vert, sous l’égide de Saltigué Mamadou MBENGUE « Bayda », par ailleurs coordonnateur des 121 villages Lébou du Cap-Vert.  Pendant deux jours le village de Yoff a vécu dans la ferveur des prières tant pour la mémoire des illustres disparus, que pour l’établissement d’une paix durable sur l’ensemble du territoire national et par-delà le monde entier.

Sur les traces de son arrière-grand-père, Mame Mandialou DIOUF, qui s’est illustré de fort belle manière durant la bataille contre Diambor fidèle serviteur des Damels Amary N’Goné N’Della et de Birima Fatma Thioub, Saltigué Mamadou MBENGUE « Bayda », en digne héritier, perpétue la mémoire des anciens depuis maintenant six ans.

            La journée du mercredi 13 avril a sonné le début des manifestations avec une séance de lecture du Saint Coran dirigé par Pape Moussa SAMB, Imam Ratib de Dakar avec à ses côtés Mouhamed NDOYE, l’Imam Ratib de Yoff et plusieurs érudits de la collectivité. cette séance de récital de Coran a été clôturée par Chérif Mouhamadou Lamine Haïdara, petit fils de Cheikh Sadibou Haïdara.

Ainsi la ferveur religieuse a été au rendez-vous durant toute cette journée durant laquelle des prières pour la paix des cœurs, mais aussi pour la concorde, la solidarité, l’esprit communautaire, le culte du travail bien fait et le sens de l’honneur ont prévalu. Tous les discours ont tourné autour des repères et des modèles que les populations en général et les jeunes en particulier doivent trouver dans l’Islam. En effet, religion par excellence de tolérance et de fraternité agissante, l’Islam, par le biais du livre Saint a traversé et les siècles et les cycles. Lamartine n’a-il pas déjà magnifié cela en écrivant ceci ?

… Mahomet avec son Coran dont chaque lettre est devenue loi, une nationalité spirituelle qui englobe des peuples de toutes les langues et de toutes les races, et il a imprimé pour caractère indélébile de cette nationalité musulmane la haine des faux dieux et la passion du Dieu Un et Immatériel.

… Philosophe, orateur, apôtre, législateur, guerrier, conquérant d’idées, restaurateur de dogmes, fondateur de vingt empires terrestres et d’un empire spirituel, voilà Mohammed.

À toutes les échelles où l’on mesure la grandeur humaine, quel homme fut plus grand ? »

 

C’est là, l’aune où doivent se mesurer les sermons des Imams présents à la cérémonie et qui n’ont de cesse exhorté la jeunesse à s’abreuver à la source vive du Saint Coran pour l’avènement d’un citoyen modèle, acteur et garant du développement d’un Sénégal prospère.

A l’occasion, des prières ont été formulées à l’endroit de la mémoire de Serigne Cheikh Ahmet Tidiane SY, récemment rappelé à Dieu et le repos de l’âme de tous les pèlerins décédés lors de l’incendie du Daaka. 

            Le jeudi 14 avril devait accueillir la grande cérémonie de rencontre, de convivialité, de partage et de solidarité autour de ces principes sacro saints qui rythment la vie sociale de la communauté lébou. Laquelle cérémonie, présidée par Le Grand Serigne de Dakar, Abdoulaye Makhtar Diop, Chef Supérieur de la collectivité lébou, a vu la participation de tous les dignitaires lébou, venus des quatre coins du Cap-Vert, mais aussi de représentants de l’exécutif, des autorités locales et coutumières et  d’autres personnalités venues du Sénégal des profondeurs. Le maître de cérémonie, Diaraf Issa MBENGUE, frère de Saltigué Mamadou MBENGUE « Bayda »,, a tenu haut la main le fil conducteur de la cérémonie dans un verbe sublime. De l’organisation à la sécurité en passant par la logistique, aucune mesure n’a été laissée au hasard par les hommes de Doud Bèye, pour garantir une bonne réussite de l’événement. L’animation folklorique, un des socles de la culture lébou a été assurée par la grande cantatrice Mbayang Seck et sa troupe de ndawraguin, épaulée par d’autres artistes tels que Assane Ngom, Ousseynou Mbaye de Rufisque, Birane Dieng, avec la participation remarquée de Daouda Mbengue « ndir », Aïda Packé et Samba Ndao Seck, guéwel de Saltigué Mamadou MBENGUE « Baïda ». Sous la baguette magique de Mame Malick, tambour major connu et reconnu dans la communauté lébou,  le tam-tam, premier instrument de communication en Afrique traditionnelle a entrainé plus d’un dans ses envolées rythmiques très diversifiées.

 

            Dans un même  élan de remerciements, de prières  et d’appel à l’unité, les différents orateurs ont tenu en haleine le public très discipliné de Yoff ; tour à tour se sont succédés au micro : Ngagne Ndiaye président Magui Yoff et Président du Conseil Des Notables, El hadj Abou Nar NDOYE président des chefs de quartiers de la Commune, Alioune BEYE (Ndey ji reew), Doud BEYE (comité d’organisation), El Hadji Djibril SAMB de Ngor Porte parole dsu Comité de pilotage des 121 villages lébou, Matar DIOP, Aldo Djaraaf de keur Massar, Adja Cogna DIOP au nom de la délégation de Cheikh Mbacké SAKHO, représentant Le Chef de l’Etat Macky SALL, Abdou Nar MBENGUE, Premier Adjoint au Maire, représentant Monsieur Le Ministre Abdoulaye Diouf SARR par ailleurs Maire de la commune de Yoff. Dans son speech Abdou Nar MBENGUE a exhorté tous les yoffois à s’unir autour de l’essentiel, c'est à dire, le développement de la commune, qui est la seule préoccupation des autorités locales.

 

            Saltigué Mamadou MBENGUE « Bayda », en prenant la parole a remercié tous ceux qui de près ou de loin ont participé à la réussite de ces journées ; il a en outre adressé de sincères remerciements au Grand Serigne de Dakar, qui depuis son accession à la tête de la communauté lébou a toujours rehausser de sa présence ces journées de prières ; il a aussi remercié l’Imam Ratib de Dakar et  celui de Yoff, ainsi que tous leurs pairs qui ont assisté aux manifestations, avant de remercier particulièrement son frère ainé Alassane MBENGUE, Pelé et toute la communauté de Yoff.

 

            Le Grand Serigne de Dakar, Abdoulaye Makhtar DIOP, Chef Suprême de la collectivité lébou a clôturé la cérémonie dans un message fort d’appel à l’unité, à la concorde et à la paix à l’endroit de toutes les personnes de bonne volonté en général et en particulier à la communauté lébou. Il s’est beaucoup appesanti sur l’entente qui doit prévaloir dans les relations interpersonnelles au sein des familles avant de magnifier l’organisation de ces journées de prières. Pour terminer il a renouvelé sa confiance à Saltigué Mamadou MBENGUE « Bayda », à la tête de la coordination des 121 villages lébou du Cap-Vert. C’est sur cette note que rendez-vous fut alors pris pour la 7ième Edition en 2018 INCHA ALLAH

 

Zao MBENGUE

 

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